ANOMALIES PORTANT A LA FOIS SUR TOUS LES ÉLÉMENTS I)E LA SPORE
Les malformations que nous venons d’étudier se rencontrent fréquemment associées dans une meme spore et toutes les dispositions imaginables peuvent se trouver réalisées. Je crois inutile d’insister sur ce sujet.
P. THÉLOHAN.
Je dois seulement attirer l’attention sur certains faits dans lesquels on voit la spore pour ainsi dire atrophiée, comme celles représentées dans les fig. 35 (PL vu) et 78 (PL ix) qui appartiennent au Myxobolus Pfeiflevi , dont la spore normale est vue au même grossissement dans la fig. 77. Les productions du genre de celle de la figure 35 sont intéressantes, par ce fait qu’elles renferment souvent une petite masse protoplasmique régulièrement constituée et où Ton constate même la présence de la vacuole caractéristique des spores de Myxobolidées (fig. 35, v).
D’autre part, j’ai parfois trouvé des rudiments de spore d’aspect analogue, à peu près sphériques, munis ou non de prolongements de l’enveloppe et renfermant une capsule, mais dans lesquels on ne trouvait pas trace de protoplasma germinatif.
Enfin, à propos de ces anomalies portant sur l’ensemble des spores, il faut citer les cas de coalescence.
Parmi les faits que nous venons de passer en revue, un certain nombre ont sans doute ce mécanisme pour origine, mais il est plus difficile à mettre en évidence que dans les cas dont je vais maintenant m’occuper.
Chez les Ceratomyxci , on observe quelquefois des spores qui, au lieu de deux valves, en présentent trois, avec autant de capsules polaires. Cette anomalie est surtout fréquente chez la C. sphœrulosa et la C. truncatci (PL vm, fig. 52).
Dans ce genre, comme on l’a vu, il ne se forme que deux spores dans chaque individu : presque toujours quand cette anomalie existe, elle frappe à la fois ces deux éléments ; elle tient évidemment à une constitution spéciale de la sphère primitive ou des sporoblastes. Malheureusement, je n’ai pu constater l’origine ni la nature de cette particularité.
Dans différentes espèces de Glugéidées, on rencontre assez fréquemmcntdes spores de dimensions plus considérables que les autres, surtout en longueur, et présentant un étranglement vers la partie médiane.
Ces productions sont connues depuis longtemps chez la Glugca bombyeis , où M. Pasteur les avait considérées comme des corpuscules en voie do division. M. Balbiani qui les a étudiées avec soin, les regarde au contraire comme résultant de la coalescence de deux spores.
SUR LES MYXOSl’ORIDlES.
Jo les ai retrouvées non seulement chez cette espèce, mais aussi chez la Glugea micvoxponL le Pleistnplora, les Thclohania , etc. et je partage absolument à leur sujet l’opinion de M. le professeur Balhiani.
Cliezla Thclohania GiarcU , nousavons d’ailleurs aveoM. Hexneguy tait une observation qui ne peut laisser aucun doute relativement au bien fondé de cette manière de voir. Les figures 121 et 125 (PI. ix), représentent deux vésicules à spores de ce parasite. La première offre une constitution normale et renferme huit spores. Dans la seconde, au contraire, on trouve seulement quatre spores accompagnées de deux corpuscules plus volumineux (/) étranglés vers leur partie médiane et présentant des extrémités atténuées, semblables à la petite extrémité des spores normales. L’aspect de ces corps, leurs dimensions, font penser à deux spores soudées parleur portion élargie : on ne peut plus douter que telle est bien leur origine si l'on considère qu’en supposant ces spores séparées on retrouve dans la vésicule le nombre typique de ces éléments. Il s'agit donc bien de deux spores qui, par suite d’un accident survenu pendant le cours de leur développement et par un processus que nous n’avons pu suivre, ont contracté une adhérence intime au niveau de leur grosse extrémité, le point où s’est produite cette soudure restant marqué par un étranglement. Le nombre limité des spores dans chaque vésicule rend ici la constatation de ce fait bien plus facile que dans les Glugea proprement dites où, comme nous l’avons vu, l’enveloppe de la sphère primitive renferme des spores en nombre bien plus considérable et non constant.
P. THÉLOHAN.