id. id. pi. LXIX, fig. io
1/2 grandeur naturelle.
période où les instruments de pierre furent en usage, c'est à Tépoque des cavernes que la gravure et la sculpture atteignirent leur plus haut degré de perfection. Si, au contraire, ces arts sont d'importation étrangère, nous devons y voir les premiers tâtonnements des Egyptiens, et ce n'est que plus tard, au temps des tombes royales de Négadah et d'Abydos, que les arts prirent un réel développement ; on s'en rendra compte en examinant les figurines et les pieds de meubles découverts à Négadah dans la sépulture royale.
Fig. 462. — Sépulture préhistorique (nécropole d'EI-*Amrah). 1/20 grandeur naturelle.
Coutumes funéraires. — Les tombes les plus anciennes de la vallée du Nil nous présentent le squelette placé sur le côté gauche^ les membres étant repliés, les genoux à la hauteur de la poitrine et les mains placées devant la face. La tête est généralement située au sud, bien que l'orientation des tombeaux ne soit pas rigoureusement la même dans tous les cas.
Les fosses étaient creusées dans les bancs de galets roulés qui s'étendent entre les cultures et le pied de la montagne, elles étaient très voisines les unes des autres et parfois se touchaient presque. Aucune muraille, aucun enduit ne soutenaient les bords de la sépul-
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Fig. 463. — Scpullure^de^Ia nécropole de KnwaïuiL
ture et le mort était placé à môme la terre, entouré de ses vases et des objets les plus familiers, tels que couteaux, poignards, lances, flèches et arcs, bijoux grossiers, amulettes, etc.. (fig. 462).
Ces sortes de tombes sont très abondantes dans le Saïd. Je citerai seulement les localités de Toukh, Négadah, El-Wmrah, Kawamil où j'ai moi-môme dirigé les fouilles.
ETHNOGRAPHIE DES POPUIATIONS INDIGENES DE L'EGYPTE
Dans ces diverses nécropoles, et plus spécialement dans celle de Négadah, les corps, avant d'élre ensevelis, avaient été enveloppés dans une peau de gazelle cousue, puis dans une natte de joncs ; j"ai parfois retrouvé ces enveloppes presque entièrement conservées, mais elles tombèrent très rapidement en poussière au contact de l'air.
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Fig. '|()^|. — Sépullure de la nécropole de Kuwaiiiil.
Les cadavres avaient été placés entiers dans le tombeau, sans préparation préalable^ ou du moins, je n'ai pas retrouvé de traces de macération ou de momification. Ils n'avaient point été décharnés, car les os ont conservé leur position relative et souvent des restes de muscles et de nerfs montrent qu'ils étaient encore reliés entre eux lors de Tensevelissement.
Le mobilier funéraire se composait de vases grossiers renfermant
des débrîs des offrandes qui y avaient été déposées, de vases en terre rouge peints ou non en noir à l'intérieur et sur les bords, de vases jaunes décorés en rouge, de vases de pierre dure ou d'albâtre très
Fig. 465. — Sépulture de la nécropole de Silsileh.
grossiers et peu communs, de plaques de schiste représentant parfois des animaux, de silex taillés et de bijoux grossiers en ivoire, en os, en nacre ou en cornaline.'^Les objets de métal font presque tou-
jours défaut dans ces sépultures; lorsqu'on en rencontre, leur présence s'explique par ce fait que les tombes qui les contiennent, bien que présentant le type indigène, doivent être attribuées à une époque postérieure de quelques années à la conquête. Mais, je le répète, les objets métalliques sont, dans ces sépultures, d'une extrême rareté.
Fig. 466. — Sépulture de la nécropole de Kawamil.
C'est surtout avec l'aide des mobiliers funéraires que j'ai pu ranger chronologiquement les diverses sépultures de ces époques. On voit, en effet, la céramique et les divers objets se transformer peu à peu, les formes les plus abondantes devenir rares pour disparaître ensuite complètement en faisant place à de nouveaux types qui, eux-mêmes, ne durent qu'un temps et sont abandonnés à leur tour;
Les sépultures dont je viens de parler sont les plus anciennes, mais, sans sortir du type indigène^ nous en rencontrons de plus récentes. Celles-là (fig. 463) contiennent des vases cylindriques en terre grise, des grandes urnes ovoïdes en pâte grossière, et enfin des objets métalliques. Le bronze et Tor commencent à être employés bien que n^étant pas encore d'un usage courant.
Fig. 467. — Ciste en terre battue, de la nécropole de Kawamil,
Le second type de sépulture dénote l'apparition, dans la vallée du Nil, d'usages nouveaux que les tombes archaïques ne permettent pas de prévoir; les corps, au lieu d'être ensevelis entiers, ont alors été décharnés, soit complètement et, dans ce cas, tous les os sont placés péle-mèle dans la fosse (fig. 464), soit partiellement, et dans ce cas, nous retrouvons ensemble les os des mains et des pieds, tandis que le reste du squelette est dans le plus grand désordre.
Généralement, la tète avait été séparée du tronc sans toutefois avoir été tranchée car, d'une part, elle n'occupe plus, par rapport au squelette, sa position normale et, d'autre part, les vertèbres cervicales sont demeurées intactes. Certains corps semblent avoir été simplement coupés en tronçons afin que leurs débris occupent un moindre espace.
Les fosses sont variables de dimensions, souvent elles présentent une forme rectangulaire, les grandes dimensions du rectangle se trouvant orientées du sud au nord ; parfois aussi (Kawamil), et Torient tation reste toujours la même, elles sont garnies, sur tout leur pourtour, de murailles de briques crues formant un ciste complet.
Il n'est pas rare (Silsileh, Kawamil) de rencontrer, dans la même sépulture, soit plusieurs squelettes repliés suivant le rite indigène, soit les fragments de plusieurs corps, de sorte que, dans bien des cas, la récolte des spécimens destinés aux études anthropologiques est fort difficile (fig. 465).
A Kawamil, j'ai rencontré, en même temps qu'un grand nombre de sépultures garnies de briques crues (fig. 466), de véritables cistes
Fig. 468. — Ciste en terre battue de la nécropole de Kawamil
d'argile (fig. 467) composés d'une cuve rectangulaire et de son couvercle. Les ossements s y trouvaient pêle-mêle et les vases contenant les offrandes étaient déposés en dehors du ciste, (fig. 468.)
Dans cette localité, Tusage d'ensevelir dans des enveloppes d'argile était extrêmement répandu, car beaucoup de corps étaient placés dans de véritables vases (fig. 469), soit décharnés, soit mis en morceaux; les plus remarquables (fig. 470) sont ceux dans lesquels le mort gisait sur le dos, dans un vase retourné (fig. 471 et 472), les membres repliés en Tair.
Ces usages funéraires, bien que conservant quelques traces des anciennes coutumes, celles de replier les membres du mort quand le corps n'était pas mis en pièces, sont très particuliers à ces époques, car, plus tard, à la période historique mieux connue, les morts sont traités d'une tout autre manière.
Fig. 469- "" Urne funéraire de la nécropole de Kawamil.
M. le D' Fouquet m'assure avoir rencontré dans les squelettes qui lui ont été communiqués, des traces de bitume. Cette constatation montre que, dès les débuts de leur séjour dans la vallée du Nil, les Égyptiens avaient des tendances à la momification.
Les mobiliers funéraires des sépultures de la seconde catégorie diffèrent presque entièrement de ceux qu'on a coutume de rencontrer dans les tombes indigènes. Les vases décorés de peintures font défaut, la céramique rouge vernissée de noir, devient fort rare, elle est remplacée par de la poterie grise et des vases cylindriques. Les instruments de silex n'existent plus qu'à l'état d'exception, tandis que le métal est relativement abondant. Les vases de pierre dure sont en beaucoup plus grand nombre.
Ces mobiliers funéraires, l'usage de la brique crue, l'apparition
du métal font que je range ces tombes dans la môme période que la sépulture royale de Négadah, Tidentité étant complète entre les produits industriels de l'un et de l'autre de ces gisements; de plus, le
Fig. 470. — Sépulture de la nécropole de Kawamil.
^^S* 471 fit 472. — Vases funéraires de la nécropole de Kawamii.
monument royal de Négadah était entouré de sépultures de ce genre, tout comme les pyramides des souverains postérieurs le sont des mastabas ou reposèrent les principaux personnages de leur époque.
Il est donc hors de doute que ces tombes sont contemporaines des premiers rois égyptiens.
Un fait également digne de remarque est que les nécropoles du second type sont rarement mélangées avec celles du premier ; à Néga-
Fîg, 473 et 474* — Sépullurcs de la nécropole de Silsileh.
dah, à Kawamîl, à El-Amrah elles sont parfaitement distinctes et éloignées de quelques centaines de mètres les unes des autres ;à Silsileh et à Touk, au contraire, les sépultures des divers types sont confondues dans le même champ des morts.
L'usagede coucher les corps sur le flanc, les membres repliés, dans la position qu'occupe un enfant dans le sein de sa mère, n'est pas spécial aux indigènes de TEgypte; je Tai constaté dans les cistes de l'Arménie russe et dans les dolmens des pays caspiens. Sjœborg le cite dans les dolmens danois; M. Féraud Ta retrouvé dans les cistes et les
dolmens de Bou-Merzoug en Algérie; il est fréquent dans la plupart des pays de l'Europe, et Thomme de Menton est légèrement replié sur lui-même.
La coutume de dépecer ou de décharner les corps est également très répandue : les sépultures néolithiques de Tltalie renferment des crânes et des ossements peints en rouge ; M. le baron de Baye a rencontré dans les sépultures de la Champagne des squelettes décharnés; enfin les Patagons et les Natifs des îles Andaman et les Néo-Zélandais pratiquent encore cet usage *.
Nous nous trouvons donc en face de mœurs déjà connues, mais dont l'existence n'avait pas encore été signalée en Egypte.
Ces constatations seront peutêtre un jour fort utiles, quand le moment sera venu de déterminer d'une manière positive l'origine ethnique des diverses races qui se sont succédées sur le sol égyptien. Ces usages ne sont pas de ceux qui peuvent naître spontanément chez les p. . - et 1* j 1 ^ 1 j peuples primitifs, ils sont bien
rig. 475. — Sépulture de la nécropole de '^ '^ '^ '
Gébel Silsileh. certainement le résultat de pen-
sées philosophiques déjà singulièrement avancées, la conséquence de croyances qui, fort probablement, ont eu dans les débuts des liens communs.
Religion. — Après avoir décrit les coutumes funéraires des indigènes et des premiers Égyptiens, il n'est plus nécessaire d'établir l'existence de croyances religieuses chez ces peuples. L'usage de placer des offrandes dans les tombeaux prouve surabondamment que les