‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de HainautChapitre 129 sur 182 · AN · texte numérisé non relu

AN

Ÿ CU 6 YPS #

nous étions dupe d’une illusion que la découverte d'une autre pièce devait bientôt dissiper.

A peine notre volume avait-il vu le jour, que M. Decoster, le plus heureux dénicheur de monnaies qu'il y ait peut-être au monde, rencontrait un autre gros, semblable au nôtre du côté du châtel, mais ayant autour de la croix : * WIL? : DS : IVLIAGO.

Quand on s’est trompé (et qui ne se trompe pas dans une matière con-

jecturale comme lattribution d’une monnaie énigmatique ? ) le plus simple est d’en convenir franchement; c’est ce que nous faisons aujourd’hui.

Cette pièce prouvait à l'évidence que notre attribution était erronée , puisque aucun personnage du nom de Guillaume de Juliers n’a pu frapper monnaie au Quesnoy. D’un autre côté, ces deux gros appartenant à la même ville, on ne pouvait pas chercher cette ville dans le pays de Juliers dont aucun comte n’a porté le nom de Jean. La prétendue monnaie du Hainaut était tout simplement une monnaie flamande des plus curieuses.

Lorsque Gui de Dampierre, se fiant à la parole de Charles de Valois et à l'honneur du roi de France, Philippe le Bel, eut quitté la Flandre envahie, pour se livrer à la merei du vainqueur (1300), le pays entier se soumit au roi, et Philippe put croire un moment qu'il avait fait la conquête définitive de la Flandre. Cette illusion ne fut pas longue. Deux ans après, Bruges se soulevait sous la conduite de ses illustres tribuns, Pierre de Coning et Jean Breydel; les fils du comte Gui accouraient se meltre à la tête des Flamands insurgés , et la bataille de Courtrai délivrait la Flandre de l'invasion étrangère.

Jean, comte de Namur, l’ainé des enfants du second mariage du comte prisonnier, Gui de Namur, son frère, et Guillaume de Juliers, fils du comte de Juliers et de Marie, fille du premier lit du comte de Flandre . prirent d’abord en main les rênes de l'État et formèrent une espèce de gouvernement provisoire dont le comte Jean était-le chef. Guillaume de Juliers , qui paraît avoir spécialement exercé son autorité dans le pays de Waes, s’était-fortifié dans le château de Rupelmonde.

Au mois de juin 1503, Jean de Namur abandonna le pouvoir qu'il exerçait depuis environ un an, et le céda à son frère consanguin, Philippe, comte de Tlhette, qui arrivait d'Italie pour se mettre à la tête des Flamands. Quant à Guillaume de Juliers, qui était archidiacre de Liége et prévôt de Maestricht, mais qui avait quitté l’'aumusse pour endosser la cuirasse, on sait qu'il continua à guerroyer contre les Français dont il était un des plus intrépides adversaires. Ce fut lui qui, à la bataille de

Page 1