‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de NamurChapitre 88 sur 110 · AGREE TAT A RAE · texte numérisé non relu

AGREE TAT A RAE

par leurs noms. A l’aide des chartes dans lesquelles on les trouve mentionnés, il a été plus où moins possible d'en récomposer la liste dans un ordre chronologique probable ; mais il serait fort difficile d'en déduire positivement leur filiation ou les rapports de parenté qui les unissaient entre eux. Gette partie ancienne de la généalogie ne peut done être que fort conjecturale.

Eilbert, qui figure vers 920, et qu'on fait descendre par les femmes d’un personnage légendaire, d’un comte Aimérie de Narbonne, du huitième ou du neuvième siècle, inconnu dans l’Art de vérifier les dates, n'ayant pas eu d'enfants de sa première femme, épousa, en secondes noces, la veuve du seigneur de Rumigny-en-Thiérache. C'est à cet Eilbert qu'on attribue la construction du château de Florennes, vers lan 944. IT laissa Florennes aux deux fils de sa femme, Godefroid et Arnoul de Rumigny ; ces mêmes Godefroid et Arnoul, que Brunon instilua comtes de Mons, après la mort de Garnier et de Renaud, pendant Pexil des Rainiers.

À partir de cette période, la généalogie de la famille de Rumigny parait laisser moins d’incertitudes.

A Godefroid I de Rumigny, dont la femme se nommait Alpaïs, succéda son fils, du nom d’Arnoul, qui épousa Ermentrude, fille du comte d’Ardennes et de Verdun. Cet Arnoul, voulant honorer les reliques de saint Gengoux qu'on lui avait apportées après les avoir volées au seigneur de Gedinne, fit bâtir une chapelle pour les y déposer, et fonda, vers l'an 10014, sept prébendes pour la desservir. Ce fut l’origine du chapitre qui existait à Florennes ”.

Arnoul laissa trois fils. L'ainé, Godefroid IT, qui avait épousé Hedwige de Roucy, hérita de ses seigneuries ; le second, Gérard, devint évêque de Gambrai et d'Arras; le troisième Arnoul, mourut jeune ”.

Une charte de l'an 4015, constatant l'échange fait entre les abbayes de

1 D'après une note de Miræus , le chapitre aurait une origine plus récente, et aurait été fondé & quodam abbate Florinensi, qui avait retenu pour lui et ses successeurs le titre de prévôt avec le droit de conférer les prébendes , ete. Cet abbé innommé a pu, en éffet, augmenter le nombre des prébendes qui se trouva porté à dix; mais cette circonstance n’empéche pas l’antériorité de la fondation première du chapitre sur celle même de l’abbaye.

2 M, F.-V. Goethals, dans son Dictionnaire généalogique, t. HW, donne à ce troisième frère le

nom de Eïilbert, et en fait le premier abbé de Florennes. La charte de l’empereur Henri, citée

ci-dessus , et l'accord de l'an 1015 disent bien Arnulfus. +

Eilbert.

Godefroid Eer.

Arnoul.

Godefroid Il.

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Florennes et de Hautmont, du village de Givry contre ceux de Hemptinne et de Quillon (?), donne (chose rare pour l'époque) quelques détails biographiques sur cet Arnoul. Elle nous apprend que, voulant faire le voyage de Rome avec sa nouvelle épouse Heluide, il avait confié ses propriétés à ses deux frères, avec pouvoir d'en disposer s’il venait à mourir; ce qui ne tarda pas d'arriver. Arnoul fut tué dans un combat, et sa femme, cinq jours aprés, le suivit au tombeau. La même charte nous apprend, de plus, que les trois frères avaient une sœur nommée A/pardis 1.

Voulant exécuter les dernières volontés de leur père, les trois fils d’Arnoul se réunirent, en 1011, pour fonder, à Florennes, l'abbaye de Saint-Jean- Baptiste. Cette fondation fut, comme on la vu précédemment, ratifiée par l'empereur Henri, le 17 mai 1012.

Godefroid de Florennes, dans la guerre que les comtes de Louvain et de Hainaut firent pour la succession d'Otion, duc de basse Lorraine, dernier prince de la race de Charlemagne, prit parti pour le nouveau due, son oncle maternel, Godefroid d’Ardennes et de Verdun. Il vit son château de Florennes vainement assailli par les ennemis, et, dans un combat qu'il leur livra, près de Saint-Aubin, le 12 septembre 1015 , il les défit complétement. Le comte de Louvain, Lambert, y perdit la vie. | |

À ce Godefroid IT on donne pour successeur un fils du même nom que nous

Es Godefroid IL. appellerons Godefroid HT et qui vivait en 1066; puis le fils de celui-ci, | H Ier. 4$ . . : SE M SARL Hugues, qui épousa Alix de Hainaut, fille du comte Baudouin IL. Deux Nicolas f Dot À de Rumigny, son fils et son petit-fils lui succèdent *. Ce dernier, mort ER

en 1175, laissa de sa première femme, Ide de Chièvres *, un fils, Godefroïd, qui fut chevalier teutonique, et de sa seconde, Adelaide de Pierrepont ‘,

Hugues JL. Nicolas , seigneur de Rumigny et Hugues, seigneur de Florennes , qui fut à la Terre-Sainte en 1188, vivait en 1195 et mourut sans enfants.

TS

* Bulletins du cercle archéologique de Mons, 2%° sér., p. 258.

* M. Goethals n’en mentionne qu’un.

* Fondatrice de l’abbaye de Ghislenghien. Ide de Chièvres était veuve, en premières noces, de Gilles de Chin, seigneur de Berlaimont, le héros légendaire du Hainaut, et en secondes noces, de Rasse, sire de Gavres. Elle était fille de Gui, sire de Chièvres et d’Ide de Hainaut. (Voir Goethals, Dictionnaire, t. I.)

# M. Goethals ne parle pas de cette seconde femme, ct suppose tous les enfants issus d’un seul mariage. j

Son neveu, Nicolas HE, fils de Nicolas de Rumigny et de Mahaut d'Avesnes, réunit de nouveau Florennes et Rumignv. I acquit, le 5 mai 1235, la haulteur d'Yves, c'est-à-dire la suzeraineté, tout en laissant à Henri d'Yves, escuier, le domaine utile et une partie des droits seigneuriaux ". Get acte explique comment le titre de seigneur d'Yves était porté, tout à la fois, par les sires de Florennes et par les anciens seigneurs d'Yves devenus leurs vassaux ©. Sept ans après, en 1242, il donna à la seigneurie et communauté d'Yves de nouvelles lois et de nouveaux règlements *. Nicolas IF mourut en 4256, laissant de sa femme Isabeau , dame douairière de Château-Porcien ou Porcean, deux fils. L’ainé, Nicolas, hérita de Rumigny ; le second , Hugues HE, eut la terre de Florennes à laquelle il parait avoir réuni la seigneurie de Rumigny, à la mort de son frère ainé. Ce Hugues eut de longues et nombreuses contestations avee Miles, vingt-sixième abbé de Florennes , au sujet de la haute justice sur les biens de l'Église. Le jour des saints Pierré et Paul (29 juin) 1269, il y mit fin par un concordat que ratifia, la même année, Henri de Gueldre, évêque de Liége.

Nous suivons ici la généalogie, rectifiée par M. Goethals. MM. de Reiffenberg et Yernaux placent entre Nicolas If, mort en 1256, et Hugues, le deynier seigneur de la famille de Rumigny, mort en 1270, un autre

t Voir Pièces justificatives, n° I.

? Outre ces deux seigneurs, ia ville et communauté d'Yves devait encore au seigneur de Beaumont une rente de quinze livres « pour la raison du sauvement ». Le sauvement (salvamentum) se disait de toute espèce de redevance que l’on payait à un seigneur pour obtenir sa protection ou se racheter de ses exactions. (Pièces justificatives, n° HI.)

On trouve dans l'inventaire des archives de Lille, de Godefroïd , imprimé par le comte Joseph de Saint-Genois, dans ses Monuments anciens, LE, p. 997, l'analyse d’un accord fait, le jour de Sainte-Catherine, l'an 1500, entre Thibaut, sire de Florennes, et Jean, comte de Namur, par lequel ledit Thibaut renonce aux prétentions qu'il avait sur la ville d’Yne. Comme on ne connaît pas de ville d'Yne, on pouvait croire qu’il y avait là une mauvaise lecture du texte ou une faute d'impression; un # pour un ü (v). Gette charte n’existe plus à Lille, ou'n'y à pas été retrouvée ; ce qui met dans l'impossibilité de vérifier la chose. Les comtes de Namur ont, en effet, possédé quelques droits à Yves, mais bien antérieurement à l'an 1500; et comme, d’un autre côté, les seigneurs de Florennes n’ont jamais cessé d'y exercer les leurs, il faut admettre qu’il s’agit ici d'une autre localité; peut-être /snes, canton de Gembloux, province de Namur, dont la prononciation est la même.

5 Ce fait est rapporté dans une espèce de chronique, écrite en 1685, ou du moins présentée, le 3 août de cette année, au seigneur de Florennes.

Nicolas II,

Hugues IT.

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