DEUXIÈME PARTIE
«eularité des matériaux. Les énormes dimensions des
« pierres et le manque absolu de ciment forment au « contraire le caractère essentiel de la construction cy- « clopéenne. Nous invitons M. Castellan h profiter des «observations savantes et multipliées que notre con- « frère M. Petit-Radel vient de faire sur ces ouvrages « de l’architecture la plus ancienne, si peu connus avant « lui. »
M. de Ginguené, de l’Institut de France, étant le rapporteur annuel de la classe d’histoire et de littérature ancienne, a rendu un compte toujours favorable de mes mémoires dans les rapports successifs qu’il a faits sur les travaux de cette classe, à dater du y juillet 1 807 jusqu’au 2 juillet 181 3.
Don Francisco Amorosos, secrétaire du roi d’Espagne, adresse à l’Institut de France des dessins et des détails sur l’hiéron de Vénus à Paphos, dans l’île de Chypre. La construction est en grandes pierres disposées par assises régulières.
MM. Le Bas et Debret, architectes français, m’envoient d’Italie de nouveaux dessins des murs de Cora et de Fundi.
M. Williams Gell, voyageur anglais, pendant son séjour à Rome, publie la Géographie et les antiquités d’Ithaque, Londres, 1807. Cet ouvrage contient les plus intéressants dessins des monuments cyclopéens de l’île d'Ithaque, de ceux de Mycènes et de Tirynthe. Tl nous apprend aussi qu’il a observé les murs d’Abæ, en Phocide. Il est bon de faire remarquer que cet écrivain, après avoir adopté d’abord la dénomination de
construction cyclopéenne pour tous les monuments en blocs irréguliers, sans direction horizontale et sans ciment , dans son Itinéraire de la Grèce publié en 1810, se rétracte ensuite et veut restreindre cette dénomination aux seuls murs en blocs irréguliers et sans taille, tels que ceux de Tirynthe, prétendant que toute construction qui présente une taille raisonnée , bien qu’irrégulière, ne peut dater tout au plus que du temps de la guerre de Troie. Ce changement se lie naturellement à l’opinion nouvelle (adoptée par M. Gell), que les monuments cyclopéens bien taillés d’Ithaque doivent être attribués à Ulysse. Ce voyageur ne serait pas tombé dans une semblable erreur s’il s’était rappelé qu’Euripidc donne le nom de cyclopéens aux murs de la Larisse d’Argos, qui sont en blocs bien taillés et du même genre que ceux d’Ithaque. Du reste, par l’exactitude de ses plans de Mycènes et de Tirynthe, M. Gell fournit d’excellentes bases pour établir la discussion sur l’antiquité comparée des murs de la ville d’Ithaque et de l’acropole.
M. Pieuilly, membre correspondant de l’Institut de France, m’écrit qu’il a vu dans la Chersonèse taurique des restes de constructions semblables à celles que représentent les planches jointes aux Éclaircissements demandés par l’Institut de France.
MM. Visconti, Mongez et Quatremère de Quincy, commissaires nommés par la classe d’histoire de fins-
titut , font un rapport sur l’utilité qu’il y aurait à rechercher dans la Sabine s’il existe encore quelques ruines des villes fondées par les Pélasges, que Varron, cité par Denys d’Halicarnasse, alléguait comme preuve de la réalité des établissements pélasgiques sur ce territoire. La classe d’histoire, acquiesçant au vœu de ses commissaires, prie M. d’Agincourt, son correspondant résidant à Rome, de charger quelque artiste romain de faire ces recherches, et elle assigne les fonds nécessaires pour atteindre ce but, ainsi que pour l’exécution des plans et des dessins.
Quelques aimées plus tard , M. Quatremère se rétracta et se montra contraire à ma théorie dans l’article Polygone de son Dictionnaire d’architecture, ainsi que je l’ai dit précédemment 1.
M. Middleton, voyageur américain , adresse, en 1 808, à l’Institut de France, ses dessins des monuments de Segni , de Norha, de Ferentino. Il publia, en 1812, son ouvrage sur les monuments cyclopéens ayant pour titre : Raines grecques en Italie, description des murs cyclopéens et des antiquités romaines, ainsi que celles de l’ancien Latium. De retour aux Etats-Unis, il publia, en 181/4, sur quelques incidents relatifs à ses recherches, une brochure en forme de lettre qui me fut adressée sous cette inscription : Lettre à un membre de l’Institut national, à Paris.
M. Guenepin, architecte, pensionnaire de France à Rome, trace un nouveau dessin des murs antiques de Fundi, qui m’est envoyé par M. d’Agincourt.
1 Voir la première partie, pag. 48.
M. Gropius, peintre et voyageur prussien, publie ce qu’il a découvert des monuments cyclopécns sur le mont Sipyle, en Asie Mineure. Il donne également connaissance de l’ existence de plusieurs tombeaux en construction cyclopécnne, et d’autres en polygones ré guliers du même style que le tombeau d’Atrée à Mycènes. Il ajoute que ces deux constructions sont identiquement semblables aux différents murs des enceintes des villes ruinées près desquels ces tombeaux sont situés. Un extrait des observations de ce voyageur avait déjà paru dans le Nouveau Mercure allemand, en janvier i8o5.
M. Tricon, antiquaire de Smyrne, après avoir vérifié les monuments découverts par M. Gropius sur le mont Sipyle, découvre lui-même, plus loin (à environ un myriamètre) , sur la montagne, une autre enceinte de monuments cyclopéens, qui ne peuvent être que l’hiéron de Cybèle. Parmi les détails curieux de cette découverte , on doit compter surtout le monument probable d’un oracle, dont le plan et les diverses particularités sont absolument pareilles aux deux autres hiérons découverts dans la Sabine. Il en sera question ci-après. Ces renseignements, donnés par M. Tricon, sont des plus importants pour la critique historique et comparée des monuments cyclopéens.
M. le comte de Laborde, de l’Institut de France, dans son Voyage pittoresque et historique d’Espagne, offre le plan de l’antique Sagonte et des dessins des murs de Tarragone.
M. Dacier, dans le rapport fait à l’empereur, le 20 fé-