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Environs d'Oran, de Constantîne, etc

coup, quant à la technique, des silex taillés ordinaires à l'Egypte et peut-être sera-t-on conduit un jour à les attribuer à des populations étrangères Ce sont ces silex d'Hélouan qui ont été, d'une manière aussi grossièrement contraire au bon sens, rangés dans l'époque arabe.

Telles sont les armes avec lesquelles les indigènes entraient en lutte dans les combats et à la chasse. Ces moyens rudimentaires leur suffisaient cependant pour abattre l'hippopotame, le crocodile et le lion, tout comme aujourd'hui les sauvages deTIndo-Chine, dont l'armement n'est certes pas supérieur, abattent l'éléphant et le tigre. Les

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Fig. 220 à 225. — Pointes de flèches en silex, grandeur naturelle (station d'Hélouan

récoltes A. Lombard).

chasses devaient être très productives, car, si nous en jugeons par les débris que renferment les kjœkkenmœddings, le gibier entrait pour une part très importante dans l'alimentation des indigènes.

9® Pêche. — Le Nil et les marais sont encore de nos jours extrêmement poissonneux. Les espèces y sont très nombreuses et quelquefois atteignent des dimensions considérables. Les salmonidés du Chellal, entre autres, pèsent parfois 100 kilogrammes, leur moyenne est de 50 à 60.

Dans les parties du fleuve où les eaux sont tranquilles et dans les marais vivaient en abondance la tortue, les hélérobranches, les silures, les bayads (Porcus)^ les Pimelodus^ Malapterurus^ Mormyrus^ dont le M, oxyrrynchus célèbre dans la fable d^Osiris, plusieurs espèces de cyprins, les anguilles, etc.

Tous ces poissons atteignent une grande taille ; leur chair est fort bonne, quoi qu'en pensent la plupart des Européens d'Egypte, et leur capture est aisée car ils sont d'une extrême voracité.

Dans les rapides et les eaux vives, près des rochers, les salmonidés dominent, faisant leur nourriture de poissons; ils se tiennent au dessous des cascades, attendant leur proie. On les pêche aujourd'hui à Assouan en laissant traîner dans le courant une longue corde assujettie au rocher et armée d'un fort croc sur lequel, comme amorce, on met un poisson pesant souvent plus d'une livre.

Dans les marais la pêche se fait de nos jours au filet, et au moment de la baisse des eaux le poisson peut être pris à la main. |

En toute saison les eaux du Nil sont troubles et ê

il est difficile d'y apercevoir un poisson à plus de §

trente ou quarante centimètres de profondeur; |

mais dans les marais, peu après la baisse des eaux, ^a

les limons se déposent et Ton peut aisément dis- -S

tinguer un objet placé à deux mètres au dessous ^

de la surface.

Pendant les hautes eaux la pêche devient très S

difficile, le fleuve ayant atteint un volume énorme -^

et les poissons trouvant aisément leur nourriture dans les débris arrachés par le courant.

D'Assouan à Damiette il n'existe pas une seule herbe dans le lit du Nil, le fond sableux ou boueux se déforme sans cesse. Il n'est donc pas surprenant de rencontrer dans le Nil un bien plus grand nombre d'espèces carnivores et omnivores que d'espèces faisant uniquement leur nourriture de substances végétales. Au contraire, les mangeurs de corps morts sont très abondants.

Le lit boueux du Nil ne permet pas d'y pêcher à l'aide de lignes traînant sur le fond, car de suite les amorces s'envasent et les poissons ne les rencontrent plus.

Du !•' août environ au 15 octobre le fleuve étant très haut, la pêche n'est plus possible dans la vallée du Nil, mais du 15 octobre au 1«' janvier les eaux se retirant laissent à sec une grande quantité de poisson. Pendant les sept mois qui séparent le retrait des eaux de la

crue suivante, la pêche peut être reprise régulièrement dans le fleuve comme dans les marais.

Les indigènes se trouvaient donc privés de poisson pendant environ deux mois et demi ou trois mois, mais durant ce temps la chasse était pour eux bien plus productive. Car Tinondation marque le début de la saison des oiseaux d'eau de passage, et le gibier sédentaire, chassé par les eaux, se réfugiait sur la lisière du désert et dans les îlots où il était aisé de Taller chercher.

Si je suis entré dans tant de détails au sujet des conditions de la pêche en Egypte, c'est pour faire mieux comprendre de quelles ressources le poisson était pour les indigènes et quels engins pouvaient être employés pour se le procurer.

Le filet était d*un usage courant. Sous TAncien Empire, les mastabas nous fournissent tous les types alors employés en Egypte. Le plus usité était la senne qu'emploient encore les pêcheurs du lac Menzaleh; nous voyons aussi représentées la nasse, et une sorte de filet formant l'intermédiaire entre le carrelet et la puisette.

Nous ne savons pas jusqu'ici d'une manière absolue si les indigènes connaissaient le filet, car nous n'en avons pas rencontré de vestiges, mais tout porte à croire que, de même que les habitants néolithiques des cités lacustres, ils en faisaient grand usage. Peut-être mêitie les Egyptiens ont-ils tiré de leurs prédécesseurs dans la vallée du Nil tous les procédés de pêche qu'ils employèrent pendant toute la durée des temps pharaoniques. Tous les hameçons que nous possédons jusqu'ici sont métalliques, ils ont été trouvés dans les kjœkkenmœddings et dans les sépultures d'époque égyptienne à Toukh, Za\vaïdah,NégadahetKawamil. Quant aux instruments qui, à l'époque néolithique^ remplaçaient l'hameçon, nous n'en avons pas la moindre trace ; il est juste de dire qu'il suffisait pour prendre le poisson d'attacher en son milieu une pointe de silex ou un fragment d'os pointu aux deux extrémités* et que de semblables instruments ne se retrouvent pas aisément.

Le seul engin de pêche dont nous ayons retrouvé des traces à toutes les époques est le harpon Au temps où les indigènes vivaient seuls dans la vallée du Nil, il était fait soit de silex (fig. 227), soit d'ivoire ou d'os (fig. 228 à 232); les harpons de bois, et il en existait

I. A Mooseedorf (Suisse) on a trouvé un hameçon muni d'un crochet et taillé dans une défense de sanglier. A Waogen (Suisse) Thameçon est formé d'une petite baguette d'os attachée en son milieu.

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bien certainement, ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Plus tard, quand les métaux eurent fait leur apparition dans le pays, la matière employée pour fabriquer les harpons fut de

bronze (fig. 233-234), mais la forme et la des- 3

tination ne changèrent pas. H^

Les bas-reliefs de TAncien Empire nous g §

montrent de nombreuses scènes de chasse et -2 ° de pèche dans lesquelles il est fait grand usage du harpon. Cette arme ne cessa donc

pas d être employée et si nous n en retrouvons ^^

plus de traces dans les temps presque mo- jg ^

dernes de la civilisation égyptienne, c'est '.¥

qu'on abandonna la représentation des scènes cil

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