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! Pièces justificatives, n° EV.
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sous silence ; c’est la charte du 20 octobre 1298 , imprimée dans Baleicourt ", AU par laquelle le roi des Romains, Albert d'Autriche, donne à Ferry HE, duc { de Lorraine et père de Thibaut, le droit de frapper monnaie èn villa de Ive, | | qui, dit la charte, appartenait au duc jure proprietario. Les historiens lor- il rains, unanimes à reconnaitre que cette charte ne pouvait concerner qu'une (| localité appartenant en propre à Ferry, ont, après avoir en vain cherché un Yves dans la Lorraine, abandonné la partie. Dom Calmet lui-même renonce à déchiffrer cette énigme. "eh
On a quelques exemples de dues de Lorraine frappant monnaie dans des villes appartenant à leurs enfants ou à leurs gendres, dont ils se considéraient comme tuteurs. Ainsi, Charles II (1390-1431), après avoir marié sa fille et héritière, Isabelle, à René d'Anjou, duc de Bar, frappa monnaie à Saint- Mihiel, ville du Barrois, en son propre nom et comme duc de Lorraine *. Cette explication, qu'avait suggérée mon savant confrère et ami, M. Bre-
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tagne, m'avait un peu ébranlé. Mais restaient toujours les mots : jure pro-
prietario qui, en parlant de Yves, ne pouvaient s'appliquer au due Ferry. Baleicourt ne dit pas où il a copié cette charte. Jai fait faire en vain des
recherches pour la-retrouver aux archives de Nancy, puis à Paris, dans
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les neuf cents volumes ou cartons enlevés au trésor des chartes de la Lorraine, par Louis XIV, et déposés aujourd’hui à la bibliothèque impériale.
L'existence d’une charte semblable émanant, la même année, du même Albert d'Autriche et concédant le méme droit de frapper monnaie à Yves, non pas à Ferry, mais à son fils, est prouvée par la lettre de Hugues de Chalon, de l'an 1300. On remarquera même que cette lettre de l'évêque Hugues rappelle que le privilége impérial ne concerne que Yves, et que lui, évêque et seigneur suzerain, étend à Florennes.
Ne serait-il pas permis de supposer que Baleicourt à copié sa charte sur un texte altéré, dans lequel on aurait substitué les mots Fredericus dux à Thebaldus filius ducis *? Quoi qu'il en soit, abandonnons aux Lorrains, Balei-
1 Pièces justificatives, n° I.
2 De Sauley, Recherches sur les monnaies des comtes ct ducs de Bar, pl. VIE, n°5.
5 On comprend assez que, si comme nous ie croyons, comme l’affirme l’évêque de Liége, le droit de frapper monnaie a été concédé à Thibaut et à ses successeurs, Thibaut étant devenu
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court, sa charte et le Zve introuvable, contentons-nous de Passertion de l'évêque de Liége qui, après tout, devait être bien informé.
Longtemps après, les ducs de Lorraine, même alors que la seigneurie de Florennes et d'Yves était passée dans une autre famille, continuaient à en faire hommage à l'Empire ‘. Ce qui n’est pas plus étonnant que de voir les rois de Sardaigne s’intituler rois de Chypre et de Jérusalem, les rois d’Angleterre prendre le titre de rois de France ;‘etc., ete. Mais, une chose moins explicable, c’est qu'il paraît que, déjà au seizième siècle, on ignorait, en Lorraine, ce que c'était que cette ville d'Yves, qu’on tenait de l'Empire. Cela est prouvé à l'évidence, dit M. de Sauley, par les termes mêmes de la transaction de Nuremberg, du 28 juillet 1548.
Quatre monnaies de Thibaut ont été retrouvées :
N° 1. Chatel, type des tournois. Bordure de douze trèfles : X FLORINENSIS.
— Croix patiée dans un cercle de grènetis. Légende intérieure : X TYBZÆL- DVS : MILIS. Légendeextérieure : X BDHDICTV SIT NOR : DAI : DEF: FR MXPEREPIEE "OT
(Collection de M. Ie comte de Robiano.)
A. Gr. : 0.90.
Cette imitation des gros tournois français s'éloigne déjà un peu de son modèle ; des trèfles ont remplacé les fleurs de lis dans les oves de la bordure. L'évêque, Thibaut de Bar, fit également des gros tournois dans deux localités de l’Entre-Sambre-et-Meuse , au voisinage de Florennes, à Fosses et à Thuin. Nous avons publié celui de Thuin dans le tome V, 2" série de la Revue numismatique. L'évèque avait, plus servilement que le seigneur de Florennes, contrefait la monnaie royale.
duc de Lorraine, on ait pu dire que le droit avait été concédé aux dues. Or, comme le due, en 1298, s'appelait Ferry, un copiste mal avisé aura cru fuire une rectification en substituant ce nom à celui de Thibaut.
* Charles 11, duc de Lorraine, reprit de l’empereur Rupert, la ville d'Yves avee le droit d'y fabriquer monnaie. Ceci était parfaitement régulier, car ce duc était seigneur de Florennes. Mais Charles HIT fit la même reprise de l’empereur Maximilien, en 1367; or, à cette époque, Florennes et Yves étaient passés de la maison de Vaudemont dans celle de Glymes, et le due de Lorraine y était devenu tout à fait étranger. |
Le gros de Florennes à certainement été frappé avant 1303, alors que || Thibaut n’était pas encore duc de Lorraine , et se contentait du titre de Hiles.
Ne 9, Chatel, type des tournois. Bordure de douze trèfles : ** FLORINENSIS. __ Croix pattée dans un cercle de grènetis. Légende intérieure : X TYBZÆLDVS-: MILES. Légende extérieure : X PAÆX : DOMINI : SIT : SSMPER : NOBES- CVM.. (PI: F, n° 2) (Cabinet de France.) NOTE 0.00.
La légende pieuse de ce gros est tout à fait autre que celle de la pièce précédente. De plus, le mot MILES à remplacé lincorrect MILIS.
N° 5. Aigle éployée dans uncartouche, composé de quatre ares de cerele etde quatre angles saillants : X TREOBAD x DE + LOTRORIGIR. {Sic.) == Croix pattée au centre, dans un cercle en grènetis. Légende intéricure : *k 0- RETA FLORIR : Légende extérieure :X ROMER DOSMINI SIT BEÆDIC- TVSA. (sic) (PL [, n° 5.) {Collection de M. le comte de Robiano.) A. Gr. : 1.82.
Cette pièce est imitée des doubles-tiers de gros d’Alost, de la comtesse Marguerite, et plus servilement encore d'une pièce semblable frappée à Statte (Huy), par le comte Gui de Namur, comme mambour de Liége, pour son fils, l’évêque Jean IV (1282-1292). Outre la différence des légendes, l'aigle de la pièce de Stalte est à deux têtes, comme à celles d’Alost. C'est également l'aigle à deux têtes qui figure sur une pièce, aux mêmes Lypes, frappée à Poilvache (Esméraude), par le comte Henri IV de Luxembourg, marquis d'Arlon (1275-1288).
La Société archéologique de Namur possède un second exemplaire, malheureusement ébréché, de l'aigle de Florennes. La légende offre pour diffé-
rence... SIT BENSDIEVM.
Ne 4. Tête de face, couronnée de trois roses. Entre un double grènetis : X TEOBÆLD + DE + LOTRER.
__ Croix ordinaire des esterlins, coupant la légende et anglée de douze besants, disposés par groupes de trois. Dans un doublé grènetis : MON |ETZA | FLO REN. (PL E, n° #.)
(Collestion.de M. le comte de Robiano.}
A. Gr, : 0.85.
Imitation des esterlins anglais ; type adopté à cette époque par tous les seigneurs de notre pays et des contrées voisines. On remarquera combien le poids de cette monnaie est plus faible que celui des bons esterlins.
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