‹ Recherches sur les origines de l'ÉgypteChapitre 48 sur 87 · PI. XII, 1. I et pi. XVIII · texte numérisé non relu

PI. XII, 1. I et pi. XVIII

6. Wawa significen général les pays au sud de l'Egypte proprement dite (v.Brugsch, Aegyptische Zeitschrift^ 1882, p. 3o).

que ce n'est qu'un essai d'expliquer étymologiquement le nom du pays comme celui de la conspiration ; en effet, si Ton avait pensé que la guerre y avait réellement pris origine, l'inscription donnerait des détails, et ne citerait pas Edfou comme premier lieu de victoire*. Le lieu suivant se trouve à Thèbes, le troisième à Dendérah. Il n'est guère possible de reconstruire, à Taide de ce mythe, Thistoire de la conquête dans tous ses détails, mais au moins le fait que, d'après la tradition qui lui servait de base, les envahisseurs vinrent de la Haute Egypte et avancèrent vers le nord, paraît ressortir très clairement.

En admettant que le point de départ de l'invasion se trouve dans les environs de Gosseïr, on ne peut pas en conclure que ce pays ait été la patrie réelle du peuple égyptien, les bords de la mer Rouge n'ayant jamais pu offrir à une population un peu nombreuse les terrains nécessaires à sa subsistance. Cette contrée ne peut avoir été qu'une étape dans la migration de ce peuple, dont il faudra alors rechercher Torigine plus loin à l'est, vers l'Arabie.

Une tradition ancienne* nomme comme frère de Misraïm, qui représente l'Egypte, Chus, le père de Nimrod, fondateur de TEmpire babylonien, indiquant par là une relation entre les habitants de la vallée du Nil et ceux de la Mésopotamie. En effet, les trouvailles en Egypte d'un côté, en Chaldée de l'autre, ont mis à jour tant d'analogies, qu'il parait impossible de les attribuer à un simple hasard; elles ne sont cependant pas de sorte à nous forcer à voir dans une des deux civilisations un dérivé de l'autre et à penser, par exemple, comme on a voulu le proposer, que les Babyloniens auraient conquis rÉgypte à un moment donné, en lui apportant leur civilisation. Pour prouver une pareille hypothèse, les preuves ne paraissent pas encore suffisantes, et le développement particulier que prit chacune des deux civilisations ne paraît, de prime abord, pas favorable à cette idée. Mais on est en droit, en se basant sur ces analogies, d'émettre l'opinion que les deux civilisations ont

1. Ce serait fort intéressant si le texte racontait réellement» comme l'a pensé Brugsch (Aeg. Zeit,^ i884, p. 96) que l'endroit où Horus quitta la mer Rouge, pour commencer sa seconde campagne victorieuse, était Bérénice. Malheureusement le mol Schashert qu'il traduit de la sorte est, dans les textes, déterminé comme pays. Dans ce pays était située une ville dont le nom n'est pas donné et dont le texte dit seulement qu'elle était située sur la route conduisant de la mer Rouge vers Wawa, de telle sorte que nous ne pouvons même pas l'identifier avec un port quelconque de la mer Rouge.

2, Genèse^ x, 6-10.

une origine commune, qu'elles ont apporté les germes de leur développement d'un pays dans lequel elles vivaient ensemble. Comme la marche de la civilisation chaldéenne remonta TEuphrate, il faut chercher ce pays en premier lieu en Arabie.

Il est impossible d'étudier ici de plus près les ressemblances et en môme temps les différences des deux civilisations, cela ne pourra se faire que dans un mémoire spécial*; mais, je voudrais au moins signaler ici un point de comparaison qui a été révélé à la science par la découverte de tombeaux à incinération à Négadah et à Abydos. Tandis qu'en général en Mésopotamie on enterrait le mort, parfois dans une position semi-embryonnaire*, on trouve parfois à côté de cela des traces d'incinération du cadavre*. Les nécropoles les plus intéressantes sous ce rapport qui ont été découvertes à Surghul et El'Hibba^ contiennent non seulement des fosses, mais encore des maisons complètes dans lesquelles le mort avait été brûlé. Non seulement cette analogie avec nos tombeaux royaux d'Egypte se détache de l'étude de ces nécropoles, mais on peut encore y voir les suivantes : les murs de Surghul sont en briques non cuites ; un vase a été intentionnellement percé, comme si on avait voulu le tuer ; parmi les dons déposés dans les tombes se trouvent des haches et des pointes de flèches en silex, des armes en bronze, des pierres rondes ou cylindriques. Dans un tombeau était enterré un enfant dans la position embryonnaire, couché sur le côté droit. Cependant nous ne pou-

r. Un des points qu'on a voulu citer comme preuve de l'origine babylonienne de la civilisation égyptienne est la ressemblance des pyramides d'Egypte avec les temples en terrasses de la Mésopotamie. Mais la différence entre ces deux classes de monuments est fondamentale : la pyramide n*a jamais été en Egypte qu'un tombeau, le temple n'y a jamais reçu une forme semblable. Le rapport entre les deux formes de monuments ne consiste que dans le fait que tous les deux forment des montagnes artificielles, l'une destinée à rendre plus visible le temple d'un dieu, Tautre à signaler de loin le tombeau d'un roi. L'idée de bâtir une montagne semblable ne serait jamais venue à un peuple vivant dans une contrée montagneuse, où la nature oflrait des points saillants beaucoup p]u8 commodes que ces constructions ; c'est pourquoi il me semble que le» Égyptiens ont apporté avec eux l'idée de construire des pyramides du séjour dans un pays plat.

2. Taylor, Notes on the Ruins of Muqcyr dans Journal of Royal Asiat, Soc.W (i855), p. 270; llommely Geschichte Babyloniens-Assyriens, p. 195, et pour les indications des textes, Jeremias, B^bylonisch-assyrische Vorslellungen vont Lehen nach dem Tode, p. 46i et Jensen, Kosmologic der Babylonier, p. 225.

3. Cf. Maspero, Histoire ancienne^ I, 687. Jeremias dans de La Saussayc, Lehrhuch der Religionsgeschichte f I, 2io.

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