TROISIEME PARTIE
Tota denigue nostra ilia aspera, et montaosa, et fidelis, et simplex, et faute ix suorum regio , se hujus honore ornari, se auge ri dignitate arhitrabatur.
« Éloge des Atinates et des Arpinates.
«Mon pays touche à celui des Atinates; je ne puis «trop louer ni trop chérir ce voisinage, cpii a conservé «son caractère de franchise et de loyauté, dont les té- « moignages extérieurs d’affection ne cachent pas d’inten- « tions perverses; il n’a rien de faux ni de trompeur; il « n’est point versé dans l’art de la dissimulation , si connu « à Rome et aux environs de cette ville. Il n’est personne « dans Arpinum qui ne se soit intéressé au sort de Plan- « cius... En un mot, toute notre contrée sauvage et mon «tueuse, franche et simple, se croyait honorée par les «honneurs accordés à Plancius, et illustrée par son élé « vation1. »
Ergo utar tuo consilio, negue me in Arpinum hoc tempore abdam; etsi Ciceroni meo togam puram cum dare Arpini relie m , hanc eram ipsam. excusationcm relicturus ad Cœsarem. «Je suivrai donc votre conseil, et, dans cette circons- « tance, je ne me tiendrai pas caché à Arpinum, quoi «que, ayant le dessein de donner la robe virile à mon « Cicéron et de faire cette cérémonie à Arpinum , je me « proposasse d’employer cette excuse auprès de César2. «
Roma patrem patriœ Ciceronem libéra dixit.
Rome libre appela Cicéron le père de la patrie J.
1 Cicéron, Discours pour Plancius, chap. ix.
2 Id. Lettres à Atticus , liv. IX, leU. 6.
3 Juvénal, sai. 8, v. 2 44-
A oxe7 §é iMTiv rj ev(pYi[iîcL, dit o Kixépcovos dcp^ocfiévri nepiekOelv es iwv vvv ocvroxpaTopouv tous (pouvopévov s âtyous. « Quelques-uns pensent que cette appellation honorable « (de père de la patrie), commença par Cicéron, et fut « ensuite appliquée à ceux des empereurs qui en furent » jugés dignes1. »
Tullius '
Ille , super Gangen , super exauditus et Indos,
Implebit terras voce , et furialia bella Fulmine compescet linguæ , nec deinde relinguet Par decus eloguio cuiquam sperare nepotum.
Tullius , cet orateur connu au delà du Gange et de
l’Indus, devait remplir la terre de son nom, arrêter par son éloquence foudroyante la fureur d’une troupe de conjurés et ne laisser jamais à personne l’espoir de mériter, par le talent de la parole , une gloire semblable à la sienne 2.
Atqui, Fibreno miscentem jlumina Lirim Sulfareum, tacitisque vadis ad litora lapsum Accolit , Arpinas
Et l’Arpinate, habitant sur les bords du sulfureux Liris, qui se mêle au Fibrène, et se décharge paisiblement dans la mer
Silius hæc magni célébrât monumenta Maronis ,
Jugera facundi qui Ciceronis habet.
Hœredem dominumque sui tumulive , larisve.
Non alium mollet, nec Maro, nec Cicero.
Silius renouvelle la gloire du tombeau de Virgile, Silius qui
1 Appien, Guerre civile, liv. II, pag. 210.
2 Silius Italicus, liv. VIII, v. hoq .
» Ici liv. VIII, v. 39S.