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MARGUERITE DE CONSTANTINOPLE
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Marguerite, seconde fille de Baudouin VI, née en 1202, avait épousé. à l’âge de onze ans, son tuteur, Bouchard d’Avesnes , dont elle eut deux fils, Jean ei Baudouin. Ce mariage ayant été déclaré nul, parce que Bouchard était engagé dans les ordres sacrés lorsqu'il le contracta, elle se remaria, en 1218, avec Gui de Dampierre, dont elle eut trois fils et deux filles.
Elle fait déclarer ses enfants du premier lit illégitimes et inhabiles à succéder, par le pape Grégoire IX (1256). L'empereur Frédéric I, par lettres du mois de mars 1242, les réhabilite sur leur demande Saint- Louis et le légat Odon se portent médiateurs, et, par un jugement arbitral (1246), disent qu'après la mort de leur mère, le Hainaut appartiendra aux d'Avesnes et la Flandre aux Dampierre.
Jean d’Avesnes épouse Alix, fille du comte de Hollande. Encouragé par cette alliance, il réclame les îles de la Zélande, les pays de Waes et d’Alost, comme fiefs de l'empire dont le roi de France n’avait pu disposer. Il se fait donner linvestiture du Hainaut par l'évêque de Liége. son suzerain (1247).
Le roi des Romains, Guillaume, comte de Hollande, et beau-frère de Jean d’Avesnes, déclare Marguerite déchue de tous les fiefs de l'empire pour n’en avoir pas fait le relief, et les adjuge à son fils Jean (1252).
Marguerite se rend à Paris et fait donation du Hainaut à Charles
d'Anjou, frère de Saint-Louis. Dans l'intervalle, Gui et Jean de Dampierre sont faits prisonniers, à la bataille de Walcheren, par le roi des Romains.
Charles d'Anjou accepte la donation de Marguerite et s'empare du Hainaut (1254).
L'an 4956. les d’Avesnes se soumettent de nouveau à l'arbitrage du roi de France. qui assure le Hainaut à Jean d’Avesnes, en retour de la liberté des Dampierre. ’ Marguerite meurt le 10 février 1280.
C'est sous le règne de cette princesse que la grosse monnaie commence à apparaître dans les provinces des Pays-Bas.
En 1275, Marguerite donne à ferme ses monnaies de Valenciennes, d’Alost et de Saint-Bavon à Gand (‘), pour le terme de trois ans, à Claes Dekin (Nicolas le Doyen), bourgeois de Bruges, à la condition d'y battre une monnaie dont rois valent en poids et en loi à l’avenant de deux (gros) tournois du roi. La comtesse s’oblige à ne pas faire d'autres monnaies dans sa terre pendant ce terme de trois ans, si ce n’est artésiens, mailles artésiennes, rondes ou valenciennotïses.
On connait trois monnaies de Marguerite , ayant le poids de “/, du gros environ. L'une, au type de l’aigle à deux têtes, porte le nom d’Alost (2): l'autre, avec l’écusson au lion de Flandre, que nous donnons sous le n° 49. bien que, d’après notre opinion, cette pièce n’appartienne pas au Hainaut, mais soit celle de Saint-Bavon à Gand (*), et enfin la monnaie au cavalier
portant le nom de Valenciennes.
() Archives de Lille, 4® Cartul. de Flandre, n° 506. — Messager des arts de Ga, 1825, pag. 548, 595.
(2) LezeweL , Monnaies des Pays-Bas, pl. I, n° 62.
(5) Id., pag. 7.
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L'attribution de cette dernière pièce à Marguerite de Constantinople. très-adroitement contestée, dans la Revue numismatique française, par M. Cartier, qui voulait la donner à Marguerite d’Avesnes (1545-1356), paraît être aujourd’hui généralement admise.
Il serait donc inutile de revenir sur un débat qui semble épuisé, et que la présence de cavaliers dans des enfouissements du XIIF siècle rendrait bien difficile à reconimencer de la pari de nos adversaires (*). Nous croyons avoir retrouvé les trois monnaies que Nicolas le Doyen s’engageait à forger pour Marguerite. Mais de semblables pièces ont pu être frappées antérieurement à 1275; car il ne résulte nullement des termes de la convention faite entre le monnayeur brugeois et la comtesse de Flandre et de Hainaut, que des conventions du même genre n'aient pas précédé celle-là. La grande variété de coins qu'on remarque dans les cavaliers de Marguerite doit faire penser au contraire que la frappe de ces pièces a duré pendant un assez grand nombre d’années.
L'artésien, d’après M. Hermand (*), est une petite pièce de 8 grains faibles, 05,449.
Nous n'avons trouvé aucune maille du Hainaut de ce poids (°); mais l'artésien, monnaie flamande, se forgeait sans doute à St-Bavon, à Alost. à Lille et dans d’autres villes de Flandre. Dans l'accord de 1275, Marguerite ne dit pas que ces pièces se faisaient à Valenciennes ou dans le Hainaut La question des artésiens nous reste donc étrangère.
Les rondes ou valenciennoises seront les pièces au monogramme entouré du mot VALECENE, peut-être aussi celles au même type, tout à fait anonymes, parmi lesquelles il s’en trouve cependant d’un style beaucoup
(9) Piotr, Notice sur un dépôt de monnaies découvert à Grand-Halleux , en 1846, in-4, pag. 45.
(>) Histoire monétaire de la province d'Artois, Saint-Omer, 1845, in-8.
(?) Si ce n’est celle au guerrier tenant un bouclier chevronné , qui est plus ancienne
que le règne de Marguerite.
plus ancien et qui pourrait les faire remonter jusqu’à la fin du XII siéele. Car la fabrication de ces mailles, comme celle des aréésiens dans les villes flamandes, a pu durer bien longtemps sans variété dans le type et sans changement dans le poids, alors que l’absence de légendes d’une part. et la stabilité de la valeur de l'argent de l’autre, permettaient cette double immobilité.
On se demandera peut-être s'il n’est pas possible que Charles d'Anjou. frère de Saint-Louis, qui posséda le Hainaut pendant plus d’un an (!) par suite de la cession que lui en avait faite Marguerite, ait fait frapper des monnaies en qualité de comte de Haïnaut. Nous croyons la chose nonseulement possible, mais infiniment probable. Les seigneurs qui acquéraient de nouveaux domaines s’empressaient ordinairement d'y faire forger monnaie, comme pour prendre possession de leurs nouvelles souverainetés : et Charles d’Anjou aura sans douie suivi la coutume ordinaire.
Jusqu'à présent, cependant, aucune monnaie de ce comte éphémère n’a été retrouvée.
Nous croyons aussi que Jean d’Avesnes, pendant ses contestations avec sa mère, par exemple en 1255, lorsqu'il reprit Valenciennes sur Charles d'Anjou , a pu frapper monnaie comme comte de Hainaut , dignité qui lui avait été conférée par l’empereur. La pièce n° 20, si semblable de type et de style à une monnaie de Guillaume, roi des Romains (*), beau-frère et protecteur fidèle de Jean d’Avesnes, ne serait-elle pas de ce dernier ? On la donne ordinairement (*) à son fils Jean If; mais alors il faudrait admettre
(2) Van ALKEMADE , pl. XVIII , n° 2. ;
(?) C'est-à-dire, Van Houwelinghen et ses copistes, Van Alkemade et Duby.
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