Pétrie, Naqada, pi. LIX, {Àg
222 LES MODES DENSEVELISSEMENT
exactement comme forme aux lignes brisées et aux représentations d'ibex qui ornent les vases de la même époque '• Les tatouages étaient fréquents en Libye*, tandis qu'ils manquent en Egypte. Ce n'est que sous le règne d'Aménophis IV, époque où nous trouvons aussi, d'autre part, des traces d'influence libyenne, que le roi et la reine se firent tatouer sur le corps le nom du dieu Aten*. Afin de montrer ces ornements, ils découvraient leur corps plus que l'usage égyptien ne le permettait; parfois même le vêtement ne les couvre que sur le dos et les côtés*, comme c'était la coutume chez les Libyens du temps de Seti I"'.
Les faits dont nous venons de parler rendent probable une relation entre une partie de la civilisation de Négadah et celle des voisins occidentaux de l'Egypte. Cela a lieu d'une manière encore bien plus évidente si Ton considère qu'il existe un rapprochement incontestable entre la civilisation de Négadah et celle qu'on appelle la civilisation insulaire de la Grèce, qui a précédé la période mycénienne dans les pays de la Méditerranée septentrionale. Il ne paraît guère admissible que les représentants de cette civilisation du type de Négadah aient été chassés par l'immigration égyptienne, et se soient réfugiés sur les îles grecques et les côtes environnantes. Il est beaucoup plus vraisemblable que leur civilisation ne s'est pas bornée à la vallée du Nil,
1. Des grafOlis du même style se trouvent en 1res grand nombre sur les rochers des montagnes lybique et arabique, jusqu'à une assez grande distance dans le désert. Ils n'ont pas été recueillis au complet, mais quelques-uns ont été publiés par de Morgan, Origines^ 162 sq.; GolénischeCF, Recueil de Travaux^ XIII, pi. IV et YII (v. aussi Pétrie, Season, p. i5 et Ten years digging^ p. 76 ; ceux de Pétrie, Season, pi. XIX, sont beaucoup plus récents et datent en partie des temps hellénistiques) Parmi les derniers, pi. IV, n<> 17, trois autruches, et pi. VII, n** 62, un oiseau voletant, sont remarquables : les premiers rappellent les autruches des vases du tombeau royal de Négadah, et l'autre l'oiseau sur la plaquette d'ivoire.