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Le 11 novembre 1429, le duc Philippe de Bourgogne, en qualité de bailli, mambour, gouverneur et héritier du pays et comté de Hainaut, fit publier à Mons un cri de monnaies, pour régler le cours des espèces d’or, d'argent et de billon, dont la circulation était autorisée dans ce pays. Ce document est reproduit dans les pièces justificatives, n° XVI. Parmi les noms vulgaires des monnaies qui y sont indiqués on trouve la grande tarelare de Namur, qui faisait dix-huit deniers tournois, et qui dévait, par conséquent, avoir la même valeur intrinsèque que le cromstert. Du Cange, au mot Tarerares (Monetæ Belgicæ species ut videtur) cite une charte de 1447 dans laquelle la {arelare est comptée pour 8 esterlins ou 32 deniers. La valeur de cette pièce avait presque doublé (en France) depuis le cri de 14929.
PHILIPPE-LE-BON
(Voir page 111 du tome Ier.)
Des documents dont nous avons obtenu copie au dépôt des Archives de Lille, nous permettent de rectifier et de donner d’une manitre plus complète ce qui concerne les monnaies de Philippe le Bon, forgées pour le Hainaut.
Le 18 de mai 1455, le duc mande aux maîtres particuliers de sa mon-
très-redoubtet signeur. Si en furent lettrez et chedulles escriptes et envoyés as offiscyers dessus, et pour ce payet pour xj lieuwes de chemin : X] S.
Compte de la prévôté de Mons, du 4er juillet 1422 au {er juillet 1493, n° 15124 de la chambre des comptes aux Archives du royaume,
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naie de Valenciennes, Ernout (Arnoul (1) et Guillaume du Gardin, frères,
et Ernoul de Gouy, qu'ils aient à forger ses nouvelles monnaies qui étaient :
1° Une pièce d’or, appelée peeter ou pietre, de 18 carats d’aloi, le noble d'Angleterre compté pour or fin, et de 68 au marc, ayant cours pour 50 gros de Flandre ou 50 sols tournois de Hainaut. Les peeters d’or forgés à Valenciennes se distinguaient à un petit lion qui, dans les deux légendes, remplace la croisette (*). Du reste ils ne portaient pas d'autre indication particulière au Hainaut.
2 Une pièce d’or appelée clincart Philippus de même poids, aloi et valeur.
Nous ignorons à quoi on peut distinguer les clncars de Valenciennes. Peut-être, comme les peeters, ne diffèrent-ils de ceux de Brabant que par un signe monétaire. |
5° Le demi-clincart de même aloi et de 437 au mare, valant 25 gros de Flandre ou 25 sols de Hainaut.
4° Une pièce d’argent à 6 deniers d’aloi de 70 au marc, valant 8 esterlins de Flandre ou 2 sols 8 deniers tournois de Hainaut.
C’est probablement la pièce gravée dans le premier volume, pl. XXII, n° 162, qui pèse un peu plus que les vierlanders ordinaires taillés à 72 au marc.
5° Le demi de la pièce précédente de même aloi et de 141 au marc, ayant cours pour 4 esterlins de Flandre ou 16 deniers de Hainaut.
6° Le quart idem de même aloi et de 285 au mare, valant 2 esterlins ou 8 deniers.
7e Une monnaie noire à 9 grains d'aloi et de 120 au marc, valant 2 deniers tournois de Hainaut.
(‘) Nous avions dit Evrard, d’après d’Ourreman.
(:) Pièces justificatives, n° ILL.
8° Une semblable pièce également à 9 grains et de 240 au marc, faisant un denier tournois.
La fin de cette instruction prévoit le retour à une monnaie plus forte (js Ce retour ne se fit pas attendre. Le 21 octobre de la même année, le duc confie la monnaie de Valenciennes aux maîtres particuliers Guillaume du Gardin et Jehan Dubar (°). L’instruction qui leur est délivrée porte qu'ils doivent forger :
1° Une pièce d’or nommée Philippus (ryder ou cavalier), à 23 carats trois quarts et un seizième d’or fin, ou semblable à celui des Nobles d'Angleterre, et de 67 et !/, au mare, valant 48 sols. Cette pièce, assez commune, est gravée dans notre premier volume, pl. XXI, n° 156.
2° Un demi-cavalier de même aloi et de 135 au mare, valant 24 sols.
Pour les essais et comme terme de comparaison , il devait être fait , avec l'or des Nobles anglais, une aiguille ou verge que lon coupait en trois parties. L’une restait aux maîtres particuliers, l’autre déposée dans une boîte scellée du scel du bailli de Hainaut, était confiée au garde de la monnaie, et la troisième également scellée était remise aux maitres généraux pour servir aux essais des boîtes.
5° Une pièce d'argent à 6 deniers d’aloi et de 72 au marc, valant 2 sols.
4° Une idem au même titre et de 144 au mare , valant À sol ou 12 deniers.
Ces deux pièces sont le vierlander et le demi vierlander, gravés dans le premier volume sous les nes 463 et 164.
5° Une monnaie de billon noir. appelée doublet, à 12 grains d’aloi et de 108 au marc, valant 9 deniers tournois.
6° Une idem de même aloi, et de 216 au marc, faisant le denier tournois.
Probablement les nos 465 et 166 du premier volume.
(*) Pièces justificatives, n° IV.
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La frappe de toutes ces espèces devait commencer immédiatement et avoir produit la somme de six cents livres de gros avant le onze novembre suivant.
Au milieu d’une foule de clauses et de stipulations ordinaires à ces sortes de contrats, on trouve dans cette instruction une particularité curieuse, c’est la suppression de l’usage des pieds-forts. « [tem est ordonné « que des fors deniers d’or et d'argent que on avait acoustumé de faire « par cy-devant ès monnoyes de mondit seigneur aux nouveaulx piez, « que on n’en face plus d'ores en avant pour donner à quelque personne « que ce soit. Âfin que on ne contreface les deniers dessusditz et pour « certaines aultres causes à ce mouvans. »
Le bail de Guillaume du Gardin et de Jehan Dubar devait durer trois ans à partir de la première délivrance (”).
Nous verrons la période de monnoie forte, qui commence en 1455, se prolonger presque sans variations jusqu’à la fin du règne de Philippe. Cette stabilité dans le système monétaire est d'autant plus remarquable qu’elle contraste avec les fluctuations énormes que les monnaies éprouvaient en France à cette époque. Sous le puissant duc de Bourgogne, nos monnaies avaient donc cessé de suivre l'impulsion française à laquelle elles obéissaient pendant le x1v® siècle.
Le 6 février 1436 (1457), Daniel Thieulaine et Jehan Bracque obtiennent la maîtrise de Valenciennes pour le terme de deux ans.
Les pièces qu'ils durent forger sont les mêmes que ci-dessus : le cavalier, le demi-cavalier, le vierlander de 72 au marc, le demi, le billon noir de deux deniers et celui d’un denier. Toutes ces pièces avaient conservé leur titre, leur poids et leur valeur (?). Les maitres devaient payer l'or à raison de 46 :/; Philippus au marc, et quand il était à plus bas titre, ils pouvaient déduire sur chaque espèce de monnaie à refondre l’empirance ou
(*) Pièces justificatives, n° VI.
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diminution que le pied de ces monnaies avait subie. Le tarif de ces empirances est joint à l’instruction (”); il mentionne les monnaies suivantes : 1° Premières couronnes ; 2° Couronnes au grand écu ;
RTE d’Augustin (?);
4 Id. de Hainaut ;
DOPOENT A: de Tournai à l’annelet ; Cd: id. à le Tranline (?); 1% "Id. id. après faites ;
8 Id. id. dernières faites ;
9° Les Peeters de Namur ; 40° Les premiers moutons ; 11° Les seconds moutons; 12° Les tiers moutons:
15° Les moutons de Wesemael (de Rummen) :
14 Les esterlins Guillermus ; 15° Les premiers et derniers Peeters de Brabant : 16° Les mailles Regnaldus ; 47° Les esterlins clincars de Gand ; 18° Les autres clincars de Louvain et Namur ; 19° Les clincars à droites croisettes * ; 20° Les clincars à trois annelets 2 ; 21° Les mailles d'Utrecht ; 22° Les mailles Arnoldus ; 25° Les mailles secondes ; 24° Les mailles tierces :
25° Les mailles de Meurs et Béthune (??) (Bentheim). 26° Les mailles de Juliers ; 27° Les nobles de Flandre :
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(*) Pièces justificatives, n° IX.
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28° Les premiers esterlins de Flandre ;
29° Les seconds esterlins ;
30° Les premiers esterlins de Malines ;
31° Les seconds esterlins de Malines ;
32 Les vieilles mailles du Rhin.
Le 22 juin 4441, la monnaie de Valenciennes est adjugée, pour le terme de trois ans, à Jehan Brabant, bourgeois de Tournai, comme fondé de pouvoirs d’Arnoul de Cologne. Il continue à frapper les mêmes monnaies d’or et d'argent, mais il n’est plus parlé dans son bail de la monnaie noire ().
Le 18 janvier 1454, le duc nomme à la maîtrise de Valenciennes, pour le terme de deux ans, Marc de Hellemmes et Jehan de Saint-Genois, fils de Simon, qui, le 21 février suivant, prêtent serment de leur office pardevant la chambre des comptes de Lille (”).
L'instruclion qui leur fut remise portait qu’ils devaient forger :
1 Une pièce d’or nommée lion d'or à 25 carats et de 57'}, au mare (*), valant 60 gros. |
90 Une id. nommée lionceau de même aloi et de 86'/, au marc, valant 40 gros.
Ces deux pièces sont gravées, dans le premier volume, planche XXI, nos 157 et 158.
Il n’est plus parlé de la monnaie d'argent ni de la monnaie noire.
La monnaie d’or qui était restée stable depuis 1435, commence à s’affaiblir. Le cavalier de 48 gros est porté à 51 gros.
La monnaie d'argent reste la même et doit être forgée conformément à l'instruction de 4453. Le rapport entre la monnaie d’or et le gros d'argent est seul changé; de À à 48, il est élevé de 1 à DA (”).
(1) Pièces justificatives, n° X.
(>) Id., n° XI.
(3) Hevyzex dit 59.
(4) Pièces justificatives, n° XIT.