DEUXIÈME PARTIE
meria J. M. Gerhard a été en correspondance avec moi, en sa qualité de remplaçant, de M. de Bunsen au secrétariat de l’Institut archéologique : j’ai de lui quelques lettres relatives à ma théorie historique.
M. le vicomte de Lapasse, littérateur français, travaillant ii une Histoire politique des deux Siciles, m’écrit de Rome pour me demander quelles sont mes opinions sur les premiers colons de la Sicile; si ces colons furent pélasges, et si c’est à eux qu’on doit attribuer la fondation de Cefalù?
M*V ictor Le Clerc, professeur à la Faculté des lettres de Paris, et depuis mon confrère à l’Institut, visite les monuments pélasgiques de l’Italie , et les reconnaît tels que je les avais annoncés. Il m’a dit avoir vu , au musée de Messine, une pierre antique portant gravé le mot grec IEPA; cette pierre faisait très-probablement partie d’un monument des Pélasges primitifs, lesquels s’exprimaient en grec , langue du pays qu’ils avaient quitté. Ce savant professeur, dans un article où il rend compte d’un ouvrage de M. le comte de Tournon, intitulé : Etudes statistiques sur Home et la partie occidentale des Etats Romains, s’exprime ainsi en parlant des ruines cyclopéennes du Latium , dont la vue a donné naissance à ma théorie :
1 Bulletin de l'Institut archéologique de Rome , décembre i83o.
« Dès les plus anciens temps , un peuple industrieux « et puissant habita le sommet de ees montagnes. Inter- « rogez ces restes sur lesquels s’élèvent Palestrina , Cora , «Norba, Segni, Aiatri, Veroli, Ferentino. Ce sont là « les murailles que l’érudition appelle cyclopéennes ou « pélasgiques , et dont les immenses blocs forment des «polygones irréguliers comme les pierres des murs de «Tirynthe, comme les dalles qui pavent les rues de « Pompéïa , de Florence , ou comme l’ancien pavé du «Forum. Souvent, dans ces débris superposés les uns « sur les autres , on voit se succéder de siècle en siècle , «de peuple en peuple, les constructions pélasgique, «romaine, gothique, sarrasine; histoire immémoriale « écrite avec des pierres sur des murs indestructibles 1. »
M. Léon Vaudoyer, architecte français, fait connaître que la construction de Tarquin, à Segni, diffère de la construction pélasgique.
M. Gazzera , secrétaire de l’Académie des sciences de Turin, après avoir lu mon Examen analytique et les Mémoires qui sont joints à cet ouvrage, m’écrit qu’il partage entièrement mes idées sur l’antiquité des constructions cyclopéennes.
MM. de Cadalvène et de Breuvery, voyageurs français, découvrent sur la côte de la Syrie, entre les villes d’Orthosia et de Gabala, à une heure environ du château de Mackhab , quelques tours en ruines , construites de fragments antiques tirés des débris de l’ancienne Balanea , dont ils ont retrouvé et visité les vestiges encore subsistants. Ces voyageurs m’ont adressé conjoin-
1 Journal des Débats, 26 septembre i832,