PREMIERE PARTIE
«quelles les anciennes traditions, recueillies par Denys « dllalicarnasse , attribuent la civilisation primitive de « ces contrées.
« Sans prononcer sur le degré de certitude des opi « nions proposées par l’auteur, nous dirons qu’on ne peut « les taxer d’être fondées sur des suppositions gratuites, « et que la manière dont il envisage l’ensemble de l’bis- « toire des temps héroïques s’accorde très-bien avec ce «que nous en connaissions déjà, et avec les nombreux «points de vue qu’il présente, à l’aide d’une critique « ingénieuse dont il ne doit les éléments à aucun auteur « ancien ni moderne. »
Signé Dacier , secrétaire perpétuel
Les questions adressées en i8o4 à l’Europe savante, par la classe des beaux-arts de l’Institut national, ont reçu leur réponse -, les preuves à l’appui de la théorie , exigées dans les divers rapports académiques cités précédemment, ont été fournies en grand nombre par les découvertes et les témoignages des voyageurs et des savants, dont on verra la liste ci-après, et qui ont donné à ce problème historique une solution plus certaine et plus concluante qu’on n’aurait jamais osé l’espérer.
On avait d’abord regardé comme un paradoxe d’an tiquaire l’opinion qui attribuait aux Pélasges certains monuments que Pausanias avait cités comme existant encore de son temps dans la Grèce. Les auteurs anciens ne nous ayant transmis aucun détail touchant le génie militaire de ce peuple, on supposait, avec Thucydide, et nonobstant le passage dans lequel Euripide parle des
5 k MONUMENTS CYCLOPÉENS.
murs cyclopéens d’Argos, que les anciens Grecs, hordes indisciplinées, ne connaissaient pas l’usage des fortifications.
Et voilà cependant que ce paradoxe est devenu une vérité historique hors de l’atteinte du doute-, sur plusieurs points de l’Europe et de l’Asie, on retrouve les nombreux monuments des Pélasges, leurs portes, leurs tours , le système souterrain de leurs casemates , leurs aqueducs avec les regards et les réservoirs qui les complètent, leurs hiérons ou enceintes sacrées de six cents mètres et plus de circuit, dont Tunique porte d’entrée est relevée d’un seuil , ainsi que leurs autels successivement surmontés par des temples helléniques, étrusques ou romains, surchargés eux -mêmes d’une troisième construction, élevée dans le bas âge par les Chrétiens, qui les convertirent en églises. On découvre des bancs de pierre vive, consacrés à des oracles établis à l’instar de celui de Dodone; et, dans leurs vieux remparts, des bas-reliefs représentant les divinités des Pélasges, enchâssés originairement entre les blocs polyèdres irréguliers et sans ciment. La Sabine et la région des Herniques possèdent seules de tels monuments de fart le plus antique , car les deux lions de la porte de Mycènes sont d’origine persane, et, par conséquent, leur sculpture est moins ancienne que celle des bas-reliefs de la porte d’Alatri. Voilà le résultat, absolument ignoré auparavant, des recherches commencées en 1792, et si puissamment provoquées par les Questions de l’Institut de France.
Les savants allemands qui, en i8o5, reprochaient à