‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de HainautChapitre 3 sur 182 · DER T7 CN RE CE · texte numérisé non relu

DER T7 CN RE CE

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représente la Hoïère, et que la Hoière était l'emblème de Valenciennes (°).

La Hoière du père D’Outreman rappelle l'explication du châtel tournois, dans lequel on voulait reconnaitre les fers ou menotles que saint Louis avait portés pendant sa captivité, explication discutée sérieusement par Leblanc dans son Traité des monnoïes de France.

(') On appelait ainsi l'endroit où l’on remisait les machines et outils de la ville. (2) 11 est étonnant que M. Le Glay, dans son programme, ait cru devoir parler de la singulière idée du jésuite D'Outreman.

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Pour nous, suivant en cela l'opinion de notre savant ami, M. Lelewel, nous voyons dans la marque distinetive des monnaies de Valenciennes la transformation d’un portail ou temple carlovingien, mais une transformation faite à dessein, de manière à produire la figure ornée et doublée de la première lettre du mot Hannonia. Quelquefois ce monogramme se rapproche le plus possible du châtel tournois ; alors, comme à celui-ci, les extrémités se terminent par ces espèces d’anneaux ou de pitons qu’on avait pris pour des menottes. Voyez le gros de Guillaume III avec la légende TVRONVS VALIS (Y'alencenensis), où l'intention est évidente.

Toutes ces monnaies avaient, il n’en faut pas douter, leurs noms officiels ou vulgaires, mais peu sont parvenus à notre connaissance. Il en est qu'elles devaient à leurs types, comme cokibus, plaisans, rudre-pennine (cavalier), blanc au lion, ete.; d’autres à leur valeur, comme fors, lierceles ; d’autres enfin, à leur destination, comme drielander, vierlander. Ces deux derniers noms flamands ont été donnés à des pièces frappées sous Jean IV, duc de Brabant, et sous Philippe-le-Bon, souverain de presque toutes les provinces belgiques ; mais ils n’ont pu être en usage dans le Hainaut où la langue flamande a toujours été entièrement étrangère.

C'était à Valenciennes qu'était le principal atelier monétaire des comtes de Hainaut. Cependant sous Jean II d’Avesnes et sous Louis de Bavière et Marguerite, on frappa des pièces portant le nom de Mons : monerA MONTENSIS OU DE MONTE. Des esterlins du même Jean d’Avesnes ont été frappés à Maubeuge, et il ne serait pas impossible qu’il en eüt été frappé

© #7 Ï PI encore ailleurs; car l'accord fait, le 24 août 1297, entre le comte Jean et les monnayeurs, obligeait ces derniers « à faire se monoie parlout u il ? =] plaira à lui, en un lieu uen pluiseurs. » On observera aussi qu’un assez bon nombre de pièces, aux mêmes types et d’une valeur égale. portent. ?) oO pl les unes la légende moneta Valencenensis, les autres la légende moneta O 5 (=) Hannoniæ. Ces dernières ne seraient-elles pas le produit de l'atelier de Mons? La ville de Valenciennes, bien que incorporée dans le Hainaut,

avait toujours conservé la prétention de former un fief séparé du comté, et rien ne s'oppose à ce que l’on pense qu'elle tenait à avoir sa monnaie particulière (*). Une pièce poriant d'un eôté monela Valencenensis et de l'autre moneta Hannoniæ, vient encore donner un nouveau poids à cette conjecture; ce serait alors une espèce de monnaie de convention. commune aux deux capitales.

On voit, dans l’histoire de D’Outreman, que la maison de la monnaie, à Valenciennes, était située devant l’église de Saint-Géry. Elle fut vendue par Charles-Quint, l'an 1518, au sieur Jean Delacroix, receveur général du Hainaut, et continua longtemps encore à s'appeler la Fonderie. Elle appartenait, dans les premières années du XVI siècle, au sieur Pierre Desmaisières, seigneur De la Motte, et il y restait encore des traces de son ancienne destination. Il y avait à la monnaie un commis placé par la ville, pour surveiller la fabrication qui se passait à recours. L'an 1441, elle demeura , après l'extinction des feux, à un nommé Jean de Brabant, moyennant caution de deux mille écus. D’Outreman pense que l'atelier monétaire de Valenciennes a duré, pour le moins, jusqu’à l'an 4495, et cela parce qu'il a trouvé, dit-il, qu’en cette même année les monnayeurs avaient présenté une requête pour la conservation de leurs priviléges. Mais cette requête ne prouve nullement, selon nous, que latelier de Valenciennes füt encore en activité. On sait que la qualité de monnayeur était héréditaire et donnait droit à de nombreux priviléges ; il était donc naturel que les monnayeurs de Valenciennes, bien que ne travaillant plus, cherchassent à conserver ces priviléges que la ville voulait réduire. L'absence complète de monnaies de Charles-le-Téméraire, de Marie de

(:) D'Ourreman , pag. 548 et suivantes. Simon LesoucQ, Guerre de Jean d’Avesnes contre Valenciennes, 1847, in-8°, volume publié pour les Bibliophiles belges, par M. Lacroix , archiviste à Mons. On y voit que ce débat, entre Mons et Valenciennes , se renouvela encore à la fin du siècle dernier, lors de la prise de cette ville par les coalisés, en 1795.

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