TROISIÈME PARTIE
Il (Géryon) fut dépouillé de ses armes par la vaillance d’Hercule, auprès de ses bœufs aux sabots fourchus , dans Erylhie que la mer environne : le jour où ce héros conduisit ses bœufs au large front dans la ville sacrée de Tirynlhe, après leur avoir fait traverser l’Océan, etc. *.
Postquam Laurentia victor,
Geryone exstincto, Tirynthius attigit urva ,
Tyrrhenoque boves in flumine lavit Iberas, etc.
Après que le héros de Tirynlhe, vainqueur de Gé
ryon, se fut arrêté dans les champs de Laurente et eut baigné dans le fleuve tyrrhénien les génisses enlevées à ITbérie, etc. \
Elien dit3: Oti (ZoiXâvovs kpxâSes , A pyslot 8’àntîovs, k.Qt]vaiïoi Sk (jvxol, T tpvvOioi Sè àypdtSas Sein vov ziyov. u Que «les Arcadiens se nourrissaient de glands, les Argiens «de poires, les Athéniens de figues, les Tirynthiens «d’une espèce de poires sauvages.»
Tous les détails cpii concernent la ville de Tirynthe et les constructions cyclopéennes qui s’y voient encore ont été donnés par M. Gell, dans son ouvrage sur l’Argolide, et par M. Dodwell, dans son Voyage en Grèce.
La forteresse de Tirynthe est l’un des monuments les plus remarquables de l’antiquité. On y a trouvé des constructions moins irrégulières les unes que les autres ; ce sont évidemment des ouvrages de plusieurs règnes. J’attribue à Prœtus la plus régulière, et je considère les ouvrages cyclopéens comme devant dater de la fondation par Tiryns, fils d’ Argus. C’est en effet de lui,
1 Hésiode, Théog. v. 289.
1 Virgile, Énèid. liv. VII, v. 661.
' Histoires diverses, liv. III, chap. xxxix.
MONUMENTS CYCLOPEENS.
comme on l’a vu plus haut, que cette forteresse tirait
son nom. T ipvvQa Sk rjowa. , dÇ>’ ov tri ito'Ksi to ovo\m èyê- ■>( ~
veto, 7 raïàa A pyov toîj Aios slvou ’Xéyouat , suivant Pausanias 1 -, et , clans le langage des anciennes traditions , une ville avait toujours été primitivement fondée par le héros le plus anciennement nommé dans l’histoire de la ville. Mais, comme Apolloclore 2 etPausanias3 ont dit que Tiryntlie fut l’ouvrage des Gy dopes amenés de la Lycie par Prœtus, on a droit d’exiger qu’il soit prouvé que Tiryntlie existait avant le règne de Prœtus. Or Pausanias, ainsi que nous l’avons déjà vu, fournit cette preuve. «Les anciennes traditions, dit-il, portaient que «Pirasus avait consacré, à Tirynthe, une statue de poi- « rier existant encore de son temps; elle était considérée « comme la plus ancienne de toutes celles conservées «dans l’Herœum d’Argos; elle représentait Junon. » La ville existait donc dès lors, et cela s’explique si ce fut Tiryns, fils d’Argus, qui la fonda; si, au contraire, Prœtus en avait été le premier fondateur, Tirynthe daterait de huit générations plus tard, c’est-à-dire environ de l’an ià5o. Mais tout concourt à nous prouver que c’est à l’époque de Pirasus, roi- d’Argos, ou vers 1710, qu’il faut placer la fondation de cette ville 4.
Avant MM. Gell et Dodwell, les ruines de Tirynthe avaient été décrites par MM. Desmouceaux, Fourmont , Fauvel, Pouqueville et autres voyageurs.
1 Liv. II, cliap. xxv.
Biblioth. liv. II, chap. n, § 1.
:t Liv. II, chap. xxv.
' Voir, ce sujet, notre Tableau des Synchronismes.