Recherches, 1896, pi. VII, fig. i
se retrouvent jusqu'à la fin de l'Ancien Empire, et enfin les fusaïoles (fig.387à 390)dont Tusage semble être spécial à la période néolithique.
Fig. 382 à 385. — Supports de vases en terre. Nécropole de Toukh (Négadah). (FI, Pétrie, pi. XLI, ùg. 84 b, 85, 86 et 88.)
^Fig. 386. — Table (Négadah, nécropole nord). 1/4 grandeur naturelle.
Fig. 387 à 390. — Fusaïoles, i/3 grandeur naturelle.
Comme on le voit, les connaissances céramiques des indigènes étaient fort développées quand les industries égyptiennes firent leur
apparition dans la vallée du Nil ; elles possédaient un caractère spécial qui disparut peu à peu pour faire place aux nouveaux usages. Dès le commencement du Moyen Empire il ne restait plus de traces des arts céramiques des indigènes.
Pelleteries, — Dans les kjœkkenmœddings comme dans les sépultures, on rencontre fréquemment des fragments de peaux ayant appartenu à des gazelles et à des antilopes; ces peaux servaient bien certainement à la confection des vêtements sommaires dont les indigènes se couvraient le corps ; car, je Tai dit, je ne pense pas que les précurseurs des Égyptiens aient connu les tissus, cette industrie n'apparaissant que dans les tombeaux contemporains de la sépulture royale de Négadah, et dans ce monument lui-même, les squelettes indigènes de Négadah étaient enveloppés dans des peaux et des nattes; ces pelleteries étaient cousues, le poil placé à l'extérieur; quant aux nattes, elles étaient faites des plantes aquatiques du pays.
L'emploi courant des peaux par les indigènes explique le nombre considérable de racloirs que nous trouvons dans les kjœkkenmœddings. Il en est de même dans les stations néolithiques de TEurope, et, de nos jours encore, les Esquimaux font grand usage des racloirs de silex pour la préparation des peaux dont ils se couvrent le corps.
Leurs racloirs (fig. 391) sont fréquemment emmanchés dans un morceau de bois ou de corne, mais souvent aussi ils en font usage en tenant simplement le silex à la main. Dans certaines stations, comme celles du Fayoum où les populations se nourrissaient principalement de la poche, les racloirs
Fig. 391.— Oulou, ou couteau esquiniau. , , • j i
lie Hoiham (Alaska), d'après Otis. T. «Ont peu abondants ; mais dans les
Mason (The Ulu or Womar^s Knife pays de chasse, tels que la vallée
of the Eskimo) ds. Smithsonian Re- Ji, ^{[ au Saïd, ils se trouvent en
port., ,892 pi. LXI, fig. 2. 2/6 gran- ^^^^j^^ considérable.
deur naturelle. ^
Les Esquimaux et les Indiens d'Amérique du Nord font usage de racloirs en silex pour la préparation des peaux (cf. Otis T. Mason, Aboriginal skin dressing, ds. Smithsonian Report 1891). Ces instruments sont souvent emmanchés en bois, en corne, en os ou en ivoire.
L^ensemble des procédés industriels en usage chez les indigènes de rÉgypte présente de grandes analogies avec les mêmes industries chez les autres peuples vivant au même degré de civilisation et sous les mêmes climats. Le Mexique et l'Amérique centrale nous fournissent à ce sujet un grand nombre de points de comparaison que je laisse à plus versé que moi dans l'ethnographie américaine le soin de faire, mon but, en écrivant ce livre, étant de rendre compte de mes observations sur les indigènes de TÉgypte et non de traiter des points de contact qui peuvent avoir existé entre ces peuples et les autres races du globe.
Arts. — Les tendances artistiques des indigènes de TÉgypte nous apparaissent comme très spéciales. Malheureusement, les recherches ne sont pas encore assez complètes pour qu'il soit possible de distinguer d'une manière absolument précise, quelle est la part des indigènes et quels sont les apports des premiers conquérants égyptiens. Cette étude exigera de très longs travaux, des fouilles conduites avec la plus grande minutie d'observation et portant sur une quantité considérable de nécropoles. En l'état actuel de nos connaissances, je ne puis que parler des arts au début de l'empire égyptien, c'est-à-dire au moment où les tendances des indigènes et celles de leurs nouveaux maîtres venaient de se confondre pour former cet ensemble qui fut l'origine des arts dans l'Egypte pharaonique.
Le dessin, que nous connaissons par des essais de gravure sur les vases et sur les plaques de schiste est toujours fort grossier et enfantin ; il s'applique à la représentation des être animés et à la figuration des lignes géométriques très simples dans lesquelles le cercle et la spirale jouent un rôle. Ces deux modes de décoration sont le plus souvent mélangés et les surfaces à décorer sont généralement entièrement couvertes de dessins ou de peintures.
Les figures 392 à 410 tirées de l'ouvrage de M. W. M. FI. Pétrie sur ses fouilles dans la nécropole de Toukh donnent les principaux exemples des représentations animales et végétales.
La figure 397 représente un homme, les bras levés dans l'attitude de la danse, la Ug. 392 est celle d'un lièvre, tandis que les fig. 393 à 396, 398 et 399 montrent des antilopes et des gazelles. La fig. 403 est un bœuf aux longues cornes ; fig. 402 et 404 sont des éléphants reconnaissables à la forme générale de leur corps et à leur longue trompe;
fig. 405 est un crocodile, fig. 401 un scorpion, fig. 400 probablement un lézard. Les végétaux sont représentés par les fig. 407 à 410.
Fig. 392 à 4iO. — Marques sur la poterie de Négadah (W. M. Flinders Pétrie, Naqada andBallaSj pi. LI et LII). i/4 grandeur naturelle.
Tous les peuples sauvages se livrent au dessin, mais il en est beaucoup qui, comme les négritos de la Malaisie, ne pratiquent que le dessin géométrique et n'abordent pas la figuration des êtres vivants. Le seul fait, donc, de voir les indigènes de l'Egypte s'essayer dans toutes les branches du dessin prouve que cette race possédait un niveau intellectuel déjà fort élevé, et avait depuis longtemps dépassé le degré artistique dans lequel Thomme se contente de tracer des lignes droites, dentelées ou courbes pour décorer ses ustensiles sans oser aborder l'image de la nature.
La peinture (fig. 411, 412), celle qui est fréquente sur les vases, tout en conservant la naïveté et la lourdeur du dessin gravé estcependant plus souple. Elle représente non seulement des animaux et des plantes, mais aussi des scènes complètes de navigation où les barques sont figurées avec les petites chambres qu'elles portaient, avec leurs étendards, leurs passagers. Ces tableaux, bien qu'exécutés d'une manière enfantine et sans les moindres notions de la perspective, sont fort curieux et dénotent de la part des artistes de ces époques un grand esprit d'observation.
La gravure et la peinture céramique semblent avoir été abandonnées de très bonne heure, car tandis qu'elles sont d'une abondance extrême dans les sépultures purement indigènes dans lesquelles le cadavre a été replié et couché sur le flanc, elles deviennent de plus en plus rares dans les tombeaux postérieurs et n'existent plus dans les monuments royaux de Négadah et d'Abydos.
Il semblerait donc que cet art fut indigène, et que son développement fut interrompu par l'arrivée dans la vallée du Nil d'autres goûts et d'autres usages. Les débuts de la céramique des îles grecques présentent des analogies frappantes avec les vases archaïques de rÉgypte. Mais^ dans TArchipel^ ces premiers essais furent suivis de nouveaux efforts, tous dirigés dans le même sens, et peu à peu se forma cet art merveilleux qui se transmit à l'Ëtrurie et à tous les pays méditerranéens. En Egypte, au contraire, alors que les premiers essais dénotaient un véritable sens artistique de la part des indigènes, la conquête arrêta court ces efforts et la céramique devint vulgaire et banale, les émaux remplacèrent pour la décoration des vases, sous le Nouvel Empire, les peintures de l'antiquité; quelques ouvriers parvinrent même à une grande perfection dans cette industrie, mais
Fig. 4i 1-4^2. — Vases de Ballas, d'après FI. Pétrie (Naqada and Ballas, 1896, pi. XXXV, fig, 77 et 78). 1/6 grandeur naturelle.
les goûts des indigènes avaient été oubliés et leurs premiers eflForts arrêtés. Ce n'est pas que les indigènes fussent déjà parvenus à créer de véritables œuvres d'art, mais il est certain que, s'ils avaient été à môme de se perfectionner, ils auraient atteint à un degré très élevé» car leurs essais dénotent de leur part de grandes qualités artistiques.
Fig. 4i3. — Hippopotame en terre cuite provenant des environs de Toukh, i/4 jçrandeur naturelle.
Pendant que la peinture céramique s'arrêtait brusquement, la sculpture progressait d'une manière surprenante. Les premiers essais des indigènes, bien que très intéressants, ne sont pas toujours heureux. Ils figurent des hommes et des animaux, mais sont lourds, raides et montrent combien les artistes furent retardés par les difficultés d'exécution.
La figure 413 représente un hippopotame de terre cuite trouvé dans le voisinage de Toukh et qui m'a été vendu par un marchand de
Fig. 4i4f 4i6, 4'7ï 4iS* 4^0, 422. — Vases de terre. Nécropole de Toukh (Négadah)
(FI. Pétrie, pi. XXVII, fig. 68 a, 6, c; Ûg. 69 a, 6, c).
Fig. 4i5, 419» 421, 423. — Vases de pierre. Nécropole de Toukh (Négadah) (FI,
Pétrie, pl. XII, ùg. 84, 83, 80 et 81).
Keneh. Les figures 414 à 438 montrent une série de vases de la nécropole de Toukh dans lesquels le potier s'est efforcé de représenter des animaux ou de donner à ses vases des formes élégantes. Ces
essais sont plutôt malheureux et on remarquera combien ils diffèrent des formes qui nous ont été léguées par l'époque pharaonique.
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Fig. 424 à 438. — Poteries de Négadah (d'après Flinders Pétrie, pi. XXVI et XXXVÎ).
1/12 grandeur naturelle.
Fig. 424. FI. Pétrie, pi. XXVI, fig. 4o.
Fig. 432. FI. Pétrie, pi. XXXVI, fig. 9>..
id.
fig. 41.
Fig. ^,33.
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fig. 9» ''
Fig. 426.
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