‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de HainautChapitre 109 sur 182 · RENAUD · texte numérisé non relu

RENAUD

( Voir page 12 du tome ler.)

N° I. Dans un cercle perlé, une épée la pointe en bas : # RAINNADVrA. — Dans un même cercle perlé, une petite croix pattée, cantonnée de quatre globules : * MONTE. y

Cabinet du Cte A. Stroganoff.

Gravée dans les Mémoires de la Société d’archéologie de Saint-Pétersbourg, IX: livr., pl. XIII, n° 41.

Notre première idée avait été d'attribuer cette pièce à Raiïnier V (40143-10530) ainsi que l'avait fait le savant secrétaire de la société de Saint-Pétersbourg; mais la forme Rainnadus s'éloigne trop de toutes les

du Cornet, au proffit dudit maistre, la somme de ij° florins , et ce suyvant l’apoinctement faict avec luy par messieurs eschevins, de quoy baillé ordonnance. »

« Ayant vu le billet de prisée et extimation dés ouvraiges nécessaires pour accommoder la forge dudict maistre de la monnoye portant bonne somme de deniers. »

« Conclu de donner et satisfaire seullement pour tous lesdits ouvraiges la somme de

cent florins. »

(Archives de l'État à Mons). Communiqué par M. A. Lacroix, archiviste.

nr HU

formes connues du nom des Rainier (*), pour que nous ne cherchions pas une autre lecture. Le mot Rainnadus ne peut, pensons-nous, signifier que Renaud. Or, l’histoire précisément fait mention d’un personnage de ce nom, créé comte de Mons, par l'archevêque Brunon, après la déposition de Rainier IT, et qui fut tué dans une bataille que lui livrèrent les fils de ce comte, en 974, à Péronne, près de Binche (°).

L’exemplaire de cette monnaie qui appartient au comte A. Stroganoff, a été trouvé à Rostow, avec quelques deniers des Othons, de Henri II d'Allemagne et d’Ethelred d'Angleterre. Une pièce semblable, mais très-mal conservée et qu'on n'avait pas pu lire, est gravée dans le journal du D' Grote, tome IL, pl. V, n° 87. Elle avait été trouvée à Egersund, avec des monnaies dont les plus récentes sont des premières années du règne de Canut le Grand (*). Les deux seuls exemplaires connus du denier RAINNADUS faisaient donc partie de dépôts enterrés dans le premier tiers du xie siécle, et étaient en compagnie de pièces dont plusieurs appartiennent à la seconde moitié du x° siècle. C’est encore une raison de plus pour préférer Renaud, puisqu’une pièce aussi éloignée du lieu de son enfouissement doit probablement être une des plus anciennes du dépôt. Elle en serait une des plus récentes si elle appartenait à Rainier V (1013-1050).

On remarquera que, sur cette monnaie, Renaud ne prend pas le titre de comte. La même observation s'applique à presque toutes les pièces les plus anciennes de nos seigneurs, c’est-à-dire à celles qui ont précédé les petits deniers muets ou semi-muets, improprement nommés mailles. Ne pourrait-on pas en inférer que nos comtes n’ont pas commencé leur monnayage à litre de souverains, mais qu'ils forgeaient à leurs noms comme

(') Rayginerius, Raynerus, Raginerus, Reinerus, etc. (°) Albérie des Trois-Fontaines, année 974.

() Le dépôt d’Egersund contenait, entre autres , des pièces d’Othon I* (936-975), d'Edgard d'Angleterre (958-975), d'Edward II (975-979), d’Ethelred (979-1016). Blütter für Münzkunde, tome IIT, pages 159 et 257.

or CNIL

monétaires? Les têtes couronnées des pièces namuroises, au nom d'Albert, sont de véritables têtes impériales. C’est ainsi que les monétaires mérovinsiens entouraient de leurs noms des têtes qui ne peuvent être que celles des rois (").

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