‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de HainautChapitre 19 sur 182 · MARIÉE A FERRAND DE PORTUGAL (1211), PUIS A THOMAS DE SAVOIE · texte numérisé non relu

MARIÉE A FERRAND DE PORTUGAL (1211), PUIS A THOMAS DE SAVOIE

Le roi Philippe-Auguste, qui, en qualité de suzerain de la Flandre, prétendait avoir la garde-noble des filles de Baudouin, marie l'ainée à Ferrand de Portugal. Celui-ei, pour prix de cette union, lui cède les villes d’Aire et de St-Omer (1211). II est fait prisonnier à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1244, et conduit à la tour du Louvre.

L'an 1295, un imposteur, qui prétendait être Baudouin VF, se fait un parti dans le Hainaut. Il est pris, en 1226, et pendu à Lille, par jugement des pairs de la Flandre.

Ferrand, de retour dans ses États après douze ans de captivité, meurt sans laisser d'enfants, le 27 juillet 1933. Jeanne se remarie, en 1237, avec Thomas de Savoie, onele de Marguerite, femme de Louis IX, et meurt le 5 décembre 4244. sans laisser de postérité.

Dans une lettre du comte Ferrand, en date de 1242, il est dit que Gautier d’Avesnes assigne à son frère Bouchard, pour l'avancement de son mariage avec Marguerite, . . . . . sept cens livres de blanche monnaie de

Valenciennes.

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En 4216, le magistrat de Namur reconnait devoir à Gilles de Berlaimont une rente annuelle de 40 livres de Valenciennes (”).

L'an 1226, Henri, due de Brabant, s’oblige à payer à l’évêque de Liége quinze mille livres, monnaie de Valenciennes (). À partir de cette époque, la mention de la monnaie du Hainaut et de Valenciennes devient si fréquente qu’il serait inutile de multiplier les citations.

L'expression de blanche monnaie fournit la preuve, surabondante à la vérité, qu'il s’agit bien d’une monnaie réelle et frappée, et non pas d’une monnaie de compte. C’est sans doute au règne de Jeanne qu'il faut reporter une partie des diverses mailles muettes de Valenciennes et de Mons , qu’on ne peut guère classer qu’en ayant égard à leur style plus ou moins ancien.

Avant d'arriver au règne de Marguerite et à l’introduction de la grosse monnaie, nous allons donner la description de diverses pièces muettes ou

semi-muettes, qui appartiennent au Hainaut.

N° 1*, Guerrier debout, l'épée haute et tenant un bouclier aux armes anciennes du Hainaut, trois chevrons ; dans le champ — Croix coupant deux cercles concentriques, cantonnée de quatre globules: entre les cercles huit annelets, en guise de légende. A. 0.54.

Gravée dans la Revue française, année 1840, pl. XXIV, n° 2.

N° 2*. Même pièce ; dans le champ une rosette au lieu des quatre points.

M. Serrure, dans son Catalogue du cabinet du prince de Ligne,

(:) Documents pour servir à l'histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, par le baron de ReirrenBene, tom. I, pag. 154. (2) D'OuTREMAN , pag. 551.

* a LE 1 QE |C A :

Les numéros marqués d’un astérisque se trouvent dans notre collection.

pag. 490 et 288 , attribue cette pièce à Baudouin V (VII de Flandre), et la croit frappée pour ce dernier comté. Si l’on admet cependant, avec lui . qu’une maille du même genre, également avec un guerrier debout, mais dont le bouclier est gironné, doive être donnée à Guillaume Cliton (1127- 1198), ne serait-il pas naturel de penser que notre pièce appartient à un prince contemporain de Cliton, à son compétiteur, à son rival pour la possession du comté de Flandre? Puis encore, pourquoi donner cette maille à la Flandre et en déshériter le Hainaut où cependant il est certain qu'on frappait monnaie dès avant cette époque?

Cette conjecture sur l'attribution possible de cette maille serait conforme aux idées développées par M. Hermand, dans son Histoire monétaire de Artois, sur le classement des artésiens ou anciennes mailles des comtes de Flandre. Il regarde comme frappées, au plus tard dans le commencement du XIIe siècle, celles au guerrier vu à mi-corps, et ayant au revers une croix semblable à la nôtre. (J’oir n° 25 de ses planches.)

Les recherches plus récentes de M. Piot sur le type communal ou local des mailles muettes, feraient au contraire regarder ces petites pièces au guerrier comme appartenant à la ville de Bruges, et cette opinion est actuellement la plus en faveur. M. Piot fait descendre l’âge de ces mailles au règne de Jeanne.

N° 5°. Monogramme du Hainaut, terminé par deux annelets.

— Croix carlovingienne, cantonnée de quatre globules.

N° 4*. Monogramme du Hainaut, terminé par deux croissants.

— Croix pattée cantonnée de deux eroissants et deux globules.

Dusy, pl. LXXXVII, n° 9.

Gravée dans | DÉSRLEREATIR 2

l Den Duyrs, pl. XI, n° 44 et 15.

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Lu ec TM PUNEee e

N° 5*, La moitié ou obole de la pièce précédente; mêmes types.

Gravée dans Dex Duvrs, pl. XI, n° 16.

N° 6. Château ou porte de ville à trois tours. — Croix carlovingienne cantonnée de quatre globules, semblable à celle

du n° 3.

À la Revue française, 1843, pl. XII, n° 11.

Gravée dans

Hermann, Histoire monétaire de la province d'Artois, n° 400.

N° 7*. Variété. La croix est fortement pattée et cantonnée de quatre croissants et de quatre globules.

Gravée dans Hermann, Histoire monétaire de la province d’Artois, n° 99.

L'attribution incontestable des n° 3 et 4 à Valenciennes, nous porte à croire que ces pièces appartiennent à Mons, dont les armes sont un château.

M. Hermand les attribue à Fauquembergues, dont les armoiries sont également un château. Mais Mons avait bien plus de rapports que Fauquembergues avec Valenciennes, bien plus de motifs d’avoir une monnaie semblable ; et, jusqu'à preuve du contraire, nous pensons que notre conjecture est plus probable que celle du savant Audomarois.

N° 8*. Figure qui ressemble au monogramme du Hainaut. — Croix dite brabançonne, par M. Lelewel.

x L LELEWEL , Monnaies des Pays-Bas, pl. 1, n°‘ 26, 44. Gravée dans ) 4 É 9 Ré Loue | la Revue française, 1840, pl. XXIV, n° 1.

T -T - dans les cantons de la croix.

Variétés avec ? T-I. id.

( BATI id.

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M. Deschamps, dans la Revue française, année 1840 , a attribué cette pièce au Hainaut ; c’est à ce titre que je la reproduis ici, mais cette attribution est très-douteuse.

N° 9*. Château ou porte de ville, ressemblant aux armoiries de Mons.

— Croix brabançonne.

Gravée dans LELEWEL , pl. I, n°° 24, 25.

Si la pièce précédente peut être attribuée à Valenciennes, celle-ci pourrait également l’être à Mons; M. Piot la croit de Vilvorde, et l'opinion la plus généralement admise est que ces pièces appartiennent au Brabant.

Il en existe de nombreuses variétés.

N° 10*. Monogramme du Hainaut, terminé par deux étoiles : VX LE CE LE,

— Croix pattée cantonnée de quatre croissants. À. 0.50.

: ( Dusy, pl. LXXX VIT, n° 10.

Gravée dans ! 2 | Lezewe, petite planche, n° 5.

N° 11*. Variété avec VA LG CE NS7.

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