‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 172 sur 214 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

planities exiquu est, atque in eu profundum terra1 foramen, quod in oracula patet: ex quofriqidus spiritus, vi qnadam valut vento in sublime expulsus , mentes vatum in vecordiam vertit, impletasque deo responsa consulentibus dare coqit. Multa iqitur ibi et opulenta requin populorumqne visuntur mimera, quœque maqnificentia sui reddentium vota qratam voluntatem et deorum responsa manifestant. «Le temple d’Apol- «lon, b Delphes, est situé sur une des cimes du mont « Parnasse, taillée à pic de tout côté; une ville s’est for- « mée autour de ce temple par le grand nombre de per- « sonnes qu’attirait la majesté du lieu : aussi ce sont des « précipices et non des murailles qui protègent le temple « et la ville; de telle sorte qu’on ne pourrait dire ce qui « cause le plus d’étonnement de la fortification du lieu «ou de la majesté du dieu qui y réside. Vers le milieu «de la montagne, la roche s’enfonce et s’arrondit en «forme de théâtre; et là, si le cri des hommes seul ou «joint au sondes trompettes se fait entendre, les ro- « chers le répètent et, se répondant les uns aux autres, «augmentent pour l’oreille le son qu’ils reproduisent. « Cet effet imprime plus de terreur encore à ceux qui , «n’en connaissant pas la cause, admirent sans com- « prendre. Dans cette anfractuosité, on remarque une « petite plate-forme sur laquelle se trouve un trou très- « profond , devenu le sanctuaire des oracles. Une exhalaison froide, poussée du dedans au dehors par une «force analogue à celle du vent, met dans une sorte «de fureur les prophétesses qui la respirent, les rcm- «plit de l’esprit du dieu, et les force de répondre au nom des dieux à tous ceux qui viennent les consulter.

« De là , les nombreuses et riches offrandes déposées «dans le temple par les rois et les peuples, dont la ma- «gnificence atteste les réponses favorables du dieu et « la reconnaissance des suppliants 1 . »

Quoique, selon ce récit, le temple et la ville de Delphes se trouvent environnés, par le fait de leur situation, de défenses naturelles, cette situation elle-même a dû nécessiter, dès le principe , la construction de parapets sur les bords des roches escarpées et des précipices entourant la plate-forme de Delphes; de là ces restes nombreux de périboles vus par les voyageurs. M. Dodwell les décrit dans son Voyage en Grèce, et dit y avoir observé beaucoup de ruines de même nature et de même plan, entre autres les périboles de deux temples, dont l’un est en cpnstruction cyclopéenne d’une belle taille, comme plusieurs autres pans de murs fondés sur les rochers. Un autre péribole, fait en pierres parallélipipèdes à joints inclinés, est presque contigu au précédent et sur le même alignement. M. Dodwell y a encore observé un grand nombre de buttes de terre entourées de murs de différentes constructions. Il en cite spécialement deux, voisines l’une de l’autre et ali gnées; la première, en construction cyclopéenne bien taillée , et semblable à des pans de murs , sur des roches près de la fontaine de Gastalie; la seconde en pierres taillées en parallélipipèdes réguliers. Notre voyageur considère ces monuments comme des espèces de chapelles d’un grand hiéron.

Introrsas liberum oppidum Delphi, sub monte Parnasso ,

1 Justin, Hist. iiv. XXXIV, chap. vi.

Page 1