RÉSUMÉ DU CHAPITRE I
Les résultats obtenus dans ce premier chapitre peuvent être condensés en quelques lignes.
Les Monocotylédones dont l'appareil végétatif est toujours pourvu de formations secondaires, n'en ont pas, pour la plupart, dans leurs racines : de là un premier groupe. Nous avons placé à part le seul genre Dracœna dont plusieurs espèces possèdent des racines qui s'épaississent secondairement.
Nous avons reconnu dans la structure primaire de toutes ces racines un développement important de métaxylème, c'est-à-dire d'un ensemble de vaisseaux de seconde formation différenciés
4<j RECHERCHES SUR LES MONOCOTYLÉDONES
tardivement aux dépens de certaines cellules du conjonctif central. Les faisceaux de métaxylème à différenciation centrifuge occupent le bord interne des faisceaux ligneux primitifs ou de protoxylème, qu'ils prolongent vers l'axe de la racine, sont situés au bord interne du liber, et sont, en outre, répandus dans une zone péri médullaire {Agave, Lomatophyllum) ou disséminés plus ou moins uniformément dans tout le conjonctif central ( Yucca , Aloe, Dracœna, Coknia, Dioscoreà). Autour de ces vaisseaux de métaxylème un certain nombre de cellules conjonctives se cloisonnent; les éléments qui en résultent se différencient soit uniquement en fibres périvasculaires {Agave, Yucca, Lomatophyïlum), soit en fibres et tubes criblés accompagnant les vaisseaux de seconde formation {Aloe arborescens, Dracœna). Ces tubes criblés sont aussi de seconde formation, et constituent du métaphloème. Pour les raisons que nous avons indiquées, du métaphloème parait se développer également en dedans de certains faisceaux libériens primitifs, dans le Lomatophyllum et le Dracœna.
Dans le Dioscoreà et le Cohnia il n'y a pas de gaines fibreuses particulières autour des vaisseaux de métaxylème.
Si maintenant nous passons aux tissus secondaires des racines de Dracœna, nous voyons que leur présence dans l'écorce est beaucoup plus fréquente qu'on ne l'a prétendu. Bans plusieurs espèces de Dracœna les formations secondaires se trouvent, en majeure partie, dans l'écorce. La racine de Dracœna marginata que j'ai examinée, offrait une zone secondaire large, située tout entière en dehors de l'endoderme. Dans cet exemple, le péricycle, demeuré actif sur une certaine étendue, avait rompu par pression le cercle endodermique ; en face des solutions de continuité, les cellules péricy cliques avaient proliféré et donné naissance à des faisceaux de courtes trachéides qui, traversant l'endoderme, mettaient en relation les faisceaux ligneux primaires avec les faisceaux secondaires corticaux.