‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 71 sur 214 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

découverte se propagea dans la Grèce , dans les îles et sur les côtes de la Mediterranée, puis elle passa sur divers points de l’Asie : tel est aussi l’ordre selon lequel les modèles sont numérotés. Ainsi les quarante et un premiers numéros concernent l’Italie; les trente et un suivants appartiennent au continent grec ou à son archipel; entre les huit derniers, le premier est tiré de file de Malte, le second de la Sicile, le troisième de l’Espagne, et les cinq derniers de l’Asie centrale et de l’Asie Mineure.

Avant d’étudier chacun de ces modèles ainsi que les inscriptions dont ils sont revêtus , et pour mieux saisir l’objet que j’ai eu en vue en les écrivant, il est nécessaire de jeter un coup d’œil sur le Tableau des synchronismes de l’histoire des temps héroïques de la Grèce , qui fait partie de la collection ; on y prendra une idée générale des temps oubliés, qu’il s’agissait de reproduire en développant, jusqu’à la guerre de Troie , les seize séries des premiers rois de la Grèce, et, par conséquent, la date approximative de l’origine des villes qu’ils ont fondées, depuis Inachus jusqu’à l’époque de cette guerre si fameuse. Les murs de ces villes ayant conservé invariablement leur même position, et leurs restaurations ayant été opérées, soit par superposition, soit par juxtaposition, leurs dates chronologiques, ainsi exprimées par les restaurations successives, confirment indubitablement le témoignage historique de leur origine, consigné dans le même Tableau des synchronismes.

Je n’entrerai pas dans le détail de ces explications sans m’être acquitté d’un devoir, en signalant à l’atten-

tion et à l’intérêt du public le zèle et l’intelligence avec lesquels un des gardiens de la bibliothèque Mazarine, M. Etienne Poulain, m’a secondé dans la création plastique des modèles de ces monuments cyclopéens, que plus d’une fois j’ai vus admirés par des architectes célèbres. C’est lui qui, sans avoir jamais été initié dans les arts du dessin et de la sculpture , sans avoir eu en cela d’autres maîtres que mes indications et son adresse naturelle , les a copiés sur des dessins exacts et établis dans l’état où on les voit. Il a réussi à exprimer, aussi bien qu’un artiste consommé aurait pu le faire, toutes les proportions des monuments. C’est donc pour obéir à un double sentiment de justice et de gratitude que, voulant lui laisser tout l’honneur de l’ouvrage de ses mains, j’ai fait sceller son médaillon en bronze sur un des plus beaux modèles, qui est celui de la porte de Ferentinum (n° XVI), avec cette légende, par laquelle j’ai tâché d’exprimer sommairement sa coopération à mes travaux : Stephanus Poulain, instinctu suopte, cyclopeorum monumentorum plastes. « Etienne Poulain , sans autre guide que son «propre instinct, a exécuté en plâtre les monuments « cyclopéens. »

Page 1