‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 2)Chapitre 20 sur 43 · CINQUIÈME SECTION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SECTION

RitABllSSEIIEMT DES GRANDS OS DES EXTR&IUTÉS«

Maintenant que nous avons déterminé sans équivoque les parties de nos animaux qui fournissent leurs caractères zoologiques, tout le reste de leur squelette va se reconstruire comme de lui*mêmej nous allons trouver des avant-bras attachés à des carpes, des tibia attachés à des tarses; ces os en d'autres endroits nous feront reconnaître des cubitus ou des péronés; en d'autres encore des humérus, des fémurs auxquels ils adhéreront. A défaut de ces argumens positifs, les lois de coexistence zoologique viendront à notre secours, et quand une forme aura été as*signée d'une manière quelconque à l'un des deux genres, nous appliquerons aisément aux espèces du genre les os de cette forme qui leur correspondront pour la grandeur. C'est à l'aide de

KETABUSS. DES GKANDS 08 DBS EXTREM. d65

ces divers procédés que nous allons ^ dans cette •^1 section, reproduire et décrire les os des bras et des jambes de nos animaux.

Nous commencerons, comme pour les pieds eax-mémes, par l'extrémité postérieure, et nous irons en remontant, c'est-à-dire que nous chercherons d'abord à retrouver les tibia ^ pour arriver ensuite aux fémurs et aux bassins.

ARTICLE PREMIER

Des tibia.

Les deux sortes d'astragales déterminées pour les genres, aux articles a et 3 de notre 2"' section, nous auraient déjà indiqué la forme de la tête inférieure de leurs tibia respectifs. Il était nécessaire qu'à l'astragale rectangulaire des anoplothériums, à cet astragale semblable à celui des ruminans et des pachydermes à doigts pairs, et dont la poulie tibiale a ses deux rebords perpendiculaires sur son axe transverse, s'articulât une face inférieure de tibia aussi à peu, près carrée, et où les deux sillons fussent perpendiculaires sur le diamètre transverse, tandis que sur l'astragale des palaeothériums , dont la poulie

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est oblique comme dans tous les pachyderme» à trois doigts , la Cête inférieure du tibia, devait aussi porter l'empreinte de ^tti9 o!bUquité. • /

La règle de conduite que me doiu^aît cette réflexion^ fut secondée et confirmée par Ij^ morceaux où je trouvai le tibia encore attaché à son pied , comme on va le voir dans les différentes descriptions qui suivent.

§ I. Des tibia appartenant aux pieds tridactjrles^ ou au genre palœothérium.

Tibia du palœothérium médium.

Ainsi le pied tridactyle que j'ai décrit daji$ l'article 2 de la deuxième section^ étajit ac* compagné de son tibia presque entier, tel que je le représente, pi. 107, fig. i; la tête supérieure était en partie enlevée, mais il en pestait assez en arrière pour donner .encore toute la longueur de l'os de ce côté, qui est de 0,21.

La tête inférieure avait un peu souflfert aussi, et toutefois ce qui en restait, fig. a et 3 , me suffit pour faire reconnaître un morceau qui ne contenait que la tète inférieure

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seulement^ mais qui la contenait pkis compfêtSi ^t qi|i est représenté fig. g et 10. 1 Cb fàt Âe la même manière qu'on put re- I coDMitre une t^te supérieure plus entière, j fig. 1 1 ; en sorte qu'avec ces trois seuls morceaux on aurait déjà pu refaire tout ce tibia, et j'eQ ai ^u depuis un grand nombre d'autres qui sç sont complétés et confirmés mutuellement, et d'après lesquels je donne ce tibia entier, pi. i34, fig- 2.

La ressemblance de ces deux têtes avec celles du tapir est frappante; seulement la supérieure est plus large transversalement à proportion de sa dimension d'avant en arrière; tout le corps de l'os est plus long et plus mince; il grossit moins à proportion aux deux extrémités ; la crête antérieure est moins aiguë dans le haut et moins courbée sur sa kmgueur; vers le bas en dehors il n'y a point de sillon aussi marqué , etc.

D s'éloigne encore plus, sous tous ces rapports, du tibia du cochon que de celui du ti^r.

ff

Longueur totale depuis les crêtes mitoyennes 4e kl tàtt Supérieure y jusqu'à l'apophyse postérieure de la tête inférieure. • < • • 0,23

lUurgeur transverse de la tcte supérieure. . 0|05â

Diamètre antéro - postérieur du condyle externe 0|035

Diamètre transverse de la tête inférieure. • 0,03

Diamètre antëro - postérieur 0,0S7

Moindre largeur transverse du corps de

l'os. 0,(tta

Cet 05 est de près d'un dixième plus long , et en même temps d'un sixième moins large que son analogue dans le jeune tapir d'Amé* rique.

ql* Tibia du palœotherium crassum.

Celui-ci se trouvait sans équivbque et encore attaché à son pied dans le morceau de la pi. 98, fig. i^ et sa partie inférieure dans celui de la fig. 2. Ces deux tibia sont mutilés y mais ils m'ont suffi pour faire reconnaître des têtes inférieures et supérieures entières.

Les têtes inférieures se Kconnurent ^cdlleurs par la facilité avec laquelle elles pouvaient s'articuler aux astragales de cette espèce de pied.

Ce tibia est long de o^ao, c'est^-dire d'un centimètre seulement plus court que celui du palœotherium médium.

Ses têtes inférieures sont plus lai^s que

RÉTABUSS. DBS GRANDS OS DES EXTR£M. ^169

dans cette espèce , ce qui était nécessaire pour correspondre à leurs astragales; j'en ai une de 6,0^5 de largeur transverse ^ et de o^o5 d'avant en arrière.

Une tête supérieure prise .d'un autre mor« oeau est large de 0^07,

Ces tibia un peu plus courts sont donc considérablement plus gros que ceux du palœo^ therium médium; sous ce rapport ils sont en proportion avec leurs pieds j et c'est ce qui a contribué à me faire donner à cette espèce le nom de crassum.

5^ Tibia du palœolheriujn magnum.

Cet os est un de ceux à la connaissance desquels je ne suis parvenu que par degrés et à l'aide des lois zoologiques, car pendant longtemps je ne l'ai pas trouvé attaché à son pied.

Le premier fragment que j'en obtins, et qui est une tête inférieure semblable a cell^ du médium^ mais d'une grandeur double^ pi. 107, fîg. 5 et 7, m'avait déjà paru avoir en lui-même des caractères suffisans pour le rapporter à cette espèce > cette tête a 0,06 de largeur transverse , et 0,04 d'avant en arrière , et elle s'articule parfaitement bien avec l'astragale de cette espèce tel qu'il a été dé-

iyO roSSÏtES DE PARtS.

érit dânâ Tarticle IV, section II, n^ 5. Je Côtielus etisuite la longbeur de l'os , dtl morcedtt de la fig. 8, qui, tout mutilé qu'il était, ne pouvait se rapporter qu'ali palœotheriutH mârgtiurhy attendu que j*avais déjà alors le tîbia de V anoplôtherium commune , lequel. éfâ.it di^ firent : ée tibia inutile est long de ô,ô5i.

Ce fut seulement en troisième liétf que j'ètis lé bonheur de trouver dans lé cabinet de M. de Drée ce tibîâ presque cc^mplët, tel ^'ôti le voit pi. 109, fig. 7, et loti^ au^i de o,o3i; cet os est donc aui deut pfécédeiid, pour la longueur, dans un rapport un peu supéHeùr â celui de 5 à 2, en meiùe temps qu'il est le double du premier pour l'épaisâéur.

L'espèce de ce tibia a été confirmée par le grdttpe d'ossemens d'un individu de palaeothérium trouvé récemment à Montmartre :

on y voit, pi. i4i, fig. i, un tibia atec son péfôné. Son pied et son fémur. Ses dimension g et tout ce qui reste de ses formes sont

les mêmes.

4® Tibia du palœotherium minus.

Le pied de cette espèce, représente pi. 96, fig. 2, et remis en ordre pi. 99 ^ était ac-

RÉTABLISS. DES GRAND? 09 DBS EXTREM. HJl

eWtfjNigné d'un tibia mutité, dont la tête in*

Wntatt^ Mfdleinent subsistait à peu près à

moitié; mais d'après fette première indioah

tioii ^ je reconnus des têtes inférieures plus

(MiipAètes, telles que celles de Fos mutibâ.,

pi. 107, fig. 6^ qui se trouvait précâsémeM;

it moitié nioindre que celle dn palœothen'um

meéium, ayant de droite à gauche 0,01 5 y et

d'avant en arrière^ 0,011. Je présentai cette

(fctmére tête à l'astragale du pied de la pi. gg,

et èHe s'y articula parfaitement. Ce morceau

ibé éotrna donc déjà la longueur de l'os, qui est

âé6,i/i5, ou à peu près la même que celle de

son pied.

Des échantillons plus entiers complétèrent la connaissance de cet os. On en voit un, pi. 109, fig. 2, qui provenait d'un jeune individu , puisque sa tête inférieure est épiphysée : il y reste en a, l'épiphyse inférieure du péroné. Cette tête est représentée à part , pi. 108, fig. 12. La longueur de ce tibia est de 0,145 ; sa tête inférieure a de droite à gauche 0,01 5, et d'avant en arrière 0,012.

On en voit un autre bien entier qtti dotine toute la tête supérieure, pi. iio, fig. 2, 5 et 4- Cet os est long de 0,1 5; sa tête supé^rieure a de droite à gatiche o,o55, et d'avant en arrière sur un de ses côtés 0,025.

^J2 FOSSILES DB PAftIS.

Ainsi cet os est à celui des palœothérioflB^ crassum et médium^ pour la longaeuTi diB# le rapport de 3 à 4f ou un peu au-dessous.

Mais pour l'épaisseur il est de moitié moÎD-' dre que l'un , et de plus des deux tiers moiii-' dre que l'autre.

C'est d'après ces tibia* que nous avons pa constater l'identité de celui du squelette trouvé à Pantin I et gravé pL ii5, bien qu'il n'y reste qu'une portion de la tête supérieure; et que nous sommes remonté à l'espèce de ce squelette , et avons pu lier positivement la tête et le pied de cette espèce avec son corps ^ comme nous le dirons ailleurs.

Je n'ai pas encore obtenu les tibia ni du pn^ lœotherium iatum^ ni du curlum.

§ n. Des tibia appartenant aux pieds dSiae^ tylesj ou au genre anoploihérium.

I* Tibia de V anoploiherium commune.

Je fus long-temps sans posséder de tibia bien caractérisé réuni à quelque portion du pied de cette espèce.

Le morceau de la pi. gS, fig. i et :2y contenait bien avec les deux doigts une empreinte

1 RIÈTABUSS; DES GRANDS OS DES EXTREM, !àjZ

f qui pouvait me donner une idée des dimen- I sions de la tête supérieure^ mais le bas y manquait.

Un auti^ morceau double offrait encore deux portions de tête inférieure dont je donne la plus entière, pi. io6, fig. 1 1 ; et^ en le rapprochant du morceau opposé , on obtenait une tête inférieure carrée, telle que les lois zoologiques, l'annonçaient.

D'après ces renseignemens imparfaits, je pas reconnaître des tibia à leurs empreintes , où quelques restes de tête inférieure s'accordaient assez avec les fragmens précédens pour devoir être de même espèce.

Tel est celui de la pi. io8, fig. 8; il est posé dans le gypse sur le côté interne, et n'a * conservé de sa tête inférieure que Tapophyse interne qui diffère de toutes celles du palseothérium.

Tel est encore celui de la fig. g, même planche, où il ne reste que la partie postérieure de la tête inférieure de recohnaissable, telle que je l'ai représentée, même pi., fig. 10.

Ces restes de faces articulaires rapprochés des astragales d'anoplolhérium s'y adaptaient très-bien.

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J'avais donc tout lieu de crbirê tfùè ce^ talent là des tibia de même espèce^ et j'en concluais que cet animal avait \é& jàmbà courtes et grosses.

En effet ces deux tibia n'ont 'diiè 6,27^ ou 0,28 de longueur sur o,o5 ou 0,06 de largeur à la tête inférieure.

Je trouvai ensuite des têtes supérieures et inférieures plus entières.

On en voit une inférieure^ pL iio^ fig. 5 et 6^ qui a son apophyse interne emporter 1 et une supérieure^ pi. 108^ fig. i3, qdi n'a qu'un peu souffert vers l'angle antérieur.

Cette tête supérieure se laisse distinguer sur-le-champ, des palaeothériums^ par un angle antérieur plus saillant et un diamètre aiitéro - postérieur plus considérable ^^ deux points par lesquels elle se rapproche des cochons et des ruminans.

Quant à la tête inférieure, elle a sa disposition rectangulaire, et la forte saillie de son apophyse interné*; sa forme en rectangle est la même que dans le chameau ; son apophyse , très-saillante, s'en rapproche aussi beaucoup; mais un caractère qui l'en distingue, c'est que le péroné s'y articule par le côté, tandis que. dans les ruminans (le chevrotain excepte)

HETABUSS. DEd GRANDS 08 DES EXTREM. 2175

Il h'if a qa'un petit osselet péronien qui 8*àrttàule eti-dessous .

La tête supérieure, pi. io8, fig. i3, est fW^es^e en triangle équilatéral d'environ o,i

L'inféiieure y pi. no, fig. 5 et 6, et une aatre encore plus entière ont o,o55 de largeur taxïsvetsè et 0^04 de diamètre antéro- postétieiir : leb knminans ont à peu près ces proportions, mais dans les cochons ces dimen^iond ffont pftks légales.

!2* Tibia de V anoploiherium secundarium.

Si, comme je le crois, Tastragale et les pnalanges onguéales de la pi. 109^ fig. 9, appartiennent à Tespèce secondaire de ce genre, nous avons son tibia à peu près entier et parfaitement certain, puisqu'il est encore articulé avec Tastragale.

Ses formes sont les mêmes que celles des fragmens dont nous venons de parler, ce qui confirme nos conjectures à l'égard de l'espèce de ceux-ci.

Sa longueur est de 0,121 sur o,o43 de làr- ^ieiir transverse î. la tête inférieure. Ce qui

ajÔ FOS8ILB8 DE PARIS.

reste de la tête supérieure a 0^08 de largeur transverse à Tendroit le plus mince; il esjt large de o,o3.

Il est plus gros à proportion que celui du bœuf et même que celui du tapir. Sa crête antérieure est saillante et aiguë , et descend autant que dans le tapir.

Je rapporte à la même espèce le morceau de la pi. 109, fig. I y où la largeur transverse de la tête inférieure, prise au même endroit, est de o,o4i> son diamètre antéro-postérieur, de o,o5.

5® Tibia de V anoplotherium gracile.

J'ai été assez heureux pour obtenir celui-ci fort entier, et attaché encore à son astrai^ale et à d'autres os de son tarse.

Je l'ai représenté de grandeur naturelle, pi. 108, fig. I, avec son astragale û, une partie de calcanéum by le cuboïde d^ le scaphoïde e, et le cunéiforme yi

On sait, par notre art. IV, sect. II, § II, n** 2, que cette sorte de pied est fort grêle. On peut voir ici que le tibia ne Test pas ïWftiW; Çt rpp 4pit ÇOQtinpçr à juger que

I RETABLIS3. DES GRANDS OS DES EXTREM. 277

les proportions de l'animal étaient fort lé*

gères.

La longueur du tibia est de 0,20 ; la largeur traDsverse de sa tête inférieure , de o,025; celle de sa partie la plus mince , de o, 01 5.

La longueur du tibia est donc précisément la même que celle du pied , à compter du bas de l'astragale.

Pour en venir aux caractères de ce tibia lui-même , il n'était pas assez bien conservé pour me les offrir entièrement; mais ce que j'ai pu voir de sa tête inférieure , en la déga* géant du plâtre , ressemblait parfaitement , pour la grandeur et pour la forme , aux parties correspondantes d'une autre tête que j'ai eue entière et libre; et j'ai pu me servir de celle-ci pour compléter la description de la première^ et pour établir les caractères de cette sorte de tibia.

J'ai représenté la portion dont je parle, pi. 108, fig. 3, par devant; fig. 6, par le côté externe; fig. 5, par le côté interne; fig. 4^ par derrière; et fig. 5, entièrement en dessous. Les mêmes lettres désignent les mêmes angles dans toutes ces figures.

La plupart de ses caractères lui sont communs avec le cochon et les ruminans, comme

Ton devait s'y attendre, d'après la ifeaaffOif blance de son astragale avec les leurs.

Ces caractères consistent : i^ dans le oûntQur presque carré et non oblique ;

a"" Dans la côte saillante du milieu , droite et non oblique ;

3^ Dans les enfoncemens plus prononcés^ et riuterne limité par un bord plus saillant que l'autre ;

4'' Surtout dans une facette e , sur le bor4 externe I destinée à l'articulation de l'o^le.! péronien. Cette facette distingue ce tibia de celui du cochon, qui n'a de facette que toutà-fait en dehors. Ici, comme dans les ri)n^}-^ nans^ elle regarde en en bas, mais dans Iç^ ri)^ minans elle est plus compliquée par \ipe P§|ite. échancrure qu'elle a dans son milieu.

Cette tête inférieure a quatre apopbyMa principales , dont la plus saillante p^t 1'%]?^rjeure c et la pluç pointue l'interne a. (^|l€^ ci^ dans les ruminans, est aussi sail)an^ qjig Tartre. Celle de derrière d fait un angle f ef)q> trant dans ce tibia , comme dans qeux ^^ ruminans.

Le chameau diffère un peu de c^ J^bill et 4e jpçux 4^ ruminans ordinaires, en t^ qu'il

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