I. Axe florifère
Il me suffira de décrire les pédoncules floraux de quelquesunes des Monocotylédones qui font l'objet de ce travail, pour établir le type anatomique auquel ils se ramènent tous.
Prenons comme premier exemple l'axe principal de l'inflorescence du Cohnia flabelliformis. Cet axe, en coupe transversale, offre la constitution suivante : au-dessous d'un épidémie recouvert d'une faible cuticule s'étend une écorce relativement peu large renfermant des faisceaux libéroligneux qui se rendent aux bractées. Les deux ou trois assises corticales internes sont épaissies , ainsi que celle qui entoure chaque faisceau ; il n'y a pas d'endoderme caractérisé. Cependant la limite entre l'écorce et le cylindre central est marquée par une couche prosenchymateuse formée par les cellules les plus externes du corps central, et dans laquelle sont comprises les portions périphériques des faisceaux libéroligneux : c'est la gaine externe (Aussenscheidë) de Falkenberg.
Tout le reste du conjonctif central a des parois minces. Il renferme des faisceaux libéroligneux assez nombreux. Chacun de ces faisceaux, composé de vaisseaux annelés et spirales à son bord interne et d'un paquet libérien externe, est entouré d'une gaine fibreuse complète. Remarquons que ces faisceaux ne sont pas construits comme les faisceaux normaux que nous avons décrits dans la tige ; avec leurs éléments vasculaires disposés en V, ils se rattachent plutôt au type fasciculaire de la plupart des Monocotylédones à épais sis sèment limité.
Le pédoncule floral du Dracœna marginata offre des caractères particuliers. Les deux assises corticales sous-jacentes à l'épiderme sont lignifiées. Le reste de l'écorce, de largeur très faible, est à parois minces. La limite entre l'écorce et le cylindre central n'est pas définie et reste indécise en dehors de la rangée des faisceaux libéroligneux externes. Le conjonctif central est uniformément épaissi. Les faisceaux qu'il renferme sont entourés d'une gaine fibreuse, plus épaisse à la face dorsale du liber ; les vaisseaux annelés et spirales affectent la même
disposition que dans l'axe florifère du Coknia, mais leur lumen est plus étroit.
L'inflorescence du Lomatophyllum borbonicam présente la constitution suivante: l'axe principal, né à l'aisselle d'une des feuilles supérieures, est aplati, foliacé, denté sur les bords. Il se divise à son sommet en un certain nombre de rameaux arrondis qui portent les fleurs.
En coupe transversale, l'axe principal offre un épiderme à peine cuticulisé, au-dessous duquel s'étend l'écorce molle et étroite. Celle-ci contient des faisceaux à éléments libériens et ligneux très réduits ; mais chacun d'eux est pourvu de larges cellules sécrétrices situées au coté externe du liber, et semblables à celles que nous trouverons dans la feuille. A la face interne de l'écorce, il y a pas d'endoderme caractérisé. Comme dans le Cohnia, la limite entre la région corticale et le cylindre central est indiquée par une gaine prosenchymateuse due à la lignification des cellules externes du corps central. Le reste du conjonctif est formé de cellules arrondies, à membrane épaissie. Les faisceaux libérolignenx ne présentent qu'un arc fibreux en dehors du liber ; ils sont remarquables par l'abondance de leur tissu libérien et le nombre relativement restreint de leurs vaisseaux.
Les axes secondaires présentent la même constitution.