‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 3 sur 214 · SLR LA VIE ET LES OUVRAGES · texte numérisé non relu

SLR LA VIE ET LES OUVRAGES

DE M. PETIT- R AD EL

La vie d’un érudit offre peu de ces scènes variées qui intéressent le commun des lecteurs; les savants eux-mêmes n’y cherchent que les faits qui se rattachent à ses méditations et à ses études. Sous ce rapport on aime mieux recourir à ses écrits, fouiller dans ses notes, assister, pour ainsi dire, à ses travaux , et recueillir toutes ses idées , qui sont les seuls , les véritables événements de cette vie paisible et uniforme. La tâche du biographe se borne donc à rassembler avec un soin religieux tous les matériaux épars au milieu desquels se promenait son imagination , ces fragments d’ouvrages commencés ou déjà terminés dans la pensée, ces confidences de projets pour l’avenir, dans lesquels se concentraient toutes ses facultés et se consumait son existence tout intellectuelle. Quant au reste, c’est-àdire quant à sa vie matérielle, si aucun accident de force majeure n’est venu en déranger le cours paisible, elle se renferme dans quelques dates et quelques détails particuliers, que l’amitié voudrait multiplier pour honorer davantage une mémoire chère et précieuse, mais dont un sentiment de convenance plus sévère dicte le choix et restreint singulièrement l’étendue.

NOTICE

Tel est notre devoir envers M. Petit-Radel. Ce que sa vie offre de plus varié et de véritablement intéressant pour le public se rattache à ses ouvrages, surtout à ses recherches sur les monuments pélasgiques. Quarante-quatre ans d’une existence laborieuse ont été employés à ce grand travail, fruit d’une précieuse découverte, et lui-même a pris le soin de nous en signaler les faits les plus curieux et les plus importants dans les explications qui suivent. Il ne nous reste donc qu’à retracer en quelques lignes le peu d’événements qui ont marqué sa longue carrière.

La famille de M. Petit-Radel était originaire de Groslée, département de l’Ain , où elle tenait un rang honorable parmi la bourgeoisie. Son père vint, peu de temps après son mariage avec Agnès Lefèvre , s’établir à Paris, où naquirent tous ses enfants, au nombre de treize, sept garçons et six filles, dont la plupart moururent jeunes. Ses trois fils aînés se distinguèrent dans des carrières différentes. L’un , né en 1740, est mort à soixante-dix-huit ans avec la réputation d’un architecte habile. Il avait été nommé par l’Assemblée constituante estimateur des domaines nationaux, puis architecte des domaines. Il a publié, en 1 799 , un projet pour la restauration du Panthéon français (broch. in-4° avec quatre planches dessinées et gravées par lui-même). Le second, brave marin, mourut en 1819. Ses services et ses blessures, dont une très-grave reçue au combat naval d’Ouessant, en 1778, lui avaient mérité une pension du gouvernement. Le troisième , Philippe, sur lequel la Biographie des hommes vivants a donné une notice détaillée, était remarquable par son érudition classique. Médecin et professeur distingué à l’Ecole de médecine de Paris , il voyagea dans les quatre parties du monde et laissa de nombreux ouvrages.

Une de leurs sœurs, Agnès-Charlotte, est morte en 1880.

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a l’âge de quatre-vingts ans, veuve du célèbre Palissol, auteur du poème de la Dunciade, de Mémoires sur la littérature, etc.

Louis-Charles-François Petit-Radel était le douzième en fant de cette nombreuse famille, dont le nom s’est éteint avec lui; ses frères, qui l’ont tous précédé dans la tombe, n’ayant pas laissé de postérité mâle. Né à Paris, le 26 novembre 1756, il fut destiné à l’état ecclésiastique, et mis de bonne heure au collège Mazarin, où se trouvait encore son frère Philippe, qui fut son premier maître de latin. Une intelligence précoce, une singulière aptitude à la méditation et aux études sérieuses devaient amener des progrès rapides : aussi le jeune Petit-Radel surpassa-t-il bientôt ses condisciples, et devança-t-il presque toujours l’âge fixé dans les épreuves qu’il eut à soutenir. A quatorze ans il était en logique, et à seize il recevait la tonsure. Il passa successivement, avec une égale distinction, par différents grades et titres de l’Université et de la Sorbonne, jusqu’à ceux de docteur en théologie qu’il portait à vingt-sept ans, et de docteur en Sorbonne qu’il reçut trois ans plus tard.

Ce fut vers cette époque, c’est-à-dire en 1783, que M. Petit-Radel débuta dans la chaire chrétienne avec assez de succès pour être remarqué par l’archevêque de Paris , M. de Juigné. 11 se livra dès lors à cette carrière , et y persévéra jusqu’à la révolution. Nous n’avons pu retrouver que quelques-uns des sermons qu’il composa pendant cette période de sa vie. La noblesse, l’élévation des pensées, jointes à la simplicité et au naturel des expressions, l’aisance et la facilité avec lesquelles les sujets sont traités, l’absence de toute déclamation, annoncent que le jeune orateur était pénétré de l’esprit et des beautés sévères des premiers pères, et nous font regretter la perle de ses autres discours.

NOTICE

En 1788, M. de Lastic, évêque de Couserans, le nomma chanoine de Saint-Lizier, et, peu de mois après, il joignit à ce titre celui de grand-vicaire. Les approches de la révolution le retinrent à Paris, à l’église de l’hôpital du Saint-Esprit à laquelle il était attaché, depuis 1781, en qualité d’aumônier titulaire et de trésorier.

Les dangers de cette époque ne tardèrent pas à le menacer. Il refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé, et un ordre de la municipalité de Paris, du 8 mai 1791, lui interdit, comme prêtre réfractaire, l’entrée de l’hôpital du Saint-Esprit. Par un de ces jeux bizarres de la fortune, si communs dans des temps de révolution, cet ordre était signé Cousin, un des membres de l’Académie des sciences; et un autre , qui lui enjoignit de remettre l’argenterie et les effets de l’église dont il était gardien en sa qualité de trésorier, émanait du procureur-syndic Pastoret , dont il devait être plus tard le confrère dans l’Académie des inscriptions. Le 3 octobre de cette année, muni d’un passe-port du commissaire de sa section, il par tit pour Rome, où il reçut le plus honorable accueil de M. le cardinal de Bernis, à qui M. le cardinal de Larochefoucault l’avait recommandé. Quelques amis puissants qu’il y trouva , et la protection spéciale de Pie VI, qui occupait alors le saint-siège, lui rendirent ce séjour agréable, et lui firent paraître moins longues les années de l’exil qu’il s’imposait.

Deux emplois modestes , l’un de sous-bibliothécaire , que lui fit donner le pape dans une abbaye de chanoines réguliers, et l’autre de directeur d’un jardin de botanique, le mirent à l’abri du besoin , et lui fournirent même les moyens et le temps de se livrer à ses études et à ses recherches favorites. Quelques années après , lorsque les Français furent maîtres de Rome, il fut également bien traité par les nou-

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velles autorités, et il reçut du commandant de place Marchand et du général Belair, commandant la division , la protection et les autorisations nécessaires pour faciliter ses fréquentes excursions scientifiques.

C’est dans ces excursions que notre savant archéologue fit cette précieuse découverte sur laquelle repose son système des Monuments pélasgiques, et qui devait donner une nouvelle direction à ses idées, à ses travaux, et lui créer, pour ainsi dire, une nouvelle existence. Il nous dira luimême, dans l’Exposition qui suit cette Notice, quelle était cette découverte, et de quelles circonstances elle fut environnée; nous nous contenterons de placer ici une réflexion qui se présente naturellement à l’esprit. Si les orages politiques n’eussent enlevé M. Petit-Radel aux paisibles occupations de son ministère, il eût continué sans doute d’être un prédicateur distingué, et les laborieux loisirs de son cabinet n’eussent pas manqué d’enrichir la science dont il eût fait son étude spéciale; mais il n’avait plus à moissonner que dans le champ d’autrui, il n’avait à éclaircir et à développer que les idées et les observations déjà reçues, et non les siennes. C’est donc à l’exil , c’est à un déplacement forcé auquel ne pouvaient le porter, ni son état, ni son caractère, que l’archéologie doit ce trait de lumière jeté autour du berceau des nations européennes, et la solution , regardée jusqu’alors comme impossible, d’une question que l’absence de vestiges certains, de monuments en rapport avec les conjectures, semblait avoir condamnée à un doute éternel.

Après un séjour de neuf ans dans la capitale du monde chrétien , M. Petit-Radel revint en 1800 à Paris, oû l’attendaient les lettres et l’amitié pour le dédommager d’un si long exil 11 y retrouvait, outre ses frères, MM.de Jussieu,

NOTICE

Gossellin, Palissot, Frochot (alors préfet de la Seine), le savant Larcher, et le respectable Daunou , qui , pendant et depuis l’émigration , lui garda toujours une fidèle amitié. Revenu riche de matériaux et d’observations , il n’eut plus d’autre pensée que de les mettre en ordre et d’en faire connaître les résultats aux sociétés savantes, particulièrement à l’Institut, qui entendit son premier mémoire en 1 80 1 .

Sa vie fut dès lors tout entière à la science; et il abandonna les emplois et les travaux de la carrière ecclésiastique, sans toutefois en briser les liens; car un acte de M. le cardinal du Belloy, et des lettres de ses successeurs témoignent de l’estime dont ces prélats ne cessèrent de l’honorer. Nommé, en 1802, rédacteur et sous-chef au bureau de statistique du département de la Seine , il conserva cet emploi pendant quelques années. Ce fut dans cet intervalle que, sur le désir exprimé par M. Frochot, il composa les Fastes militaires de Napoléon , qui décorèrent la salle du banquet impérial , à l’Hôtel de ville. Ces fastes étaient exprimés en inscriptions latines sur le modèle des Fastes triomphaux des Romains. L’empereur fut satisfait de cet ouvrage; il remarqua surtout cette inscription : Piubicone transgresse) abstinet Roma, dont l’allusion ingénieuse le frappa. Il n’eût tenu qu’à l’auteur de trouver dans cette circonstance une occasion d’avancement et de fortune ; mais il refusa d’en profiter; et lorsque, plus tard, l’empereur lui fit demander ce qu’il désirait , il borna son ambition à devenir l’adjoint de son beau-frère Palissot, administrateur de la bibliothèque Mazarine, lequel, en raison de son âge avancé, témoignait le désir d’avoir un collaborateur. M. Petit-Radel était déjà, depuis i8o5, attaché à cette bibliothèque en qualité de conservateur.

La place naturelle de M Petit Radel élait à l’Institut ,

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aussi ne se fit-elle pas attendre; le 18 avril 1806, il rem plaça M. Gaillard à l’Académie des inscriptions et belleslettres, où, par la suite, il devint membre de la commission des médailles et de celle de l’histoire littéraire de la France. Les sociétés étrangères se disputèrent l’honneur de l’admettre au nombre de leurs membres correspondants. Il reçut ce titre de l’Académie ionienne de Corfou , de l’Académie royale de Turin, de la Société des antiquaires de Londres , de l’Académie i talienne séant à Pise , de l’Institut de correspondance archéologique de Rome. Il était , en outre, membre de la Société des antiquaires de Normandie , agent central de l’association instituée à Paris pour la recherche des villes pélasgiques de l’Asie Mineure, et historiographe de la ville de Paris.

En i8i4, la mort de M. Palissot laissa vacante la place d’administrateur perpétuel de la bibliothèque Mazarine , qui fut donnée à M. Petit-Radel, par ordonnance royale du i5 juin de la même année; le 19 octobre suivant, il reçut la décoration de la Légion d’honneur.

Sa vie, partagée entre les soins qu’il devait à la bibliothèque Mazarine et les travaux académiques, n’offre plus d’incident qui mérite d’être rapporté. Constamment occupé du monument historique qu’il a construit, il nous a laissé beaucoup de mémoires et d’ouvrages destinés à le consolider et à dégager ses abords de toutes les difficultés qui peuvent empêcher cl’en bien saisir la base et les proportions. Cependant, le savant et infatigable académicien ne s’est pas borné à ces nombreux écrits. Outre les Fastes militaires dont nous avons parlé plus haut, il a publié, en 1809 , sous le titre de Recherches sur les bibliothèques anciennes et modernes, un volume in 8°, rempli de détails du plus haut intérêt, pour lequel il a fallu une érudition aussi vaste

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que palienle, el qui fut un véritable service rendu à la science bibliographique. Huit ans plus tard, en 1827, parut l’Examen analytique et Tableau comparatif des synchronismes de l’histoire des temps héroïques de la Grèce , l’un des ouvrages les plus remarquables de l'époque, destiné à jeter du jour sur les points les plus obscurs de l’histoire ancienne des Grecs.

Ces ouvrages importants, qui supposent tant d’études, tant de travaux antérieurs, joints à tous ceux qui avaient pour objet le système des antiquités pélasgiques, pourraient faire croire que , tout entier à ses recherches et à ses écrits scientifiques , il ne devait plus rester à M. Petit-Radel ni le temps , ni les forces suffisantes pour les fonctions dont il était chargé : ce serait une erreur. Pendant trente ans d’administration, en y comprenant les sept années qu’il fut adjoint à son beau-frère, alors trop âgé pour se livrer au travail qu’exigeait sa place , M. Petit-Radel n’a cessé de déployer un zèle et une activité qui ont donné à la bibliothèque Mazarine un développement considérable. Sa correspondance avec vingt et un ministres, qui se sont succédé pendant cette longue gestion, en renferme de nombreuses et honorables preuves, et les améliorations qu’il a continuées, celles qu’il a créées lui-même, en sont les monuments précieux et lui assignent un rang distingué parmi les bibliothécaires.

Son premier soin avait été cl’achever la galerie Naudé, commencée par M. Palissot, laquelle reçut, selon sa destination, un nombre considérable de livres qui provenaient des bibliothèques d’émigrés et de couvents supprimés. Les quarante-cinq mille volumes qui , avec trois mille manuscrits, formaient ce nouveau fonds (le fonds primitif ne dépassait guère quarante mille), étaient depuis plusieurs

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années entassés au milieu de la grande galerie. Pour en faire le classement méthodique, M. Petil-Radel fut habilement secondé par M. Arsenne Thiébaut de Berneaud , bibliothécaire, qu’il chargea aussi d’ajouter au catalogue les nouvelles insertions devenues nécessaires. La galerie Naudé n’étant pas encore suffisante , il créa , au-dessous de la grande galerie, ce que l’on appelle le Dépôt clés livres, pour lequel il fit disposer six pièces où les ouvrages doubles sont classés et rangés par ordre de matières.

Une nouvelle galerie , à la suite de celle de Naudé, reçut peu après les livres imprimés au xve siècle , les manuscrits anciens et les manuscrits modernes.

Tout en créant et disposant ainsi des localités convenables pour les ouvrages, le zélé administrateur s’occupait d’assurer la conservation des premiers livres sortis de l’imprimerie, et des manuscrits les plus précieux, par les soins qu’il apportait à leur reliure, dans laquelle il cherchait toujours à concilier la solidité avec l’élégance et même le luxe.

Pendant son séjour en Italie , il avait vu employer dans les couvents , et principalement à la bibliothèque Angelica, dite de la Sapicnza, à Rome, une méthode de restauration de livres dont il eut l’heureuse idée de faire l’application à la bibliothèque Mazarine; mais ce ne fut qu’en 1824, et après bien des années de démarches et d’attente, qu’il parvint à faire agréer son plan par le ministère, et à en obtenir les fonds nécessaires. Il établit, pour cet effet, dans l intérieur même de la bibliothèque , loin des yeux des lecteurs et des visiteurs, des ateliers où il n’employait, au lieu d’ouvriers étrangers, que les gardiens mêmes de la bibliothèque, dressés et formés par lui à ce travail important; par là, il augmentait leur zèle en améliorant leur sort. Par cette restauration , par le soin qu’il eut de ne pas

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laisser sortir les livres de la bibliothèque, par beaucoup d’autres moyens minutieux que nous ne pouvons détailler, il pourvut au bon entretien des ouvrages confiés à sa garde, il arrêta les dévastations inévitables du temps et d’un usage de tous les jours, à bien moins de frais que s’il avait fallu recourir aux moyens ordinaires. C’est ainsi que, de 182/1 à i835 ( outre les ouvrages de formats ordinaires), il a été restauré, sans le secours d’ouvriers du dehors, quinze cent quarante-deux volumes in-fol., qui, servant dès l’origine de la bibliothèque, étaient arrivés au point de ne pouvoir plus être confiés aux lecteurs, parce que les nervures étaient rompues, que les feuilles et les cartons s’en détachaient.

Enfin , il couronna tous ses travaux en rappelant et en consacrant, par divers monuments, l’origine et la fondation de la bibliothèque dont l’administration lui était confiée. Neuvième administrateur de cet établissement, depuis et y compris Gabriel Naudé , bibliothécaire du cardinal Mazarin , il lui fit rendre et maintenir le nom de bibliothèque Mazarine , au lieu de celui des Quatre-Nations, quelle portait depuis la révolution, et celui de bibliothèque de l’Institut qu’on parvint un instant à lui imposer. Dans une Notice historique remplie d’érudition, comme tout ce qui sortait de sa plume, il démontra que cette bibliothèque avait été la première ouverte au public en France, et consacra ce fait par une inscription latine qu’il fit graver, en lettres d’or, au-dessus de la porte de la galerie Colbert : Publicarum Gallis primordia.

Aux améliorations, aux agrandissements que la bibliothèque Mazarine doit à M. Petit-Radel , il faut joindre sa collection pélasgique , cette œuvre de presque toute sa vie , qui , seule, doit suffire à préserver son nom de l’oubli.

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Sans doute, avant sa mort, il n’en avait point fait, par une disposition formelle, la donation au Gouvernement; mais sa famille, qui connaissait le fond de sa pensée, a regardé comme un devoir sacré de l’accomplir. Elle a, en conséquence, par une lettre adressée au ministre de l’instruction publique, le 18 janvier i838, faitabandon de tous les monuments pélasgiques à la bibliothèque Mazarine. Le ministre (M. de Salvandy) accepta la donation par lettre du 19 du même mois; dès lors cette collection fit partie de la bibliothèque.

Telle a été la carrière de M. Petit-Radel, tels ont été ses longs et utiles travaux. On en aura une idée plus complète encore en parcourant la liste de ses ouvrages, que nous donnons plus bas. On regrettera comme nous de n’y point voir le plus important de tous : celui qu’il médita toute sa vie, qu’il se proposait de publier sous le titre de Recherches pélasgiques , et dont tous ses Mémoires n’étaient que les matériaux, comme l’ouvrage que nous publions n’en est que l’ébauche. S’il 11’a pas réalisé son projet, il faut s’en prendre à cette excessive défiance de lui-même, à ce besoin de perfection qui lui faisait toujours chercher, entrevoir de nouvelles idées, de nouvelles lumières à joindre aux premières. Quelle que soit cette ébauche, elle est néanmoins suffisante pour faire bien comprendre et apprécier la découverte du savant académicien, et pour étudier avec intérêt, avec fruit les modèles en relief des monuments cyclopéens qui composent sa collection pélasgique.

Dans le cours de sa soixante-dix-neuvième année, il acquiesça aux sollicitations pressantes de quelques-uns de ses amis, qui désiraient qu’il fît faire son buste. Cet ouvrage a été exécuté en marbre blanc par M. Carie Elshoëct, au talent et au ciseau duquel il fait le plus grand honneur par

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sa ressemblance parfaite. Ce buste se trouve dans la salle où sont rassemblés les monuments pélasgiques, ainsi que le buste du célèbre Visconti , ancien et intime ami de M. Petit- Radel, et le premier partisan de sa théorie.

Sur le bas du socle du buste de M. Petit-Radel, on lit cette inscription latine :

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