TROISIÈME PARTIE
du même nom , dispersées entre la Macédoine et l’Assyrie. Dans cette dernière contrée, Xénophon avait observé que la Larissa du Tigris était ceinte de murs en pierres taillées, et que les exhaussements en briques devaient avoir été ajoutés par les Modes, qui l’habitèrent longtemps et l’abandonnèrent ensuite. »
On ne connaît que deux villes qui aient porté le nom de Suna, savoir: celle de la Sabine, provenant de la colonie arcadienne de Nanas et dont l’origine grecque est non-seulement constatée par la construction pélasgique, mais encore par son nom dérivé du mot
L’autre Suna est nommée par Josué; elle était située dans la tribu d’Issachar, près de Dora, dont le nom est aussi radicalement grec et biblique que ceux de Sacon et de Maceda, bâties au môme temps et sur la même côte.
Le voyage de MM. de Cadalvène et de Breuvery, en i832, nous a fait connaître les ruines d’une ville de construction pélasgique, sur une colline escarpée du rivage qui s’étend d’Orthosia à Gabala près de Marathus. Pour peu que l’on continue ce genre d’observations, il sera facile de constater si les soubassements des villes maritimes de la Palestine se rapportent à la construction dont les monuments de la Grèce et de l’Italie ont fourni les exemples et nous la théorie. Alors, l’origine première des colonies pélasgiques ne serait plus une question à résoudre, quand surtout on observe constamment dans un pareil ordre , sur les murs des villes de l’ancien monde, la succession verticale des constructions pélasgique, étrusque, hellénique, romaine, gothique, sarrazine et moderne.
On lit autour du socle du même modèle :
«Il n’existe, dans la géographie ancienne, d’autre ville avérée pour homonyme de la Suna pélasgique que la Suna de la trihu d’Issacliar, nommée par Josué 1 , et citée au livre des Rois pour ses rapports avec les Philistins et pour les prodiges opérés par Élisée en faveur dé la Sunamite2. »
Au-dessus du plateau le plus élevé, on aperçoit la trace d’un chemin escarpé : serait-ce celui qui conduit au village d’Arengungula, environ à un demi-myriamètre nord d’Alsana? Là, suivant la tradition du pays, était située l’antique Suna. On y voit trois terrasses de quarantesept mètres environ de longueur, disposées par degrés, l’une au-dessus de l’autre ; les deux premières sont flanquées de constructions pélasgiques en pierres soigneusement taillées ; la troisième est entièrement pratiquée dans la roche vive. A l’entrée de la première terrasse, entre ses deux murs, on trouve un monument circulaire formant un cône tronqué et enfoncé sous terre ; il est composé de blocs dressés dans le sens perpendiculaire de leur longueur; ils sont bruts à leur surface, mais bien assemblés en leurs joints; les plus grands ont un mètre vingt centimètres de hauteur. L’intérieur du monument a six mètres de hauteur sur trois de diamètre. 11 est terminé au sommet par deux pierres plates exactement taillées , aplanies sur leurs surfaces et laissant un jour d’environ soixante-dix centimètres; cette ouverture est recouverte d’une pierre taillée seulement à sa surface intérieure.
1 Bible, Josué, eliap. XV, v. 3 et 22.
2 Ibid, ltois, tiv . [ V, chap. îv, v. 8.