‹ Recherches sur les monnaies et les jetons des maitres-échevins et description de jetons diversChapitre 26 sur 30 · JETONS DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

JETONS DU PARLEMENT

Dans les premiers temps qui suivirent le siège de 1652, le roi ne fut que le protecteur de Metz y et respecta la juridiction des Treize a\ec appel, dans certains cas , au conseil du maître-échevin ; mais la France , forte des droits qu'elle faisait remonter aux temps carlo\ingiens , renonça peu à peu au rôle de protectrice pour prendre celui de maîtresse. Rien ne manifesta mieux cette tendance que les phases successives de l'organisation judiciaire qui, dès 1569, reçut, des mains de Henri II, un officier royal portant le titre de président , et dont les attribfitions , restreintes d'abord à la connaissance des conflits qui s'élevaient entre les bourgeois et les soldats, grandirent peu à peu ; si bien, qu'après avoir siégé seul, ce magistrat eut, en 1592, greffier et huissiers , et même un procureur général qui fut le célèbre Pierre Joly * ;

* Pierre Joly, seigneur de Konville, étail oncle maternel de Paul Ferry; il fui nommé par le roi procureur général es ville de Metz et Pays-Messin. Impliqué en 1601 dans une conspiration , par le com-

à cette époque, le présidial examinait déjà, en appel, quelques causes jugées au premier degré par les magistrats de la cité.

La création du parlement devait porter un coup mortel aux privilèges judiciaires de Metz , et ne laisser aux Treize , au maitre-échevin et à son conseil que la connaissance des causes secondaires ; mais cette création fut retardée par les réclamations de la cité et de l'empereur, et , bien que mise en avant dès 1602, elle ne reçut son exécution que le 2 janvier 1633, deux mois après la défaite des troupes impériales à Luizen , et lorsque Richelieu eut décidé le roi à se déclarer souverain des Trois-Ëvéchés '.

mandani de la dudelle, il fui rob sous les vcrroun, mais bieulAl icquîiié par arrêt du pariemenl de Paris el honora le S avril t60S d'une de ces lellres lelles qu'Heori IV savait les écrire. C'est eo mémoire de cet évéDemeat que Tut faite la médaille saivaDle, dont Dupré de Geneste a le premier donné la descriplion :

PETRVS LEPIDVS; huste tourné t droite. 4

U- COËLO TVTA QVIES; ud homme debout, mettant le pied sur un iiaiire que bat U tempête et levant les yeux vers le nom l^lragranimatique qui apparnit dans les nuages, mais dout le commencement n'est pas bien sorti du eoin. Ce type tout allégorique rappelle les épreuves par lesquelles Pierre Joly venait de passer.

Le dessin que nous reproduisons ici a été pris sur uiio empreinte conservée k la bibliothèque de Meli. La pièce originale est eo argent; elle appartient â M. de Harion, qui descend par les femmes du pro' cureur général Pierre Joly [voir la Biographie du Parinnenf dt Met*, p. 3]0et 3H2).

• Voir raUloirt du ParUment dé dftfs, par H. E. Hicliel, p. 1

Le jeton suivant a été frappé huit ans après l^installation du parlement et à l'époque même de l'enregistrement d'un édit qui supprimait définitivement les vieilles juridictions locales*.

NM. — • LOVYS • LE • JVSTE • ROY • DE • FRANCE & DE • N AVARE; dans le champ, la tête laurée de Louis XIII, dont la belle exécution dénote le burin du célèbre Warin. A l'exergue : 1641.

rL IECT • DE • LA • COVR • DE PARLEMENT • DE • METZ ; dans le champ , l'écu de France surmonté de la couronne royale et entouré des colliers de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Des L couronnés se voient, dans ce dernier ordre, entre des fleurs de lis cantonnées de flammes.

Argent; belle conservation. Module: 12 lignes ou 29 millimètres; ma collection (pi. vi, fig. 4).

N° 2. — Autre jeton de la même année, mais présentant au droit, au lieu du buste royal, l'écu du second avocat général, M. Nicolas de Corberon , littérateur distingué qui a été vanté par les Bénédictins ', par Dom Pierron % et depuis par M. Emmanuel Michel *.

Les armes de ce magistrat étaient : D'azur au chevron de accom-'

pagné de trois tours de

Voici la description de son jeton :

Écu de famille tel qu'il vient d'être blasonné; timbre de profil orné de ses lambrequins. Dans le^ champ de la pièce et sous le grènetis, la date de 1641.

iV'. lÈCT • DE • LA • COVR • DE PARLEMENT • DE • METZ ; au

* HUtoire du Parlement de Metz, par M. Emmanuel Michel, p. Ui, ' HUtoire de Metz, par les BéiiOdiclins, I. \\l, p. 2!(2.

^ Temple des Messine,

* Biographie du Parlement de Metz, p. 105

centre, Técu de France timbré de la couronne royale et entouré du collier de Saint-Michel et de celui du Saint-Esprit ; point au centre.

Cuivre; Cabinet de France; module: 12 lignes ou 29 millimètres (pi. VI, fig. 5).

NO 3. LVD • XIIII • D • G • FR • ET NAV • REX ; tête enfantine du roi tournée à droite.

1^'. Semblable au revers du n* 2.

Cuivre ; module : 12 lignes ou 29 millimètres; collection de M. l'abbé Périn (pi. vi, fig. 6).

N- 4. — LVD • XIIII • D • G • FR • ET • NAV • REX • ; le roi à cheval tenant de la main droite le bâton de commandement. ^|. Semblable au n"" 2.

Cuivre; module : 12 lignes ou 29 millimètres; ma collection (pi vi, fig. 7).

Tels sont les monuments numismatiques laissés par le parlement de Metz. Nous terminerons donc ce court chapitre en rappelant que les jetons figuraient avec les b<mgies et les papiers , parmi les bénéfices acquis à cette cour souveraine y sur les amendes de fol appel et sur les droits de réception payés par les officiers. Ces produits éventuels, moins élevés que les émoluments connus sous le nom d'épices, devaient se partager à la fin de chaque st»mestre ; mais il arriva souvent qu'aucune distribution n'eût lieu \

Au reste , les prestations de cette nature étaient le plus souvent perçues en monnaies courantes et non en jetons.

En 1643, chaque conseiller présent reçut, à titre de jetons, une somme de soixante livres; en 1648, cette distribution s'éleva à quatre-vingts livres.

* Histoire du Parlement de Metz, par M. Emmanuel Michel, p. 287.

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