DEUXIÈME PARTIE
M. le duc de Luynes, antiquaire français, partageant entièrement mes principes sur la théorie pélasgique, prend parti en ma faveur dans la question de controverse agitée entre M. de Bunsen et moi. Après avoir lu mes deux lettres explicatives , le duc m’écrit en ces termes : «C’est avec bien de l’intérêt, Monsieur, que «j’ai lu votre dernière réfutation du système que l’on a « voulu opposer à vos longues et savantes études sur «les monuments pélasgiques. J’y ai trouvé, comme j’en «étais certain, cette modération de langage, compagne «nécessaire d’une certitude profonde. Je ne doute pas « que ce dernier écrit, malgré sa brièveté, ne résume aux «yeux des savants tous les faits importants consignés « dans vos travaux , etc. »
M. le duc de Luynes a aussi contribué à l’avancement des recherches relatives à la théorie pélasgique, en découvrant les monuments de Pandosia d’OEnotrie.
M. Charles Texier, voyageur français, parcourt aux frais du gouvernement les contrées occidentales de l’Asie, pour la recherche des monuments cyclopéens. Dès ses premiers pas sur cette terre classique, le jeune voyageur découvre Cius et Soandos, dont les murs sont construits en blocs irréguliers polygones , incontestablement cyclopéens. Ces deux villes sont citées par Strabon , qui dit de la première 1, qu’elle dut sa fondation à l’un des compagnons d’Hercule. Un rapport a été fait ;\ l’Académie des inscriptions et à celle des beaux-arts, le 6 et le 7 septembre 1 8 3 4 , sur la lettre de M. Texier, qui contenait des détails sur cette première décou- 1 Géofjraiihie, liv. XII, pag. 564.
verte. Trois dessins des murs cyclopéens de Soandos , qui furent envoyés à l’Institut avec cette lettre, m’ayant été communiqués, je les ai fait exécuter en relief, et ils font partie de la collection. Si M. Texier continue ses recherches avec le même bonheur, il aura fait faire un grand pas à la théorie pélasgique.
M. Dureau de la Malle, mon confrère à l’Institut, m’adressant un extrait du Rapport fait par M. Texier au ministre de l’instruction publique, sur la découverte mentionnée dans l’article précédent, s’exprime en ces termes : «Je vous copie le petit article du rapport de «M. Texier à M. Guizot1 : Cius, l’une des plus an- « ciennes villes de l’Asie , selon Strabon , offre plusieurs «parties intactes de murailles qui donnent un bel « exemple de l’appareil pélasgique à joints irréguliers. »
M. Adrien Balhi, Vénitien, dans son Abrégé de géographie2, mentionne avec exactitude les lieux où se voient les monuments cyclopéens et les voyageurs à qui l’on en doit la découverte. Il cite MM. Peyron, de la Marmora, Mimaut, Manno, pour les nuraghes de la Sardaigne; M. Inghirami, pour les monuments de Fiezole; M. Doron, pour ceux de Cortone; MM. Harris, Saint- Angell , Képhalides, pour ceux de l’antique Selinonte; M. Trant, pour ceux d’Argos et de Larisse; M. Gell, pour ceux de Mycènes; M. Dodwell, pour Ly cosures; M. Clarke, pour Sicyone; MM. Cockerell et Leake, pour les monuments voisins de Smyrne; MM. Beaufort, Clarke, Arundell, etc., pour les monu-
1 Moniteur, 19 décembre 1829.
2 Paris, 1 834.