‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de HainautChapitre 72 sur 182 · FL · texte numérisé non relu

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de Hainaut des lettres de non-préjudiee (!) au sujet de la permission que ce comte lui avait octroyée de faire battre monnaie dans son donjon de Wallincourt, qu’il tenait en fief dudit comte (°).

Le 5 janvier 4314, le même Jean, cédant à une réquisition de l'évêque de Cambrai qui lui avait ordonné de cesser de battre monnaie à Wallincourt, reconnait que son fief relève de l’évêque, renonce à tous droits acquis, et veut que ce qu'il a fait ne puisse autoriser ses successeurs (?).

Il s'excuse sur ce que son suzerain, le sire de Crèvecœur, Jean de Flandre, et son homme de fief à lui, le sire de Serain, Waleran II de Luxembourg, comte de Ligny (1288-1353) (‘, usaient des droits monétaires dans ces localités voisines : « ef par chou que nos sires et nos hons l'effaisoient, nous cudions avoir bon droit du faire (). » Mais ces vassaux d'Elincourt et de Serain étaient bien autrement puissants que leur sire de Wallincourt (©), et les injonctions de l’évêque, qui paraissent avoir fait cesser le monnayage de ce dernier, n’eurent aucun effet sur les comtes de Ligny et de Saint-Pol. On connaît des monnaies de Serain et d'Elincourt bien postérieures à cette date. Iei, comme partout, le droit aura Cédé à la force; car la politique a toujours été la même, insolente avec les faibles et soumise avec les forts.

Le 45 mai 1316, Jean, sire de Wallincourt et de Chisoing, Bers de

(°) De Sanr-Génois, Monuments anciens, pag. 412. — Messager des sciences et des arts, de Gand, année 1837.

(°) Pièces justificatives, n° IL.

(8) Id., n° VI.

(5) Gui IV de Chatillon, comte de Saint-Pol et vassal du sire de Wallincourt pour la terre d'Elincourt (1292-1517), frappait aussi monnaie dans cette localité.

(5) Tosresen-Duey, Monnaies des barons. Additions et corrections, tom. I.

() Gui IV, comte de Saint-Pol, seigneur d'Elincourt, descendait, par sa mére, de Gautier d’Avesnes, frère de Bouchard, et avait épousé la fille de Gui de Dampierre comte de Flandre, Waleran de Luxembourg, comte de Ligny, seigneur de Serain,

était neveu du comte de Flandre et du comte de Hainaut.

Flandre, renouvelle la loi de paix (Formam Pacis) donnée par son anchestre Bauduins Buridans, au mois de janvier 1237, aux gens de ses villes de F'aulincourt, Selvigny, Eslinkourt, Peremont, Malincourt, Claris et autres. Cette espèce de code criminel ne parle pas de la monnaie (”).

Si, des chartes et documents où il est question des monnaies de Wallincourt, nous passons à la recherche des monnaies elles-mêmes de cette localité qui ont été retrouvées jusqu'à ce jour, et dont on peut constater l'existence matérielle, la récolte sera moins riche encore.

Nous rencontrons d’abord (Revue de Blois, 1856, pag. 188) un cavalier au drapeau de Jean de Wallincourt que possédait alors M. le docteur Delannoy, à Douai, et que M. Ducas devait publier dans son ouvrage sur les monnaies du Cambrésis (?). Cette curieuse monnaie, restée UNIQUE depuis douze ans qu’elle est signalée aux amateurs, est passée de la superbe collection de M. Decoster d'Héverlé dans la nôtre.

N° 190*. Cavalier au drapeau, galopant à gauche et tenant un bouclier aux armes de Wallincourt (3) : X IORARN ES DXS DS VVXAL?. __,Croix dans un cercle : k SIGRVR CRVCIS. — X MONETA :NOVR : WAVLAINOORM.

A. 1.70. (Pièce entière el bien conservée.)

(:) Jean Le CARPENTIER, Histoire de Cambrai; preuves, pag. 42. Nous avons remarqué, dans cette charte, les articles suivants qui témoignent de l'esprit chevaleresque et galant des sires de Wallincourt. Quicunque desmentira autrui par ire, VII sols doit. Quicunque appellera femme putain VIT sols. Quicunque fiert femme ki n’est en li mamburnie LXX sols, ete. Il s’ensuivrait toutefois de ce dernier article, qu'il était permis de férir sa femme, pourvu, sans doute, que la correction fût légère et méritée, comme l’a jugé dernièrement,je ne sais quelle cour royale de France.

(?) Cet ouvrage n'a pas paru. Il existe deux ou trois planches de ces monnaies, gravées sur cuivre, par les soins de M. Ducas, et dont on a tiré quelques épreuves très rares. Le cavalier de Jean de Wallincourt ne s’y trouve pas.

() Wallincourt portait d'argent au lion de gueules. (Archives du Nord de la France,

seconde série, tom. IV, pag. 7.)

Voilà bien la monnaie ou plutôt une des monnaies que le comte de Hainaut avait permis au seigneur de Wallincourt de faire battre dans son donjon (9 octobre 1506), et que celui-ci promet de ne plus fabriquer, le 5 janvier 4314. C’est à tort qu’on avait cru reconnaitre cette monnaie dans la pièce de billon à l'aigle, gravée dans le Hessager des sciences de 1837. Celle-ci n’est point une monnaie du seigneur de Wallincourt.. mais bien du comte de Haïnaut, frappée à Wallincourt par ses monnayeurs, qui sans doute furent également ceux de son vassal, Jean De Werchin. (Voir n° 59, pag. 54.)

C'était à peu près tout ce que l’on savait des monnaies de Waillincourt, lorsque M. Émile Gachet, chef du bureau paléographique établi près de la commission royale d'histoire, nous apprit qu’il avait remarqué dans un cartulaire des comtes de Hainaut (*) les deux chartes suivantes qui sont du plus haut intérêt pour l’histoire monétaire de cette seigneurie.

« Folio 1 vo (Le 7 novembre 1505.)

» DE LE MONOIE FAIRE A WALENCOURT.

» Ce fut saielée par le Sr de Bousies et le trésorier.

» Nous G., par la grasce de Dieu cuens de Haynau, etc., faisons savoir » à tous ke nous avons donnée et ottrié à cense à nostre amé Jehan » Lyonin, lombart, nostre monoie ke nous volons et entendons à faire à

1 à pan in à se] ] (*) Ce cartulaire, extrémement précieux par le grand nombre de chartes curieuses qu'il contient, forme un volume in-8, sur parchemin, d’une écriture du commencement TINTO ON . \ , . « \ ŒT , du XIV: siècle. Il appartient à la riche bibliothèque de M. Th. De Jonghe qui l’a acheté à une vente publique du libraire Michel, où il passait inaperçu. Nous prions M. De Jonghe d’agréer nos remerciments pour avoir bien voulu mettre ce beau

volume à notre disposition.

SM

Fi tes

Wallaincourt où dongnon ki est de nostre fief ke nobles homs li sire de Waulaincourt tient de nous en fief et en homage jusques à no volontei ; en telle manière ke li dis Jehans doit faire le monoie ke on appelle Cokibus, boine et souffisant de tel pois et de telle loy comme on les faizoit à Cambrai au jour de le datte de ces lettres. Et est à savoir ke cascune délivranche ki sera faite de le dite monoie, chiens ki de part nous i sera doit prendre de le dite monoie en souflissant quantité et meitre en boiste et faire assai souffisamment, et s’il i avoit à amender le doit li dis nostre monoyers en le fourme et en le manière que li monoiier de le dite monnoie de Cambray l’amenderoient u deveroient amender, se teis cas i eskeoit. Et parmi chou li dis Jehans doit rendre à nous ou à no commant de chascun march de Cokibus deniers fais, seize deniers tournois, paiement de Haynau, frans à nous, sans cous et frais mettre en le monnoie devant dite. Encore est à savoir que, se nous et li dis marchans estiens en acort de faire blanche monnoie, faire le doit dou pois et de le loy et par teil fuer dont nous seriens en acort, et deveroit estre mise en boeste et li assai estre fait en le manière que il est devant dit des Cokibus; par telle manière que, se li dite blanche monnoie estoit trouvée menre (moindre) deus grains, amander le doit à l'autre soudée (!) à l'avenant, et s’il astoient trouvés plus fort deus grains, u en dedens, de tant le porroit restraindre le dis monnoïiers à l'autre soudée aussi. Et si li dite monoie descendoit u montoit de sen droit piet plus de deux grains, toute celle ki teille seroit trouvée deveroit estre refondue, et parmi tant li dis Jehans et ses gens en seroient quite et délivré. Et est à savoir que li dis marchans, ses gens, ses maisnies, ne autres pourtans ne puent ne doient achateir ne prendre argent ne billon ès terre et ès contés de Haynnau et de Cambresis, sauf chou que se li dis marchans u ses gens achatoient billon u argent en autres terres u en autres marches, passeir et conduire le puent paisiullement parmi les

(*) Soudée, solde de compte.

SV

terres devant dites, et li vendeur dou dit argent porroient leur paeyment reporteir parmi ces miesmes terres et seurement.

» Et, en faisant toutes les choses devant dites, sauf faire nul vilain fait, nous, le devant dit Jehan, ses maisnies, ses gens, ses ouvriers les monnoliers, les marchans alans portans le marchandise nécessaire à le dite monnoie, aussi comme devant est dit, prendrons en no save warde et en no sauf conduit, sauf chou que li argens u billons n'ait esteit pris ès conteis de Haynnau et de Cambresis, si comme dit est. Et mendons et commandons à tous nos subgés ke le devant dit nostre marchant, ses gens, ses maisnies, les marchans, alans et venans, et ouvrans si comme ditest, deffendent de forche, de injure et de violenche, et leur prestent, à coust des dis marchans, conduit se mestiers est.

» Et ensi nous le prions et requerons à tous autres, et tant en voellent

> faire pour l'amour de nous com il vorroient que nous feissiens pour iaus

en autre teil cas u en plus grant. Et toutes les coses devant dites nous

» avons promises à tenir par le thiesmoingnage de ches lettres saielées de

no propre saiiel. Données l’an de grasce mil ecc et cinck , le dimenche après le jour des ames. »

Folio 27 ve. (Le 11 octobre 1506, d'après la rubrique en tête.) (Le 7 du même mois, d’après la charte elle-même.)

«< Îtem, sanssuit de le monoie de Walencourt, le mardi aprés le St-Denis.

» Nous Guirzes, etc., faisons savoir à tous chiaus ki ches présentes lettres veront u oront, ke nous avons donnée et otrié à cense à notre amé Bernart Rogier de Florenche, notre monnoie ke nous volons et entendons à faire à Walaincourt ou dognon ki est de nostre fief ke nobles hom li sire de Walaincourt tient de nous en fief et en hommage; par telle manière ke li dis Bernars doit faire monnoie ke on appielle Kokibus, ki doivent estre à wit grains de fin argent ou march de Troyes et de

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