OSSEMENS DE MAMMIFÈRES
Les trois arrière-molaires , fj g, h , sont à peu près carrées , et toutefois un peu plus larges que longues.
Leur couronne offre quatre pointes ou tubercules principaux^ en forme de cônes mousses ; entre les deux antérieurs en est un cinquième un peu plus petit, et entre les deux postérieurs un sixième encore plus petit.
Au milieu des quatre grands est une petite proéminence irrégulière et légèrement bifurquée ; enfin, toute la dent est entourée d'up collet qui s'élève lui-même en tubercules , à l'angle antérieur externe, et vers le milieu du bord externe.
Les trois arrière-molaires se ressemblent, si ce n^est que la seconde est plus large que la première, et que la troisième a son angle postérieur externe plus émoussé que les autres , ce qui rend le contour de sa couronne un peu plus oblique.
Elles ont quelques rapports avec leurs analogues dans le babiroussa, et surtout dans le pécari ; mais outre la différence de grandeur, elles sont plus larges à proportion, et elles ont un collet bien marqué qui manque à celles de ces deux sous-genres.
D'ailleurs les molaires de devant Iwi diÛerenteg.
L'arcade zygomatique , ce, a'écarte plue du crâne dans noire animal que dans aucun cochon connu. Sa facette glénoïde est plane comme celle du pécari, mais elle est plus large; SQD angle interne inférieur est plus dilaté, et son rebord saillant occupe plus d'espace en travers. L'arcade zygomatique paraît d'ailleurs avoir eu des rapports avec celle du pécari par sa direction rectiligne et l'élargissement de son bord inférieur , ainsi que par la poEÎtiOD de l'orbite sur sa base antérieure.
L'échancrure postérieure du palais, rf, avance jusque vis-à-vis du bord postérieur d6 la pénultième molaire, en sorte qu'elle est bien plus profonde que dans les deux sousgenres que nous venons de nommer.
D'après ces détails, il n'est pas douteux que nos plàtrières ne renferment les restes d'un pachyderme plus voisin encore du grand genre des codions que les anoplotliériums, et à plus forte raisoa que les palsothériums, et qui cependant n'était point semblable aux autres cochons. Il est fort à regretter que l'on n'ait eu aucun os d'extrémité à lui rapporter.
Je soupçonne le sous-genre des dichobunes,
OSSBHBIfS DB MAMMIPÂRES. * 4^
dont les pieds ressemblent si fort à celui des cochons^ d'avoir été fort voiâin de ce nouveau genre, et de faire même le passage entre les anoplothériums et lui; mais, pour en fixer entiéreipent les analogies , il faudrait, à défaut de ses pieds, connaître au moins ses dents antérieures.
Dimensions de cette base de tête.
Largeur entre les deux arcades zygomatiques 0,15
Largeur transverse de chaque fosse zygoma-
tique »... 0,065
Longueur 0,04
Profondeur de Tëçhancrure palatine postérieure , à prendre de la pointe des apophyses postérieures 0,04
Largeur 0,0l8
Largeur transverse de la facette glënoïde. . 0,04
Largeur antéro-postérieure , y compris le
rebord postérieur 0^028
Longueur depuis la dernière molaire jusqu'à la première de celles que l'on voit. 0,13
Largeur à l'endroit des deux premières molaires 0,055
Largeur à la naissance antérieure des deux
arcades 0,11
Dbtance entie les deux dernières molaires. 0,045
46o FOSSILES DC PARIS.
Largeur de la pénultième molaire 0,021
Longueur 0,018
§ IL D^un autre genre de pachydermes connu seulement par sa tête, et que je nommerni pros^isoirement aciapis (i).
C'est une chose bien remarquable que cette abondance des pachydermes parmi les fossiles, comparativement à leur proportion dans le nombre des animaux vivàns. Aussi les nuances qui lient les genres entre eux, ces formes intermédiaires , ces passages d'un genre à l'autre si communs dans les autres familles , semblaient-ils manquer dans celle-là. Il était réservé à l'histoire des os fossiles de les retrouver dans les entrailles de la terre, parmi les races qui complétaient l'ensemble du grand système des êtres naturels, et dont la destruction y a produit ces lacunes si frappantes.
Aux grands et petits animaux de cet ordre dont j'ai parlé, vient s'en joindre un non moins remarquable, non moins distinct que
(1) Adapis , nom employé quelquefois pour le daman. Voyez Gesner, page 395.
OSSEMENS DE MAMMIFERES, ^6t
tous les autres; mais dont je n'ai qu'un ou deux débris.
Le premier est une tête, pi. iSa, fig. 4> A et B, assez entière du côté sur lequel elle est couchée , et où l'on voit assez bien une grande partie des dents de ce côté, fig. 4; ^^ quand on enlève un reste de mâchoire du côté opposé, a, fig. 4^ A.
La forme générale paraît avoir été à peu près celle du hérisson , mais elle était d'un tiers plus grande. Je ne découvre ni en haut, ni en bas, plus de quatre incisives (deux de chaque côté dans chaque mâchoire),/, y, à la supérieure, ^à l'inférieure; elles sont tranchantes et un peu obliques, comme celles de Yanophthérium. Après elles vient, tant en haut qu'en bas, une canine conique plus grosse et un peu plus saillante que les autres dents. La supérieure b est un cône droit; l'inférieure est un cône oblique et couché en avant. On voit à la mâchoire supérieure l'alvéole de celle d'un côté qui est fort profond.
Les molaires doivent avoir été au nombre de sept.
A la mâchoire supérieure on en voit six, et il paraît qu'il y en a URe septième plus en arrière.
46a FOSSILES DB PAftiS.
La première , ^, est tranchante. La seeonde) q^ est entourée d^une arête, comme les anti* rieures de Vanoplothérium. La troisième, r, [Mirait lui avoir ressemblé , bien qu'elle soit un peu fracturée. La quatrième, s, paraît au eontraire avoir beaucoup ressemblé aux deux siiivantes , t et a , qui elles-mêmes sont tr^*«eniblables en petit aux arrière-molaires de Vano^ ploilvérium.
A la mâchoire inférieure les deux premières molaires,/^,/, sont pointues et tnuioha»tea. 14 troisième ^ k^k^ est de même forme , maÂs plu3 haute et plus lai^e. Les trois suivantes, /, m» /2, sont perdues; mais la dernière jr o^ est oblongue, et parait avoir eu ses tubercules disposés de manière à former des collines transverses inégales plutôt que des croissans.
Dimensions de ce morceau.
Longueur depuis la première incisive, jusques et compris la sixième molaire supérieure 0,04
Longueur depuis la canine , jusques et compris la dernière molaire inférieure. . , . 0^036
Espace occupé par les deux incisives, la canine et les trois premières molaires inférieures 0,03
OSSEMEM DE MAMMIPèRES. 4^3
Vtpax occnpé par les huit molaires iafé* rieures du deuxième morceau 0,038
Lirgeur de Tapophyse coronoïde, îfridf. • . 0,012
Largeur du troisième morceau , depuis le milieu deTéchancrure des narines postérieures y jusqu'à la partie correspondante de l'arcade 0,02
Largeur de la demi-échancrure 0,008
J'ai trouvé une portion de mâchoire inférieure qui me paraît se rapporter à cette espèce ^ et où l'on voit l'empreinte des deux dernières molaires , et en avant d'elle six au-^ très dents ; savoir : deux à collines transver^ ses inégales et obliques ^ qui sont l'antépénultième et celle qui la précède; les quatre plus antérieures sont obliques ^ tranchantes ^ on peu pointues, avec un petit crochet en arrière. La première de ces quatre, plus petite que les autres , est un peu hors de place , et peut-être est-ce une dent prête à tomber, sans quoi il faudrait reconnaître que cet individu avait eu huit molaires.
On voit en arrière une portion de l'apophyse coronoide qui était courte et large , et un petit fragment du condyle.
Un troisième morceau, que je crois aussi devoir rapporter à cette espèce, offre une par-
tie de rarrière-mâchoire supérieure avec la portion antérieure de Tarcade et une partie de réchancrure des arrière-narines : celle-ci est demi-circulaire. La dernière molaire qui tient à ce morceau est carrée , plus petite que celles qui la précèdent dans le morceau de la pi. i33^ mais d'ailleurs assez semblable.
Addition à tonte Hiistoire des pachydermes fossiles.
Stir un nouveau genre d'animaux fossiles de rordre des pachydermes^ dont on a découvert deUsX espèces dans tes ligiuies de la Ligurie, et une troisième dans le terrain d'eau douce tlesem'irofis d\4gen^ et que je nomrne anthracoTnrRiUM.
Cotio famille des pachydermes semble inépuisable parmi les fossiles.
On a vu dans oe volume que j'en ai encore dôeouvort depuis peu à Montmartre deux geni\\^ que j'ai nomnios * h.r\yt.:77:e et tzdapis , et qiîî d'uiio part f>rmeriî dos liaîsoris entre les «?:.*:-A ;*;*.;:. '\v ei les .V*\;r;;< . et d'autre part somWonl o.>rcUrro voi*s les c:'»^-u7s<'-:'r< irs^c^
ÔS8BMEN8 DE MAMMIFERES. ^65
ËD voici un troisième qui se lie d'assez près , par ses molaires , aux chœropotames et aux di' diobunesj mais outre que ces molaires ellesmêmes offrent des distinctions spécifiques , les grosses canines dont elles paraissent accompagnées donnent un caractère générique qui ne permet de confondre ce nouveau genre avec aucun autre.
Il existe près de Gadibona , village à quel^ ques milles au-dessus de Savon e, au pied de la grande crête de TApennin y un banc de charlion de terre de quatre ou cinq pieds d'épaisseur, légèrement incliné vers Touest, qui forme l'une des assises d'une espèce de monticule isolé que les mineurs ont attaqué par plusieurs côtés. Le banc sur lequel il repose et celui qui le recouvre sont l'un et l'autre de psammite ou grès micacé ^ mais ce dernier est à grain si fin'qu'il se change souvent en argile schisteuse : on a lieu de croire que cette formation s'étend à de grandes distances du côté de Ceva, de Morbello et d'Acqui ; elle ne présente (non plus que l'argile schisteuse placée au-dessus d'elle) aucune empreinte de végétaux; mais, ce qui est aussi remarquable que rare dans ce genrç de couches , ellQ contient des ossemehs d'animaux terrestres inconnus.
M. Buckland , qui a visité ces houiltièree en V. 30
i8âo^ y a recueilli^ et m'avait déjà «tftttiniini^
que il y a plusieurs mois, un fra^mètii de chôire portant une arrière -molake; làêi M. Lafflti jeune , de Turin , a bien yotAti tt'ëN envoyer depuis peu des morceau â'ùiiéëiH pèce beaucoup plus grande > leâ Mi ëii èfi^ nal et les autres en moules prié siir riàtii^i?;
avec un très-bon mémoire sur leur gîseËniëiM; d où j'ai extrait ce que je viens d'eil dire.
Une note que M. Legallois , ingénieur dei niinês, qui a vu autrefois ces houîllièreSji a bien voulu adresser^ à ma demande , à M. Cbrdier^ ôfihre des notions un peu différentes/ il regarde cette houille comme appartenant aux liguitèsj; elle est sèche et répand une odeur féticfe mt là combustion; épaisse de plusieurs urètres ^ elle n'occupe cependant pas une grande étendue, et se divise en lambeaux épars; elle repose sur un gneiss , et est recouverte par un grès micacé jaunâtre et par des blocs de serpentine , et d'une espèce de granit , dans lequel le diallage remplace le mica, deux roches fort communes dans cette partie des Apennins, ou,, si Fon veut, dans cette partie des Alpes , car les deux chaînes s'unissent en cet endroit, et c'est plutôt la nature des Alpes qui y domine.
On vient de m'envoyer des échantillons de
OSdËHSNâ DE MAMMIIi'èKES. Jjfi^
Md blocs qui se trouvent sur ces lignites^ et Bdt. Iferohgniart a bien youlù les examiner. C'est rifië Euphoiide dîallagique, c'est-à-dirè un mé^ Itiiigfè 9è? feldspath comi^ct^ de diallagë; de serpentine et de calcaire. Il la regarde coïniÀe ^sant partie de ces ophiolites / sur lescpielles il a lu , il y a quelque temps , à FÂcadétnie , un Bfiémbire si intéressant. Dans l'opinion de ce savant géologisté , les lignites de Gadibona sont de la formation des collines tertiaires du pied dfi l'Apennin , postérieures , ou, tout au plus, contemporaines de nos gypses.
M. Legallois a vu lui-même un amas d'os^ semens qui occupaient dans la houille un esp^MC^dé huit pieds de longueur, et qui paraissaient.avoir appartenu au même animal.
Il parait que Ton y en découvre journellement.
M. l'abbé Borson, professeur dé minéralogie à^Turin, vient de m'adrteser des moules de Diorçëaux nouvellement trouvés , et qui compfètënt les notion s que me donnaient ceiix de M. Laffîn.
I** Des dents de la grande espèce.
lie premier des morceaux envoyés par
M. Laffin, pi. i6i ^ fig. 2, est un fragment de mâchoire inférieure contenant les deux dei^ nières molaires , et cassé immédiatement avant la pénultième^ et à peu près à un pouce en arrière de la dernière.
La branche dont ce fragment faisait partie était fort épaisse en proportion de sa hauteur^ et sous ce rapport , non moins que par leS tu^ hercules de ses dents , elle semblerait se rapprocher des mastodontes.
En effet, sa hauteur verticale en avant de la pénultième molaire est de o,o5 sur une lar* géur de o,o55.
La dernière molaire est longue de 0,07 et lai^e de o,o5 ; sa couronne est hérissée de deux paires de pointes coniques bien distinctes , et d'une dernière pointe mousse et seulement un peu bifide. Ces pointes ou pyramides sont obtuses, mais non arrondies par le sommet. La face externe de celles qui regardent en dehors est un peu plus bombée que la face interne de celles qui leur sont opposées , mais les faces par où elles se regardent ont chacune une arête saillante, irrégulière, quelquefois bifurquée, qui les rend anguleuses.
C'est surtout parce que leurs autres faces sont lisses et seulement un peu bombées , et
OSSEMÈNS DE MAMMIFÈRES. 4^
mm parce qu'elles sont plus petites et ont moins de pointes ^ que ces dents différent de celles du mastodonte à dents étroites.
La pénultième molaire ne porte que quatre pointes^ mais entièrement semblables aux quatre premières de la dent qui la suit et que nous venons de décrire. Sa longueur est de o,o4^, sa largeur de 0^028.
M. Laffln a aussi envoyé le modèle en plâtre d'un autre morceau contenant deux dents parfaitement semblables aux précédentes, pour la forme et pour la grandeur, mais dont la partie osseuse doit avoir été écrasée dans la carrière par les bancs qui ont pesé sur elle, car elle est beaucoup plus haute et moins large que dans le premier morceau. Sa hauteur est de o,o85, et son épaisseur de o,o35.
Parmi les moules envoyés par M. Borson, il y a encore un fragment de mâchoire inférieure aussi écrasé que le précédent, et contenant seulement la dernière molaire, mais parfaitement semblable à celles dont nous venons de parler, et de la même grandeur.
Le troisième des morceaux envoyés par M. Lafiin, pi. 161, fig. i, appartient nécessairement à la mâchoire supérieure.
Il contient aussi deux dents molaires du cote
AjQ FOSSILES DE PAI18.
gauche encç)rf3 peu usées, et trè3-rema]rq)U)l^ ()ar leur configuration.
Leur couronne est carrée, autant.jet jim large que longue.
Sur sa base sont placées en saillie quatre pyraqfiides ; les deux internes, convexes du oèté du palais , sont anguleuses du côté par où elles regardent les externes. Cellesr<;i sont presque quadrangulaires , mais à angles mousses. Toutes ont leurs pointes obtuses. Le bord interne de la base de la dent est saillant , et forme Juii' Qieme deux petites pyramides qui alternei^f avec les deux grandes externes de la couronne , de manière que Tune des deux petites forme l'angle antérieur de la dent, et Tautre répon4 à son milieu. A l'angle postérieur en est encore une septième plus petite que toutes les autres, ïlnfin, il y en a une huitième, entre l'interne et l'externe de devant , et moins saillante que celles qui l'interceptent.
La plus grande de ces dents , qui est la pps^ térieure , a d'avant en arrière o,o45 , et transversalement à son bord antérieur 0,067. L'autre a aux mêmes endroits 0,04 et o,o5.
Nous devons à M. Borson deux autres mor-
ceaux contenant des dents exactement de même forme.
OSSEMEIfS DE MàMMIPàKES. fyji
' 0*110^ l'un » il y a trois de ces deots, sayotr : lift amtogues des deux précédentes , et à peu Bfâi.dii toêwe grandeur^ et une troisième pk"cé^ QD a^ant d^elle» et plu$ petite y n'ayant d'avant en arrière que .o;o5a et en travers que
GeiHorceau nous prouve qu'ici , comme dans la (>liipart des pachydermes j ît y avait trois arrière-molaires. Mais dans l'autre, qui ne eontient qu'une dent , cette dent est plus grande qi)^ toutes les précédentes. Sa dimension d'à* vant en arrière étant de o,o55 , et en travers
de 0,06.
J!q pe voudrais pas toutefois çn conclure qu'elte vient d'une autre espèce.
liftis ce qui est certain y c'est que ces diverse» arriére-molaires indiqueraient déjà à ellèfr sentes un genre de pachydermes ; les inférieurèâk ont bien de grands rapports avec celles desxifjthodonsj et surtout des dichobunes^ mais leurs pyramides sont plus anguleuses et un peu autrement liées ensemble. Les supérieures ressemblent aussi très-fort à celles des chœro^ pùtàmes , si ce n'est une légère différence dan» les courbures de leurs surfaces.
E serait d'ailleurs bien inutile de chercher les analogues de ces dents, ni parmi les runt-
473 FOSSILBS- DK PARIS.
Dans et les chevaux à doubles paires de croUsans et à lames verticalement enfoncées, ni parmi les anoplothériums, lespalaeothériums, les tapirs, les lophiodons, les rhinocéros; les croissans ou les lignes transverses de tous, ces genres excluent celui-ci. Mais, pour en comr pléter les caractères en ce qui concerne les dents, il faudrait connaître les molaires antérieures , et savoir s'il y a des incisives, des canines , et combien de chaque sorte.
Quant aux molaires antérieures^ je me ha-* sarderais presque à regarder comme telles deux dents que M. Greenough, célèbre géologiste anglais, a rapportées de cette même carrière, et dont je dois un dessin à la complaisance de mademoiselle Morland; elles sont grosses, iri*égulièrement coniques, entourées à leur base d'un bourrelet un peu saillant; leur pointe est en partie usée. Au premier coup d'œil on les avait prises pour des dents d'hyène; mais, outre qu'elles sont beaucoup plus grosses et autrement lobées, le fragment de mâchoire élevé et comprimé dans lequel elles sont implantées ne permet nullement d'adopter cette conjecture.
D'après le dessin , le diamètre antéro-postérieur de leur base est de o,o5, leur hauteur
OSS£M£NS DE MAMMIFERES. 4?^
de o,02S, et celle du fragment de mâchoire de o,o8«
Un morceau reçu nouvellement de M. Borson et gravé à demi-grandeur , pi. lôi, fig. 7, semble m'indiquer la place qù doivent se trouver les dents coniques, ou molaires anté* rieures dont je parle.
.Cest un fragment antérieur de mâchoire infërieure où Ton voit des alvéoles pour deux dents ; chacune à une seule racine^ et dont la grosseur répondrait assez aux deux dents que je viens de décrire. La première doit avoir eu OyO!i2 , et la seconde o^oaS de diamètre dans le haut de sa racine.
Il est probable qu'il n'y avait qu'une troisième ou peut-être une quatrième molaire entre ces deux alvéoles, et la première des trois arrière-molaires que nous avons décrites.
Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans ce morceau, c'est une dent couchée en avant, tranchante par les côtés, se terminant en pointe, convexe à sa face externe, et marquée à l'interne de deux légers sillons parallèles à ses*bords.
Cette dent , représentée par sa face interne , et de grandeur naturelle, pi. 161, fig. 6, est ou une incisive ou une canine. Sa longueur
474 F088ILBS DE TÀMIÛ.
hors de Talvéole est de 0,042 , mais sa pcmitt est tronquée, sa plus grande largeur deôiOi^y sa plus grande épaisseur 4^ 0,021.
E|]e ressemble bien un peu aux incisives kd^ rieures de certains phalangers, ou à ces incittfies inférieures un peu détachées des autres , (f&e l'on nomme canines dans les chameauiL, da moins telles qu'elles sont après la deuxième dentition dans certains individus ; pi^is tèi/^ ressemble aussi beaucoup à la camne iv^i* rieure du tapir, en sorte que je suis tQ^};<^^ pp^ ^ la regarder comme une caniae^ 4 if^qiqs que ï^e& inorceaux plus entiers o^ viennent démentir ma conjecture.
Je n'fii pas eu d'autres dents tenant i^px maplioires, mais M. Laffîn m'a envoyé le oipr dèle d'une très-grosse canine , écrasée , planche 161, fig. 3, qui lui paraît avoir pu appartenir au même animal.
Je n'oserais cependant regarder la ehes^^. comme certaine , parce que je ne voî^ps)s4lft mâc^oirp inférieure de la figure 7 d'e^pa^ pour la laisser passer, et qu'elle ne peflf guère appartenir à cette mâchoire eMte-iqéipe.'
La longueur de ce tronçon, brisé à sa pointe, ej^t de 0,1 25, et son plus grand diamètre au milieu de 0,04* Mais ce diamètre a peut-être
OSSEMBNS DE HXUMlfhiES. ^ ^^^
4^ ^{jigmenté par l'écrasement qu,e la dej^jl; 9.
Ap reste y on découvrira peutrêtre encore dans ces houillières plusieurs autres genres ^tr^ jlesquels il faudra partager c^$ d^bris^ et il serait imprudent de vouloir déj^ le^ ySiÇPQV:: der lorsqu'ils sont encore si incomplets.
J'ai aussi reçu de M. Borson un tronçon de canine conique; avec une seule arête bien marquée^ ne ressemblant ni à l'une ni à l'autre de çellQ^ que j^ viens de décrire; cassée aux deux l^ut^j é]\p a eiipQre.0,04 dp Ippg, ^ur un dii^,nqètrci^ y^rs la base , de 0,027, ^^ ^^V^ 1^ pointe
2® Des dents de la petite espèce.
J^ q'ai qu'une dent, ou plutôt le module d'nnç dent, que je dois àM . Buq]Uand, pi. |§|| fig. A; c'est une dernière molaire entièrçrp^nt sem^h^ble à son analogue 4ans la grandi^ espèce , si ce n'est que son dernier tubçrçfi^ est plus profondément bifurqué, et que ^c^ deux lobes ne sont pas entièrement à côté Tun de l'autre.
S^ longueur est de p^o^S; sa largeur &^
avant de o.oiS. Ainsi elle a moitié de Fautre •espèce en longueur , mais beaucoup moins en largeur ; elle est donc plus étroite en proportion.
Elle est teinte en noir par la houille comme celles de la grande espèce.
5^ De quelques autres os.
Après avoir déterminé les espècçs par les
dents 9 il conviendrait de répartir les autres
os entre elles ^ mais j'en ai trop pcra pour cela. C'est une tâche réservée à ceux qui , habitant près de ces houillières^ et éveillés par mes indications^ pourront engager les ouvriers à leur mettre en réserve tous les os qui s'y trouveront, afin de pouvoir les assortir et les caractériser.
En attendant, une portion inférieure d'humérus , bien qu'un peu mutilée, m'a montré à sa poulie deux sillons et trois parties saillantes, et un trou au-dessus de cette même poulie, deux caractères qui se retrouvent dans Yano^
plotheriuni, comme on le voit page 336 et suivantes. Cependant la saillie mit< enne est moins grosse à proportion, et les latérales plus convexes que dans V anoplotheriufn. Ainsi nous
OSSEMEKS DE MAMMIFERES. 477^
retrouvons ici ce qui doit toujours être^ d'a^ nés les lois zoologiques : une ressemblance de nmille et une différence de genre ou d'es*-'
péce.
Les seules dimensions entières de ce morceau sont les suivantes :
Hautenr verticale de la saillie externe. . 0,047 Hauteur verticale de la saillie mitoyenne. . 0,035 IKamètre du trou, au-dessus de la poulie \ . . . . 0,007
Je ne puis donner la largeur transversale, de cette tête inférieure , parce qu'elle est fractn-*réed'un côté; mais cette grandeur qui estaui-sous de celle de \ anoploilierium commune ^ et peut-être même du secundariumy semble devoir &ire rapporter cet humérus à la petite espèce de nos houillières ^ plutôt qu'à la grande.
J'ai encore de l'envoi de M. Laffin une tête inférieure de fémur, mais tellement écrasée, que je ne puis établir aucun de ses carac-' tères (i).
(1) M. Tabbé Borson a publié un Mémoire sur ka animaux des lignites de Cadibona, daos le vingt^^tiëme.
47S FOSSILES M i^kM&é
4* D'un fragment de mâchoire trouve dans le département de Lot-et-Garonne , lequel pcarûU appartenir au même genre.
Il a été déterré près du village d'Hautevigne^ au; bbf^ d'tin chemin creux qui cbild!ttit de Gôiitkiit à Vertéuil y avec de6 ' os dé të'rïifie trionyx eT de crobodilé, et avec des morceaux de palmier et de bois silicifiés. M. Chaùssenque, membre de la Société d'Agriculture d'Âgen, qoî a*~ recueilli ces divers débris de ràncSnen monde y a bieû voulu me les cbmà^ÛtiP quer à là prière de M. Saint- Amans ^ sàvaSif
votaine de l'académie de Turin , où il donne les figures et les descriptions des mêmes morceaux qu'il avait bien voulu me communiquer, et que je représente , pi. 161.
Il y ajoute deux dents , dont l'ime , fig.. 3 de- sa pL y 9 paraît avoir été une canine conique de taille médiocre , et dont l'autre , fig. 5 et 6 de sa pi. IIÏ , a quelques rapports de figure avec l'incisive inférieure d'un rhinocéros. La première pourrait bien venir du grand anthracothérium. Quant à la seconde, on devra attendre pour en fixer l'espèce qu'elle ait ^ trouvée en connexion avec des molaires.
OSSEMENS DB MAMMIFERES. 479
ttOCikrftlitte et ancien professeur à Técôle centrale d' Agen ; il y a joint une carte des lieux » et divers détails intéressans sur lesquels je reviendrai^ lorsque j'en serai aux ossemens de rqptiles. En attendant, je donne ici oe frag^ ment^ pi. i6i, fig. 5.
Il appartient à la branche gauche get contrat lis trois dernières mbTàires. Là déhiîère a délit paires de pointes et trhè (kniite itti^lâlré. hM ÉéâH autres en ont 6haèdrie déni bkirës. Cèttrs formes ^ôtit extrémeméht seihblâble^ à o(/liéS de la grande n:^hoire ihfêrietirë de Cadibëïià i mais leur gMhdëu^ est éheorë iddifl^ di« (tjfde Celle de la petite.
tÀ' (dernière molaire est longue dé 6,02 , éi large de 0,01 ; la pénultième longue de o^oii ; I;;u:*gè' die 0^009; l'antépénultième longue de ô,ot, large de 0,007. La hauteur de la mâchoire est de o,o'25 ; sa plus grande épaisseur dé 0,01 5.
Ce morceau était accompagné de fragmens d'os^ qui annonçaient à peu près les formes de l'anoplothérium .
il mdiqne incontestablement ttne espéèe iil* CQonoe, qui me parait du genre anthracothé^ rium^ et qui n'est pas non plus sans rapport avec les dents trouvées à Btàye/ et'dont j'ii
parlé comme voisines des hippopotames ^-dans moa deuxième volume, page 495-
Sur deux Anthracothériums du Puy en Vetay.
Nous avons parlé , page 456 , d'un patecn ihérium dont les os se trouvent dans un terrain d'eau douce mêlé de gypse, des environs du Puy en Velay, et qui a été découvert par M. Bertrand Roux, négociant de cette ville. Le même naturaliste a trouvé dans des couches voisines, de marne d'eau douce, des os de deux autres animaux de la même fîimilie, que je crois deux anthracothériums, dont il m'a surtout fait voir des dents. Les mâche- Hères postérieures ressemblent beaucoup à celles du grand anthracolhérium que uous avons décrites; mais les supérieures, indépendamment de leur grandeur, ont pour caractère particulier d'être plus larges que longues. Elles ressembleraient beaucoup aussi à celles de l'anoplothérium , si ce n'est que leur face externe est creusée de deux sillom profonds, un pour chaque pointe. Celle qui précède les trois dernières est toute pareille à sa correspondante dans l'anoplothérium. A U
OSSÉB^ENS DE MAMMIFÈRES. ^8l
mâchoire inférieure nous avons .vu cinq dents; les trois dernières ressemblent à leurs correspondantes dans ranoplothérium ^ si ce n'est que , comme dans ranthracothérium , elles ont une forte pointe au côté interne ^ vis-à-vis de la pointe externe qui doit devenir un croissant. La dernière a deux de ces paires de pointes et une pointe simple ; la pénultième n'a que deux paires de pointes; l'antépénultième aussi^ mais elle est plus petite. Celle qui les précède immédiatement est plus simple et moins régulière , et en avant d'elle en est une comprimée , presque simple et un peu pointue. Nous n'avons malheureusement aucune des dents antérieures en place.
Une partie de ces dents est d'une grandeur .peu inférieure à celle de V anoploilierium comr mune. L'autre est de moitié plus petite.
» M. Roux a adressé à l'Académie une excellente description géologique des environs du Puy en Velay, dont j'ai reiïdu compte dans mon analvse des travaux de l'Académie en iSiS , et qui donnera tous les éclaircissemens nécessaires sur le gisement de ces fossiles.
Ji'nihracothérium découi'ert en Alsad
M. Strauss, jeune DdturalistedéjàbientKRun par ses exceltens travaux sur i'anatDmra dte insectes , m'a procuré la communication d'an fragment de mâchoire , dont je donne le dntsin, pi. 120, Bg. 5, et que l'on ne peut méconnaître pour une mâchoire inférieure do genre anthracotheniun.
La dernière dent a, qui doit être une arttépénultiéme, y est entièrement semblable (à la grandeur près) à la pénultième du grand anthracothérium de Cadibona (pi. 161, fig. 2}, ëtant de mètne divisée en quatre collines pyramidales rugueuses, entourées d'un rebord, etc. Mais elle n'a précisément les,' trois cinquièmes de ses dimensioi taéaires.
En arrière on vûit un reste de la loge vait se trouver encore en grande partie lapéhnltiéme molaire, car cette mâchoire est celle d'un jeune animal qui n'avait pas entièrement changé ses dents.
En effet , la molaire b , qui précède celle que iiouâ venons de décrire , y a trois paires de
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<^llines^ comme doit les avoir la dernière per- ^taate ^ signe infaillible que ce);te molaire, b^ est une dent de lait.
Mais comme elle est déjà un peu Ù6éé, et que les deux qui la précèdent sont encore parfaitement intactes, il est fort pro* hùAt que celles-ci sont des dents de remplacement.
Elles sont comprimées, tranchantes, et n'ont pas leurs pointes disposées par paires : la première, c, n'en a qu'une, un peu obliqué; la seconde, </, en a trois, dont l'antérieure fort petite, et la seconde un peu plus grande que la troisième.
Eti avant de ces quatre molaires^ est une cavité, 6, que je crois avoir été l'alvéole de Ift canine de lait ^ et d'où je présume qu'allait sortir la canine de remplacement, qui, d'après ce que je ].uis juger par ce qu'on aperçoit de ses restes de l'autre côté , ne devait pas devenir considère ble.
Plus en a van r, , vers /, est un germe d'incisive, tranchante; et coupée obliquement, à peu près comme celle de la grande espèce, représentée à la pi. i6i ,- fig. 6 et 7.
Il y a encore des vestes d'alvéoles à U
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partie antérieure de ce morceau, mais trop mal conservés pour que je puisse dire si le nombre normal des incisives était de 4 ou de 6.
On ne peut douter que ce ne soit là une ma-* choire inférieure du genre des anthracothériums , et d'une espèce intermédiaire pour la grandeur, entre la plus grande de Cadibbna, pi. i6i f fig. 1,3, 3 , 6 et 7, et la plus petite du même lieu, celle dont M. Buckland m'a communiqué une dent, ib.^ fig. 4*
Car bien que ce soit ici la mâchoire d'un jeune animal, sa taille peut se déterminer par la première molaire persistante qui est déjà venue et qui ne changera plus. Nous avjons vu qu'elle est des trois cinquièmes de la pénultième de la grande espèce.
Voici les dimensions de ce curieux morceau :
Longueur de l'antépénultième molaire persistante 0,027
Largeur 0,019
Longueur de la dernière molaire de lait. • 0,03
Sa plus grande largeur en arrière P^O.lS
Longueur de la molaire tranchante à trois
■ pointes. . 0,018
088BMENS OiB MAMMIFÈRES. 4^
Largeur 0,009
Longueur de la tranchante à une seule
pointe 0,014
Largeur , • . 0,006
Epaisseur de la branche de la mâchoire à
sa partie postérieure. . . 0,025
Cette mâchoire, dont les dents sont teintes en noir, mais très-brillantes , et bien conser* vées, et le tissu des os d'un brun très-foncé, est enduite d'une terre noirâtre durcie; on Ta déterrée à Lobsan, près de Wissembourg, et non loin de Bœchelbrunn où Ton exploite de la houille.
M. Volz, ingénieur des mines dans le département du Bas-Rhin, en est proprié-* taire.
Dans le même lieu s'est trouvée une canine teinte en noire , très-brillante , que M. Strauss m'a communiquée, et qui pourrait bien avoir appartenu à la même espèce.
De quelques espèces de carnivores. ^^|
Les uns appartiennent au genre descliiens, et les autres à ceux des genettes ou des mangoustes , des martes et des loutres.
S I. Mâchoire du genre du chien. ^|
Fatigué en quelque sorte par cette longue sijite d'animaux dont je ne connaissais pas ài|,' je me sentis l'imaginallon soulagée lorsqueje vis arriver des carrières une mâchoire que je crus reconnaître pour celle d'un chien ou d'un renard; elle est représentée, pi. i5o, fig. i.
L'apophyse condyloïde a très-élevée, le bord postérieur b échancré en arc de cercle sous le condyle c, l'angle postérieur d en forme de crochet, la molaire tranchante, triangulaire et dentelée, ne me laissaient aucun doute sur la classe ; c'était bien sûrement un carnaasicr. Entre cette molaire et la canine i, étaient les alvéoles des racines de deux autres molaire»
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et gj et la place d'une troisième h : derrière elle, en k , était le fragment d'une autre plus grande, et assez de place vers / pour en loger deux. Je concluais de là que cett^ mâchoirQ était du genre canisj le genre Jelis n'a que trois ou quatre molaires au plus; dans les ours proprement dits , il n'y en a aussi que quatre grandes, dont aucune n'est tranchante.
Il y a d'autres différences qu'il est inutile que j'explique ici, pour les ratons, les coatis, les civettes, etc.; en un mot, de tous les carnassiers, il n'y a que le genre canis auquel on puisse rapporter cette mâchoire. Mais queUe fîit ma surprise , lorsque la comparant avec les différentes espèces de Canis , je n'en trouvai pas une qui lui convint entièrement.
Le loup , le renard , toutes les variétés de nos chiens domestiques , le renard de Virginie, le chacal , examinés avec la plus scrupuleuse attention , se ressemblent parfaitement entre eux par des points dans lesquels ils diffè-
rent tous également de notre carnassier actuel.
Mais on est très^mbarrassé de feiire saisir des différences qtii , faciles à voir pour l'oeil habitué , sont très-difficiles à rendre à l'esprit par des paroles. Essayons cependant de nous faire entendre.
La dent e est évidemment la quatrième molaire de ce coté; comparée pour la grandeur avec la pareille des autres espèces^ on trouve que c'est à^ renard qu'elle approche le plus. La distance des deux trous sous-mentonniers, et celle entre la dent e et la base / de la portion extérieure de la canine i, donnent à peu prés le même résultat. Maintenant si l'on prend la hauteur^ e o , de la branche à cet endroit , on trouve que le renard a un sixième de moins. Si l'on suit le bord inférieur en arrière, on trouve qu'il est presque droit dans notre animal, et que dans le renard il remonte de manière que l'angle V se porte en ^.
L'apophyse coronoïde est bien plus dijQTérente encore; elle est beaucoup plus courte et plus étroite dans le renard que dans notre animal. La ligne ^tt, par exemple, dans le renard ne fait pas tout-à-fait ll^s trois quarts de la ligne dp qui lui correspond dans notre animal. La ligne ^a est encore un peu plus petite par rapport à la ligne da.
Ainsi non-seulement la mâchoire du renard, à longueur à peu près égale , a certaines de ses dimensions moins grandes que la mâchoire fossile; mais ces dimensions ne diminuent pas uniformément, puisque vers eo, c'est d'un
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Sixième , et vers daetd p, c'est de plus d'un quart que les lignes du renard sont au-dessous de leurs correspondantes dans notre animal.
Ceci répond d'avance à l'objection qu'on pourrait nous faire, que nous ne pouvons avoir bien juste la longueur dq de notre mâchoire fossile, à cause de la cassure rs de la pierre. On voit que nous nous sommes abstenus d'employer cette longueur dans nos com- ' paraisons.
Quelque mâchoire du genre canis que nous examinions , nous y trouvons les mêmes différences dans le contour et les proportions de la partie postérieure : les variétés des chiens domestiques, le mâtin, par exemple, etledoguin, nediffèrent pas autant l'une de l'autre à cet égard, que cet animal ne diffère des Canis que nous lui avons comparés. Il est donc trèsprobable que ce carnassier était, comme les herbivores, d'une espèce inconnue aujourd'hui.
Nous croirions même pouvoir dire que cela est certain , si nous avions le squelette de quelques espèces telles que Fisatis; mais, quoique nous soyons bien persuadés d'avance que les mâchoires de ces espèces ressemblent à
celles des autres , nous ne prononcerons poi Mt ici, afin de ne rien laisser de douteux daans notre travail.
Hauteur de la mâchoire, depuis Tangl^ postérieur 4 jusqu'à .l'apophyse coronoïde d 0,05
Hauteur depuis ce même angle jusqu'au
condyle O^OÎl
Largeur de l'apophyse coronoïde immédiatement au-dessus du condyle 0,03^
Qauteur de la branche de la ipâclioire , yi^
à-vis et y compris la dent e. . . . . » . 0,02^
pistance comprise entre les deux trous sous-
mentonniers 0,OOS
§ IL Portions de tête et de mâchoire d'une gran^de espèce appartenant a un genre de la famif^ des coatis , des ratons , etc.
Il suffit d'un coup d'œil,au naturaliste exen pour juger que la tête fie la pi. i5o, fig. a, ^^ la mâchoire inférieure, fig. 3, proviennent d'un Carnivore , et d'un Carnivore différent ^3fi tous ceux que l'on connaît.
La première proposition est suffisamment