‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de HainautChapitre 57 sur 182 · JACQUELINE DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

JACQUELINE DE BAVIÈRE

Aussitôt après la mort de son père, Jacqueline, veuve du Dauphin, se fit inaugurer dans le Hainaut, puis dans la Hollande, où ses droits étaient plutôt contestés. Le 4 avril 1418, elle épouse, à La Haye, son cousin, Jean IV, duc de Brabant.

Cependant son. oncle, Jean, l'évêque de Liége, s'étant fait dispenser du diaconat par le pape. avait épousé Élisabeth de Gorlitz, duchesse de Luxembourg. et s’était fait donner par l’empereur Sigismond l'investiture du Hainaut, de la Hollande, de la Zélande et de la Frise, comme fiefs masculins de lempire. Il échoue dans le Hainaut; mais Jacqueline est forcée de lui céder l'administration d’une partie de la Hollande (49 juillet 1419) (©).

L'année suivante. le due de Brabant ayant fait de nouvelles concessions à Jean de Bavière, Jacqueline refuse de les confirmer. Elle se sépare de son mari pour lequel elle avait une antipathie très-prononcée, et se retire au Quesnoy. En 1499, elle passe en Angleterre, et y épouse, en avril 1495, Humfroi, duc de Glocester, frère du roi Henri V, sans attendre la réponse du pape auprès de qui elle sollicitait l'annulation de son mariage avec Jean de Brabant.

(‘) Jean-sans-Pitié mourut le 6 janvier 1425.

Au mois d'octobre 1425, le duc de Glocester et Jacqueline arrivent en Hainaut à la tête d’une armée, et l'inauguration du nouveau comte se fait, à Mons, le 5 décembre suivant.

Le duc de Brabant envahit bientôt après la Hollande, confiant à son frère, Philippe de Saint-Pol, le commandement de l'armée destinée à attaquer le Hainaut.

1424. Humfroi était allé en Angleterre, laissant à Jacqueline le gouvernement du Hainaut. Jean IV, de retour de son expédition en Hollande, se jette sur le Hainaut avec toutes ses forces, et assiége la ville de Mons où était la duchesse. Celle-ci est forcée, le 13 juin 1424, de se mettre sous la protection du duc de Bourgogne, Philippe-le-Bon . qui est déclaré administrateur de la Hollande, de la Zélande et de la Frise. Jean IV prend le gouvernement du Hainaut, pendant que Jacqueline dispute la Hollande, les armes à la main, au duc de Bourgogne (1495 et 1426).

Jean IV meurt, en 1427, le 47 avril.

Les états, convoqués à Valenciennes, donnent l'administration du pays à Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, cousin et héritier présomptif de Jacqueline. Le duc, après étre venu prendre possession de cette charge. se rend en Hollande pour continuer la guerre que les partisans de Jacqueline soutenaient toujours. Il s'empare successivement de toutes les places du pays, et force Jacqueline à le reconnaitre pour son ruward ou lieutenant pendant sa vie, et pour son héritier après sa mort, en lui faisant promeltre de ne point se marier sans sa permission (5 juillet 1498).

L'an 1432, Jacqueline épouse en secret François de Borselen, noble hollandais, gouverneur de la Hollande pour Philippe-le-Bon. Celui-ci, averti de ce mariage, fait emprisonner de Borselen au château de Rupelmonde. Jacqueline, pour sauver la vie à son époux, cède définitivement ses États au due de Bourgogne (1453), et se retire au château de Teilingen dans le Rhinland. Elle y meurt, en 1456, à l’âge de 56 ans. Borselen, qui avait été fait comte d’Ostrevant et chevalier de la Toison d'Or, prolongea sa vie jusqu’en 1470.

En 1418 et pendant les années suivantes, les receveurs de Hai en Hainaut rendaient leurs comptes en monnaie de Valenciennes, et les bezants d’or de cette forge y sont estimés au prix de 46 sols (*). On entend ici par bezant une pièce ou écu d’or. Peut-être est-ce l'ange ou la couronne de Guillaume IV, ou des monnaies semblables de Jacqueline, qu'on n’a pas retrouvées.

En 1435. Jehan Defresne, bourgeois de Mons et seigneur de la ville. Justice et seigneurie d'Estrœung, ayant exercé le droit de meilleur cattel au décès de la femme de Jehan Deladrière, franc-monnayeur du Hainaut, celui-ci se pourvut par-devant la cour des Mortes-Mains qui, par sentence du 26 février 1452 (1453 n. s.), déclara ledit Defresne non fondé, et le condamna à restituer à Deladrière le meilleur cattel enlevé et les frais de la cause. Ce jugement rappelle les priviléges accordés aux monnayeurs, par Jean dAvesnes, en 1297, et confirmés, en 1591, par Albert de Bavière et son fils le comte d’Ostrevant (°).

Les monnaies que Jacqueline a fait frapper, ou a pu faire frapper, comme comtesse de Hainaut, doivent se classer de la manière suivante :

4° Celles qui furent faites avant son second mariage et sur lesquelles elle prend le titre de Dauphine (de 1417 à 1418). Van Alkemade nous a conservé le dessin d’une pièce d’or de cette époque;

(:) D’Ourremax, page 550.

2) Pièces justificatives, n° XIV.

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20 De 1418 à 142%, les monnaies sur lesquelles elle s'intitule : duchesse Jacqueline, comtesse de Hainaut, ete. ;

3° De 1498 à 1455, les monnaies de Hollande portent le double nom de Jacqueline, comme comtesse, et de Philippe-le-Bon, comme tuteur et héritier, futor et hœæres Holiandiæ, etc.

Des monnaies du même genre ont pu être frappées pour le Hainaut ; mais jusqu’à présent leur existence n’est révélée dans aucune collection ni dans aucun ouvrage qui soit venu à notre connaissance.

H ne serait pas non plus impossible que le due de Glocester, qui fut inauguré et reconnu comte de Hainaut, eût fait frapper des monnaies en cette qualité, comme fit le duc Jean IV. Mais ces pièces, si toutefois elles ont existé, n’ont pas été retrouvées, et nous n’en parlons ici que pour mémoire.

On trouve dans Heyren, pag. 104, que Jacqueline aurait fait forger des huynen (des anges) aux mêmes types que ceux de son père et de la même valeur; il croit en voir la preuve dans ce que les évaluations de 1499, 1516 et 1520 ne font aucune différence entre les twynen de Hainaut et de ceux de Hollande qu’elles placent sous une seule rubrique. Cela ne voudrait-il pas plutôt dire qu’il n'existait qu’une seule espèce de tuynen d’or? Nous devons cependant faire observer que Tobiésen Duby, en décrivant le fuyn d'argent de Jacqueline, pl. LXXXVIE, n° 7, ajoute que « cette même pièce se rencontre aussi en or; » mais comme il ne dit ni où se trouve celte pièce, ni où il en a vu l'existence constatée, nous préférons croire à une distraction de sa part. Il en est de même de la monnaie d’or de Jacqueline, aux armes écartelées de France et du Dauphiné . qu'il

prétend exister aussi en argent.

N° 142. Le champ de la pièce écartelé de France, de Bavière, du Dauphiné et de Hainaut : X DVCISSA X IRC : BAVAR * DSP X VIEN % GOM X RANO X ROL x 3.

— Croix alée dens un cercle festonné, cantonnée de quatre cercles :

KHONE x DVO x MALUENMA x MRADIDISM x MICGRI x CEMRA (:).

OR. D’après Van Alkemade.

{ Van HOoUWELINGHEN, pl. F, n° 5.

Gravée dans ? Van AZKkEMADE, pl. XX VIII, n° 2. | Dusy, pl. LXXXVII, n°8, N° 1453*. Lion dans l'Enclos, tenant l’écu écartelé de Bavière et de Hainaut : OVGISSA=IAO0: DOI: GR: GOI: RANOISE NO" ©.

— Grande croix, ete., comme au n° 137 : * SRONSM | X : NOVA FAG : IN : | VALENCG.

/ Van HouweLiINGKEN, pl. D°, n° 6.

Gravée dans ? Van ALkEMADE, pl. XXVIIE, n° 1. | Dusy, pl. LXXX VII, n° 7.

N° 144*. Écu écartelé de Bavière et de Hainaut : #X DVCISSX : IAQ : GO]: hALONIE.

— Grande croix, ete., comme au n° 140 : X MON ID AUS

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