‹ Recherches sur les origines de l'ÉgypteChapitre 30 sur 87 · I . J. Lubbock, L'homme avant rkistoirCf p. 347, 872 et 44o · texte numérisé non relu

I . J. Lubbock, L'homme avant rkistoirCf p. 347, 872 et 44o

croyances relatives à la vie future étaient déjà très répandues et ces croyances ne peuvent exister sans qu'on admette l'existence d'une

Fig, 476 à 49^. — Plaques de stcato-schiste (nécropoles d'El-'Amrah, d'Abydos et de Toukh (i[io grandeur naturelle).

on

^^S- 499 ^ ^od. — Plaques de schiste. Nécropole de Toukh (Ncgadah) et de Ballas (cf. Flinders-Petrie, pi. XLVII, XLIX).

force supérieure, d'un pouvoir divin, ou tout au moins sans des superstitions qui, chez bien des peuples, tiennent lieu de religion.

Peut-être devons-nous considérer comme objets se rattachant au culte les figurines humaines et animales et les plaques ne stéatoschiste que Ton rencontre en grand nombre dans les sépultures des tndigènes. L'usage des figurines, très répandu à la fin de la période

Fig. 5o9 à 5ii. — Schistes graves. — Sog, Gcbel-Tàrif. — 5io et 5ii, Beit- Allam. 1/2 grandeur naturelle.

néolithique, devient très rare dès l'arrivée des Égyptiens; quant aux plaques de sléaloschiste (fig. 476 à 508), qui, dans l'origine, figurent presque toujours des animaux, il se perd debonne heure etlesplaques

rectangulaires que nous rencontrons dans les tombes royales ne peuvent être considérées comme ayant rempli le même but.

L'on a supposé queces plaques étaient destinées soit à aiguiser les lames des couteaux, soit à écraser des substances colorantes; ces deux hypothèses ne peuvent être admises, car d'une part ces schistes, généralement fort mous, ne portent pas la moindre trace d'usure soit sur les bords, soit en leur milieu ; d'autre part, nous connaissonsquelques schistes (fig. 509 à 511) portant des gravures à la pointe représentant des animaux. On a rencontré des plaques de schiste analogues dans les tombes préhistoriques du Portugal* et de nos jours encore les habitants du Kachmir font usage de plaques semblables (fig. 512) comme amulettes; nous sommes donc en droit de supposer que les indigènes de l'Egypte en faisaient le même emploi.

Fig. 5i2. — Talisman en stéato-schiste, Kachmire. (Collection Jagor, mus^c de Berlin d'après un croquis du Professeur Schweinfurth.)

Tels sont les principaux usages et les principales coutumes des peuplades que rencontrèrent les Egyptiens lors de leur conquête de la vallée du Nil. Les données que nous possédons sont certainement encore bien incomplètes, car les recherches ne datent que de deux ans; il n'est pas douteux que l'exposé que je viens de faire doive être complété ou modifié sur bien des points, mais il n'en reste pas moins ce fait certain que les caractères ethnographiques des peuples indigènes dénotent une civilisation spéciale et indépendante de celle des Égyptiens pharaoniques. Le chapitre suivant qui traite de la sépulture royale de Négadah montrera mieux encore quelles sont ces différences.

t. Cartailhac et Chantre, Matériaux, ÎII, 289.

Au mois de mars 1897, me trouvant en Haute Egypte, j'avais invité M. le professeur A.Wiedemann, de Bonn, à venir assister âmes recherches dans les nécropoles préhistoriques du Saïd; la localité de Négadah avait été choisie comme champ de fouilles. Deux ans auparavant, le professeur M. Flinders Pétrie avait, avec mon autorisation, exploré une partie de ce district; mais je savais que ses investigations avaient porté sur les nécropoles de Toukh et de Ballas et que, bien qu'ayant intitulé Naqadah et Ballas Tun de ses derniers ouvrages, l'archéologue anglais avait laissé vierges les terrains situés au sud de Toukh.

Je vins donc établir mon camp à la limite du désert accompagné de MM. A. Wiedemann, G. Jéquier et G. Lampre, qui me vinrent en aide dans la surveillance des fouilles et deux nécropoles furent attaquées, Tune au sud, appartenant aux peuplades indigènes, Tautre, située à quelques kilomètres plus au nord, et renfermant des sépultures des premiers Egyptiens.

Pendant que les fouilles se poursuivaient, j'explorais méthodiquement les environs, reconnaissant les kjœkkenmœddings, recueillant des silex taillés, observant tous les indices. C'est alors que je découvris, dans un petit tell situé au nord de la nécropole septentrionale, les restes d'un monument de briques crues qui, par la technique de sa construction, me sembla, dès le premier abord, remonter aux époques les plus reculées de la civilisation égyptienne (fig. 513).

Les fellahs, en creusant dans ce tell pour se procurer du sébakh, avaient mis à jour quelques pans de murs de Taspect le plus singulier. La face extérieure se composait de sortes de chapelles formées

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