CONCLUSIONS
1. Les modifications de calibre des vaisseaux encéphaliques sont la cause du phénomène auquel on a donné le nom de mouvements du cerveau. Ces variations du calibre vasculaire sont liées à l'influence cardiaque et respiratoire ; elles entraînentdes changements rhytlimés devolume de Tencéphale^ dont la turg-escence aug-mente et diminue tour-à-tour.
2. Les mouvements du cerveau peuvent être directement observés dans le cas oh. la rig-idité des parois crâniennes n'est pas absolue, c'est-à-dire chez le nouveauné dont les fontanelles ne sont pas encore ossifiées; chez l'adulte, dans les cas de ramollissement ou de perte de substance de la voûte crânienne ; enfin, à la suite de la trépanation pratiquée sur l'homme ou sur les animaux.
3. Dans ces diverses circonstances, on peut obtenir, au moyen de procédés g-raphiques, les tracés de ces mouvements. C'est sur eux que s'appuient les conclusions suivantes.
4. La systole cardiaque traduit seule son influence sur les battements de la fontanelle antérieure de l'enfant, pendant l'état de calme parfait et pendant le sommeil.
5. Pendant le sommeil, les mouvements de la fontanelle liés à l'action du cœurofi'rent une excursion plus développée que pendant la veille, ce qui dénote une di-
minution de la tension intra-crânienne et par conséquent aussi de la turgescence de l'encéphale.
6. Quand Tenfant s'ag-ite et que la respiration s' exagère, elle influe à son tour sur la production des battetements de la fontanelle, d'autant plus qu'elle s'accentue davantage.
7. Lorsque la respiration est profondément modifiée par des actes tels que l'effort, les cris, la toux, le bâillement, l'éternument, la succion, les battements de la fontanelle concordent avec les modifications respiratoires dont les effets sont parfois exagérés, au point de dissimuler absolument l'influence cardiaque.
8. Les modifications d'attitude font varier la tension de la fontanelle qui est d'autant plus prononcée que la tête est porté plus bas. Dans ce cas, les battements présentent une amplitude très-faible qui augmente au fur et à mesure qu'on relève la tête de l'enfant.
9. Dans les cas àe perte de substance ou de ramollisse^ ment morbide des parois crâniennes, permettant l'observation des mouvements du cerveau chez l'adidtè^ on constate que, de même que chez le nouveau-né, les mouvements du cerveau dépendent uniquement de l'influence cardiaque, quand la respiration est calme.
10. Dans ces mêmes cas, ce n'est que lorsque la respiration est exagérée, ainsi qu'il arrive lors des efforts, qu'elle exerce son influence sur les mouvements céré-
1 braux.
11. Quand, à la suite de la trépanation pratiquée sur les lanimaiix, on adapte à l'ouverture crânienne un tube contenant un liquide, on voitcelui-ci présenter des oscilla*
tioois qui traduisent les mouvements d'expansion et de retrait de l'encéphale. Leur inscription montre qu'elles sont de nature double, et qu'elles se rattachent les unes à la respiration qui détermine des modifications de réplétion artérielle et veineuse, les autres à l'aug-mentation du calibre artériel, liée à la systole cardiaque. Ces dernières donnent un tracé assimilable à celui du pouls.
12. Les oscillations d'orig-ine respiratoire, d'autant plus accusées que l'animal est moins calme, peuvent arriver jusqu'à voiler les oscillations d'orig-ine cardiaque, qui paraissent en g-énéral d'autant mieux que les oscillations se rattachant à la respiration sont moins prononcées.
13. La lig-ature des artères amenant le sang* à l'encéphale, détermine une diminution du volume et des mouvements du cerveau d'autant plus prononcée, que l'oblitération porte sur un plus g'rand nombre d'artères. Nonseulement les mouvements d'orig'in'î cardiaque, mais encore ceux d'orig-ine respiratoire s'affaiblissent à la suite dos lig'atures artérielles.
14. Les carotides et les artères vertébrales étant liées, des oscillations commandée par la respiration, peuvent encore se produire, à la suite de l'exag^ération des mouvements respiratoires. Ces oscillations ne peuvent dépendre alors que de modifications de réplétion veineuse.
15. Les oscillations dépendant de la respiration peuvent s'éteindre complètement dans la période d'insensibilité amenée par les anesthésiques.
16. Les anesthésiques administrés brusquement à un animal peuvent provoquer leur disparition momentanée, par suite d'un arrêt respiratoire.
17. La respiration artificielle renverse le mode deproduetion des oscillations du liquide, qui, normalement, s'élève en expiration et s'abaisse en inspiration.
18. Les chang-ements de niveau du liquide, sous l'influence des variations d'attitude, permettent de constater l'aug-mentation notable du volume encéphalique, quand on abaisse la tête de l'animal, sa diminution, quand on l'élève. On observe en même temps, de même que chez le nouveau-né, la diminution très-manifeste de- l'amplitude des oscillations dans le premier cas, leur aug-mentation dans le second.
19. Le crâne étant ouvert, les oscillations font parfois défaut, le cerveau faisant hernie et bouchant l'orifice de trépanation, auquel cas le liquide céphalo-rachidien reflue dans le rachis.
20. On peut vérifier ce phénomène au moyen d'un appareil schématique approprié, lequel permet ég-alement de reproduire les deux sortes d'oscillations sig-nalées.
21. Ces oscillations peuvent encore être déterminées sur le cadavre, par la respiration artificielle et l'injection de liquide dans les carotides.
22. En pratiquant une trépanation au rachis, on observe des oscillations de même ordre qu'au crâne
23. Les oscillations d'orig-ine cardiaque et respiratoire, observées simultanément au crâne et au rachis, sont synchrones.
24. La quantité des liquides contenus dans un crâne complètement omfîé est toujours la même : des variations inverses se produisent toutefois entre la quantité du sang" et celle du liquide céphalo-rachidien. Ces variations sont possibles, grâce à la communication de l'espace sous-arachnoïdien avec les gaines nerveuses, et surtout g-râce à l'extensibilité partielle des parois de la cavité rachidienne, dans laquelle peut refluer le liquide cérébro-spinal, quand le volume encéphalique aug-mente, pour rentrer dans la boite crânienne, quand il diminue.
25. La rig-idité de la boîte crânienne n'empêche pas la production de chang-ements de volume de l'encéphale auquel s'apphquent par conséquent aussi les résultats observés dans le cas où les parois crâniennes sont en partie molles ou extensibles.