GUI DE DAMPIERRE
Gui de Dampierre n'entra en possession du marquisat de Namur qu'en 1264, par suite de son mariage avec Isabelle, fille du comte de Luxembourg. En 1280, il hérita de sa mère le comté de Flandre. En 1297, il se démit de son comté de Namur en faveur de son fils Jean, et mourut en captivité, à Paris, au mois de mars 1305.
L'abbé Ghesquière suppose que le comte Gui fit frapper ses premières monnaies vers 1264, et il pense que ces monnaies sont les esterlins à tête, avec le titre de Warchio Namurcensis. H est possible que Gui ait fait frapper
monnaie à Namur dés qu'il fut en possession du comté, mais ce ne sont certainement pas des esterlins à tête, dont le type ne fut introduit dans nos provinces qu'environ vingt ans aprés.
Au mois de février 1283, Gui donna un octroi à Ubiert Alion, citoyen d’Ast, et à ses compagnons pour fabriquer des monnaies, à Namur, pendant deux ans. Cet octroi, que M. Piot a publié dans la Revue de la numismatique belge, tome 1, page 40, contient, au milieu des stipulations ordinaires dans ces sortes de contrats, des particularités curieuses que nous croyons devoir mentionner Ici.
La monnaie qu'Ubiert forgeait devait être égale, en poids et en aloï, à celle que faisait, depuis un an, le duc de Brabant et qui valait, la pièce , trois brousselois ou louvignois (trois anciens petits deniers de Bruxelles où de Louvain). Pour arriver à cette égalité parfaite, voici le moyen qu'il fallait employer : Ubiert devait se procurer 60 sols de la monnaie de Brabant, ou 120 pièces neuves et n'ayant pas cireulé. On divisait alors cette somme en quatre poids égaux de 180 pièces chacun. Un de ces lots servait à faire deux poids, dont l’un, ainsi que les 180 pièces, se conservait dans une bourse scellée par le comte et par le monnayeur. Les 45 autres sols (540 pièces) servaient de comparaison pour faire les essais du titre.
Ces esterlins, comme ceux de Brabant, étaient, du reste, du même poids et du méme aloi que les nouveaux esterlins d'Angleterre.
Le comte s’engageait à proscrire de ses États les monnaies de Brabant et des autres seigneurs , dans le cas où ceux-ci refuseraient celles que forgeraient Ubiert et ses compagnons.
Il résulte d’une charte du même comte, donnée à Winnendael, le 5 mars 1283, qu'il s'était réservé le droit d’adjoindre un monnayeur à Ubiert, lorsqu’on commencerait à faire la nouvelle monnaie. En vertu de cette réserve, il conféra cette charge à Gillon Foret, de Douai f.
Le jour de la Toussaint 1283, un nouvel octroi fut donné, par le comte, à Ubiert Alion, pour faire une monnaie plus petite que les esterlins. Cet octroi devait durer pendant un an, à partir du jour de Pâques.
1 Revue de la numismatique belge, t. 1, p. 45.