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PROTOPLASMA DE LA SPORE

Lue partie considérable de la cavité de la spore est occupée par une petite masse d’un protoplasina finement granuleux, qui représente' le véritable élément reproducteur de nos organismes et est destiné à donner une nouvelle Myxosporidic.

Ce protoplasma avait été vu par J. Muller, mais cet auteur n’avait pas reconnu sa véritable signification, tenant les Psorospermies pour des organ'smes autonomes qui se multipliaient par génération endogène et regardant les capsules polaires comme des Psorospcrmies-filles en voie de développement.

Lieberivühn se fit, le premier, une idée exacte de la nature et du

SUR LES MYXOSPORIMKS.

rôle de cette partie delà spore : il rapporte qu’il a vu les valves de l’enveloppe s’écarter et le contenu protoplasmique arriver au dehors sous forme d’une petite Amibe.

En 1881, Bütsciiu a signalé dans ce protoplasma l’existence d’un novau.

J’ai depuis démont ré qu’il renferme en réalité deux de ces éléments; et, qu’en outre, on y trouve dans certaines espèces, une vacuole remplie d’une substance parliculière qui possède certaines réactions du glycogène.

Je rappellerai enfin la singulière opinion émise en 1800, par Mixgazzixi, qui ne veut voir dans ce protoplasma qu'un élément de rebut, une sorte de noyau de reliquat ; la partie germinative de la spore étant représentée par les capsules polaires. Je n’insiste pas davantage sur cette interprétation que je crois avoir réfutée d’une façon suffisante à propos de la composition chimique de ces dernières.

En général, le protoplasma de la spore remplit complètement la partie de la cavité de la spore située en arrière des capsules polaires ou entre elles.

Dans la spore des Cerctlomy.ra , au contraire, elle n’en occupe souvent qu’une faible portion et se trouve tout entière dans une seule valve : C. sphœrulosa (fig. 3, p ). Dans ces cas, on constate souvent dans l’autre valve la présence de petits amas d’une substance pale, dont je n’ai pas éclairci la nature exacte, mais qui représentent très probablement des restes des cellules capsulogènes (fig. 3, x).

La forme de cette petite masse protoplasmique est évidemment très variable et en rapport avec la configuration de la cavité. Lorsque les capsules sont réunies à la même extrémité do la spore, sa partie antérieure présente en général un aspect sinueux en rapport avec la présence de ces éléments (PL vii, fig. 30 ; PL ix, fig. 83, 80,90, etc). Quand ceux-ci sont disposés aux extrémités opposées, le protoplasma présente également une concavité dans laquelle se trouve pour ainsi dire logée la convexité de la capsule : Myxidiuru, Sphœromyxu (PL vin. fig. ; /7, 51, 58).

L’existence de ce protoplasma se reconnaît en général très nettement sur les spores observées à l’état frais et ses contours sont faciles à apprécier. Dans quelques cas, cette observation devient

P. THÉLOHAN.

beaucoup plus délicate ; c’est en particulier le cas dans certaines spores dont l’enveloppe est fortement striée, comme par exemple celles de Chloromyxum Leydigi .

Dans les Glugéidées, le protoplasma de la spore se montre dans des conditions particulières qui font qu’il devient difficile de se rendre bien compte de la forme qu’il affecte et de sa disposition dans la cavité de l’enveloppe.

A l’état frais, ces spores offrent dans toutes les espèces, un aspect à peu près identique. Elles sont, comme on Ta vu, ovoïdes, assez réfringentes et on ne distingue dans leur intérieur qu’une sorte de grosse vacuole claire occupant leur grosse extrémité (PI. îx, fig. 119, 124, 122 a , 143, etc). En les traitant par l’acide nitrique, on obtient les aspects représentés fig. 144 et 145. c d , c’est-à-dire que l’on distingue une capsule polaire et des amas irréguliers de protoplasma coagulé. D’après ce que j’ai pu observer, je crois qu’à l’état frais le protoplasma enveloppe complètement la capsule, et la rend impossible à distinguer.

Quant à la vacuole de la partie postérieure, sa nature et sa signification sont bien difficiles à déterminer: j’y reviendrai plus loin.

Les caractères du protoplasma de la spore varient peu dans les différentes Myxosporidies que j’ai étudiées. Il est très finement granuleux et d’aspect homogène.

Noyaux . — Le protoplasma renferme toujours deux noyaux qui sont le plus souvent accolés l’un à l’autre, d’une façon plus ou moins étroite, de telle sorte que, dans certains cas, il paraît plutôt y avoir un noyau unique un peu allongé et un peu étranglé vers sa partie moyenne. Dans d’autres spores, ils sont encore au contact l’un de l'autre, mais on distingue nettement qu’il s’agit de deux éléments distincts (PI. vm, fig. 48 ; PL ix, fig. 97,112,116, etc.). Enfin, on les trouve assez souvent un peu éloignés l’un de l’autre (fig. 48, 59, n).

11 est très rare que leur existence puisse être reconnue à l’état frais: on les voit alors apparaître au milieu du protoplasma comme deux petites taches sombres.

Il est probable que c’est bien eux que Bütschli avait vus dans la spore du Myxydium Lieberkühni , mais leur nombre exact lui avait échappé. Quant à la tache claire ovalaire ou arrondie qu’il a

décrite comme un noyau dans la spore du Myxobolus Mïtlleri, il me paraît a peu près certain, d’après sa description et la figure qui raccompagne, qu’il s’agissait do la vacuole à contenu Colombie par l’iode que nous étudierons plus loin.

On aperçoit mieux les noyaux après l’action des réactifs, par exemple en traitant les spores par le picrocarmin ou le carmin aluné, après les avoir fixées par l’alcool, le sublimé, ou encore au moyen du vert de méthyle après fixation par l’acide osmique. Toutefois, leur coloration dans ces conditions est le plus souvent assez diffuse, et c’est surtout sur des spores contenues dans des coupes qu’en peut en faire une étude satisfaisante. La technique qui me semble la plus recommandable consiste dans l’emploi du liquide de Flemming comme fixateur, suivi de coloration par le violet de gentiane, le bleu de méthylène, la fuchsine, et surtout par la safranine, suivant le procédé d’HENNEGUY.

Sur les préparations ainsi obtenues, on reconnaît en général très nettement la présence de deux éléments nucléaires. Un fait assez particulier consiste dans la différence que l’on constate entre certaines espèces au point de vue de la facilité de coloration des noyaux de la spore.

Ceux-ci, en effet, sont très faciles à colorer, par exemple dans les spores des Myxobolus ellipsoïdes , piriformis, du Myxidium Liéberkïihni ; au contraire, ce n’est que dans un petit nombre de spores que l’on obtient une coloration satisfaisante dans le Myxobolus Mïtlleri , VHenneguyci psorospermica .

Ces variations semblent tenir à l’obstacle plus ou moins considérable que rencontre le réactif pour pénétrer dans la spore.

Les dimensions et l’aspect des noyaux varient d’une façon assez considérable.

Dans le Myxobolus ellipsoïdes , par exemple, ils sont ordinairement de petite taille et se présentent comme de petits corps colorés d’une façon intense et uniforme. Il en est de meme chez YHenneguya psorospermica .

Dans d’autres espèces, ces noyaux sont plus gros ; ils ne sont plus colorés d’une façon uniforme, et leur apparence se rapproche complètement de celle des noyaux ordinaires. On y distingue en général, un gros globule coloré central figurant un nucléole, accom-

P. THÉLOHAN.

pagné ou non de globules plus petits (PI. ix, fig. 116; Pl. vm, fig. 59,) etc. D’autres fois la chromatine s’y montre sous forme de granulations irrégulièrement distribuées.

Comme je l’ai dit, j’ai retrouvé ces noyaux dans toutes les spores des Myxosporidies que j’ai étudiées. Toutefois, dans les Glugéidées, à cause de la petite taille que présentent leurs spores, et de la disposition spéciale de leur protoplasma, mes observations à cet égard n’offrent pas toute la précision désirable.

Ces spores, traitées par les couleurs d’aniline, présentent en général une coloration très intense, sauf au niveau delà vacuole postérieure qui reste toujours absolument incolore (Pl. ix, fig. 134). Cette coloration provient, je crois, delà capsule polaire qui, ici comme dans les autres espèces, retient fortement les réactifs dont il s'agit. Cependant, dans un petit nombre de cas, la capsule semble demeurer réfractaire à leur action et on peut alors distinguer vers la partie médiane de la spore, de petits granules colorés, tantôt isolés, tantôt réunis en une petite niasse allongée, dirigée transversalement.

Ces éléments représentent certainement les noyaux de la spore ; on en trouve d’ordiuaire deux ou trois : il y a, sans aucun doute, ici comme dans les autres espèces, deux noyaux appartenant au protoplasma et un troisième qui se rattache à l’évolution delà capsule; mais la constatation précise de ces faits est presque impossible, du moins à l'aide des méthodes techniques dont on dispose actuellement.

Vacuole des Myxobolidées.

Dans les Myxididées et les Chloromyxidées, le protoplasma de la spore ne renferme pas autre chose que les noyaux.

Chez certaines Myxosporidies, que j’ai réunies dans la famille des Myxobolidées, on y trouve en outre une production particulière que j'ai signalée, en 1889, et qui consiste en une sorte de vacuole renfermant une substance particulière nettement caractérisée.

Dans quelques cas, d’ailleurs peu fréquents, cette vacuole se voit sur les spores fraîches (quelques spores de Myxobolus Mülleri). On aperçoit alors vers la partie centrale du protoplasme, une sorte

SUR I.RS MYXOSPOBIIMES.

|](' tache claire ovale ou arrondie, à contours plus ou moins réguliers. D'après la description de Bütsculi et sa figure d’une spore dé Mi/.vobolus, il semble bien que c’est cette formation qu’il avait prise ici pour un noyau (2).

On constate beaucoup plus nettement sa présence après avoir soumis les spores à l’action de certains réactifs tels que l’alcool, 1 acide osmique, 1 acide nitrique faible, le nitrate d’argent à 2 °/ , etc. °’

On la voit alors apparaître en clair au milieu du protoplasma qui, coagulé sous l’influence de ces liquides, se distingue par son aspect finement granuleux et sa moindre réfringence. La substance qui remplit la vacuole conserve dans ces conditions un aspect homogène. Elle se montre absolument réfractaire à l’action des réactifs colorants (carmins, héinatoxyline, couleurs d’aniline basiques ou acides, etc.), tant sur des spores isolées que sur celles qui sont comprises dans des coupes.

Dans ces dernières, on constate également qu’elle n’a pas de place fixe par rapport aux noyaux, qui peuvent être placés en avant, en arrière ou latéralement (PI. ix, fig. 84, 97, 112, 110).

Au contraire, sous 1 influence de l’iode, on la voit prendre une coloration caractéristique, d’un brun un peu rougeâtre, rappelant tout à fait la teinte que revet la matière glycogène traitée par ce

réactif (PL vu, fig. 38, 84, v). Le reste de la spore se colore en jaune paille.

On obtient facilement cette réaction en traitant des spores par la teinture d’iode, l'eau iodée ou la solution iodo-iodurée.

Dans certaines espèces, entre autres dans Mjjxobolus exiguus, on a souvent de la peine à déceler par ce moyen la présence de la vacuole. Ce tait m’a semblé tenir à ce qu’elle est ici relativement petite et recouverte d'une couche assez épaisse de protoplasma. D’après ce que j'ai observé, dans ces cas où la vacuole est difficile à voir même après traitement des spores par l’iode, on a beaucoup d’avantage à faire agir ce réactif sur des spores préalablement fixées par l’acide osmique, probablement à cause de la rétraction que subit sous l’influence de ce dernier le protoplasma qu’entoure la vacuole.

Comme la substance glycogène, dont il partage la réaction vis-àvis de l’iode, le contenu de la vacuole est insoluble dans l’alcool : sur des spores conservées dans ce liquide on obtient encore l’acile-

P. THÉL0HAN.

ment sa coloration. Gomme elle, egalement, il est soluble dans les alcalis. Après Faction un peu prolongée des acides il ne se colore plus; toutefois, je n’ai pu, dans ces circonstances, obtenir la réduction de la liqueur cupro-potassique.

Je n’ai pas trouvé trace d’une substance analogue dans les spores des Myxoporidies autres que 1rs Myxobolidées non plus que dans le protoplasma des individus adultes, soit libres, soit développés dans les tissus, même chez les espèces dont les spores présentent la production que nous venons d’étudier.

Vacuole de la spore des Glugéidées.

Ainsi que je l’ai déjà indiqué, on observe à peu près constamment dans les spores des Glugéidées une sorte de vacuole claire au niveau de leur grosse extrémité (PI. i, fig. 14 et 15 ; PL ni, fig. 124, 129-132 143, etc).

Dans la Glucjea bombyeis, plus souvent que chez les autres espèces que j’ai étudiées, on rencontre des spores qui en sont dépourvues (PI. ix, fig. 145,. a) et qui, d’ordinaire, sont plus pâles et moins réfringentes que les autres. Pour M. Pasteur, ces corpuscules pâles seprésentaient les éléments aptes à se reproduire, les corpuscules brillants n'étant que des formes caduques et décrépites. M. Balbiani, au contraire, voyait dans cette différence d’aspect la caractéristique l’un degré différent dans le développement, les premiers répondant à l’état jeune, les seconds à l’état de maturité des corpuscules.

Cette manière est certainement conforme à la réalité dans la plupart des cas ; il m’a semblé pourtant qu’il y a des spores parfaitement mures qui sont également dépourvues de vacuole et cela dans toutes les espèces. J’avoue que je ne suis pas arrivé à trouver l’explication de ce fait.

Dans les spores de la Glucjea panctifera , en constate, dans l’espace clair de la grosse extrémité, la présence à peu près constante d’un petit globule extrêmement réfringent (PL îx, fig. 119); malheureusement je no suis pas parvenu à déterminer sa nature.

SUR LUS MVXOSl'ORIDIKS.

Celle do la vacuole elle-même est également assez obscure. La subslanee qu'elle renferme est absolument réfractaire a l'action de tous les colorants et même de mode, employés soit sur des spores lraicbes, soit sur des coupes (PL ix, fig. 136).

Après le traitement par l'iode, on voit bientôt le contenu de la spore devenir granuleux et la vacuole disparaître complètement (tig. 128, b , tig, 142). Je n’ai jamais observé de formation comparable dans les éléments reproducteurs des Myxosporidics ap|)artenant aux autres familles.

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