‹ Recherches sur les origines de l'ÉgypteChapitre 21 sur 87 · I. Th. Wilson, Smithsonian Report^ i8yo, p. 655, lig. 2S · texte numérisé non relu

I. Th. Wilson, Smithsonian Report^ i8yo, p. 655, lig. 2S

Fig. 167 à 161. — Masses en pierre (El-*Amrah).

1/2 grandeur naturelle. — Fig. 167 à 169.

Albâtre.— Fig. 160 et 161. Type d'emmanchement.

bles à celles qui, employées par les indigènes d'Egypte, furent adoptées par les Égyptiens pharaoniques et se nomment au Mexique riatta.

Fig. 162 et i63. — Masses d'albâtre. 1/2 grandeur naturelle (nécropole d'El-'Amrah). Fig. 164. — Mode d'emmanchement des masses d'albâtre.

La hache était en même temps une arme et un instrument répondant aux besoins de chaque jour : elle servait aussi bien à couper et à fendre le bois qu*à tuer les animaux.

Celles que nous rencontrons en Egypte en plus grande abondance sont, à quelques petites différences près, de la même forme que celles de tous les autres pays où Tâge néolithique a été reconnu.

Les unes, en silex éclaté, sont les plus abondantes (fig. 165-170); d'autres sont polies au tranchant seulement (fig. 171-172); d'autres, enfin plus rares (fig. 173-174), sont entièrement polies. Les instruments des deux premières catégories sont faits de silex; ceux de la troisième sont en diorite, en serpentine et en roches cristallines dures.

Les haches simplement éclatées sont très abondantes dans la Haute-Egypte, tandis que c'est au Fayoum seulement (Dîmeh, Kom- Achim, Omm-el-'Atl) que j'ai rencontré des haches de silex au tranchant poli.

Les haches entièrement polies se trouvent en Haute-Egypte; tous les exemplaires que je connais proviennent du Saïd.

M. Flinders Pétrie a trouvé dans les fouilles de Koptos (Kouft), au niveau inférieur des couches atteintes par les tranchées, des haches polies (fig. 175-177) munies en leur milieu d'un étranglement destiné

à remmanchement et présentant de grandes analogies avec les instruments du même genre qu'on trouve dans TAmérique du Nord.

Fig. i65. — Hache en silex chamois. Kjœkkeninœdding de Zawaïdah.

4/5 grandeur naturelle.

Quelquefois cet étranglement fait place à un simple amincissement (fig. 178). Ce dernier type simplement éclaté se rencontre quelquefois au Fayoum.

A Licht, àKahoun, à Gourob, on a trouvé des haches (fig. 179-180) d'un type spécial et quisemblentavoir été plus tard copiées en bronze, si toutefois elles ne sont pas elles-mêmes des copies des armes métalliques.

Jusqu'à preuve du contraire je crois que les celts (fig. 165-174)

74 ETHNOGRAPHIE DES POPULATIONS INDIGÈNES DE L'EGYPTE appartiennent seuls à la période néolithique et sont le produit de Tin-

169 no

Fig. i66 à 170. — Hachettes en silex. 1/2 grandeur naturelle.

17ia 1716 *'^

Fig. 171-172. — Haches polies au tranchant. 1/2 grandeur naturelle.

dustrie des indigènes, tandis que les haches à étranglement ne sont

que des armes dont la forme a été inspirée aux indigènes par les instruments métalliques des Egyptiens.

Les bas-reliefs de toutes les époques nous montrent la hache égyptienne de même forme que celles que renferment les tombeaux des

Fig. 173-174. — Haches entièrement polies. 4/5 grandeur naturelle.

Fig. 175 à 177. — Haches de pierre provenant de Koptos (Kouft). i/3 grandeur

naturelle.

temps historiques, et cette forme est la môme, à peu de chose près, que celles des haches de pierre portant un étranglement. Mais cette

76 ETHNOGRAPHIE DES POPULATIONS INDIGÈNES DE L'EGYPTE question ne sera tranchée qu'alors qu'on aura trouvé de ces instru-

Fig. 178. — Hache en silex brun, station de Kom-Achim (Fayoum). 3/4 grandeur naturelle.

Fig. 179. — Hache en silex jaune (station de Licht). i '2 grandeur naturelle.

ments dans des sépultures dûment datées par l'ensemble de leur mobilier et la position des corps, fait qui n'a pas encore eu lieu.

Les poignards de silex sont assez abondants en Egypte dans les sépultures des indigènes; ce sont de longues lames étroites, retaillées avec une grande habileté sur les deux faces et garnies à leur tranchant d^ine série de dents très fines destinées à les rendre plus coupantes (fig. 181-184). Ces poignards ne sont jamais pointus, mais

Fig. i8o. — Hache en silex jaune (station de Licht). 1/2 grandeur naturelle.

ne servaient que par leur tranchant. Les dents cessent à la partie qui, entourée de peau ou de corde, servait de poignée.

J'avais pensé tout d'abord que la plupart de ces armes étaient des têtes de lances, mais l'examen d'objets analogues provenant de tous les pays et conservés dans les musées d'Europe m'a fait changer d'opinion : l'extrémité arrondie eût été défectueuse pour une arme destinée à frapper de loin et le tranchant des bords n'eût été d'aucun usage; tandis que, tenue directement à la main, cette lame répondait parfaitement aux besoins pour lesquels elle avait été fabriquée. On rencontre des poignards de pierre dans toutes les contrées où la civilisation néolithique a pris un grand développement

Fig. 181. — Poignard en silex jaune (nécropole d'El-*Ainrah. 1/2 grandeur nature.

dans les pays Scandinaves, dans les deux Amériques*, les armes de ce genre sont nombreuses.

Fig. 182 à 184. — Poignards en silex. 1/2 grandeur naturelle (182, silex jaune clair, nécropole d'Abydos. — i83, silex gris jaune, Abydos. — 184, silex brun vert, El- 'Amrah).

i.Cf. poignard de pierre emmanché de bois. Tribu Tinglit (Alaska). AI. P. Niblack, Smithsonian Report^ 1890, p. 284, fig. 108 c.

Comme nous n'avons encore rencontré aucune trace d'emmanchement en ce qui concerne les lances et les poignards, il est impossible de déterminer l'usage de ces armes autrement que par Texamen des conditions que remplissent les objets de silex et peut-être découvrirat-on plus tard des lames droites ayant servi de pointe à des lances; mais, dans les derniers temps de Tusage de la pierre, il semble que les têtes de lances eussent été toutes à double pointe.

Fig. i85 à 187. — Têles de lance en silex jaune. 1/2 grandeur nature (i85, nécropole d'El-'Amrah. — 186 et 187, nécropole d'Abydos).

Ces objets (fig. 185-187) sont essentiellement caractéristiques de la fin du néolithique en Egypte, sinon des premiers temps de l'établissement des Égyptiens. Nous les trouvons à Toukh, à Négadah, à Abydos, aussi bien dans les sépultures indigènes des derniers âges que dans les tombes royales. Dans les stations plus anciennes, je n en ai jamais rencontré et peut-être doit-on attribuer aux Égyptiens l'apparition de celte forme dans la vallée du Nil. J'ai montré, dans mon précédent volume, que les têtes de flèches indigènes étaient toutes pointu es, tandis que celles des conquérants étaient tranchantes. Peut-

être cette coutume s'appliquait-elle également aux tôtes de lances, dans les débuts.

Quelques peuples ont fait usage de pointes doubles soit pour les lances, soit pour les poignards. Nous en rencontrons des exemples frappants (fig. 188) dans les sépultures antiquesdu Caucase et (fig. 189) chez les tribus nègres du Congo.

188 IBU

Fig. i88. — Pointe de lance en fer trouvée en Ossélhie près de Récome (Caucase) (B.

Wyrouboff, Objets d* antiquités du Musée de La Société des amateurs d^ archéologie

du Caucase, i^Tjy Tiflis, livraison I, pi. IV, fig. 3). i/2 grandeur naturelle.

Fig. 189. — Poignard des nègres de la forêt du Haut-Congo, d'après un croquis du

professeur Schweinfurth (Objet donné par le capitaine Lothaire au comte von Gotzen).

Si nous ne pouvons déterminer exactement l'époque des tètes de lances à deux pointes, nous sommes mieux renseignés au sujet des pointes du type ordinaire (fig. 190-195) qui se rencontrent en abondance dans les stations purement néolitiques. Ces silex, de taille relativement petite, étaient-ils destinés à armer des lances ou des jave-

lots, je ne saurais me prononcer ; dans tous les cas ils sont trop pesants pour être placés à Textrémité d'une flèche.

Au Fayoum, j'ai rencontré également des pointes à cran, c'està-dire dont le pédoncule est latéral par rapport à Fensemble de Tobjet. Ces pointes existent également en Europe*.

Fig. 190 à 195. — Tôtes de lances ou de javelots. Station de Kom-Achîm (Fayoum). 1/2 grandeur naturelle (190, silex jaune avec gangue grise. — 191, silex brun. — 192 à 195, silex jaune).

Les pointes de flèches néolithiques d'Egypte (fig. 196 à 206-207 à 219) présentent les mêmes formes que celles qu'on rencontre dans les autres pays du monde; on les trouve en abondance dans toutes les stations de TÉgypte, leur type diff'ère peu, suivant les localités. Cependant la station d'Hélouan a fourni des formes spéciales qui, bien que très localisées, ne méritent pas moins d'être signalées d'une façon particulière.

Les unes (fig. 220-222) se composent d'un simple éclat de silex muni d'un ou de deux crans de chaque côté destinés au passage du lien qui retenait la pointe à la hampe. Les autres (fig. 223-225) rentrent dans la catégorie des « petits silex taillés à contours géométriques » de M. Adrien de Mortillet*. Leur mode d'emmanchement (fig. 226) se déduit aisément de la manière dont certains os pointus sont fixés aux flèches par les sauvages modernes.

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