‹ Recherches sur les monocotylédones à accroissement secondaireChapitre 18 sur 21 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les résultats principaux auquels nous ont conduit les recherches précédentes peuvent être consignés en un certain nombre de propositions qui sont en même temps les conclusions de ce travail.

I. — La plupart des Mono cotylédo nés que nous considérons n'ont pas de formations secondaires dans leurs racines. Cellesci offrent un remarquable développement de métaxylème et de

métaphloème, c'est-à-dire de bois et de liber primaires, mais de formation tardive et postérieure à la différenciation des faisceaux primitifs.

II. — La racine des Dracœna présente, dans sa structure primaire, ces mêmes caractères ; elle est la seule qui renferme en outre des tissus secondaires. Le méristème qui donne naissance à ces tissus est souvent d'origine péricyclique ; mais sa présence dans l'écorce, loin d'être une exception, est au contraire assez fréquente.

III. — Le cylindre de conjonctif primaire de la tige ne contient que des faisceaux communs. Ces faisceaux subissent dès-modifications dans leur parcours à travers la tige : ils sont pourvus de vaisseaux annelés et spirales depuis la base de la feuille jusqu'à la courbe interne qu'ils décrivent. Puis, ils se dirigent vers la périphérie du cylindre où leur trajet devient presque vertical ; dans cette portion inférieure de leur course, ils ne présentent, comme éléments ligneux, que des trachéides. On observe toutes les formes de passage entre les faisceaux vasculairês. et lès faisceaux à trachéides.

IV. — Le méfistème q(fe produit les tissus secondaires de la tige est d' origine pé»icycliqua ; son activité commence généralement à se manifester à .un" nitetui où l'organisation primaire de la tige est achflvée. Il est fornié par un ensemble de cellules-mères, c'est-à-dire de cellules qui, par divisions répétées, donnent naissance à un certain nombre d'autres cellules disposées en séiîes radiales. Parmi celles-ci, les unes prennent fonction de nouvelles cellules- m ères ; les autres constituent une faible épaisseur decorce secondaire qui se juxtapose à l'écorce primaire ; d'autres enfin, et c'est le plus grand nombre, deviennent cellules de parenchyme.

V. — Quelques-unes de ces nouvelles cellules parenchymateuses se cloisonnent alors dans tous les sens pour donner des cordons de petites cellules délicates ou de desmogène secondaire. Ce sont les ébauches des faisceaux secondaires qui ne comprennent que des trachéides, du tissu libérien, et n'ont aucune relation

A ACCROISSEMENT SECONDAIRE Io3

avec les feuilles. Les trachéides proviennent chacune de l'élongation et de la lignification d'une cellule unique.

Cette formation continue de nouveaux tissus détermine l'accroissement diamétral de la tige et parfois de la racine (Dracœna).

Dans le rhizome des Dioscoréacées, les faisceaux primaires et secondaires ont même structure : ce sont tous des faisceaux vasculaires,

VI. — Les tissus secondaires se composent donc de parenchyme et de faisceaux à trachéides. Quand le parenchyme se lignifie, il constitue un organe de soutien pour la plante. Mais, chez certaines Monocotylédones, son rôle est tout différent. Tout en prenant un grand développement, il demeure à parois minces et se remplit de substances de réserve. On y trouve tantôt des sucres (Yucca), tantôt de l'amidon (Dioscorea, Tamus), tantôt des huiles grasses (Cohnia).

Quant aux faisceaux, leur rôle est multiple. Ils ont d'abord comme fonction générale de transporter, par leur liber, vers

les points où elles sont nécessaires, les substances utilisables

par la plante. Par leurs trachéides, qui sont en même temps

des éléments conducteurs, ils contribuent au soutien de la

plante. Enfin, partout où ils existent, ils forment la base

d'insertion du système vasculaire des racines et de celui des bourgeons.

VII. La présence des tissus secondaires chez certaines Monocotylédones n'est pas une anomalie, mais un perfectionnement. Ces Monocotylédones sont, par ce caractère, les plus élevées de la classe, et confinent aux Dicotylédones dont certaines familles offrent également, dans la racine et la tige, des cercles concentriques de faisceaux différenciés aux dépens de méristèmes péricycliques.

VIII. L'axe florifère et les feuilles sont toujours dépourvus de formations secondaires.

Les pédoncules floraux sont construits comme la tige des Monocotylédones dont l'organisation reste uniquement primaire.

Les feuilles sont remarquables soit par le développement du tissu de soutien, soit par l'existence d'organes sécréteurs. Le tissu de soutien y est représenté par des cordons fibreux d'origine parenchymateuse, par du sclérenchyme péricyclique, ou par des faisceaux appauvris en éléments conducteurs et devenus fibreux.

Les organes sécréteurs se rencontrent dans la feuille de la plupart des Aloïnées. D'origine péricyclique, ils sont situés au bord externe du liber des faisceaux, et se composent de larges cellules accompagnées d'autres plus étroites. Celles-ci sont les vraies cellules sécrétrices ; dans les premières se déverse et se réunit le suc sécrété.

Qu'il me soit permis, en terminant, d'adresser l'expression de toute ma gratitude à M. le professeur Gaston Bonnier, qui a bien voulu me donner l'hospitalité, parmi ses élèves, dans les laboratoires qu'il dirige à la Sorbonne et à Fontainebleau. Je suis heureux de pouvoir le remercier ici de ses encouragements et de ses conseils.

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