THIBAUT
En 1281, Isabelle de Rumigny, fort jeune encore ‘, épousa, en premières noces, Thibaut de Lorraine, seigneur de Neufchâteau, fils ainé et héritier présompüf du due Ferry IE. Ce mariage fit passer la seigneurie de Florennes dans la famille de Lorraine.
Thibaut était un prince guerrier qui prit part aux querelles de ses puissants voisins, les Empereurs et les rois de France. En 1298, il soutint la cause d'Albert d'Autriche, contre son compétiteur à l'Empire, Adolphe de Nassau , et se distingua à la bataille de Spire. Il se trouvait dans les rangs français lors du désastre de Courtrai , le 9 juin 1302. Devenu duc de Lor-
! La chronique manuscrite de 1685 , que nous avons citée ci-dessus, place le mariage d’Isabelle à l’année 1290, contrairement à tous les historiens de la Lorraine. Elle ajoute que Thibaut, duc et marquis de Lorraine (titres que Thibaut ne pouvait avoir alors), prêta en 1295, dans l'église de l'abbaye, serment de garder les franchises de Florennes.
raine, le 31 décembre 1303, Thibaut dut guerroyer contre ses propres sujets révoltés. Îles battit, près de Luneville, et les fit rentrer dans lobéissance à laquelle-ils avaient voulu se soustraire, Il combattit la même année pour Philippe le Bel, à la bataille de Mons-en-Puelle; assista, à Lyon, le 1% novembre 1505 , à l'intronisation du pape Clément V. Pendant le défilé du cortége, l’écroulement d’une muraille écrasa le duc de Bretagne et plusieurs grands seigneurs, renversa le pape et le duc Thibaut, qui en eut une jambe et un bras cassés.
À peine remis de ses blessures, il soutint une guerre contre son parent, Henri de Vaudemont, fut batiu et obtint la paix par l'intermédiaire de l'évêque de Toul.
Thibaut avait fait construire un château, à Vireux-sur-Meuse, dont il était seigneur. Cette nouvelle forteresse déplut à son suzerain, Thibaut de Bar, évêque de Liége, qui s’en empara, la démolit et prit possession de la ville de Florennes elle-même. L'intervention arbitrale de Renaud de Bar, évêque de Metz et frère du prince-évêque de Liége, rétablit la paix entre les deux belligérants. Par cet accord , en date du 6 juin 1507, l'évêque était tenu d'aider, de bonne foi, à la reconstruction du château de Vireux (Montviruel) ; il s’engageait à ne faire valoir aucune réclamation contre le duc, et promettait d'abandonner toutes celles qu'il avait déjà produites. Le duc rentrait en possession de Florennes et de toutes ses propriétés, sauf hommage à l'évêque de Liége, tel qu'il le devait auparavant.
L'année suivante, en 1308 , le guerroyeur Thibaut, qui, sur ses monnaies, s’intitulait si bien Ailes, entreprit une nouvelle campagne. Il s’attaqua , celte fois, à son arbitre lui-même, l'évêque de Metz ; le battit près de Frouard, et fit prisonniers les comtes de Bar et de Salm, qui avaient suivi les drapeaux de l’évêque. En 1310 il accompagna le nouvel empereur, Henri VIF, en Jtalie, et en revint atteint d’une maladie de langueur à laquelle il succomba , le 43 mai 1319. On attribua sa mort à un poison qu'on lui avail donné à Milan. En fait de poisons, l'Italie a toujours eu — mais bien à tort, sans doute -— une réputation fort mauvaise.
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La période monétaire de la seigneurie de Florennes commence avec Thibaut de Lorraine; c’est-à-dire qu'on ne connaît aucune monnaie, ni aucun acte relatif aux monnaies qui lui-soit antérieur. Nous ne voulons pas en conclure d’une manière positive et absolue qu’on n'ait pas monnayé avant lui, mais, seulement, que c’est à partir de ce prince que la monnaie de Florennes nous est révélée, et par les actes et par les pièces elles-mêmes.
Au mois.de juin 1300, Thibaut avait obtenu du roi de France, Philippe le Bel, de qui relevait Neufchâteau , le privilége de frapper, sous certaines réserves, des monnaies dans celte localité. Mais comme il est certain qu'avant celte époque les ducs de Lorraine y avaient déjà usé de ce droit, il est à croire que le roi de France n'aura que confirmé et reconnu un fait accompli. Seule manière possible, quand on n’est pas en mesure d'employer la force, de sauvegarder ses droits el son autorité.
En 1298, le roi des Romains, Albert d'Autriche, lui avait accordé le même droit à Yves; et ce droit fut reconnu, deux ans après, en 1500, par Hugues de Chalon, évèque de Liége, suzerain de Florennes. Par lettres, données au château de Huy, le lundi après la fête de Saint-Barthélemi , l'évèque Hugues confirma la concession impériale faite en faveur d'Yves, et l’étendit à Florennes, le tout sous la condition que Thibaut s’obligerait à lui payer, pour sa part des profits, vingt-cinq mares d'argent fin, par année. Laquelle somme serait réduite au prorata du temps pendant lequel on aurait “effectivement travaillé ".
Parmi les réclamations soulevées par l’évêque de Liége, en 1807, et auxquelles mit fin le jugement arbitral du G juin, se trouvaient certaines prétentions du chef des monnaies que le duc avait fait faire à Florennes ou dans la châtellenie (Yves). L’évêque ne contestait pas le droit du due, ainsi que le suppose M. Yernaux, mais réclamait seulement la part qui lui revenait dans les bénéfices de la fabrication. Au reste, par l'accord lui-même, cetie prétention était abandonnée ?.
L'histoire du monnayage de Thibaut, à Florennes et à Yves, parait ainsi parfaitement expliquée. Il reste cependant une difficulté qu’on ne peut passer