‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de Namur (volume 2)Chapitre 55 sur 59 · MAXIMILIEN - EMMANUEL · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN - EMMANUEL

Louis XIV, comprenant que les Pays-Bas étaient perdus pour son petitfils, engagea eelui-ci à céder ses droits à Maximilien-Emmanuel, encore en possession de Namur et de Luxembourg, ainsi que d’une partie du Hainaut, la prévôté de Chimai. La paix paraissait prochaine, el cette cession pouvait fournir à l'électeur, son fidèle allié, le moyen de récupérer ses États hérédiaires, dont l'Autriche s'était emparée. L'acte par lequel Philippe V transporte à Maximilien ses provinces des Pays-Bas est du mois de juin 17117. Le 16 août suivant, l'électeur ordonnait et prescrivait de mettre ses armoiries à la place de celles de Philippe V, dans tous les bureaux des receveurs et des notaires, sur les acquits, passavants, placards, ete.

Le 47 mai 1749, il se faisait inaugurer à Namur avec toute la pompe des cérémonies que ce prince affectionnait spécialement.

La paix d'Utrecht, du 14 avril 1713, garantissait à l'Empereur la souveraineté des Pays-Bas catholiques, mais avec cette réserve, que Maximilien- Emmanuel resterait en possession des provinces de Namur et de Luxembourg, jusqu'à ce que ses États héréditaires lui eussent été restitués par l'Autriche. En exécution de ce traité, la garnison française de Namur évacua la forteresse et en fit la remise aux troupes des Provinces-Unies; l'autorité civile

‘ Une seconde cession, plus explicite et sans condition de retour, fut faite le 2 janvier 1749, Elle se trouve dans Dumont, Corps universel de diplomatique, VIIT , 1, 288 et 289, etc.

continua à être exercée, au nom de Maximilien, par le conseil d'État qu'il avait institué. |

Ce fut seulement le 1° décembre 1714 .que l'électeur fit savoir aux autorités de son pays de Namur que, par suite des traités de Rastadt et de Baden, la souveraineté des ville et comté de Namur, ainsi que de Beaumont et de Chimai, devant être remise à l'Empereur, il déliait ses sujets de leur

serment de fidélité.

La fabrication des liards de Namur, tant au nom de Philippe V qu'à celui de Maximilien-Emmanuel, donna lieu à de nombreuses réclamations de la part des officiers monétaires du gouvernement de Bruxelles et à plusieurs mesures répressives, pour empêcher leur introduction dans les provinces occupées par les armées alliées. Il paraitrait même , d’après ces réclamations, que les monnayeurs de Namur se permettaient de frapper des liards au nom du feu roi Charles IT, et cela en si grande quantité, que les provinces voisines en étaient comme inondées !, Ce fut pour remédier à cet abus que, en 1712, on démonétisa les liards à l’ancien type de Charles IT, le briquet couronné, entouré de trois écussons ?, Ce type fut remplacé par celui à Ja tête à perruque, au revers du monogramme trois C entrelacés et couronnés. Comme on aurait dû s'y attendre, Maximilien-Emmanuel imita aussitôt ce nouveau type Ÿ: sous une perruque à la Louis XIV, toutes les têtes se ressemblent. Les monogrammes, ou chiffres en lettres cursives entrelacées, sont également tous à peu près pareils : il fallait done lire les légendes pour distünguer les liards de l'électeur de ceux de Charles VI.

Après que Namur fut rendu à l'Empereur, le 14 février 1715 , lé conseil de Namur, statuant en vertu d’un décret du comte de Kinigsegg , ordonna que les liards aux coins de S. M. L. seraient seuls reçus dans le comté. Cette ordonnance, dont l'exécution présentait de grandes difficultés , dut être renouvelée le 12 mars suivant. Les liards de Maximilien-Emmanuel ne disparurent

! Archives de l'État, à Bruxelles.

? Placard du 95 août 1712.

5 Placard du 5 octobre 1742.

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cependant pas immédiatement de la circulation, surtout dans la province de Luxembourg, où leur cours fut toléré et réglé par les placards du 31 mars 1718 et du 20 décembre 1719.

On possède de nombreuses ordonnances de Maximilien-Emmanuel sur le cours des monnaies nationales et étrangères ! dans les provinces de Luxembourg ei de Namur. C'était l’époque où Louis XIV, obéré par un demi-siècle de guerres, employait, comme expédient financier, la plus fatale de toutes les mesures, le surhaussement ou l’altération des monnaies. Le contre-coup de ces ordonnances désastreuses se faisait sentir en Belgique, et le gouvernement de Namur, comme celui de Bruxelles, se croyait obligé de suivre l’impulsion du pays voisin. Il serait inutile, pensons-nous, d'énumérer ces divers placards : on en trouve l'indication et l'analyse dans la Liste chronolo- : gique des édits et ordonnances publiée en 1851, par la Commission royale des anciennes lois. |

Maximilien commença par employer, sur ses monnaies d'or, les types antérieurs de Charles IT et de Philippe V, du souverain au lion. En 1713, il y substitua un nouveau type, assez semblable à celui des monnaies de Louis XIV : la tête du prince d’un côté et de l’autre l’écusson couronné de ses armoiries. Ses pièces d'argent sont également imitées de celles de Charles IT et de Philippe V ; mais il n’employa point l’ancien type du souverain d'argent à la croix de Bourgogne, ou patacon, type que continua Charles VI et qui devint celui de la couronne de Brabant de Marie-Thérèse et de François Fer.

Dans son ordonnance du 20 juillet 1714, ainsi que dans quelques ordonnances suivantes sur la valeur des monnaies, après avoir parlé des souverains « aux types de nos prédécesseurs et à nos coins, » Maximilien-Emmanuel énumère, parmi les pièces évaluées, les couronnes d’or et les ducats. Bien que le texte même de ces ordonnances puisse faire supposer que ces pièces ont été aussi frappées aux coins de Maximilien, nous croyons qu'il ne s’agit là

! Plusieurs de ces monnaies étrangères ne sont désignées que par des noms populaires sous lesquels il n’est pas toujours facile de les reconnaitre. Les poqueux ou petits escalins, dont il est si souvent question à Namur et surtout à Luxembourg, sont, à ce que nous croyons, une monnaie de Metz.

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que des couronnes et-des ducats de ses prédécesseurs, Philippe IV, Albert et Isabelle, et que lélecteur n'a jamais fait d’autres monnaies d’or que le double et le simple souverain.

Le placard du 7 mai 1714, qui décrète l’émission de monnaies d’or et d'argent à l'effigie et aux armes de l'électeur, pour une somme totale de cinq cent mille florins, énumère ces diverses pièces et en fixe le poids et le ütre, qui, du reste, étaient ceux des monnaies de Charles Il et de Philippe V. J'était :

1° Le souverain d'or , à 22 carats 5/1 de grain, de 22 <£% pièces au mare ;

2° Le demi-souverain à l'avenant;

3° L’écu d'argent (souverain d'argent) à 10 deniers, 11 grains et demi de fin et de 8 555; pièces au marc ;

4° Le demi-écu à l'avenant ;

»° Le quart d'écu à l'avenant ;

6° L’escalin à 6 deniers 23 1/2 grains de fin et de 46 $$ pièces au marc;

1° Le demi-escalin (ou plaquette) à l'avenant.

Toutes les pièces d'or et d'argent de Maximilien - Emmanuel , sauf l’escalin, qui se rencontre plus fréquemment, sont rares et difficiles à réunir. La collection la plus complète est celle du cabinet royal de Munich, où cependant nous n'avons pas trouvé le quart d'écu que possède M. le comte de Robiano et qui a été gravé par Van Loon. Les grandes pièces d'argent, les ducatons et leurs subdivisions semblent n'avoir pas circulé, Nous n’en connalssons que des exemplaires neufs, à fleur de coin. Le gouvernement autrichien, si jaloux de ses prérogatives, ne se sera sans doute pas montré moins sévère à l'égard de ces monnaies, qu'il ne l'avait été à l'égard des liards de cuivre. Toutefois nous n'avons pu découvrir l'indication du décret ou du placard qui les retire de la circulation.

Les entrepreneurs de la monnaie de Namur se nommaient Henri Van Soest et Jacques-François Blommaerts.

Le 22 novembre 1713, Son Altesse Électorale fit saisir entre leurs

1 Ou double souverain; le demi ou simple souverain.

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