‹ Recherches sur les modifications de proportion de quelques principes du sang, fibrine, globules, matériaux solides du sérum, et eau, dans les maladiesChapitre 14 sur 21 · JOUR · texte numérisé non relu

JOUR

de

l’éruption

FIBRINE

organiques.

inorganiq.

Ier cas. . .

3e jour

2e cas.’. .

3e cas (a}.

4e cas. . . <

6e cas (c).

7e cas (c).

parole ; dans 1 autre cas , celui où il y eut 146 en globules, d abondantes épistaxis eurent lieu pendant presque toute la durée de la maladie.

Tableau des quantités de fibrine, de globules , de matériaux solides du sérum, et dé eau, dans deux cas de scarlatine.

Fibrine 3,i

' Globules 146,0

I Matériaux solides du sérum. . 89,4

Eau 761,5

2me CAS.

Fibrine

Globules

Matériaux solides du sérum. .

Eau

XOOO , O

L’individu auquel le premier cas est relatif fut saigné de nouveau pendant sa convalescence, lorsqu’il avait déjà repris des aliments et que sa peau était devenue le siège d’une éruption furonculaire avec lièvre; à cette seconde saignée nous trouvâmes dans le sang plus de fibrine et moins de globules ; il était composé ainsi qu’il suit :

Fibrine 4,°

Globules 124,3

Matériaux solides du sérum 89,1

Eau 782,6

Cette nouvelle composition du sang était en rapport avec la légère affection plilegmasique qui existait à la peau (1).

(t) Postérieurement à la composition de notre Mémoire, nous avons analysé le sanp; dans un autre cas de scarlatine, et nous avons obtenu le

( aÿ8 )

^ v. — Du sang dans les fièvres intermittentes. — PSous avons examiné ce sang chez six malades et dans sept saignées.

Dans cette sorte de pyrexie, où pendant les intervalles qui séparent les retours de la lièvre tout rentre dans l’ordre , la théorie pouvait faire prévoir que le sang ne devait pas présenter d’importantes modifications dans la proportion de ses principes constituants, et c’est là effectivement ce que sont venues confirmer nos recherches *, ici donc nous n’avons obtenu que des résultats négatifs.

Dans six cas de fièvres intermittentes, dont quatre tierces et deux quotidiennes, nous avons vu la fibrine se maintenir constamment dans les limites de sa quantité normale, variant seulement de 3 à 3,8. Les globules donnèrent une fois le chiffre très bas de 68,8, mais c’était chez un chlorotique; dans un autre cas ils offrirent leur quantité moyenne (i 27,9) ; dans les cinq autres cas ils descendirent assez sensiblement au-dessousde cette moyenne , variant entre 110, 4 et 102, y ; mais il est à remarquer que

résultat suivant :

Fibrine 6,8

Globales . . 112, 2

Matériaux solides du sérum 82,7

Eau 798,3

Nous avons dû citer ce cas, en raison de 1 Vie va t ion présentée par le chiffre de la fibrine, élévation qui semblerait fonder une exception aux piincipes que nous avons exposés; mais cette exception n’était qu’apparente. En effet, il y avait ici une complication phlegmasique très remarquable : c’était une double néphite aigue que nous constatâmes par l’autopsie, et qui avait pour caractère un ramollissement tellement considérable du parenchyme rénal , qu’il ne représentait plus qu’une sorte de bouillie rouge, où le doigt pénétrait en tout sens.

chez le malade qui eut 127,9 en globules, la saignée fut laite dès le début de la fièvre, audeuxième accès, tandis que chez les autres un plus grand nombre d’accès avaient eu lieu, et quelques-uns de ces malades, fatigués et incomplètement nourris, présentaient déjà d’une manière plus ou moins tranchée cette teinte pâle spéciale qui appartient aux anciennes lièvres intermittentes. Parmi ces malades, les uns furent saignés dans l apvrexie, d’autres pendant l’accès, soit pendant le stade de frisson, soit pendant le stade de chaleur, soit pendant celui de sueur 5 il n’en résulta dans le sang aucune ditïerence appréciable.

TABLEAU

Du rapport proportionnel des différents principes du sang dans six cas de fièvre intermittente.

SAIONÉES.

FIBRINE

EAU

organiques.

inorgnniq.

Ier cas. . . .

■2e cas . . . .

3e cas. . . .

4e cas ....

to5,8

5e cas ....

io5,o

CO

6e cas. . . .

(a) Saignée faite pendant le deuxième accès d'une fièvre tierce (stade do chaleur).

(b) Ancienne fièvre tierce , saignéo faite dans l’apyrexie.

(c) Saignée faite pondant le stade do chaleur dans l’accès suivant.

(d) Ancienne lièvre tierce, saignée faite pendant le stade de sueur.

(e) Saignée faite pendant lo stade de chaleur d’un troisième accès do fièvre tierce.

(f) Saignée faite pendant le stade de sueur d'un sixième accès de lièvre quotidienne.

(g) Chlorose. Saignée faite pendant le stade de frisson.

( 3oo )

Remarque générale sur l'article premier.

INous venons d’analyser le sang dans les formes les plus ordinaires des pyrexies, et toujours dans ces maladies, nous avons vu le sang complètement différer dusang de ces autres maladies aiguës appelées des phlegmasies. Dans celles de ces pyrexies où le sang nous a présenté quelque modification, celle-ci a toujours consisté dans un changement de proportion de la fibrine par rapport aux globules, de telle sorte qu’il y eut diminution du premier principe par rapport au second. Or les expériences entreprises par M. Magendie sur les animaux ont démontré qu’un des effets de cette diminution de la fibrine par rapport aux globules, était la production facile de congestions et d’hémorragies au sein des parenchymes , ou à la surface des membranes. Mais les congestions et les hémorragies sont au nombre des phénomènes qui se reproduisent le plus souvent dans un grand nombre de pyrexies, et nos analyses donnent de ce fait une explication analogue à celle que M. Magendie avait déduite de ses expériences. D’après ces vues, il semblerait qu’on devrait retrouver la fibrine descendue à son chiffre le plus bas possible dans le pourpre hémorragique , sorte de pyrexie qui se caractérise surtout par l’abondance et la multiplicité de lieux des hémorragies. Nous regrettons vivement de n’avoir pu encoi'e analyser le sang dans cette maladie, non plus que dans le scorbut. Toutefois, dans quelques cas de fièvre pourprée hémorragique que nous avons eu occasion d’observer, nous avons été frappés de l’extrême liquidité du sang, qui, après la mort, s’écoulait comme de l’eau des vaisseaux et du cœur. Or le propre de la diminution de la fibrine est d enlever au sang sa

cohésion et de lui donner par conséquent une liquidité insolite. Mais si, dans les pyrexies, la facilité des congestions et des hémorragies est en rapport avec le mode d altération que le sang éprouve dans un certain nombre de ces maladies, 11e peut-on pas supposer que le même vice de composition du sang se retrouvera aussi, dans certains cas, soit de simples hypérémies, soit d’hémorragies qui ne sont plus liées à un mouvement fébrile , et dont en général on ne cherche guère la raison que dans les conditions du solide au milieu duquel elles s’accomplissent. Nous allons citer quelques faits relatifs à ce sujet, en regrettant qu ils 11c soient pas plus nombreux, et avec l’intention de rechercher leurs analogues. Nous nous earfierons par conséquent d’en tirer aucune conséquence générale.

Article ii.

Du sang dans la congestion cérébrale et dans V hémorragie cérébrale.

§ ipr. — Congestion cérébrale. — O11 a désigné par cette expression un état morbide, dont la nature intime mous est peu connue, et qui, dans sa forme la plus ordinaire, celle qui se traduit par de la céphalalgie, des vertiges avec disposition aux épistaxis, a plus d’un trait de ressemblance avec le prodrome de la fièvre typhoïde, et il est remarquable que cette même ressemblance se trouve aussi dans le sang.

En effet, dans quinze cas de ce genre, la fibrine, souvent en quantité normale, 11e l’a jamais notablement dépassée, tandis que dans plus d’un cas elle a considérablement diminué; son maxiniuma été de 3, y et son minimum

de i ,6. Ce minimum existait chez un fort cle la halle , d'une constitution d’apparence athlétique, et qui était sous l’influence habituelle d’excès alcooliques. Un des cas de ce genre, au contraire, où la fibrine atteignit un de ses chiffres les plus élevés relativement, 3,5 , nous fut offert par une femme d’une constitution des plus frêles et des plus délicates.

Quant aux rapports entre l’intensité des symptômes et le chiffre de la fibrine , il est digne de remarque que celui , parmi nos cas-, où les symptômes de congestion cérébrale eurent le plus d’intensité , fut précisément celui où la fibrine eut son chiffre le plus bas.

Les globules, ne marchant pas toujours dans le même sens , se maintinrent chez six malades dans les limites de leur état normal ; chez six autres ils s’abaissèrent au-dessous ; chez cinq autres, enfin, ils s’élevèrent au-dessus. L’homme aux formes athlétiques , dont le sang contenait si peu de fibrine , avait au contraire beaucoup de globules , 132,9, et parmi deux autres individus qui n’eurent en globules que 88,3 et 88,6 , l’un était la femme à constitution débile, qui avait dans son sang une quantité à peu près normale de fibrine, et l’autre était un homme sous l’influence de la cachexie saturnine.

Quant aux matériaux solides du sérum , ils ne s’abaissèrent dans aucun cas au-dessous de leur quantité moyenne , et présentèrent io4,8 pour maximum. L’eau varia du chiffre minimum 740,2 au maximum 820,3.

Parmi ceux de ces quinze malades qui furent saignées une seconde et une troisième fois , la fibrine ne se modifia pas sensiblement; les globules suivirent leur loi ordinaire de décroissement.

TABLEAU

Du rapport proportionnel des différents principes du sang dans quinze cas de congestion cérébrale.

SAIGNÉES

FIBRINE

EAU

organiques

inorganiq.

1er cas. . .

cas. . . <

CO

vf-

CO

cas . . .

cas. . .

cas. . .

cas . . .

cas. . .

cas. . .

cas . . .

cas . . .

1 Ie

cas. . .

io4,5

cas . . .

cas. . .

cas. . .

cas. . .

(a) Celle troisième saignée n'a été pratiquée que trois semaines après la deuxième et comme la malade mangeait , cela explique la légère augmentation des globules.

(b) Le malade avait été saigné une fois en ville la veille de son entrée à l’hOpital.

§n. — Hémorragie cérébrale . — A la suite des congestions cérébrales (expression que nous n’acceptons que provisoirement), nous sommes amenés à exposer ce que le sang nous a offert de particulier chez sept individus atteints d’hémorragies cérébrales , et qui ont été saignés huit fois.

Les résultats que nous avons obtenus dans certains de ces cas ont quelque chose d’inattendu et comme de singulier, au point de vue surtout des doctrines médicales le plus généralement répandues, et cependant ces résultats marchent d’accord avec ceux que nous avons obtenus dans plusieurs cas de congestion cérébrale -, ils se fortifient en quelque sorte les uns par les autres. En effet , la modification que nous avons vue se reproduire le plus souvent dans le sang de nos apoplectiques a été une diminution de la fibrine et une augmentation des globules , comme vont le montrer les détails suivants :

Le premier malade de ce genre , dont nous examinâmes le sang, était une femme âgée de cinquante-neuf aus , qui deux jours auparavant avait été frappée d’une forte attaque d’apoplexie. Nous trouvâmes la fibrine descendue â 1,9; mais en même temps les globules avaient atteint un chiffre auquel nous les avons vus s’élever bien rarement (i , 5) ; les matériaux solides du sérum avaient conservé leur chiffre normal 8o,3; l’eau, très diminuée, 1 ne donnait plus que 74^,3. Nous fûmes singulièrement frappés de cette grande quantité de globules 5 cependant trois jours s’écoulèrent, pendant lesquels l’intelli- < gence abolie avait recouvré une partie de sa netteté 5 ! nous fîmes alors pratiquer une seconde saignée et nous trouvâmes le sang avec des qualités bien différentes que la première fois; la fibrine, diminuée d’abord, avait aug-

mente (3,5); les globules au contraire avaient diminué bien que se maintenant encore en excès (187,7).

Ainsi , dans le sang de la malade , au moment où elle fut saignée pour la première fois, il y avait infiniment peu de fibrine par rapport aux globules (1,9 en fibrine et 175,5 en globules), et ce n’était point d’ailleurs le fait même de la perte de sang accomplie dans le cerveau , qui avait pu produire un tel changement dans la proportion relative de la fibrine et des globules; car, outre que l’hémorragie n’avait pas pu être assez abondante pour entraîner dans le sang un changement de ce genre, les faits consignés dans ce Mémoire nous ont appris que toute perte de sang a pour effet nécessaire de diminuer la quantité des globules, tandis qu’elle n’entraîne pas, d’une manière aussi constante et aussi facile , la diminution de la fibrine. Nous sommes donc amenés à demander si , dans ce cas , le changement de proportion survenu dans la fibrine et les globules , loin d’être un effet de la maladie, ne put pas au contraire contribuer à lui donner naissance, et cela en raison de Ja facilité avec laquelle le sang, privé de sa quantité normale de fibrine, tend à perdre toute cohésion et à sortir de ses vaisseaux.

Poursuivons cependant l’examen du sang dans nos six autres cas d hémorragie cérébrale; les résultats de cet examen, dans la majorité des cas, ne s’éloigneront pas de celui sur lequel nous venons d’appeler l’attention.

Dans un deuxième cas , en effet , où la saignée fut pratiquée Je jour même d’une attaque d’apoplexie moins forte que la précédente, la fibrine présenta encore un chiffre assez bas, 2,2; les globules restèrent toujours plus élevés que leur moyenne normale , ils marquèrent 1 35 ,9.

Dans un troisième cas, où la saignée fut faite trois Ann. de Chim. et de Vhys., t. lxxv. (Novembre iS^o.)

jours seulement après une attaque dapoplexie encore moins forte , la fibrine continua à se montrer assez peu abondante, 2,6 ; les globules offrant toujours la même loi d’augmentation, se maintinrent élevés au chiffre de i4o,6.

Dans les quatrième et cinquième cas, les malades ne furent saignés qu’à une époque beaucoup plus éloignée de celle de l’attaque (au bout de huit jours dans un cas , de quinze joui s dans l’autre) 5 dans ces deux cas , la fibrine resta encore à un chiffre au-dessous de sa quantité normale (2,0, 2,1 ); mais pour la première fois nous voyons les globules descendre au-dessous de leur moyenne, 122,4, 120,8.

Ainsi donc, dans ces cinq cas, la fibrine, d’abord très basse , s’est élevée peu à peu , mais jamais assez pour que, dans aucun cas , elle atteignit même le chiffre 3, qui représente sa quantité moyenne.

Un sixième cas va maintenant se présenter, où la fibrine s’élève jusqu’à ce chiffre 3,2, et où les globules , au contraire, s’abaissent comme dans les deux derniers cas précédents : ils sont à 123,4- Mais ce cas offre une circonstance nouvelle : le malade, arrivé au cinquième jour de son attaque , lorsque nous lui tirâmes du sang , avait déjà subi une autre saignée et une forte application de sangsues ; il était donc précisément dans la même position que la malade n° 2 du tableau , chez laquelle le I sang de la seconde saignée donna aussi 3,5 en fibrine, J le sang de la première saignée n’ayant donné que 1,9 en ^ fibrine. Le chiffre assez bas des globules s’explique et par ! les pertes de sang déjà éprouvées, et par la diète imposée 1 au malade- et si, malgré l’influence incontestable et nécessaire de ces circonstances sur la diminution des globules, leur nombre dans le sang d’une seconde saignée

était encore de 1 23 , 4 ? nous croyons pouvoir en conclure qu’au moment de l’attacpie d'apoplexie, les globules devaient avoir dépassé leurs limites physiologiques; sinon nous les eussions trouvés, dans la seconde saignée, à un chiffre moins élevé que 123,4-

Le fait général qui domine ces six cas d hémorragie cérébrale, c’est donc une coïncidence de cette hémorragie avec une tendance plus ou moins prononcée, suivant les cas, à une diminution de fibrine et à une augmentation de globules; toutefois, dans notre sixième cas, ce n’est, plus déjà que par induction que nous avons pu admettre cette sorte de modification du sang, et en voici maintenant un septième dans lequel , dès la première saignée , le sang se montra avec une composition à peu près normale.

Dans ce cas la fibrine, loin d’ètrc diminuée, a même un peu dépassé sa quantité moyenne; elle donne 3, 9; les globules sont à 126, 5 , et cependant l’attaque d’apoplexie avait été violente , et la saignée avait été pratiquée dès le deuxième jour. Voilà un fait négatif qui a sans doute sa valeur, mais il ne saurait détruire celle de plusieurs des faits précédents , et ici, comme dans la simple congestion cérébrale, comme dans bien d’autres états morbides, nous pensons que des maladies semblables,

I quant à leur forme, peuvent être le produit d’altérations très diverses, dont il appartient à l’anatomie et à la chimie pathologiques de révéler le nombre et la nature. Qui sait, par exemple, si, dans noire septième cas, l’élévation exceptionnelle du chiffre de la fibrine (élévation bien faible toutefois) ne coïncida pas avec un léger , commencement de travail inflammatoire autour du sang ■ épanché;1

TABLEAU

Du rapport proportionnel des differents principes du sang dans sept cas d hémorragie cérébrale.

CO

Sd

IiATE

de

l’invasion

FIBRINE

MATÉRIAU

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