‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 204 sur 214 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

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Niobé s’est retirée maintenant loin d’ici, au milieu des rochers et des montagnes désertes, sur le Sipyle, où sont, comme on l’assure, les demeures des nymphes divines qui dansent sur les bords de l’Achéloüs \

Sur le sommet du Sipyle, il existe une acropole de construction cyclopéenne, avec sa porte, et, dans l’intérieur, des murs très-bien bâtis à pierres rectangulaires. Cette acropole est entourée plus bas d’une autre muraille en construction cyclopéenne, près de laquelle existe un grand tumulus de quatre-vingt-douze mètres d’étendue, revêtu, à sa base, de pierres dont les polygones irréguliers sont du même style de taille que ceux du mur voisin, et bien enchâssés les uns dans les autres. Les voyageurs n’avaient encore rencontré cette construction dans aucune des villes antiques de l’Ionie et de l’Eolide par eux parcourues. On y montait à l’aide d’un grand escalier, dont une partie des degrés subsiste encore. Ce mont célèbre était consacré â la mère des dieux, aussi appelée mère Plastène, et le sommet où se voyait l’biéron se nomme encore aujourd’hui la Sainte Mère.

É7 r£i Mdyvriai ye , oe tù 7 rpos fioppdv vépovrai toC 2i7ruXoy, TOVTOIS £7T< KoSSlVOU 7T£T pu. MtJZpOS éSTt QsÛv àpyaiotonov dudviwv dyr£k\vx • Troirjaaa Sè ol Mdyvrnes a.vT b BpoTfiar 'kéyovcri ibv TavraXov. « Chez les Magné- « siens., qui habitent la partie septentrionale du mont

2 Homère, Mail. liv. XXIV, v. 61 ï.

« Sipyle , on montre sur la roche deCoddinus la statue « de la mère des dieux, qui passe pour la plus ancienne «de toutes. Elle est, disent-ils, l’ouvrage de Brotéas, « fils de Tantale 1. »

Tantale, fils de Jupiter et de Pluto, roi de Lydie, mourut vers l’an î^io2. Pausanias nous dit expressément avoir vu son tombeau.

Tou Sè ’XsyOfj.évQu A 16s ts slvou xot) YIaovtov? iSàv olSa èv 2<7 ruXaa t â(pov S-écts aÇiov. «Pour ce Tantale, fils de «Jupiter et de Pluto, j’ai vu son tombeau à Sipyle; « c’est même un monument remarquable3. »

Les voyageurs modernes ont retrouvé ce tombeau, qui s’est conservé dans son entier.

Tantale, du règne duquel doivent dater les monuments du mont Sipyle, appela Tantalis la ville appelée depuis Sipylus, du nom d’un des fils de Niobé. Cette Niobé, fille de Tantale et femme d’Amphion, ayant vu périr ses quatorze enfants par les flèches d’Apollon et de Diane, sécha de douleur, dit la fable, et fut métamorphosée en rocher sur le mont Sipyle.

In patriam rapta est , ubi fixa cacumine montis Liqaitur, et lacrymas etiamnunc marmora manant.

Elle est transportée dans sa patrie, et là, placée au sommet de la montagne, elle se consume; des larmes coulent encore aujourd’hui de son corps de marbre \

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1 Pausanias, hv. III, cliap. xxn

2 Voir notre Tableau.

3 Liv. II, cliap. .xxn.

4 Ovide, Mctam. liv. VI , v. 3 1 1 .

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