DEUXIEME PARTIE
remarqué la singulière irrégularité de cette construction. Ce monument a quatre-vingt-un mètres de diamètre; le sol sur lequel il repose est incliné. Il paraît que ce fut, dès les plus anciens temps, un lieu d’assemblée; c’est du moins le sentiment de Thucydide, qui pense qu’Homère faisait allusion à ces assemblées dans son hymne à Apollon.
M. Münter, professeur à Copenhague, propose, dans le Magasin encyclopédique de 18061, d’ajouter à la liste des monuments cyclopéens un mur situé près de Fiesole, en Toscane.
M. Bardini, littérateur italien, dans sa brochure intitulée Descrizione di Fiesole, donne, à l’appui de ma théorie, quelques détails sur les restes de constructions cyclopéennes qui se trouvent dans cette ville. Ces détails avaient paru auparavant dans les Nouvelles littéraires de Florence. Les ruines antiques de Fiesole ont aussi été décrites par M. Inghirami, antiquaire italien.
M. Castellan, de l’Institut de France, publie ses Lettres sur la Morée. Il communique les dessins des murs d’Epidaurus, de Limera en Laconie, dont Cyriaque d’Ancône avait seulement fait mention, de ceux de Minoa; mais il considère ce genre de construction comme appartenant à Y incertum de Vitruve.
MAL Dufourny, Heurtier et Visconti, commissaires, font, le ii avril 1807, un rapport la classe des
1 Tom. I, pag. 397.
76 MONUMENTS CYCLOPEENS.
beaux-arts sur l’ouvrage de M. Castellan. Voici l’ex trait « de ce rapport : « La belle découverte d’une muraille «de construction polygone ou cyclopéenne, dans les a environs de Napoli cli Malvasia , confirme de plus en « plus la correspondance de cet endroit avec l’ancienne «Minoa, correspondance qui n’avait pas échappé à nos «géographes. Strabon dit, en parlant de cette place, «qu’elle était fortifiée; et ce mur que M. Castellan a « découvert est sans doute un reste des anciennes forci tifications de Minoa.
«Nous ne saurions cependant partager l’opinion de «l’auteur, qui considère la construction en blocs poly- « gones irréguliers comme plus facile à exécuter que la « construction par assises horizontales ; elle pourrait «l’être, en effet, si l’on ne remarquait pas dans la « construction polygone ou cyclopéénne une exactitude «si parfaite dans les joints des grands quartiers de « pierre quelle fait l’étonnement des observateurs. Cette «exactitude suppose la plus grande intelligence, et le « travail nécessaire pour aplanir un bien plus grand « nombre de côtés et pour faire coïncider un bien plus «grand nombre d’angles de toutes dimensions que la « construction parallèle ou par assises n’aurait exigé. « Nous ne pouvons approuver non plus qu’il ait con- « fondu, comme Piranesi et quelques autres l’ont fait, la « construction polygone des âges les plus reculés avec «l 'opus incertum de Vitruve et des Romains, construc- « tion composée dé petits morceaux de pierre placés «pêle-mêle et cimentés ensemble avec du mortier, et «qui ne x'essemble à la première que par la seule irré-