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POUR L'HISTOIRE NUMISMATIQUE DU HAINAUT

Erasmus VAN Houwezinenen. Penningh-boeck ofte wechwyser der chroniken van Dierick den VII van dien naem, tot hertogh Philips van Bourgondien toe, ete., ete. Tot Rotterdam, 1627, in-4°.

KorNELIS VAN ALKEMADE. De goude en zilvere gangbaare penningen der graaven en graavinnen van Holland, etc., ete. Te Delft, 1700, in-folio.

L’ABBÉ GHEsQuiÈRE. Mémoire sur trois points intéressans de l’histoire monétaire des Pays-Bas , avec les figures de plusieurs monnoies belgiques, etc. A Bruxelles, 1786, in-8°.

ToBiésen Dury. Traité des monnaies des barons, etc. A Paris, 14790, 2 vol. in-4°.

J. Lecewez. Observations sur le type du moyen âge de la monnaie des Pays-Bas. Bruxelles, 1835, in-8°.

Cu. J. Gorz. Deutschlands Kayser-münzen des Mittel-alters. Dresden, 1827, in-4°. J. T. Konzer. Historische Münz-belustigungen. Nuremb., 1729-1765, 24 vol. in-4°.

J, T. Kôuzer. Volstandiges Ducaten-cabinet das ist : Historisch-critische Beschreibung nicht nur derjenigen Goldstücken, welche unter den Nahmen Ducaten bekannt sind, sondern auch aller gangbaren Goldmünzen, von verscheidenen Nahmen und Gehalt,. Hannover, 1759, 2 vol. in-12.

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Joacurw. Neu-erofnetes Groschen-cabinet. Leipzig 1739 à 1785, 11 parties in-8°, avec

planches.

VALENTIN JAMERAY DuvaL. Catalogue des monnoies en argent qui composent une des différentes parties du cabinet impérial, depuis les grandes pièces jusqu’au florin

inclusivement ; 2° édition. Vienne, 1769, in-folio.

VaLenTIN Jameray DuvaL. Supplément au catalogue des monnoies en or qui composent une des différentes parties du cabinet impérial, depuis les plus grandes ; usqu’aux

plus petites. Vienne, 1769, in-folio.

Daworsau. Traité des négociations de banque et des monnaies étrangères, etc. Paris, 1727, in-4e.

D'Ourrexan. Histoire de la ville et comté de Valentiennes, divisée en IV parties, ete.

Douai, 1659, in-folio.

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Carre ou Lisre contenant le prix de chacun marcq, etc., de toutes les espèces d’or et d'argent, ete. Anvers, 1627, in-4°.

LesLanc. Traité historique des monnoyes de France, avec leurs figures, etc. Amsterdam, 1692, in-4°.

Revue de la numismatique belge, 1842 et années suivantes, in-8°.

C. Pro. Notice sur un dépôt de monnaies découvert à Grand-Halleux, en 1846. Bruxelles, 1847, in-4°. (Extrait des Mémoires de l’Académie.)

Messacer des sciences historiques, et archives des Arts de Belgique. Gand, 1895 et années suivantes, in-8°, avec planches.

E. Cartier et L. DE LA Saussaye. Revue de la numismatique française ; 183 6 et années suivantes, in-8°,

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D' B. Kozuwe. Zeitschrift für Münz-Siegel-und Wappenkunde. Berlin, 1841 et annécs

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D° H. Grore. Blater für Münzkunde. Hannoversche numismatische Zeitschrift. Leipzig,

1855 et années suivantes, in-4°, 4 vol.

Ct Josepx pe Sanr-Genois, Monuments anciens, essentiellement utiles à la France, aux provinces de Hainaut, Flandre, ete., etc. A Lille et à Bruxelles , in-fol., 2 volumes

et tables, divisés en 4 tomes.

Die Reichelsche Münzsammlung in St-Petersburg. 6'° theil, 1843, in-12.

Het Thresoor oft Schat van alle de specien, figuren en sorten van gouden ende zilveren munten. Anvers, 1580, in-12.

Dex Duvyrs. Notice sur les anciennes monnaies des comtes de Flandre, dues de Brabant, comtes de Hainaut, etc., faisant partie de la collection de l’université de Gand. Gand, 4859, in-4°, 2° édition. — 1847, in-8°, 5° édition (les n° cités dans ce livre

sont ceux de la 2° édition).

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Le fleuron du titre représente le sceau ou bulle d’or de Baudouin VI, comte de Hainaut, empereur de Constantinople.

Sur la face du sceau on voit Baudouin, en costume impérial, assis sur un trône, tenant de la main droite un sceptre terminé par une croix et de la gauche le globe crucigère , avec la légende : #X BAAAOVINOC, AEcrOTHC (Badèuves dorérys).

Sur le revers ou contre-scel, Baudouin est à cheval , armé et casqué , tenant de Ja mäin droite l'épée haute, et de la gauche un bouclier au lion ; la légende est : BALDunus Del GRArTiA IMPERaror ROManorum FLANDrr£ Z (et) HAINNonræ COMes.

L'abbaye de Groeninghe, près de Courtrai, possédait, avant 1794, trois chartes auxquelles de semblables sceaux étaient appendus. Lors de lentrée des Français, ces chartes furent portées à l'hôtel de ville ; un soldat en arracha les sceaux et les vendit à un orfévre d’Audenarde, qui en fondit un. Le second fut acquis par un amateur de Gand, M. Denaeyer, et, à sa mort, par M. le vicomte de l'Espine, à Paris. Le troisième passa en Angleterre, dans la collection du d° Goodall (‘), puis dans celle de sir Thomas Thomas, vendue à Londres, en 1844 (:). Il se trouve actuellement dans la riche collection de M. Serrure, à Gand. |

Olivier de Wree (Vredius), dans ses Sceaux des Comtes de Flandre, en a donné une sravure peu exacte. Peut-être avait-il copié l’un des deux autres sceaux dont nous

avons parlé ci-dessus, car ses planches sont ordinairement très-fidèles.

() Ne 519 du catalogue de la collection du dr Goodall. (

?) No2251 du catalogue de Thomas Thomas.

Lors du démembrement de l'empire de Charlemagne, les seigneurs de nos provinces qui les premiers s’arrogèrent le droit de battre monnaie à leur nom, durent frapper des pièces dans le système et la forme des deniers impériaux de cette époque. La monnaie la plus ancienne que l’on ait retrouvée et que l’on puisse attribuer avec certitude à l’un de nos souverains particuliers, est un denier de ce genre d'Albert IIT, comte de Namur (1037-1105) (”. Ce denier fait supposer avec raison que des pièces analogues ont dû être frappées par les autres seigneurs, ducs ou comtes, la plupart bien autrement puissants et riches que les comtes de Namur : mais cette conjecture plausible ne peut, jusqu’à présent, s'appuyer sur des preuves matérielles et directes : les monnaies des autres provinces n’ont pas été retrouvées.

À ces premières monnaies succédèrent des deniers de poids et de dimension moindres, et s’éloignant davantage du type carlovingien primitif,

(*) Gravé dans Koëune. Zeüschrift für Münz-Siegel und Wappenkunde, tom. IT, pl. VIII.

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quelquefois anépigraphes, parfois aussi portant les initiales du nom du prince (!). On ne connait encore aucune pièce de cette période, qu'on puisse attribuer au Hainaut.

Après ces pièces vinrent les nombreuses mailles, d'abord semi-muettes puis tout à fait anépigraphes, et dont l'attribution exercera encore longtemps la sagacité des numismates (*). À mesure que le pouvoir central s’effaçait, que l'État se subdivisait de plus en plus en innombrables souverainetés féodales, la monnaie elle-même allait se fractionnant, se rapetissant comme la nationalité; et tout en perdant de sa valeur, elle perdait également son unité primitive. Chaque province, chaque localité, voulut avoir sa monnaie particulière, différant de type, de poids et d’aloi avec les monnaies voisines. C'étaient des douaisiens, des artésiens, des louvagnois, des valenciennois, des brousselois, etc.

L'établissement du système tournois par saint Louis fut le signal du retour à la grosse monnaie. Ses gros, imités d'abord par les comtes de Hollande (Florent V, 1256-1296), le furent successivement par tous les seigneurs des Pays-Bas, et chassèrent peu à peu les petites monnaies locales. D'abord copiées servilement, sauf le nom du prince, nos monnaies perdirent ensuite la forme extérieure du gros français, mais conservèrent ioujours avec les monnaies de ce royaume un rapport de valeur qui s’appréciait exactement en fournois, unité monétaire généralement admise dans nos provinces.

Dans le Haïnaut, à partir du cavalier de Marguerite, la plus ancienne grosse monnaie connue, toutes les pièces sont ou des gros ou des subdivisions du gros. L’esterlin lui-même, cette importation anglaise, n’est rien autre qu'un tiers de gros; le cavalier un double esterlin ou un double

() Voir Revue de la numismatique belge, tom. IE, pl. IX.

(2) M. Piot est parvenu à donner à plusieurs de ces pièces une attribution certaine , ou du moins très-probable, à l’aide de leur comparaison avec les sceaux des communes. Revue de la numismatique belge, tom. IV, pag. 4.

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tiers de gros. Cette division par tiers et double tiers a été fort fréquente dans les monnaies du Hainaut, mais on employait parfois aussi celle de demi et de tiers comme pour les gros français.

Quant aux monnaies d’or de Hainaut du XIVe siècle, limitation francaise est flagrante. Ce sont des moutons, des cavaliers (franes-à-cheval), des couronnes, des royaux (franes-à-pied), et si, parmi elles, nous rencontrons une imitation des florins à la fleur de lis de Florence, remarquons que cette monnaie, frappée à cette époque dans presque toute l’Europe, l'avait été aussi par les rois de France. Elle ne sortait done pas de notre système monétaire tournois.

On sait que le XIVe siècle fut, pour la monnaie française, une époque de perturbations et de fluctuations sans exemple. Ces secousses devaient se faire également sentir dans le Hainaut. Le 22 août 1343, Philippe de Valois rend une ordonnance pour revenir à la monnaie forte, qui réduit au quart la valeur nominale attribuée à la monnaie. Le 6 octobre suivant, une même ordonannce est portée par Jean de Hainaut, sire de Beaumont, lieutenant pour son neveu le comte Guillaume If, qui réduit, dans la méme proportion, la monnaie du Hainaut, savoir : Île grand blanc denier au lion et le petit, et les monnaies d’or, le florin à l'écu (Vécu, type français? ), et les florenches (florins au type de Florence).

Il nous parait donc prouvé jusqu’à l'évidence que la conformité de système monétaire entre la France et nous, n’est pas une nouveauté qui date de 1830.

Les perpétuels changements dans le poids et le titre des pièces nécessitaient également des changements dans les types. Îl importait de distinguer les pièces nouvelles, plus fortes ou plus faibles, des pièces antérieures qu’on retirait de la circulation; et comme ces émissions d’une monnaie nouvelle se faisaient sans doute à peu près simultanément dans les provinces voisines (ce qui devait être, à peine de voir exporter tout son numéraire, pour celle qui eût conservé la monnaie forte), il s’en suit que des pièces aux mêmes types se trouvent à peu près pour toutes les provinces. Les monnaies

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du Hainaut, cependant, conservent toujours un caractère d'originalité qu'elles doivent à l’usage spécial du type au monogramme : elles se font aussi remarquer, entre toutes, par la beauté de leur exécution, et l’on peut hardiment avancer que la suite des monnaies du Hainaut est nonseulement une des plus difficiles à former, mais en même temps aussi une des plus belles des Pays-Bas.

Ce type au monogramme à donné lieu jadis aux conjectures les plus inattendues, aux explications les plus singulières. Ainsi D'Outreman, dans son Histoire de Valenciennes, donne la figure de la plaque de Guillaume ff, au monogramme cantonné des lettres HA, HO, ZE, FR, Hannonia, Hollandia, Zelandia, Frisia, les quatre souverainetés du comte Guillaume. N'ayant pas su bien lire ces huit lettres, il en fait les mots wallons LA HOIERE, en français, une hie ou mouton à enfoncer les pilotis.

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