‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de Namur (volume 2)Chapitre 24 sur 59 · APE · texte numérisé non relu

APE

Variété: sans les deux points.

Même collcetion.

N° 58. Tête de face accostée de deux croisettes : * MARCRIO NAXMVRC. — Type ordinaire des esterlins; au premier canton une étoile à cinq rais au lieu des trois besants : G O0 | MES | EL | DRE (sic).

Même collection.

Cette pièce a été publiée, dans la Revue de la numismatique belge, t. VE, 2e série, page 280, d’après un exemplaire unique trouvé en Irlande.

N° 59. Tête de face accostée de deux croisettes : * MÆRCRIO NAMVRC.

— Type ordinaire des esterlins; dans le 3%° canton de la croix un quatre-feuille:

évidé : GCO | MES | FLA | DRS.

Même collection.

Publiée par M. Gaillard, comme appartenant à la Flandre, pl. XVIF, n° 159.

N° 60. Tête nue de face : X N'ARCRIO * DAMYRSI (sic). — Type ordinaire des esterlins : < SN0 | LET | ANZA | MVR.

Collection de M, le comte de Robiano.

Variété : une petite croix sur le buste du comte, et la légende du revers: X MO | NEZ | NAN | MVR.

Cette pièce est mentionnée, sous le n° 12, dans le catalogue provisoire des monnaies de Namur, donné par la Revue de la numismatique belge. Elle appartenait alors à M. L. De Coster. Nous n'avons pu la retrouver.

Tête nue de face : * MARCRIO N'AMVE.

— Type ordinaire des esterlins : MO | ST | COM | ITIS.

Collection de M. le comte de Robiano.

Tête nue de face : X G X MARCRIO LAMVR.

— Type ordinaire des esterlins : Y M0 | LET | ALZ | MVR.

Même collection.

Tête nue de face : K X GX MARCRIO RAMVR x.

— Type ordinaire des esterlins : ÿ 0 | NET | ANX | AVR.

Collection de M. Serrure.

Variété : sans le sautoir à la fin de la première légende.

Collection de M. le comte de Robiano.

Tête nue de face : kX GX MARERIO LVASMVR.

Type ordinaire des esterlins : ÿ RO | NET | ANA | MVI X.

Même collection.

Même pièce que la précédente, mais la croisette est accostée de quatre sau-

toirs (X "#* Y). — Au revers : RASVR.

Tête de face couronnée de trois roses : **k G : ÆRLIODAOMVR. — Type ordinaire des esterlins : COM. | ÆSZ | RNO | NVS.

Collection de l’État, à Bruxelles.

Cette pièce est une imitation ou contrefaçon d’un esterlin de Namur et d’un esterlin de Looz. Elle a été trouvée en Danemark avec plusieurs fausses pièces du même genre. Nous la plaçons dans la même catégorie que ces esterlins de Gui, au revers de Mons et de Maubeuge, dont nous avons donné la deseription dans les Recherches sur les monnaies des comtes de Hainaut. t. [, p. 159, et suppléments, p. xvur.

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N° 67. Aigle biceps dans un cartouche composé de quatre arcs de cercle et de quatre angles saillants : * G Ÿ COSMTLAND (sic) RARCRPAM.

Croix pattée au centre. Légende intérieure : * MONETA LESTAT. Légende extérieure : > SN (sie) ROSRINI (sic) DLI XRI DEI IR V XPI.

Collection de M. le comte de Robiano.

Cette curieuse pièce a été frappée à State, faubourg de Hui, pendant que le comte Gui exerçait la mambournie de la principauté de Liége, pour son fils, l’évêque Jean IV, de 1282 à 1292. Cest une monnaie plutôt liégeoise que namuroise, et elle doit faire présumer que le mambour ne se sera pas borné à frapper dans cette seule localité. Il v a là, probablement, toute une série de pièces à retrouver.

L'incorrection des légendes est aussi fort remarquable.

JEAN 1e.

Ce prince était l’ainé des enfants que Gui de Dampierre avait eus de sa seconde femme, Isabelle de Luxembourg. Il prit une part active aux luttes héroïques que les Flamands soutinrent contre la France, dans les premières années du quatorzième siècle, et se chargea du gouvernement du comté, pendant la captivité de son père. L'an 1322, le comte Louis de Crécy lui céda le port de l'Écluse, en récompense des services qu'il avait rendus à la Flandre. Cette cession fut confirmée de nouveau en 1328. Jean mourut à Paris , le 4 février 1331, âgé de soixante-quatre ans. Il laissa de sa seconde femme, Marie d'Artois, sept fils et trois filles. Ses quatre premiers fils lui succédérent l'un après l’autre.

L'organisation de la corporation des monnayeurs, commencée, en 1297, ar le comte Gui, fut complétée. dans les premiers mois du gouvernement de | ; »

Jean Ie, par des statuts définitifs que les monnayeurs rédigèrent eux-mêmes

DES COMTES DE NAMUR. Hs

et scellèrent de « leur saiel commun, en mémoire et en ramenbranche (sic) » et en tesmoignage de veritei, » le 17 septembre 1298 1.

Ges statuts réglaient les droits et les devoirs des membres de la corporation, leurs rapports entre eux et leurs obligations à l'égard de leurs chefs. Les monnayeurs s'engageaient à travailler bien et loyalement. Si l’un usait de fraude, ses compagnons devaient le dénoncer au prévôt. Le meurtre d’un confrère , ou le vol, privait le coupable de sa charge, qui passait à ses héritiers, comme s'il était mort. Les autres crimes et délits n'étaient punis que d’une exclusion temporaire et d’une amende plus ou moins forte. On ne pouvait entrer à la monnaie, pour y travailler, que couvert de vêtements valant au moins cinq sols. L'ouvrier malade recevait deux sous par jour jusqu'à sa guérison.

Les héritiers des ouvriers et des monnayeurs devaient payer quarante sous pour droit d'entrée dans la corporation. Il était défendu aux membres de jouer aux dés; de jurer « vilain sairement de la mère Dieu; » de diffamer ses compagnons et de les accuser faussement de vol ou de tromperie. Celui qui se mariait donnait à la compagnie, « en cortesie, » vingt sous; et tous les monnayeurs et ouvriers qui se trouvaient en ville le jour de ses noces devaient assister à la messe de mariage et aller à l’offrande. Ils le devaient faire également le jour de l'enterrement d’un confrère. Les pauvres étaient ensevelis et enterrés, aux frais de la communauté, sur les deniers d’une caisse d'épargne qu'alimentaient les amendes inférieures à douze deniers et une retenue d’un denier par semaine sur ceux qui travaillaient.

L'ouvrier qui devenait lépreux recevait douze deniers par jour de celui qui le remplaçait. |

A défaut d'héritier mâle, les files succédaient dans la charge de monnayeur, sans pouvoir l'exercer par elles-mêmes; mais leurs maris la possédaient à titre de mambours, pendant la vie de leurs femmes et jusqu'à ce que les enfants issus du mariage pussent travailler convenablement.

Le prévôt qui était convaincu d’avoir perçu une amende indûment était tenu

1 Ce document a été publié par Galliot, t. VI, p. 47; par M. Ch. Piot, dans la Revue de la numismatique belge, t. 1, p. 47; et par M. de Reïffenberg, Monuments pour servir à l’histoire, etc., t. 1, p'a2.

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de payer cinq sous. Les contestations et les débats auxquels linterprétation des statuts pouvait donner lieu étaient jugés par le prévôt assisté de quatre « des plus suflisans compaignons sermenteis et eslius de par tous les aut’s. »

Enfin, le règlement pouvait être modifié, toutes les fois qu’on le jugerait convenable, par « le commun consial et volenteit » des cent ouvriers et monnayeurs de Namur,

Jean de Namur, pendant la captivité de son père, le comte Gui, fit frapper,

en Flandre, diverses monnaies en son nom !. On a retrouvé de lui trois gros

au portail, l’un frappé à Termonde :

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l'autre à Ninove :

1 Voir sur ces monnaies un article que nous avons inséré dans la Revue de la numismatique beige, 2° série, tome IE, p. 160. Les gros d’Alost ont été publiés par M. Gaillard, dans ses Recherches sur les monnaies de Flandre; le gros de Ninove est inédit et appartient à M. le professeur Serrure, de Gand.

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Ces pièces ont dû être émises dans les derniers mois de 1302, ou pendant les premiers mois de l’année suivante. Il paraît, toutefois, que le comte Jean, après avoir abandonné le gouvernement de la Flandre, conserva des droits sur les profits de la monnaie d’Alost, droits qui, sans doute, lui avaient été concédés, ainsi que différents autres fiefs en Flandre, pour le récompenser des secours qu'il avait prêtés aux Flamands, dans leur lutte héroïque contre le roi de France.

Un compte que rend au comte de Namur, son receveur, Willaumes Selvain, du jour Saint-Michel 1313 jusqu'au vingtième jour après la Noël suivant !, mentionne , comme recette, les waignages de la monnaie d’Alost, qui montaient, pour le tiers appartenant au comte, à soixante - quatorze livres, treize sols, dix deniers de gros payement, à raison de deux pulleavilles pour un gros.

Qu'était-ce que des pillewilles? Du Cange, à qui il convient de recourir d'abord lorsqu'il s’agit du moyen âge, nous répond : Les Püllevilles sont des monnaies mentionnées dans une ordonnance du roi de France de 1315, Les poilevillains sont des monnaies d'argent dont il est question dans des chartes de 1353, 1399, etc. |

Disons d’abord que les poilevilains , monnaies du roi Jean , émises en 1353 et dans les années suivantes ?, tirent leur nom du maitre général, Jean Poilevilain, qui les fit fabriquer. On ne doit donc pas les confondre, ainsi que semble le faire Du Cange, avec une monnaie plus ancienne de cinquante ans et qui ne peut avoir rien de commun avec le maître général du roi Jean.

Si nous ouvrons Roquefort, nous trouvons : pélleville, plaque, pillevuille , monnaie des évêques de Toul (sic), poilevilain, sorte de monnaie d'argent.

Le recueil des ordonnances des rois de France, tome [, page 535, donne une lettre de Philippe le Bel, adressée au bailli d'Auvergne, et datée de Poissy, le samedi après la Thiphanie (la Noël) 1313. Cette lettre avait pour but de renouveler le décri ou la proscription des monnaies suivantes, à cause de leur « mauvaiseté et fausseté » savoir : les PILLES-VUILLES, les VÉ- NITIENS et les rHouLais. Les vénitiens sont sans doute des pièces de Venise,

! Archives de l'Etat à Bruxelles.

2 Le gros denier blanc à la couronne, ou gros à la queue. te ? te)

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les thoulais des monnaies de l'évêque de Toul, et ce sont ces thoulais que Roquefort aura confondus avec les pillevilles. Mais que dire de ces dernières ?

Il parait d'abord hors de doute que ce sont des monnaies étrangères à la France, et des monnaies de bas aloi. On peut, de-plus, à cause du compte de la monnaie d’Alost, présumer qu'elles doivent avoir été spécialement connues en Flandre, dans les premières années du quatorzième siècle. Notons que ce lut en Flandre, pendant l’administration provisoire de Jean de Namur, de ses frères et de son neveu Guillaume de Juliers, que l’on commenca à altérer le titre des gros tournois. Ces gros avaient pour type un château, une porte ou un portail, en grec mx, pile; ils étaient non plus d'argent mais d'un métal vil. C'était done des piles-viles. Cette étymologie qu'on repoussera, peut-être , comme plus spécieuse que vraie, et que nous ne donnons nousmême que comme une conjecture, rappelle naturellement la vieille expression française, croix ou pile, sur l’origine de laquelle on a tant divagué. Bescherelle, le dernier et le plus volumineux de nos léxicographes, veut que le mot pile vienne du gaulois (celtique ?) pile, qui veut dire navire, à cause de la figure d’un navire empreinte sur les monnaies. Il est possible que pile ait signifié navire en celtique. Qui sait le celtique? Mais ce que personne n'ignore, c’est que le type du navire qu’on ‘trouve sur quelques monnaies d'or anglaises et sur des imitations de ces monnaies faites aux Pays-Bas, est tout à fait inconnu en France; en France d’où vient l'expression croix ou pile.

D'autres ont dit que pile dérivait de pileus, à cause du chapeau dont les têtes, gravées sur les monnaies, étaient couvertes. Cette explication est moins admissible encore. Le chapeau ne se voit guère que sur quelques testons italiens et quelques thalers allemands. De plus, le côté de la tête, sur les monnaies, n'est pas le côté de la pile, comme on peut s’en assurer par l’édit de Henri Il, du mois d'août 1548, qui ordonne de remplacer la croix, « trop aisée à être falsifiée, » par sa « pourtraiture d’après le naturel. » Le côté de la pile devint celui des armoiries du prince.

Boisard ! prétend que le mot pile, donné à un côté de la pièce, provient de ce que ce côté était imprimé par le coin de dessous, celui qu’on fixait dans le cépeau où billot, et qu’on appelait la pile. Mais pourquoi ce coin était-il appelé

! Traité des monnaies, ete. Paris, 1714, 2 vol. in-12.

> ar __— = Dee — .. État CS =. — = —— a

la pile? n'est-ce pas plutôt parce qu'il portait la gravure du côté pile de la monnaie ?

L'expression croix ou pile est française; elle est ancienne, elle est populire, proverbiale et d’un usage général. Il faut done en chercher l'origine dans des monnaies de France, dans des monnaies anciennes et d’un cours longtemps prolongé. Elle doit venir du type essentiellement français, du type qui, inauguré par Charlemagne, s’est maintenu jusqu’à la fin du moyen àge, du type des deniers carlovingiens et des tournois capétiens. La croix d'un côté, le temple, le portail, la colonnade, la pile de l’autre. Du Cange, seul, ne s’y était pas trompé ?.

ATELIER DE NAMHUR.

N° 68. Châtel crénelé : *X MARCRIOR A D?. Bordure des tournois de dix fleurs de lis. — Croix pattée au centre. Légende intérieure : * I0ÆKS. COM: RAM’. Légende extérieure : BHDICTV : SIT : ROME : DRI : DEI ? LR.

Collection de M. le comte de Robiano.

A. 1.50. Pièce ébréchée.

En cédant à son fils Jean, le comté de Namur, le comte Gui s'était réservé le titre supérieur de marquis qu’il continua de porter dans tous les actes postérieurs à cette cession. Jean, même après la mort de son père, ne parait avoir jamais pris d'autre titre que celui de comte.

Ce demi-gros semblerait done être une monnaie commune aux deux princes et faite dans les premiers temps du règne de Jean. Le côté du châtel appartiendrait à Gui, marquis de Namur, et le revers au comte Jean, son fils.

N° 69. Château à trois tours, ou portail brabançon; bordure des gros tournois, de douze fleurs de lis : * IORAXES : CODES.

— Croix pattée au centre. Légende intérieure : # NAÆŒDVRCENSIS. Légende extérieure : x NODEN : DNI : NRI : SIT : BENEDIOTVO.

Collection de M. Serrure.

1 Glossarium mediue et infimae latinitatis, au mot Piza.

Ce type a été employé par Jean IF, duc de Brabant (1294-1312), et peut-être déjà dans les dernières années du règne de Jean Ier. Le catalogue provisoire, donné dans le tome Le de la Revue de la numismatique belge, mentionne cette pièce, sous le n° 27, d’après le même exemplaire; mais les Tlégendes y sont inexactement rendues.

N° 70. Château à trois tours, ou portail brabançon. Bordure des gros tournois : > 10R?S

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