‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 4 sur 214 · LVD CAROL • FRANC PETIT-RADEL · texte numérisé non relu

LVD CAROL • FRANC PETIT-RADEL

PELASGICVM • PARISINVS ■ APERVIT

qui donne à entendre tout à la fois que celui dont on voit l’image a ouvert et frayé le chemin à ceux qui ont recherché les monuments des Pélasges, et qu’il est le créateur de cette collection des modèles présentés aux regards et à l’étude du public. Sur le côté droit du buste, on voit une feuille de palmier-éventail ( chamœrops humilis), qui est là comme un emblème dont l’explication est donnée dans l’exposition qui suit cette notice; et sur le côté gauche se trouve une autre inscription que l’auteur de la découverte vit sur les flancs d’une roche vive du mont Circé, quand il le visita en 1792; cette inscription paraît remonter à une très-haute antiquité :

AD

PROMVNTVR • VENERIS PVBLIC ■ CIRCEIENS VSQ • AD • MARE • • M TERMINO • LXXX

Le portrait qui est au commencement de cet ouvrage a été dessiné d’après un médaillon fait en 1827 par M. Gayrard , statuaire, lorsque M. Petit-Radel atteignait sa soixante et dixième année. On lit en exergue :

SUR M. PETIT-R ADEL

LVD • CAR ■ FR • PETIT-R ADEL • PELASGICORVM OPPIDORVM ■ INDAGATOR

Louis-Cbarles-François Petit-Radel , investigateur des villes pélasgiques.

Les lettres et les sciences ont perdu ce savant le 27 juin 1 836. Il avait près de quatre-vingts ans. Nous n’entreprendrons pas de faire l’éloge de son caractère et de ses vertus privées; nous nous eontenlerons de rapporter l’éloquent discours prononcé sur sa tombe par son illustre confrère M. Hase, alors président de l’Académie royale des ins criptions et belles-lettres. Que pourrions-nous ajouter à ces nobles et touchantes paroles ?

« Messieurs ,

« L’Académie des inscriptions et belles lettres doit un tri- « but à la mémoire de l’homme honorable dont nous ac « compagnons ici les restes. Pénétrés de douleur et de re- « grets, nous venons aujourd’hui saluer du dernier adieu un «confrère qui, pendant trente ans, a siégé parmi nous, et « dont la longue carrière a été constamment marquée par « de consciencieuses études et par de nombreux travaux. «Je ne vous parlerai point ici, messieurs, des premiers et « brillants succès de M. Petit-Radel, de la réputation qu’il «acquit alors et qui le fit nommer, fort jeune encore, «vicaire général à Saint - Lizier; mais j’essayerai en peu «de mots de vous le peindre tel que nous l’avons connu. «Latiniste habile, savant bibliographe, archéologue ingé- « nieux , également versé dans l’histoire du moyen âge ci «dans celles des races helléniques, l’académicien, le con- « frère dont le cercueil nous rassemble ici , retira de la cul-

NOTICE

« ture des lettres tous les avantages qu’on peut se promettre « d’une habituelle occupation soutenue par l’honorable am- « bition d'être utile. Connaissant le prix du temps , le tra- « vail fut un besoin pour lui. Bibliothécaire perpétuel et ad- « ministrateur de la bibliothèque Mazarine , il a rendu , par «une surveillance éclairée et active, d’importants services « au riche dépôt littéraire qui lui était confié. Nous avons «tous vu, messieurs, que ni l’intempérie des saisons, ni « 1 âge ne pouvaient combattre ou refroidir le zèle qui le « portait à s’acquitter avec scrupule de toutes les obligations « qu’il s’était imposées. Affectionné par-dessus tout à ses « occupations de chaque jour, il crut encore remplir un de « ses devoirs en publiant un ouvrage qui , seul , suffirait « pour établir une réputation; et c’est à l’établissement qu’il « dirigea pendant si longtemps qu'il semble avoir légué ses «savantes Recherches sur les bibliothèques anciennes, sui- « vies d’une Notice historique sur la bibliothèque Mazarine.

« Peu de temps après le commencement des troubles qui « agitèrent la France vers la fin du siècle dernier, M. Petit- « Raclel parcourut l’Italie , et ce voyage eut une influence « décidée sur la direction de ses études. Observateur habile , « porté par ses goûts vers la recherche des monuments de «l’antiquité, il s’appliqua à distinguer, dans les diverses « constructions qui datent de la domination romaine , ou «qui lui sont antérieures, les parties qu’on doit regarder « comme appartenant aux époques primitives. Il n’a point « livré à l’impression la totalité de son grand travail sur les « monuments dits cyclopéens ou pélasgiques, enceintes, subs- « tractions , édifices formés en blocs polyèdres irréguliers « que l’on aperçoit dans plusieurs contrées du midi de l’Eu- « rope. Toutefois, nous devons moins regretter que le temps « ne lui ail pas permis de développer entièrement un sys-

SUR M. PETIT-RADEL

« tème qui lui était devenu cher; caries résultats obtenus « par des recherches si difficiles et si obscures ne seront « point perdus. Désintéressé pour la science comme pour la « fortune, M. Petit-Radel communiquait avec ardeur ce qu’il « croyait vrai. Ses idées appartenaient à tous ceux qui pouvaient en tirer parti pour augmenter nos connaissances; « et beaucoup de voyageurs , parcourant l’Italie , la Grèce , «l’Asie Mineure, ont déjà profité des lumières qu’il ne « cessait de leur prodiguer, et que de longues méditations, « des investigations infatigables lui avaient acquises.

<■ Depuis plus d’un an , l’état de langueur dans lequel nous «voyions M. Petit-Radel, pouvait inspirer des inquiétudes «à ses confrères. Toutefois son tempérament robuste, sa « vie régulière et paisible semblaient promettre que ces «craintes ne seraient pas justifiées. Sa maladie, devenue «plus grave tout à coup, l’a enlevé en peu de jours. Il a « terminé sa carrière comme la termine l’homme vertueux , « avec une religieuse résignation , laissant après lui les re- « grets amers des nombreux amis que la simplicité de ses «mœurs, ses habitudes laborieuses, son obligeance, lui « avaient mérités. Qu’il reçoive aujourd’hui la première ex- « pression de nos tristes pensées et de la douleur où nous «jette cette accablante séparation ! Une voix plus éloquente « que la mienne lui rendra bientôt un plus digne témoi- « gnagne de notre estime, et un tribut plus complet d’é- « loges bien mérités par une longue et laborieuse carrière, « par un dévouement sans bornes aux intérêts de la science , « et par la pratique de toutes les vertus sociales qui honorent « l’homme de bien pendant sa vie, et deviennent à sa mort «le juste motif d’éternels regrets. C’est avec de tels senti- « ments que nous disons aujourd’hui à notre confrère un «douloureux et dernier adieu! »

NOTICE

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