ANNIBAL
CAESIS • AD • TRASIMENVM ■ ROMANIS VRBEM • ROMAM • INFENSO • AGMINE • PETENS SPOLETO • MAGNA • SVORUM • CLADE • REPVLSVS INSIGNI • FVGA ■ PORTAE • NOMEN • FECIT.
Annibal , ayant mis les Romains en déroute auprès du lac de Trasimène, marcha sur Rome avec son armée prête à détruire cette ville ; mais il fut repoussé à Spoleto avec un grand carnage des siens. Sa défaite a fait donner à la porte le nom de Fuga.
Martial a cité les vins de Spoleto en ces termes
De Spoletinis quæ sunt cariosa lagenis Malueris , quam si mustaFalerna bibas.
1 Tite-Live, Hist. liv. XXII, chap. ix.
2 Silius Ital. liv. VI, v. 64i.
Vous préférerez le vin vieux de Spoleto au vin nouveau que produit Falerne l.
Le mur romain encadre l’inscription suivante :
P . MARCIVS -PF- H1STER • C ■ MAENIVS -CF- RVFVS iÏÏÏ ■ VIR • I D • S • G • FAC • CVR • PROBAVERVNT . Q.
P. Marcius, P. F. Hister, C. Mænius et C. Rufus, quatuorvirs , chargés de rendre la justice, par décret du sénat, ont fait élever ce mur et ont approuvé les travaux.
Ce mur doit remonter à l’époque de la colonie conduite à Spoleto deux cent quarante ans avant 1ère vulgaire. Il s’est fendu il y a plus de soixante ans , sans doute à la suite d’un tremblement de terre. L’inscription que je viens de citer a pris de là une direction inclinée, ainsi que les assises de pierres parallélipipèdes. Le mur pélasgique s’élève de trente-neuf mètres au-dessus du grand chemin qui le borde à quelques pas de là. On y voit trois constructions superposées: la pélasgique, qui sert de fondement aux deux autres; la romaine, qui porte les noms de ceux qui la firent bâtir; enfin celle du moyen âge.
Le docteur Philippe Petit-Radel , mon frère, dans son Voyage en Italie2, décrit les restes pélasgiques de Spoleto.
1 Martial, liv. XIII, épig. 120.
! Tom. I, pag. 326 et suiv.
MONUMENTS CYCLOPEENS
MUR D’AMERIA.
Exécuté d'après les dessins de MM. Dodwell, Gallet et Lesueur , dessiné aussi par M. Thiébaut de Berneaud, etc.
Ameria, ville d’Ombrie, aujourd’hui Amelia, duché de Spoleto,
Ameriam Cato ante Persei bellam conditam annis DCCCCLXIV prodidit. « Selon Caton , Ameria fui fou « dée neuf cent soixante-quatre ans avant la guerre de ((Persée U»
La guerre que Persée soutint contre les Romains commença avec son règne, l’an 1 78 avant l’ère vulgaire (cinq ans plus tard selon quelques opinions); ce qui donnerait 1 1 hi ou 1 1 3^ ans avant la même ère pour la date de la construction des murs d’ Ameria. Cette date, assez reculée, est néanmoins bien postérieure à celle qui est assignée au séjour primitif des Ombriens en Italie. Hérodote les compte parmi les plus anciens habitants de ce pays , et il les appelle Opt êpixo) , Om briciens 2.
Selon Pline, la nation des Ombriens passe pour la plus ancienne de l’Italie; cet auteur pense qu’ils ont été ainsi appelés par les Grecs parce qu’ils survécurent aux pluies qui inondèrent les terres; il ajoute que les Etruriens réduisirent trois cents de leurs villes (ces villes n’étaient probablement que des petites citadelles). Umbrorum gens antiguissima Italiæ existimatur, ut guos Umbrios a Græcis
1 Pline, Hist. nat. liv. III, chap. xix.
1 Hist. liv. I, S gh ; et liv. IV, § 49-