‹ Recherches sur les modifications de proportion de quelques principes du sang, fibrine, globules, matériaux solides du sérum, et eau, dans les maladiesChapitre 18 sur 21 · CHAPITRE IV. t · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. t

Maladies dans lesquelles l'albumine du sérum est

diminuée.

Dans les chapitres précédents nous n’avons accoidé qu’une attention secondaire aux matériaux solides du sérum, et en particulier à son albumine, parce que

effectivement, dans tous les cas que nous avons passés en revue, ces principes ne nous ont présenté aucune modification capitale.

Mais il est une maladie dont les reins sont le siège, et qui a pour effet de modifier de telle façon la sécrétion de ces organes, que l urine s’en échappe mêlée à une certaine quantité d'albumine (maladie de Bright, néphrite albumineuse, albuminurie). Nous avons examiné le sang dans cette maladie, et nous avons trouvé que les parties organiques des matériaux solides du sérum , essentiellement formées d'albumine, avaient notablement diminué -, et cette diminution nous a paru d’autant plus considérable, que nous constations dans l urine la présence d’une plus grande quantité d albumine (i). Ainsi dans trois cas de ce genre, les matériaux organiques du sérum descendirentde leur chiffre moyen 72 aux chiffres6i,5, 60,8, 57,9. Or dans aucune autre maladie nous 11’avons trouvé une pareille diminution. Chez l’individu qui présenta le chiffre si bas de £>7,9, il arriva qu’au bout d’un certain temps l’urine cessa de contenir autant d’albumine: nous fîmes alors pratiquer nue seconde saignée, et cette fois nous trouvâmes que les matériaux organiques du sérum étaient remontés de 07,9 à 66. Enfin, au bout d’un temps encore plus long, toute trace d’albumine disparut de l’urine; une troisième saignée fut alors pratiquée, et les matériaux organiquesdu sérum avaient encore augmente : ils s’étaient élevés de 66 a 72, c’est-à-dire qu’ils étaient revenus à leur quantité moyenne.

On doit conclure de ces faits qu’il y a un rapport intime

(1) Quelques auteurs anglais, et M. Rayer, en France, ont déjà annoncé des résultats semblables.

entre l’albumine du sang et celle qui, accidentellement, vient à être sécrétée par les reins. Un quatrième malade vient en quelque sorte nous servir de contre-épreuve. Chez lui, en effet, l’urine ne contint de l’albumine qu’en très petite quantité et d’une manière passagère $ chez lui aussi les matériaux organiques du sérum conser-

vèrent leur chiffre ordinaire , ainsi que le prouve l’analyse

suivante :

Fibrine

Globules

Matériaux solides du sérum | 01 t'an^ciyLes

(inorganiques. .

Eau

Analyse du sang dans trois autres cas où V urine contint

une plus grande quantité d' albumine ,

et pendant

longtemps .

PREMIER CAS

Fibrine

Globules

Matériaux solides du sérum |or§an^(îues

(inorganiques. .

Eau.

DEUXIÈME CAS

Fibrine

Globules

Matériaux solides du sérum j 01 bauiclues* •• •

(inorganiques..

Eau

ou y , u

THOISIÈMF. CAS.

Fibrine 3,2

Globules 82,4

Matériaux solides du sérum | 01 ban'(lues‘ " ' °7’9

( i norganiques. . 6,9

Eau 849,6

En jetant un coup d’œil sur ces trois analyses, on peut voir que dans le second et le troisième cas, les globules sont de beaucoup descendus au-dessous de leur quantité i physiologique 5 cette circonstance ne saurait être attribuée «à la présence de l’albumine dans l’urine, puisque, dans ïi le premier cas, nous trouvons que les globules sont restés

Ien quantité normale 5 mais nous pouvons rendre compte , dans ces deux cas, de la diminution considérable des | globules par les circonstances suivantes :

I Le second cas en effet est relatif à une femme hydropique, et qui était arrivée à un état d’anémie assez proi noncé pour qu’on entendit chez elle un bruit de souffle È aux artères carotides ; son sang devait donc contenir peu 5 de globules.

Dans le troisième cas où la diminution des globules est 3 beaucoup moindre (82,4 au lieu de 61 ,6), il s’agit d’une i autre femme qui, atteinte d’un érysipèle à la face, avait H été déjà saignée une première fois et avait subi une forte

I application de sangsues, lorsque de l’albumine apparut dans l’urine. On s’explique ainsi l’abaissement du chiffre des globules, abaissement qui toutefois fut plus considérable qu’il ne l’est d’ordinaire dans des circonstances H semblables. Un peu plus tard une seconde saignée, prati- I quée après que de la nourriture avait été accordée, fit a voir une augmentation dans les globules 5 plus tard enfin,

lorsque après la disparition de l’albumine du sein des urines, on pratiqua une quatrième saignée, et qu’on trouva l’albumine du sang revenue à son état normal, deux circonstances frappèrent encore notre attention, d’une part une nouvelle diminution des globules, et d’autre part une augmentation de la fibrine. Pourquoi ces nouveaux changements dans le sang? C’est cjue peu de jours avant la dernière saignée, plusieurs ganglions lymphatiques du cou s’étaient enflammés, et étaient rapidement arrivés à la suppuration 5 la malade avait dù être de nouveau soumise à une diète sévère. Telles furent les causes tout accidentelles et de l’accroissement de la fibrine et de la diminution des globules.

Nous avons cité dans le cours de ce Mémoire assez d’exemples semblables pour qu’aucun doute 11e puisse être élevé sur 1 interprétation que nous donnons à ces faits.

Analyse du sang de la troisième saignée.

Fibrine 3,o

Globules 88,2

Matériaux solides dn sérum j 01 8arb(lues- • • • 66,0

( inorganiques. . 6,7

Eau 836,i

Analyse du sang de la quatrième saignée.

Fibrine

Globules

Matériaux solides du sérum!

[organiques.. . .

Eau

(inorganiques. .

( 3ai )

Nous nous sommes donc rendu parfaitement compte de ces singulières oscillations que présentèrent, dans trois saignées successives faites à un même individu, les différents éléments du sang, et c’est ainsi que plus nous avons avancé dans l’exposition de nos recherches, plus il nous est devenu facile, par l’analyse des faits, de ramener à quelques principes les causes de tous ces changements de composition du sang qui, par leur mobilité même et par la rapidité de leur succession, sembleraient au premier coup d’oeil échapper à toute règle , et se reproduire comme au hasard. Au milieti de ce désordre apparent il y a des lois qui s’accomplissent, et pour les trouver il ne s’agit que de dégager les phénomènes de leur complication (i).

Qu'on nous permette, avant de terminer, une dernière remarque sur le parti que quelques personnes supposent qu’on pourrait tirer de l’examen de la densité du sérum, pour évaluer la quantité d’albumine et de sels contenus dans le sang. On a effectivement vérifié que dans la maladie de Briglit, où le sang contient moins d’albumine, son sérum a aussi moins de densité (Christison, Rayer et autres) 5 mais toute diminution de densité du sérum estelle le résultat d’une diminution de l’albumine, et par contre est-on fondé à donner pour preuve de l’abaissement du chiffre de l’albumine dans le sang, la densité de moins en moins grande que présente le sérum à mesure qu’on répète la saignée? Nous ne saurions l’accorder, car ce serait là un résultat qui se trouverait généralement en désaccord avec celui qu’ont fourni nos analyses. Pourquoi

(i) On trouvera à l’article de la bronchite capillaire deux autres cas où, avec un grand abaissement du chiffredes matériaux sol ides du sérum, coïncida encore la présence de l’albumine dans I urine.

Ann. de Chim. ei de Phys., t. i.xxv. (Novembre i8{o.)

donc, en pareil cas, le sérum perd-il de sa densité? C’est que celle-ci ne dépend pas seulement de la quantité d’albumine et de sels du sang. En effet , la proportion d’albumine et de sels restant la même, il suffit que les globules du sang diminuent pour que la quantité d’eau augmentant proportionnellement, la densité du sénim se trouve abaissée. Or, comme le résultat le plus constant des saignées pratiquées à des intervalles rapprochés est de faire baisser la, proportion des globules, on conçoit sans peine que les données fournies parla densité du sérum peuvent induire en erreur, en faisant rapporter à l’albumine et aux sels une diminution de proportion qui le plus souvent porte réellement sur les globules. Lors donc que l’on constate un abaissement de la densité du sérum, la seule* conclusion que l’on puisse tirer de ce fait, c’est que le sang est appauvri. L’analyse seule peut apprendre lequel de ses principes a subi un abaissement de proportion.

W\ \\l\ k/V\ VVA <vv* V\ « <WX \AA /VV\ <w\

Isomorphisme de Voxaméthane et du chloroxamé-

thane ;

Par M. F. DE LA PROVOSTAYE ,

Professeur à la Faculté de Rennes.

Parmi les nombreuses et importantes recherches auxquelles la théorie des substitutions a déjà donné naissance , l’une des plus remarquables sans contredit est le travail de M. Malaguti sur l’éther chloroxalique. Nous y voyons deux séries complètes de produits tous dérivant les uns des autres sans destruction et par de simples combinaisons

ou transformations, séries qui nous offrent constamment d'un côté de l’hydrogène et de l’autre du chlore le remplaçant atome à atome. Certainement il est impossible d'imaginer un isomorphisme chimique mieux établi et plus parfaitement caractérisé; néanmoins je ne sache pas que ni pour ces produits , ni pour les produits obtenus par de semblables substitutions, on ait pu constater jusqu’ici l’isomorphisme cristallographique (i). Le plus souvent, en effet, les deux substances, ou du moins l une d’elles, ne cristallise pas et se refuse à toute mesure exacte. Pour quiconque se rappelle les belles recherches de M. Mitscherlich et les conséquences si importantes qui en dérivent, il était pourtant du plus haut intérêt d’arriver sur ce point <à une solution précise. L'obligeance de M. Malaguti m’a permis de la donner. Ce chimiste a bien voulu me confier des cristaux d oxaméthane et de chloroxaméthane. Les premiers avaient été obtenus par le refroidissement d’une solution étlxérée alcoolique , les derniers s’étaient formés dans une solution simplement étliérée. Ils étaient parfaitement beaux et susceptibles de mesure. Or il résulte de leur examen, que ces deux substances sont isomorphes. Je donne ici les déterminations sur lesquelles est fondée cette assertion.

(i) M. Laurent a fait, au sujet de celte Note , une réclamation dans les Comptes rendus de l’Institut. Dans un Mémoire présenté à l’Académie il y a quelques mois, mais qui n’a pas encore été publié, il a énoncé que certaines combinaisons naphlaliques, dans lesquelles le chlore remplace l’hydrogène, sont isomorphes. Je suis loin de vouloir contester le mérite de ces conjectures j mais comme une chose de cette nature ne peut être établie que par des mesures qu’il n’avait pas faites, je crois pouvoir dire encore que l’oxaméthane et le chloroxamétliane nous offrent le premier, et jusqu’à présent, le seul exemple d’isomorphisme réellement constaté entre ces deux classes de substances.

ai..

Le chloroxaméthane appartient au système rhombique (prismatique rectangulaire droit)-, il cristallise sous la forme d’un prisme à base rectangle /, dont les angles sont de 6o° et de 1200. Les angles aigus sont tronqués symétriquement par une paire de faces P, de sorte que les six angles de la base sont de 120°.

A chaque sommet se trouvent deux faces o formant biseau, qui se coupent sous un angle de ioB0^' à très peu près. O11 a donc

Angles mesurés.

/ ; / par derrière = 120°

L’oxaméthane cristallise en lames flexibles excessivement minces, dont la mesure est assez difficile quoique les faces soient brillantes. Les sommets sont presque toujours altérés-, on les rencontre pourtant très mesurables sur les cristaux extrêmement petits.

Angles mesurés.

Il résulte de ces mesures que l’oxaméthane appartient

aussi au système rhombique. L’angle des deux faces qui forment biseau au sommet est le même que l’angle correspondant des cristaux de chloroxaméthane. Quant aux pans verticaux , les angles sont différents; mais il est facile de voir que les deux formes peuvent dériver d’une même forme fondamentale. En effet, les axes calculés, en prenant M pour prisme primitif, sont

Axe vertical a =. 0,7x5,

Axe horizontal tourné vers l'observateur . . b — i,

Axe horizontal dirigé de gaucbe à droite. . c = 0,924*

En partant de ces axes on a, pour la notation des faces et pour la valeur calculée des angles,

Nolation.

Chloroxaméthane. Oxaméthane.

Poo ,

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