CeUe espèce aUeintla taille du bison d'Europe
2. Deux races différentes de taille, Tune analogie au Capra mambrica, Tautre de la taille de Tégagre.
3. Grande antilope vivant aujourd'hui dans la région de Khartoum.
4. Vivant encore au Fayoum dans les marais voisins du Birket-Karoun.
5. Quelques fragments de noyaux osseux de chèvre peuvent se rapporter à la race Capra tkebaica; d'autres fragments, encore plus grands, appartiennent au mâle d*unc race voisine de Capra mamhrica ou Capra caucasica à cornes longues et plus contournées que chez les deux précédentes races.
6. Cette espèce ne se rencontre plus aujourd'hui en Egypte, elle s'est retirée dans les régions du sud et de Test.
7. Espèce commune en Egypte et spéciale aux eaux de ce pays. Paraît peu utilisable comme comestible. Si on avait dû la manger, la coquille serait brisée ou au moins cuite.
8. Les Spatha sont communs en Egypte, particulièrement dans le Nil, le canal Mah-
Il convient d'ajouter à cette liste incomplète d'aliments les œufs dont les coquilles sont abondantes dans les kjœkkenmœddings et parmi lesquels les œufs d'autruche sont fort communs.
Les végétaux entraient bien certainement pour une large part dans Talimentation des indigènes, mais leurs vestiges se sont moins bien conservés que ceux des animaux, et nous ne pouvons faire que des suppositions à leur sujet. J'aî fréquemment rencontré dans les kjœkkenmœddings des noyaux de dattes et des restas de grains de lotus. Quelques-uns de ces végétaux devaient être réduits en poudre ou en pâte au moyen de broyeurs de roche dure dont les nécropoles et les kjœkkenmœddings nous ont livré plusieurs fragments (fig. 281
Fig. 28 r à 284. — Broyeurs en roche dure.
2/1 5 grandeur naturelle.
Gomme condiment, le sel est extrêmement abondant dans toutes les montagnes de TÉgypte; on le trouve à l'état de masses compactes ou de cristaux dans les alluvions et dans bon nombre de couches marneuses; il est loin de ne renfermer que du chlorure de sodium, mais ses impuretés ne Tempèchent pas d'être consommé tel quel, et,
moudièh, les lacs Mariotis, etc. Ils peuvent à la rigueur être comestibles mais doivent singulièrement sentir la vase. En France, les Unios et les Anodontes, formes voisines, ont servi d'aliment dans les temps de disette, mais on est obligé de les faire digérer longtemps dans de l'eau douce. La cuisson les rend alors facilement digestibles. Dans tous les cas, il est très intéressant de signaler les Spatka parmi les mollusques comestibles dans Tantiquité.
de nos jours encore, les fellahs en font pour leur usage une exploitation très considérable, en dépit de Tadministration égyptienne qui s'est réservé le monopole de cette substance.
Autrefois, comme de nos jours, le sel du désert suffisait parfaitement aux besoins des populations aux goûts simples et il n'était pas besoin de recourir aux eaux de la mer pour se procurer du chlorure de sodium presque pur.
Somme toute, la vie des indigènes était très plantureuse; la nature avait gratifié TÉgypte de toutes les ressources, et, pour les Égyptiens, ce pays fut une véritable terre promise. L'abondance qu'ils rencontrèrent contribua beaucoup à les fixer; ils s'établirent àThinis et aux environs, c'est-à-dire dans la Thébaïde, l'un des pays les plus riches qui soient au monde.
Industries. — Taille du silex. — L'industrie la plus caractéristique de ces temps est, sans contredit, la taille du silex ; son origine se perd dans les périodes géologiques, et son apogée semble marquer l'époque où, les métaux venant d'être découverts, son usage allait disparaître à jamais. Ce fait n'est pas spécial à la vallée du Nil, car nous constatons dans tous les pays du monde le plus grand déveveloppement du travail de la pierre au moment même où l'emploi des matières fragiles est sur le point d'être remplacé par celui des substances fusibles et malléables.
L'usage de tailler la pierre remonte en Egypte aux temps quaternaires; il se continua pendant une fort longue période, dont il n'est pas possible d'évaluer l'étendue; cette industrie se perfectionna graduellement, passant probablement par des phases analogues à celles que nous connaissons pour l'Europe. De grossière, la taille devint très fine et très soignée, et, bien que nous ne puissions encore établir des divisions chronologiques dans les stations préhistoriques égyptiennes, l'examen des objets ne nous porte pas moins à penser que le jour viendra où l'âge de la pierre dans la vallée du Nil sera, comme celui de nos pays,subdiyisé en un grand nombre d'époques marquant chacune une civilisation spéciale et parfaitement définie; que la transition entre les outils chelléens et les instruments néolithiques se montrera clairement, aussi bien dr.ns l'industrie humaine que par les modifications qui eurent lieu dans le climat, la faune et la flore du pays.
Nos observations étant encore insuffisantes pour qu'il soit permis
d'aborder l'étude des diverses époques, je me contenterai d'étudier la taille du silex alors qu'elle était parvenue à son apogée, c'est-àdire l'industrie des indigènes peu avant l'arrivée des Égyptiens dans la vallée du Nil.
Le silex est fort abondant dans le sol de TÉgypte, il y existe en rognons parfois volumineux dans les sédiments crétacés. Les alluvions des plateaux sont uniquement composés de galets où le silex, l'agate et la cornaline dominent : les indigènes avaient donc à leur disposition une abondance extrême de matière première.
Quant à la qualité du silex, elle est variable suivant les localités; la matière la meilleure se rencontre dans les falaises qui bordent les deux rives de la vallée, entre Akhmîm et Keneh; le silex y est blond, translucide, il se brise aisément et constitue dans les couches du terrain crétacé de véritables bancs de rognons, épais parfois de plusieurs mètres. C'est dans cette région que la taille du silex atteignit son plus grand développement.
Au sud de Keneh, jusqu'à Erment, on rencontre des silex bruns, noirs et jaunes; ils sont également de bonne qualité, mais se présentent en masses moins importantes et, par suite, se prêtent moins bien au travail.
Dans le nord de l'Egypte et au Fayoum, le silex est plus rare dans les sédiments ; aussi est-ce des galets roulés du diluvium que les anciens firent usage pour la fabrication de leurs instruments. Ils tirèrent, il est vrai, un très habile parti de la matière première dont ils pouvaient disposer, mais leurs œuvres n'atteignent jamais la perfection de celles sorties des ateliers de Toukh, d'Abydos et de Kawamil.
On a prétendu que, pour qu'un silex pût être aisément travaillé, il faillait qu'il sortît fraîchement de son milieu de formation et qu'il possédât encore son eau de carrière. Cette condition est loin d'être indispensable, car presque tous les instruments des stations de Dimeh, de Kom-Achim, d'Omm el-'Atl, etc., montrent avec évidence qu'ils ont été taillés dans des galets du diluvium et les objets néolithiques qui abondent sur certains points de la Susiane et de la Chaldée ont tous été taillés dans les galets roulés des rivières. La perfection dans le travail dépend donc bien plus de la nature du silex et des dimensions des rognons que de sa position primitive ou remaniée dans les couches où les anciens s'approvisionnaient.
Le plus simple des silex travaillés est le nucléus, noyau préparé pour l'enlèvement des éclats qui, retouchés ensuite par l'ouvrier, pre-
naient toutes les formes répondant aux besoins journaliers. Les nuclei d'Egypte diffèrent seulement par les dimensions, mais ils présentent invariablement la même forme, ils sont coniques (fîg. 285 à 289), ter-
Fig. 285 à 287. — Nucléi (kjœkkeDmœddiDgs de Toukh).
Fig. 288 et 289. — Nucléi en silex jaune (kjœkkenmœddings de Toukh). ^ 1/2 grandeur naturelle,
minés à la base par un large plan de frappe, et en cela ressemblent à la plupart des nuclei des autres régions du monde.
L'ouvrier, en brisant le galet ou le rognon de silex déterminait le plan de frappe, puis enlevait les éclats normalement à cette surface, déterminant ainsi le cône définitif. Les premiers éclats étaient rebutés, comme portant une partie de la gangue. Ce n'était qu'après l'enlèvement de toute la surface naturelle du noyau que les éclats étaient employés; c'est pourquoi ces lames portent toutes une arête médiane résultant de la taille de deux autres lames.
On rencontre souvent des nuclei très petits, retaillés sur tout leur pourtour et rejetés comme hors d'usage; ces nuclei sont les résidus de la taille, leurs dimensions les rendaient inutilisables. Mais on en trouve aussi, quoique plus rarement,qui,simpiementpréparéspourle travail (fîg. 288 et 289) ont été abandonnés avant qu'il en eût été fait usage. Ces nuclei^ taillés d'un seul côté, forment une catégorie spéciale que le D*" Schweinfurth désigne sous le nom de sabots (Vânes, 11 n'existe donc pas à proprement parler de différence entre ces deux sortes de nuclei; les seconds sont simplement apprêtés pour Tusage, tandis que les premiers ont été rebutés comme ne pouvant plus servir.
Les percuteurs dont se servaient les indigènes de TEgj^pte pour tailler le silex sont, comme d'ailleurs dans tous les autres pays, de simples galets ronds, des nuclei rehuiés ou des boules de pierre dure telles que la diorite, la serpentine, le basalte, etc. (fig. 290 à 292); on
Fig. 290 à 292. — Percuteurs en silex (kjœkkenmœddings de Toukh). 1/2 grandeur naturelle.
les rencontre en extrême abondance dans toutes les stations néolithiques, dans les kjœkkenmœddings et dans les restes des premiers temps égyptiens. Cette constatation est très intéressante, car elle prouve le mal bondé des suppositions de quelques archéologues qui, avec M. Griffith, croient reconnaître dans certains bas-reliefs de TAncien Empire et du Moyen Empire la représentation de la taille des couteaux de silex. Dans ces scènes, l'ouvrier fait usage d'un long bâton et non d'un percuteur pour aiguiser la lame qu'il tient à la main. Or, chacun sait que c'est en le retaillant seulement qu'on peut rendre un silex plus coupant, le polissage ne donnant que des tranchants très obtus utilisables dans les instruments qui, comme les haches sont destinés à frapper et non à inciser.
Les lames levées sur les nuclei sont très variables de dimensions, elles abondent dans les stations et les kjœkkenmœddings; la plupart d'entre elles, portant encore de la gangue, n'étaient enlevées que pour la préparation des nuclei. Celles-là étaient rebutées, d'autres prises au cœur du silex se brisaient sous le choc qui déterminait leur éclat, d'autres enfin (fig. 293 à 295) plus pures étaient utilisées sans retouches
Fig. 293 à 295. — Lames retouchées (nécropole d'Abydos et station de Kom-Achim).
1/2 grandeur naturelle.
OU retaillées aux extrémités ou sur leur tranchant afin de constituer des poinçons, des racloirs, des couteaux et tous les outils dont les indigènes avaient besoin (fig. 296 à 298).
Fig. 296 à 298. — Poinçons-racloirs, silex jaune (nécropole d*Abydos].
1/2 grandeur naturelle.
Les couteaux sont de plusieurs sortes : les uns qu'on rencontre fréquemment dans la Haute Egypte (fig. 299 et 300) se composent d'une lame retaillée d'un côté et présentant un dos carré, et d'un tranchant en arc de cercle rarement retouché et généralement très aigu ; d'autres
106 ETHNOGRAPHIE DES POPULATIONS INDIGÈNES DE L'EGYPTE (fîg. 301 à 304) communs dans les stations du Fayoum, ont été obtenus
«uvtt 299 c 300 299 6
Fig. 299 et 3oo. — Couteaux en silex jaune (kjœkkemnœddîngs de Toukh). t/2 grandeur naturelle.
Fig. 3oi à 3o4* — Couteaux en silex (3oi, silex gris, station de Licht. — 3o2, silex gris foncé, kjœkkenmœddings de Toukh. — 3o3, silex blanc, kjœkkenmœddings de Zawaidah. — 3o4> silex jaune, station de Licht). 1/2 grandeur naturelle.
non pas en levant un seul éclat sur un nucléus, mais en taillant un bloc jusqu'à ce qu'il possédât la forme désirée.
Parmi les couteaux du Fayoum il en est qui, pointus aux deux extrémités, présentent la forme d'un triangle très allongé (fig. 306 et 307) ; d'autres sont munis d'un manche (fig. 305) ménagé dans le silex lui-même.
Fig, 3o5 à 307. — Couteaux en silex (3o5, jaune foncé, station de Dimèh. — silex 3o6, gris opaque, station de Kom-Achim. — 807, silex gris clair, station de Kom-Achim).
1/3 grandeur naturelle.
Cette dernière variété se rencontre aussi bien au Fayoum que dans la Haute Egypte (fig. 308 et 309) ; elle semble appartenir à la période la moins ancienne du néolithique, car elle apparaît encore dans les sépultures royales des premières dynasties à Abydos.
D'autres couteaux (fig. 310) composés d'une lame très soigneusement retouchée sur les deux faces font aussi partie du type le moins ancien auquel il convient de joindre les admirables lames en silex corné (fig. 311-312) qu'on rencontre dans les tombes royales et dans les sépultures du district d'Abydos.
Les couteaux de ce genre sont, sans contredit, les plus beaux spécimens connus de la pierre taillée; Tune des faces est toujours polie, tandis que l'autre est couverte d'éclats enlevés avec une telle habileté
que les cassures sont de même taille et de même forme et que la rencontre des deux séries partant de chacun des bords de la lame a tracé une arête médiane qui court sur toute la longueur de l'objet.
au8
Fig. 3o8-3o9. — Couteaux en silex (3o8, silex jaune brun. Abydos (?), Musée de
Gizèh. — 809, silex jaune, nécropole d'Abydos). Fig. 3 10. — Couteau en silex corné (localité inconnue, Haute-Egypte (?), Musée de Gizèh).
1/2 grandeur naturelle.
Le dos de ces couteaux est rectiligne, le tranchant au contraire est muni d'une multitude de petites dents découpées avec une régularité absolue et qui rendent les lames extrêmement tranchantes. Vers la base de l'instrument les dents n'existent pas. Cette partie de la lame qui se trouvait dans la main était garnie de peau, de cordes ou quelquefois aussi d'or, comme le prouve le couteau emmanché de ce métal trouvé à Gebel Tarif en 1896.
Les formes des couteaux varient à l'infini, chaque localité en pré-
Fig. 3 1 1-3 19.. — Lames en silex corné (Gébel-Tàrif). Achats du Musée de Gizèh (3ii, silex brun noir. - 3i2, silex blond).
2/3 grandeur naturelle.
sente de spéciales; mais tous ces instruments ont été taillés suivant les mêmes principes et semblent avoir été destinés aux mêmes usages. L'habitude de garnir de dents le tranchant des couteaux semble n'avoir pris naissance qu'à la fin de l'usage de la pierre, peut-être même devons-nous attribuer cette innovation à l'influence qu'eurent sur les indigènes les premiers Égyptiens. J'ai dit plus haut que la grande antiquité des scies armant les faucilles me semble être douteuse. Je serai plus affirmatif en ce qui concerne les véritables scies (fig. 313 à 319) qui se présentent en abondance dans les stations du Fayoum
313 h Fig, 3i3 à 319. — Scies en silex. 1/2 grandeur naturelle.
lesquelles, comme on le sait, sont purement néolithiques et ne semblent pas renfermer d'objets postérieurs à l'arrivée des Égyptiens dans le pays.
Les mêmes lames, dont il était question à propos des nuclei, une fois enlevées étaient aussi transformées en racloirs (fig. 320 à 326) présentant des formes diverses; mais fréquemment aussi les racloirs étaient obtenus soit en retouchant sur les bords l'éclat qu'avait déterminé le plan de frappe d*un nucléus (fig.323 et 324), soit en retaillant un fragment de nucléus (fig. 321). Ces outils étaient employés soit directement à la main, soit emmanchés dans de la corne ou du bois.
Dans la plupart des cas, les racloirs présentent une courbe convexe régulière, mais on en rencontre aussi qui, échancrés intentionnelle-
Fig, 320 à 322. — Racloirs convexes.
i/2 grandeur naturelle.
Fig. 323 à 324. — Racloirs en silex jaune (Abydos).
1/2 grandeur naturelle.
325 a Fig. 325 à 326.
Racloirs triangulaires en silex jaune (station de Licht). 1/2 grandeur naturelle.
ment, semblent avoir été destinés à polir des aiguilles d'os, de bois ou de toute autre matière. Ces derniers instruments (fig. 327 et 328) sont beaucoup plus rares que les racloirs de forme régulière.
Il serait aisé de s'étendre longuement sur les nombreuses formes que prirent les éclats enlevés des nuclei ou taillés dans les fragments du nucléus lui-môme . Je me contenterai de citer quelques
Fig. 327 ^^ ^2^' ~ Racloirs échaDcrés en silex blond (kjœkkenmœddiogs de Toukb).
t/2 grandeur naturelle.
pointes (fig. 329 à 333) dont Temmanchenent nous est connu par les outils analogues (fig. 334) encore usités par les Indiens de l'Amérique
Fig. 329 à 333. — Pointes en silex jaune. 1/2 grandeur naturelle (329 et 333 silex jaune, station de Kom-Achim. — 33o, 33 1, 332, silex brun et jaune, station de Dimèh).
du nord, et les poinçons ou perçoirs de silex (fig. 335 à 339) semblables à ceux que nous rencontrons dans toutes les stations néolithiques de l'Europe.
On trouve parmi les outils en silex de l'Egypte quelques formes dont jusqu'ici je n'ai pu reconnaître l'usage. Ce sont des croissants de pierre (fig. 340 à 342) très grossièrement travaillés et qui, abondants dans la station d'Arakah, sont plus rares à Kawamil et ne semblent pas exister dans les autres localités. 11 en est de même de deux ciseaux plats (fig. 343 et 344) trouvés à Kom Achim; bien que ces pièces soient complètes, je ne puis en expliquer Tusage.
Les instruments les plus répandus dans les stations et les kjœkkenmœddings de la Haute Egypte sont la hachette et la hache; la hachette est fréquemment semblable à celles que nous rencontrons dans les stations européennes (fig. 345 et 346), tandis que la hache proprement dite (cf. fig. 165) présente des caractères spéciaux à l'Égj-pte sur lesquels il est utile d'insister.
La figure 347 représente une hache dont le tranchant est taillé suivant la méthode généralement usitée, c'est-à-dire par petits éclats. Les haches égyptiennes étaient ainsi préparées, puis l'ouvrier, donnant en A un
Fig. 334. — Emmanchement des pointes de Dimèh. Couteau provenant des Indiens de la Réserve de Hupa (Californie), d'après Th. Wilson. A study of prehistoric anthropology ds. Smithsonian Report^ 1890, pi. CVI, fig- 77.
Fig. 335 à 339. — Poinçons en silex (kjœkkenmœddings de Toukh). 1/2 grandeur naturelle.
coup sec au moyen du percuteur, enlevait suivant la ligne AB un éclat rendant le tranchant plus aigu.
Fig. 34o à 342. — Croissants de pierre f34o. Arakah. Silex veiné brun et jaune. — 341. Arakah. Silex brun à gangues jaunes. — 342. Kawamil (sud) silex jaune).
2/3 grandeur naturelle.
Fig. 343-344.— Ciseaux plats (Kom-Achim). — 343, silex jaune. — 344» «lex noirâtre. 2/3 grandeur naturelle.
La figure 348 montre le tranchant de la hache terminé, la ligne A'B' correspondant à la ligne AB de la figure 347.
Enfin la figure 349 donne l'éclat enlevé que dans mon précédent volume j'avais pris pour un instrument spécial (fig. 350 à 352). Ces sortes d'éclats se rencontrent en très grand nombre dans les localités où, comme en Haute Egypte, les haches sont très abondantes, et
ce n'est qu'après en avoir récolté une très grande quantité que j'ai pu me rendre compte de leur origine.
Fig. 345 et 346. — Hachettes en silex, — 345, silex gris. — 346, silex jaune (kjœkkenmœddings de Toukh). 1/2 grandeur naturelle.
Fig. 347 à 349. — Formation du tranchant des haches néolithiques d'Egypte.
Dans le groupe des haches sont aussi les houes dont j'ai parlé au sujet de Tagriculture ; leur mode de taille ne présente aucune particularité.
Gomme on le voit, le néolithique d'Egypte renferme un nombre considérable de formes spéciales et de procédés de taille inconnus dans les autres pays. Il diffère également du néolithique européen par l'absence d'une grande quantité de types communs dans nos stations. Les nuclei allongés dits livre de beurre du Grand-Bressigny et de la
Belgique, les ciseaux et les gouges font défaut en Egypte; les haches polies sont rares, elles n'atteignent jamais de grandes dimensions. Le mobilier des stations de la vallée du Nil présente donc des particularités bien tranchées, ce qui semblerait prouver que la civilisation de la pierre dans la vallée du Nil ne subit que peu d'influences étrangères et se développa plutôt sur elle-même. Ce fait n'a rien qui doive surprendre, car ce que nous connaissons des temps historiques nous montre que, malgré les invasions et les conquêtes, les Egyptiens,
Fig. 35o à 352. — Éclats enlevés des haches (kjœkkenmœddings de KhaUarah).
1/2 grandeur naturelle.
tout en améliorant leurs usages, conservent leurs coutumes avec une grande fidélité jusqu'à la fin de leur autonomie. Cette originalité et cette permanence que nous constatons dès les origines est Tune des caractéristiques des populations de la vallée du Nil. Doit-on l'attribuer à la nature ethnique de la race? Je suis plutôt porté à croire qu'elle est la conséquence des conditions naturelles du pays.
Travail des roches dures. — Je n'entrerai pas dans de longs détails au sujet de la fabrication des vases en roches dures et du travail de ces matières; dans le chapitre relatif à la sépulture royale de Négadah j'aurai l'occasion de revenir sur ce sujet. Je me contenterai de donner ici le résultat de mes observations relatives à l'époque de cette industrie.
Les sépultures de tous les genres contiennent des vases de pierre. Il semblerait donc que le travail des matières dures fut connu des indigènes avant l'arrivée des Egyptiens. Toutefois, les objets les plus anciens sont extrêmement grossiers, et ce n'est que sous les premières dynasties que nous voyons cette industrie se développer et atteindre son apogée. Les plus beaux vases, ceux dans lesquels la
roche à été découpée avec la plus grande finesse, appartiennent tous à la période historique; ils sont d'une extrême abondance dans les sépultures royales de Négadah et d'Abydos, tandis que les mastabas contemporains de Snéfrou n'en renferment plus de traces.
On serait donc porté à croire que, commençant à la fin de la période néolithique, peut-être sous une influence étrangère, la taille des pierres dures prit son maximum de développement sous les deux premières dynasties pour diminuer ensuite, et, tout en restantconnue pendant toute la durée de l'Empire égyptien, ne joua dès la IV dynastie qu'un rôle très secondaire.
Il se peut fort bien que les sépultures indigènes dans lesquelles
Fig. 353 à 359. — Poinçons en os. — 1/2 grandeur naturelle (353 à 357, os, kjœkkenmœddiugs de Toukh. — 358 et 359, ivoire d'hippopotame, station de Dimèh).
j'ai rencontré des vases de pierre ne soient pas néolithiques, mais qu'elles appartiennent aux indigènes qui continuèrent à vivre dans le pays après la conquête, et que cette industrie, chez les premiers habitants, ne soit que le résultat d'une importation. Ces considérations trouvent un point d'appui dans ce fait que la Chaldée connut, dès la plus haute antiquité, la taille des roches, et que cette industrie, qui s*y développa à un degré très élevé, présente des analogies frappantes avec celle de l'Egypte primitive*. Nous ne pouvons encore nous prononcer sur l'origine de ce travail; toutefois, nos observations et ce fait que les kjœkkenmœddings indigènes ne renferment que de très rares fragments de vases de cette nature, me portent
I. A la base du tell de Suse, dansla partie élamite des ruines, j'ai rencontré un grand nombre de fragments de vases en pierre dure semblables à ceux de l'Egypte.
plutôt à penser que Tart de travailler les roches dures et d'en fabriquer des vases est d'origine asiatique.
Travail de V ivoire et de Vos. — Les objets d'os et d'ivoire sont très nombreux dans les nécropoles comme dans les kjœkkenmœddings; les plus simples sont des os simplement sciés ^(fig. 275 à 280), des poinçons (353 à 359) formés d'un os brisé dans le sens de la longueur, puis poli et aiguisé en pointe. La scie de silex, le racloir et le polissoir étaient les outils nécessaires pour la fabrication de ces instruments; il en est de même des scies en os (fig 360), des pendeloques (lig. 137 à 147), des peignes (fig. 123 à 129) et de la majeure partie des figurines humaines et animales, faites d'un fragment d'os ou d'une défense d'éléphant ou d'hippopotame.
Quant à la gravure à la pointe, elle est fort rare en Egypte; quelques os et certaines plaques de schiste en portent des traces grossières.
Parmi les objets les plus curieux de cette nature, je citerai spécialement une masse d'ivoire (fîg. 156) trouvée dans la nécropole de Gebel Silsileh; elle se compose d'une défense d'hippopotame, substance d'une extrême dureté qui, après avoir été sciée aux deux extrémités, a été percée en son milieu d'un large trou pour l'emmanchement. La trace de la scie se voit encore d'une manière très nette sur les deux faces et, si nous en jugeons par l'irrégularité des stries^ ce travail fut long et péni- 2/3 grandeur natu- ble. Quant au trou d'emmanchement, il est des nue! musée^rGi- plus réguliers et a été fait à l'aide des mêmes pro- ^^^)' cédés qui étaient en usage pour le creusement des
vases de pierre dure.
Dans mon volume de 1896 sur les Origines de VÉgypte, j'ai donné (p. 165. fîg. 497) la reproduction d'un bas-relief de l'Ancien Empire (Vl* dynastie) montrant des ouvriers occupés à creuser des vases de pierre en faisant tourner un instrument mû à la main et remplaçant le tour. Il est certain que cette manière de faire était en usage dans les temps néolithiques et que la masse de Silsileh, de même que celles de Toukh, d'Abydos, etc., ainsi que les vases de pierre, furent forés par ce procédé.
Fig. 36o. — Scie en os.
On rencontre parfois, dans les nécropoles, des objets d'un art plus avancé montrant un travail en haut-relief; ces sculptures exigeaient des outils plus compliqués, et je suis porté à croire qu*elles sont toutes postérieures à l'arrivée des Égyptiens dans la vallée du Nil et que, par suite, pour les exécuter, les ouvriers ont fait usage des métaux.
On objectera que, dans les cavernes européennes d'époque quaternaire, les sculptures en haut-relief sont nombreuses, et que, cependant, c'est à l'aide d'outils de silex seulement qu'elles ont été exécutées. Je ferai remarquer que le gisement naturel des sculptures en Egypte ne permet pas de les faire remonter à des âges très anciens et que, jusqu'à ce jour, je n'ai rencontré, dans les sépultures réellement indigènes, que des représentations fort grossières, les sculptures plus fines ne se rencontrant que dans les tombeaux qui, par leurs caractères généraux, appartiennent au début de la période pharaonique.
Travail de la corne, — Nous ne connaissons malheureusement que fort peu d*objets de corne, bien que cette matière eût été d'une grande ressource pour les indigènes. D'après le peu d'objets que nous possédons, nous voyons que la corne était travaillée à l'aide des mêmes procédés que l'os ; elle servait à la fabrication des manches d'outils, des pointes, des ornements tels que bracelets, pendeloques, etc.
Céramique. — S'il est possible, un jour, d'établir des divisions dans la période qui vit le passage entre l'emploi [du silex taillé et l'usage des métaux en Egypte, ce sera bien certainement avec l'aide de la céramique, dont les variétés sont très nombreuses, tant par la forme que par la matière employée, que par la technique du travail.
Les terres grossières sont fort abondantes dans les nécropoles indigènes*; elles ont été ouvrées à la main sans le secours du tour. Gomme d'ailleurs dans toutes les poteries de ces époques, la pâte est jaunâtre ou brune, souvent mélangée de gravier et de brins d'herbe; elle est mal pétrie et les vases portent généralement la trace profonde des doigts du potier.
Comme pâte et comme forme, ces vases varient peu de la Haute à la Moyenne Egypte ; on les rencontre dans les sépultures archaïques et dans les mastabas de l'Ancien Empire *. Ils font totalement défaut
1. Recherches sur les origines de VÉgypte, 1896, p. i54, fig« 4i5 ^ 4^2.
2. Recherches sur les origines deVÉgypte, p. i55, fig. 423 à 4^1 ; p i56, fig. 432 à 440; p. iSy, fig. 44i à 449.
dès les débuts du Moyen Empire et sont remplacés, pour les mêmes usages, par une céramique moins grossière de pâte et faite au tour.
Les vases de terre brune ornés à la pointe* sont assez rares, on les trouve aussi bien dans les sépultures indigènes que dans les tombeaux des premiers Egyptiens. Les gravures qu'ils portent sont parfois remplies avec une pâte blanche; ce mode de décoration fort curieux ne semble pas être d'origine pharaonique ; cependant j'ai rencontré dans les mastabas de Dahchour un spécimen de cette céramique* que M. W. M. Flinders Pétrie a trouvé en grande abondance dans la nécropole de Toukh et dont j'ai moi-même découvert des fragments dans le kjœkkenmœdding de la môme localité.
Fig. 3(îi à 369. — Vases en terre rouge lisse (nécropole d'EI-'Amrah). 1/2 grandeur naturelle.
Les vases en terre rouge, lisse, composés d'une pâte fine, sont abondants dans les sépultures indigènes; ils n'apparaissent que très rarement dans les tombes postérieures à la fin de la période néolithique.
Après un premier examen j'avais cru, d'après la régularité presque parfaite des formes, que cette céramique avait été faite au tour; mais sur les objections de M. de Bissing, je me suis assuré que, malgré sa perfection, elle est le produit du travail à la main exécuté par des potiers d'une grande habileté.
La pâte en est très fine, bien pétrie, mais la cuisson ayant été laite à une basse température, ces vases sont demeurés très poreux. La
surface est polie au lissoir, et c'est probablement à ce travail que servirent les lames de silex polies que nous possédons*.
Dans la plupart des cas, les vases de terre rouge sont ornés d'une bordure teintée en noir et leur intérieur est coloré de la même manière. Quelquefois le fond seul a été enduit de couleur.
Fig. 370 à 379. — Vases en terre rouge lisse avec bords noirs (nécropole d'El-Amrah).
1/2 grandeur naturelle.
Qu'ils soient entièrement rouges, ou bordés de noir, ces vases sont fréquemment décorés de peintures blanches" représentant des hommes, des animaux^ des rameaux ou simplement, et le plus souvent, des lignes brisées ou des figures géométrique très simples.
La céramique la plus remarquable des temps néolithiques en Egypte est celle des vases jaunes décorés de peintures rouges; la pâte en est fine, compacte, lisse; les peintures bien que grossières sont très caractéristiques et dénotent de la part des artistes qui les exécutèrent beaucoup plus de goût qu'on n'en rencontre dans les
1. Recherches sur les origines de VÉgypte^ p. 116, fig. i37 à iSg.
2. Cf. Recherches, 1896, pi. I, fig. 5 ; pi. II, fig. i à 5; pi. III, fig. 1 à 6.
peintures blanches des vases rouges, bien que le style en soit à peu de chose près le même *.
Fig. 38o. — Cruche à eau (Négadah, nécropole nord). Vase de terre grise. i/8 grandeur naturelle.
Ces vases apparaissent dans les sépultures de la fin de la période néolithique; ils semblent avoir cessé d'être employés dès les débuts de la conquête, car, dans les sépultures contemporaines du tombeau royal de Négadah, je n'en ai jamais rencontré que de très rares spécimens, tandis que dans la nécropole indigène qui s'étend plus au sud, dans la même localité, ils sont abondants. Au début de Tépoque pharaonique, ce sont les vases cylindriques 'qui dominent; chaque tombeau en renferme un grand nombre et la sépulture royale elle-même en contenait plusieurs centaines.
Avant d'en terminer avec la céramique je citerai quelques formes remarquables, telles que des cruches à eau (fig. 380 et 381), dont l'ouverture est garnie d'une sorte de passoire destinée à laisser le liquide s'écouler sans qu'il soit possible aux insectes d'y pénétrer. Ce dispositif est encore en usage dans la fabrication des gargoulettes à Keneh. Je signalerai aussi des supports pour vases à fond pointu (fig. 382 à 385), des tables (fig. 386), objets qui
Fig. 38r. — Cruche à eau (Négadah, nécropole nord).
Vase de terre chamois. i/8 gran.
deur naturelle.
1. Cf. Recherches, 1896, p. i6o, fig. 481; pi. IV, fig. i à3; pi. V, fig. i à 3; pi. VI, fig. I à 8 ; pi. VII, Clq, 2 à 4 ; pi. VIII, fig. i et 2 ; pi. IX, fig. i à 4 ; pi. X, fig. i à 3.