OSSEMENS DB MAMMIFÈRES
^prsmyée par la forme pointue et tranc^^nte {Nremières molaires ou fausses 'molaîresy par rénorme saillie de l'arcade zygoraa- Jique.
La seconde résulte de la comparaison du ïpetit nombre de dents que nous offrent ces inorceaux^ avec leurs analogues dans les genres connus.
.On voit derrière la canine supérijeure a , troi^ filasses molaires b, c ,d, puis en e les racine^ de la carnassière. La troisième faussa iQplairiç 4I affolement a un lobe ou dentelure sur sa b^e en arrière, et n'en a point en avant. La quatrième dent a un petit lobe en avant de sa grande pointe, et un autre en arrière plus considérable que le premier. Elle a de plus à sa base interne un talon sailjant qui pourrait faire croire que c'est la carnassière, mais ce serait alors de toutes ses analogues celle qui aurait le moins d'étendue d'avant en arrière: derrière elle était une dent à trois racines qui p'occi^pait pas un plus grand espace, et ^^Vr rière celle-là encore une autre. Ces deux dent^, dont les couronnes sont emportées , étaient probablement des tuberculeuses. Dans un autre morceau qui contient la partie antérieure du palais, pl.*i499 fig. 5 , on voit la seconde et
la quatrième molaire en place , un fragment de la cinquième fort usé, et en avant l'alvéole d'une canine et celles de six incisives, avec l'empreinte des trous incisifs , le tout coaformé comme dans les carnassiers en général.
A la mâchoire inférieure, derrière la canine/, pi. i5o, iig. 3, se trouvent aussi trois fausses molaires; mais la seconde a déjà un lobe pointu en arrière et un obtus, et presque effacé en avant. La troisième n'en a qu'en arrière; mais il y a probablement eu encore une de ces fausses molaires immédiatement derrière la canine, ce qui en porte le noniVc à quatre.
A ces formes de dents, à ces arcades zygomatiques saillantes, se joint encore, pour caractériser notre animal, le prolongement extrême des os palatins, ]i, h, en ai-rière. L'ouve^ ture postérieure des narines, encore que su bords ne soient pas entiers, se montre en^; et l'on voit que les palatins ne devaient finir que presque vis-à-vis de la lacelte glénoide- Cette partie du palais montre aussi de chaque côté une sorte de crête qui devient assez forte en avant.
Or nous ne trouvons ces diverses circonstances , à peu près réunies , que dan^un très-peti(
OSSElrfEiYS DE MAMMIFÈRES. 49^
nombre de carnivores ^ savoir : dans les coatis^ les ratons, et quelques ^dus-^enres voisins.
En effet, les chats, les hyènes, les chiens^ les civettes, les kinkajous, sont exclus par la brièveté relative de leur arrière-palais osseux. Cette partie se prolonge un peu plus dans les martes , les loutres, les gloutons et les grisons, mais pas encore à beaucoup près autant que dans ce fossile. D'ailleurs les martes, les gloutons, les grisons, sont exclus par l'étendue en longueur de la carnassière et la petitesse de l'unique tuberculeuse; les loutres le sont aU Qioins par plus d'étendue dans la carnassière. I^es blaireaux, où la carnassière est assez «6m« blable, bien que moins pointue, et où le pa-^ l^s se prolonge aussi beaucoup, ont une tu-' berculeuse unique et énorme, dontje ne trouve pas ici de trace. Dans le raton, qui partage ^ussi avec le blaireau le caractère du prolon^^ cernent du;palais, la carnassière est carrée, et a deux talons en dedans aussi hauts^ que. sa pointe, en sorte qu'elle ressemble à. la pre-r mière tuberculeuse. Le coati même a. la car-^ nassière moins pointue , et le talon ei;^ e^t plus saillant que dans notre animal.
Lainangouste aie palais tout aussi prolongé que les trois lious-genres précédens , mais 'sà
Mâchoire inférieure , morceau de lajig. 5.
kibl iepl
ière
Espace occupé par la canine et les trois pre»
mières molaires O,06S
Hauteur Tis-à-vis de la deuxième molaire. 0,03 p^ La longueur totale depuis Tëpine occipitale
jusqu'aux incisives devait êti*e à peu près l \|
de 0,28 \
C'est un peu moindre qu'un loup et qu'une hyène, w*** \^ pas de beaucoup.
§ III. Portions de tête et de mâchoire àf^^ rieuréd^un animal du genre des genettes.
Le premier morceau qui nous paraisse a partenir à cette espèce fut recueilli par non même, il y a plusieurs années, dans lagranc^^^ carrière de Montmartre; c'est une portion A^^ mâchoire inférieure , dont nous donnons M- ^ dessin, pi. i5i, fig. 12.
Elle ne contient qu'une dent entière, qui e^' la grande carnassière d'en bas , et un fraç-^ ment d'une autre qui était la dernière fausse molaire.
' Cette grande carnassière a trois pointes fort
0SSEJMEN8 DE MAMMlPèUBS. 497
aiguës, dont Texterne surpasse de près du double l'antérieure et rinterne, et est du double plus haute que large; le talon postérieur lui-même I divisé en deux pointes, ne fait pas le tiers de la longueur totale de la dent : derrière cette dent sont trois trous ou alvéoles ; les deux premiers contiennent encore des racines.
Il n'est possible de trouver de grande carnassière un peu semblable à celle-là que dans les mangoustes et dans les genettes.
En effet, on peut exclure d'abord les ours, les kinkajous, comme n'ayant que des mâchelièpes tuberculeuses; les blaireaux, les coatis, les ratons, conune ayant les pointes internes, extiernes et postérieures de leur carnassière pr'esque égales, ce qui les rapproche encore be^Lucoiip des tuberculeuses ; les gloutons, les pu.t:ois, comme manquant de pointe interne ; I^^ chats, comme manquant à la fois de pointe intL^rne et de talon; les didelphes, dasyuï'c^ y etc., comme ayant à la suite l'une del'au- ^""^ trois ou quatre carnassières à plusieufs Peintes et semblables entre elles.
CHesexclusions une fois prononcées, il reste les hyènes, les chiens , les loutres, les grisons > les f^ v&ines, les moufettes, les zoriUes, les civettes,
498 FOSSILES DR RàftlS.
les geBettes et les ichneumons, cfui ont tous à leuroarnassière d'en bas une pointe anterieore, une externe, une interne et un talon tubere& leux en arrière; mais dans les hyènes la pointe antérieure est tranchante, ai^tant etplus grande que Texterne; Tinteme est très-petite; dans les chiens la pointe externe est plus lai^e que haute et tranchante , le talon fort grand ; il en est à peu près de même 4&ns les fçiMne^ et les loutres , où de plus le talon est concave ; le& moufettes et les civettes se distingiieat encore par la grandeur de leur talon ; enfin , les man-^ goustes et les genettes elles-mêmes ont encore les pointes moins aiguës, et le talon un peu plus grand à proportion que notre carnassière fossile. Il y a déplus cette difierençe c^ué je ne trouve qu'une seule racine et un seul alvéole pour la petite dent tuberculeuse qui suit la carnassière , tandis qu'ici il y a deux racines, et même un troisième trou. La,Jbssane, de toutes les genettes celle où cette dent est la plus longue, n'a cependant qu'une racine et vp. alvéole.
Dans le Paradoxurus (i), ou prétendue ci-
(1) Cet animal envoyé de Java par M. Leschenanldy sous le nom de civette de Jn^a; de Sumatra- par
OSS£M£NS DB MAMMIpèREâ. 499
vette de Java^ dont la carnassière se rapproche de celle des ratons plus que celle des cirettes , il ii'y a en arrière, comme dans les civettes, qu'une petite tuberculeuse à une seule racine ; mais on y voit plus en arrière encore nji petit trou qui pourraitêtre l'analogue du troisième de notre mâchoire fossile.
Un autre caractère particulier à cette mâchoire fossile , c'est que le trou d'entrée du ' nerf maxillaire inférieur y est plus avancé que dans tous les animaux que je viens de nomr mer.
J'ai fait dessiner sur ma planche toutes les pièces prppres à faire entendre au lecteur ceê
MM. Diaxd et Duyaucel , sous le nom de zibei à queue noire; et apporté vivant de Pondicbéry, sous celui d^ Marte des palmiers , avait déjà été décrit et représentai par Buffon, suppl. m, pi. XLYII; mais on a écrit par inadvertance sous la figure, genètte de France, C'est de cette prétendue igenette de France que Pennant a fait son PiloseUo M^eesel , n"" 279. Ce qui est plus important, c'est que cet animal, dont la queue se roule en spirale, n'a point d'organe sécrétoire comme les civettes et les genettes, mais que ses glandes de Cooper, plus gros^ que ses testicules, lui donnent un énorme scrotum* Yoytt sa description dans V Histoire générale des Màmm m^ireip çtc.^ par M. Frédéric Cuviia.
5ôO FOSSILES DB PARIS.
différentes structures de la même partie. On ne me blâmera point sans doute d'entrer dans de si grands détails. Puisqu'ils sont constans dans la nature , il faut que le naturaliste les remarque, et j'espère même que cette multi^ tude de faits accessoires don£ j'enrichis et j'éclaircis mon histoire des fossiles , lui donnera un mérite particulier, relatif à Fostëologie comparée.
Notre fragment fossile est donc représenté
fig. 12.
Fig. 1 3 est une genette adulte, offrant les trois dernières molaires ; savoir , la dernière fausse molaire , la carnassière , et la petite tu-* berculeuse. On voit que la carnassière est moins aiguë que dans notre mâchoire fossile.
Fig. i4 est une genette jeune. On y voit les deuxdernièresmolaires de lait en place. La dernière est semblable à la carnassière, mais elle sera remplacée par une dent plus simple, et la carnassière définitive viendra derrière elle. On la voit dans la mâchoire, ainsi que la petitetuberculeuse qui doit la suivre. Cependant il ne faut pas croire que la dent de la mâchoire fossile soit une dernière de lait; car, d'aprè$ les alvéoles , la dent qui était derrière elle, qui aurait été la carnassière définitive , était
OSSfiMENS OE MAMMIFÈRES. 5oi
beaucoup plus petite , ce qui est impossible.
La fig, i5 est la mâchoire d'un jeune chien avec sa dernière molaire de lait en place , et sa grosse arriére^molaire encore dans l'alvéole. Il &ut remarquer encore ici que la dernière de lait sera remplacée par une dent beaucoup plus simple y avec un seul tranchant divisé en cinq pointes , et sans talon ni pointe interne. Voyez ^ fig. 17 9 le chien adulte. La raison de ce changement^ qui est général dans tous les animaux , c'est que la complication de cette dernière de lait se trouve reportée sur la grosse arrière-molaire.
La fig. 20 est le renard. On voit qu'il res-semble en tout au chien.
Fig. 16, la mangouste d'Egypte.
Fig. 19 y la mangouste du Cap.
n est facile de voir que c'est dans les genettes et mangoustes que la grosse molaire ressemble davantage à la dent fossile.
Fig. 22, le putois rayé du Cap^ nommé mal à propos zorille par BufFon , et viverra zorilla par Gmelin. C'est une vraie marte. Le vrai zorille des Espagnols d'Amérique , qui est le chinche de Bufibn {viverra mephitisj Gmel. ), est figure 26 : c'est aussi une marte ^ aux ongles près.
5q3 FOSSILES DE PAais.
Seulement la dent de ces deux espèces peu plus aigué. La marte commune (muslek martes), sevoil en fig, 21.
En 18 est le furet, qui, comme le puttHS d'Europe, l'hermineet la belette, se distingoe des autres martes parce qu'il n'a pas de petite pointe intérieure à sa fjrosse dent. Il n'y en a pas non plus dans le grison ( vherra -vittata , Ginel. ), que l'on voit ea fig. 25. La dent du grisou est un peu usée.
La loutre, fig, 37, ressemble beaucoup auï martes. Le blaireau, fig. aS , ne diffère que parce que le talon de sa grosse dent s'allonge sensiblement et que ses pointes s'éraoussent; ce qui le rend un peu plus omnivore que tous les autres. Enfin les civettes et zibets, fig. ai et 28, ont un grand talon très-tuberculeux.
Long-temps après que j'eus trouvé cette mâchoire , M. Ritchie, sénateur de Boston, et l'un des citoyens les plusrecommandablesdes États-Unis , m'a donné un morceau qui lui avait été remis à Montmartre, et qui s'est trouvé contenir une tète entière dans un état de conservation admirable. M. Lauriltard ayant réussi à la débarrasser du plâtre, on l'a eue par ses trois faces, comme on la voit pi. i5o, fig. 5, 6 et 7.
OS»ElfBM DM MÀll«PàEE8« Sg^S
- H ^ â m place une inciidve ^ une oahine ^ et l^ deùt pfêmières fausses molàirts. La troi^ sièoie est aiu moment de poindre^ et avait déjà fait tomber la carnàssiéire de lait qu'elle devait remplacer. Derrière die dotit les t^iues de la Iftinassière définitive qui est cassée^ mais dont on peut juger parfaitement la fort^e; enfin , plus en arrière sont les traces des alvéoles des deux dernières tuberculeuses^ qui suivaient la carnassière , et dont la première était plus large que longue^ et la dernière petite et à peu près carrée.
, Ces caractères de dents sont rigoureusement ceui que Ton observe dans toutes les geiiettes, ainsi que dans les mangoustes; car pour le^ dents y ces deux sous-genres ^ ressemblent 4 peu près.
Mais la forme plus alongée dii palais } téi côtés eii courbe un peu concaves , ahnônlèettt déjà plus de rapports avec les geiiettes, et une c&tftpàraison détaillée confirme ces premiers indices.
Le pliais osseux ne se prolongé pas eri àï»rîère, comme dans les mangoustes; il n'y a point de si longues apophyses iK)siorbitaifea (on sait que dans les mangoustes elles se touchent pH^»que comme dans les makis), etc.
5a4 FOSSILES DB PÂKIS.
Quand on rapproche encore plus parliculièrement cette tête des diverses genettes , oq trouve que c'est à la fossane qu'elle ressemble le plus. Elle a de même un sillon très-marqué le long du milieu du frontal ^ et des apophyses orbitaires moins saillantes qu'aucune autre espèce.
Toutefois ce n'iest pas la tête de la fossane à beaucoup près.
La tête fossile a les os du nez pointus dans le haut comme les genettes ordinaires. La fossane les a arrondis.
Le frontal est moins étranglé derrière les apophyses postorbitairéS; que dans la fossane et dans aucune genette.
La grande carnassière est aussi plus longue à proportion que dans aucune genette, et l'espace triangulaire entre elle et la tuberculeuse qui la suit est plus grand.
Les palatins sont échancrés chacun de manière à former une pointe obtuse au milieu du bord postérieur du palais osseux , etc.
La grandeur de cette tête était de très-peu supérieure à celle d'une genette vulgaire adîilte.
OSSEMEffS DE MAMMIFÈRES. 5io5
TÂK jossiLt. Gmittb(I).
Longaeur totale depub la
. crête occipitale jusqu'aux
incisives 0,1 0,095
Distance des incisives à la racine des os propres du nez. 0,035. . . . 0,035
■ ■ à Tin tervalle des apophyses postorbitaires 0,048. . . . 0,046
Longueur du palais 0,05. . * . 0,045
La plus grande largeur à l'endroit de l'angle postérieur des carnassières, les al»
véoles compris. ..... 0,033. • . . 0,028
Plus grande largeur . de la tète entre les parties pos- ' térieures des arcades zygomatiques 0,0^. . . . 0,046
Plus grande longueur de la fosse zygomatique en dessous 0,025. . . . 0,925
(1) J'ai pris pour terme de comparaison une tête osseuse de la genette du Cap^ que je ne puis distinguer en rien de constant de la genette d'Europe , dont î'ai vu et comparé un très - grand nombre de
506 tXNIULBS vm PAtïÈ*
§. ÏV. Os des extrémités.
Après avoir ainsi reconnu les pôrdotiè des têtes f nous pouvons passer à Texameu des os des membres, et voir s'il est possible de les rapporter aux têtes d'après leurs grandeurs et leurs autres analogies.
peaux. Toutes ont le museau noirâtre , avec une tache blanche de chaque côté du bout du nez, une sous ^chaque œil, et une moins marqua à chaque sourcil. Toutes ont les jambes et la moitié des cuisses brunes, et une ligne noire ou brune le long du doâ *, mais les lignes de la nuque ^ celles des épaules et de là croupe, le nombre et la grandeur des taches, varient sans que l'on puisse établir de limites propres à chaque pays. Je trouve de neuf à onze anneaux noirs à la queue.
La meilleure figure de genette (peut-être la seule bonne ) est donnée sous le faux nom de fossane , par Pennant, Syn, of quadr»^ n* 172, et Hist, of qua-^ dntp,^ n* 280.
C'est aussi le chat du Gap de Forster , Trans, phil. vol 71 , pi. 1; figure Assez bonne, mais d'un animal jeune et malade, dont la queue était tronquée.
OSSElillM Dit MAMMlttRSS. Sùf
i"" Ciibitus de la tête dû % II.
Le pin» grand de ces os Mt nfa imbitus de jeune individu ^ dont les épîpbysei sont peiv dues. U est représenté pi. i5i i fig. 6 et 7.
Il a tons les caractères d'un cubitus de car« <^^88ier dans son articulation humérale ; mais
lÊtJbsêaruf de Osubelitoii, mrotjét fàt Poirre, ett
Représentée Histoire nat. de Buffon^ pi. IX.
La description de Daubenton est exacte, excepté qu'il dit les taches noires et qu'elles sont rousses. La tête osseuse de la fossane est un peu différente de celle de la genette , surtout par Un sillon longitudinal sur le milieu du museau j que nous retrouvons dans notM animal fossile.
Il y a dans l'Inde une Sfitre espèce plud brttne, à taches plus petites, plus nombreuses, seulement brunâtres, à queue plus courte que lé colps, marquée de sept anneaux noirs. C'est pevMtre Panimâl du ntttsc de la Peyronie {ÂcaéL deè Sa., ailtiëe 172S), <fue l'on à confondu mal à propo» ayec le zibet , lequel est beaucoup plus grand. Sa tête ressemble plus à la géante coiafnunc qu'à la fossane.
5o8 FOS8ILB8 DE PARIS.
il n'^ pu appartenir qu'à une espèce à jambes courtes y telle que les civettes^, les mangoustes y les loutres.
On trouve aussi; quand on examine de près le détail de ses formes^ qiie c'est à là mangouste qu'il ressemble le plus ; particulièrement par la. concavité dont est creusée sur sa longueur toute la face interne, par la disposition presque^ à angle droit dti bord postéi:ieur et supérieur de la facette sygmoïde, etc. ; seulement il est encore plus court et plu? gros à proportion que le cubitus de latmangoustCi^., et s'il avait ses épiphyses, il serait deux fois et demie aussi long que celui de la mangouste d'Egypte.
Il surpasse d'un grand tiers le cubitus du blaireau et celui de la plus grande loutre d'Amérique y et de près d'un quart celui de la civette.
Longueur (sans les épiphyses) 0,16
de Tolécrâne 0,036
Corde de la facette sygmoïde 0,025
Corde de la facette radiale supérieure. . • 0,02 Diamètre du corps de Fos en ayant de cette
facette 0,023
En supposant qu'il appartint au même ani-
OSSEMENS DE MAMMIFÈRES. 5o§
mal que ,1a tête du § II ^ oe que lés analogies n'iiitek*disent pas ^ ce cubitus aurait les trois quarts à^peu près de la longueur de sa tête* C'est la même proportion que dans la man-* gouste.
3* Humérus d'une espèce particulière.
tlne tête inférieure d'humérus , pi. iSi, fig.i^aetS^ outre les caractères généraux de la classe, en offre de très-particuliers , dans l'ab' 3anoe du trou au-dessus de la poulie articulaire a^ dans la grande saillie du condyle interne i, pi dans le trou c, dont il a dû être percé, et dont on voit encore une partie dans ce fragment.
Parmi les Carnivores, les ratons , les coatis, les blaireaux, les cloutons, tous les gratfdd genres des maintes et des civettes, enfin lç9 chats ont au condyle interne de l'humérùb ce trou que nous remarquons ici ; trou dont les chiens , les hyènes et les ours sont privés, mais qu'on rétrouve dans les phoques, dans les Didelphes en général, dans les sapajpus et dans beaucoup de llongeurs. Mais les phoques sont exclus par la brièveté de leur humérus^j les
5râ FOSSILES DE PARIS.
idont nous Tenons de parler ^ page 607. Je l'ai fait graver pi. 149 , fig- 9.
On y voit un os du métacarpe en entier, a, qui est celui du petit doigt ; un autre un pea mutilé vers le haut , h , qui est celui de l'annulaire , et une petite partie de celui du médius c ; Tos unciforme du carpe , ^ , y est faieD entier, et l'on y voit en e et en /des empreintes des deux autres , mais non reconnaissables.
J'ai représenté l'unciforme séparément, même planche , par devant , fig. i o ; par dessous, fig. II, et par dessus, fig. 12 : mais ces dessins n'ont pas très-bien réussi ; en sorte que je ne puis en faire sentir toutes les courbure&rD serait impossible d*y suppléer par des paroles. QuMl suffise de savoir qu'une comparaison exacte a fait trouver que ces os ont des rapports avecleurs analogues dans le blaireau, la civette et la loutre, sans ressembler parfaitement à ceux d'aucune des trois espèces. Cette analogie s'accorde avec toutes celles que nous avons saisies pour le cubitus dont nous venons de parler.
Largeur de runciforme 0,018
Sa plus grande hauteur au bord interne, 0,01 Longueur du métacarpien du petit doigt. 0,038 — -— de sa tête en ayant 0,01
OSSEMBNS DE MÀMMll^ÈRES. 5xS
Largeur de cette tête au milieu de son
épaisseur •..':*.... 0,013
■■— du milieu de l'os. . . . .• . . .. ■ 0,006 i Longueur- du métacarpien de rannuloirc* 0,05
Largeur du milieu de l'os. . ^ • . ^ 0^006
— de la tête inférieure. 0,012
Le médius paraîtrait avoir été plus court, ou. au plus égal à l'annulaire.
Ces os gros et courts ressemblent assea^. .^ ceux de la loutre , mais ils les surpassent d^e plus du tiers dans toutes les dimensions. Ils ont le double dé ceux du blaireau , auxquels ils ressemblent peut-être encore plus qu'à, l'autre. L'unciforme est plus large à propor* tion que dans l'un et Tautre de ces aûi^ maux.
4* Métacarpien d'une espèce particulière. ;
J'ai un autre os de métacarpe^ fig. z^, 5, lo et II, pi. i5i y aussi gros , mais plus longque les précédens. C'est le médius d'un carnassier, qui ne serait pas sans rapport avec celui de jU civette, mais qui le surpasse d'un tiers.
La'lbnguedr dé bet os iïë*përmet pas qûHl
ait lait partie de la même main que cent qui V. 33
viennent 41^^ d^f^*^^. - fA^^^. cot^^D^e les uns etJk^ autres peuvent avoir appai*tei[iu k des animaux à peu près de même grosseur, il est bien difficile de dire lesquels se rapportent à la tétë du S U et au cubitus du n* l' ci-dessus, c|ui conviennent à peu prés entre eux et avec les métacarpiens. Cependant je serais plutôt porté à croire que ce sont les métacarpiens les plus courts qui viennent de l'espèce du cubitus, précisément parce que ce cubitus est aussi dans des proportions grosses et courtes.
j 0^9^ ^^'U .^9 ^P^ f ^^^ 9? ^^^ P*^P' grands pour rhumérus du. n"* 2. Ainsi nous' voilà a,u
g^pij^s ea possession du fragment d un cin^
qj^i.e.<%iivo^e,'''
Il y en a. un sixième.
5*" Métacarpien d'une espèce de canis parti-'
culier.
' F^U M. Adrien Camper m'avait envoyé dans le temps le dessin d'un os du métacarpe avec une première phalange ( fig. 8 et 9) qu'il avajt recueillis à Montmartre ; ses prpporlio;is sont qcjUçs, 4|uQ u^étACi^piea.de cl^i^ 4e 9>^A^d^ }ê\hif W^ k RhftlftRge,^ esl;* trop, cc^j^r^.
OâS£M£KS DB MAHMir&RBS. 5lfl
Pans aucun c^ il ne peut avoir appartenu à la noiâchoire du § I; il est beaucoup trop grand.
& Cubitus qui paraît appartenir à la tele
du § m.
Je ne ferai pas une espèce particulière avec la portion de cubitus, pi. 149, fig. 4^ contenant les deux tiers supérieurs de l'os. Elle est tellement semblable a son analogue dans la genette commune et dans la marte, que je n'hésite point à la rapporter à la tête du § lU.
U e«t seulement un peu plus élpoil à l'éhdroit de l'articulation radiale supérieure, que ceux que je viens de cit^r.
7* Astragale qui pourrait aussi venir de cette
espèce.
Je n'ai pas la même assurance poar Fastra* gale de la pL 96 , fig. 5 et 6. Bien certainement de Carnivore, semblable pour le& fovmts anx wtragales de la civette et de la genette, il est plua grand que œlle^î ne l'exigerait, et plus
5l& POSSlLftS DB PARIS.
petit qu'il ne faudrait pour celle-là; sa taille est exactement celle de Fastragale de la maii«gouste; et je ne vois point d'autre os^ parmi ceux dont je viens de parler, qui lui corresponde. Peut-être vient-il d'une septième espèce*
8" Péroné et calcanéum qui paraissent Dcnir
de la tête du § II.
Le péroné et le calcanéum , trouvés ensemble, pi. i5o, fig. 8, sont fort remarquables.
Le calcanéum a la plupart des caractères des calcanéums de carnassiers ; il a même des rapports sensibles avec celui de la civette et avec celui de la loutre.
La facette astragalienne externe est accompagnée à son bord externe d'une facette jpour le péroné , dont l'analogue est dans la loutre , mais s'y rejette davantage en dehors. Entre cette facette et l'extrémité tarsienne , est un bord externe, un tubercule distinct et saillant. Il se retrouve plus ou moins dans plusieurs carnassiei'S , mais ce n'est que dans la civette qu'il .approche de cette saillie. L'oryctérope , à la Vérité > l'a encore plus distinct que la ci-
OSSEMBNS DE HAMBAFÈRKS. 617
vette; mais son calcaDeum ne ressemble pas d'ailleurs à celui-ci. La facette cuboîdienne de Fos* fossile est en forme de rein, à peu près comme dans le chien, auquel cet os ressemble d'ailleurs par la coupe générale. Il est de la taille du calcanéum d'un grand chien.
Longueur au bord supérieur , sans l'épi-
physe qui manque ^ 4. . 0,06
Hauteur de la protubérance postérieure,
dans son milieu 0,02
Epaisseur, ibid, * * * ^'^^
. Hauteur de l'os à l'endroit de la facette
astragalienne et péronienne externe. . 0,03
■ ■ ■■ . de la facette cuboîdienne. . . . 0,02
Longueur de la facette astragalienne. • . 0,02
Sa distance à la cuboîdienne 0,02
Ia forme du péroné répond à celle du calcanéum; sa tête inférieure est très-grosse , et le bord inférieur en est tronqué pour s'articuler à la facette correspondante du calcanéum. La loutre seule offre quelque légère ressemblance.
Diamètre de la tête inférieure 0,018
du corps dfs l'os. ...,..«. 0,008
5l6 i^OSSlLEfl DB PARIS.
D'âpre céâ forméêi et cette grandeur^ je n'hérité point à regarder ces deux os éômfité de la tùèaifo eêhèce due )a tété do ^ II.
A9TIGL8 lil;
D'une petite espèce de tangue (1).
G*^st sans doute une chose biea admirable que cette riche collection d'ossemens et de squelettesd'animaux d'un ancien mohde^ rassemblée paf la nature dans les carrières qui entourent notre ville, et comme réservée par elle pour lés recherches et l'instruction de l'âge présent; chaque jour on découvre quelque nouveau débris; chaque jour vient ajouter à notre étpnnementen nous démontrant de plus en plu» que rien de ce qui peuplait alors le sol de cette partie du globe n'a été conservé sg^r ootre sol actuel ^ et ces preuves se ihiilti*
(1) Je laisse cet article tel qu'il a paru d'abord dans les Annales du Muséum , comme un monument , selon moi assez curieux , de la' forcé des lois zoolbgiqiles , et du parti que l'on peut éh tii'er.
SQUELRTTE DE SARICUE. SlQ
plieront sans doute à mesure qu'on y mettra plus d'intérêt et qu'on y donnera plus d'attention, il n'est presque pas un bloc de gfypse dans certaines couches qui ne recèle des os : combien de millions de ces os n'ont-ils pas déjà été détruits y depuis qu'on exploite les carrières et que l'on emploie le gypse pour les biiMmens! Combien n'en détruit-on pas, même à présent, par simple uéQViQence, et combien n'échappent pas encore par leur petitesse à l'œil des ouvriers même les plus attentifs à les recueillir! On peut en juger par le morceau que je vais décrire. Les lihéamensqui s'y trouvent imprimés sont si légei'S, qu'il faut y ré^ garder dé bien près pour les saisit; et ctipetïdàfit ^ué ces linéamens sont précieux ! Ils ^dni i'éhipi^efnte d'un animal dont nous ne rétroil'voà's pas d'autre trace , d'uii animal qui , èn-^ seveli peut-être depuis des centaines de siêëles, réparait aujourd'hui pour là pféiùièré foîj sous les yèui des naturalistes. '-'
Ce morceau consiste en deux pierres qui se recouvrent, fig. i et 4» pi- iSai, et entré lesquelles ce squelette s'est pour ainsi dire partagé. La première est plus grande et plus entière qiiè l'autre. La tête, lé coii, l'épine du dos, le bassin, les côtes, l'omoplate, le bras • l'avàrit-bfàs, la cuisse et là jambe, y sont très-
reconnaissables : on y voit des traces de queue et de pied de derrière ; une partie. des os est conservée en entier ^ une autre est comme fendue : et les moitiés d'os qui manquent sont restées attachées à la seconde pierre; quelques-uns n'ont laissé sur la première qu'une empreinte seulement, et sont restés en entier sur la seconde. Celle-ci , fig. 4 , a été cassée de manière qu'une partie de l'empreinte qu'elle portait s'est perdue : la tête y manque entièrement, et elle ne montre pas autant du pied et de la queue que la première pierre.
L'animal a été saisi à peu près dans sa position naturelle: seulement son cou paraît avoir été fortement tordu , de manière que sur la première pierre la tête se présente par le côté gauche, mais que les côtes et le pied de devant sont ceux du côté droit. Le. train de derrière est 4[)osé sur sa .partie dorsale , de manière à montrer égstlenjent ses deux côtés, et sa partie antérieure est dans la seconde pierre, qui paraît avoir été par conséquent située sous la première. L'extrémité de derrière droite a le pied étendu sur la jaihbe ; celle du côté gauche manque tout entière dans la première pierre; mais oji trouve les dieux cuisses et les deux jambes sûr Fa seconde. Il ne reste rien du pied de devant à compter du poignet. L'ei^trémite
de devant gauche manque entièrement dans les deux pierres. Le côté gauche de la mâchoire inférieure avait laissé une empreinte fort distincte et quelques fragmens de sa partie antérieure. On ne distinguait presque rien de la mâchoire supérieure ; mais^ en creusant dans la pierre^ je retrouvai la partie postérieure de la mâchoire inférieure du côté droit, presque entière, fig. 2; une dent canine de la mâchoire d'en haut du même côté , et ses quatre molaires postérieures, fig. 3. Examinant ensuite plus particulièrement le bout antérieur de mâchoire resté au côté gauche, j'y vis aussi des restes d'un canine , et j'eus une grande partie des caractères que les dents peuvent fournir.
•L'empreinte de mâchoire inférieure, fig. i, a, b, c , m'indiquait déjà à elle seule que cet animal devait avoir appartenu à Tordre des carnassiers. C'est ce que prouvent :
1® L'élévation de l'apophyse coronoide a au-dessus du condyle ùj
t!" La saillie aigué c, que forme l'angle postérieur de la mâchoire.
Ce dernier caractère est surtout exclusif; on ne le trouve que très-imparfaitement rappelé dans quelques rongeurs et dans le paresseux.
$22 FOSSILES DE PÀÏtlS.
Je reconnus aussi dès-lors que cet animâJ était précisément Tespèce à laquelle à appartenu la mâchoire inférieure fossile décrite et représentée par M. Delamétherie dans le Joia^ nalde Physique, pour brumaire an XI. M. belamétherie a pensé qu'elle provenait d'iihè chauve-souris , él elle a en effet qûeli[ues rapports avec celles de ce genre; mais le resté dii corps trouvé ici avec la mâchoire suffit déjà pour prouver que cette supposition n'est pas juste, et qu^il s'agit d'ilh quadrupède ordinaire et non d'un cheiroptère.
Mais encore y a-t-il de l'embarras pour choisir le genre précis auquel il faut le rapporter : n'ayant point les pieds complets dans ce squelette, nous n'avions pour nçus décider que les formes des dents et des mâchoires, ainsi que la grandeur et lés proportions du corps.
La forme de la l)ranche montante de la ma* choire inférieure est ce que nous avons de plus entier, et ce qui peut le mieux nous guider.
Le morceau de RÎ. Delamétherie nous en donnant quelques traits qui manquent à notre squelette, j'en ai cbpié le dessin, fig. 8.
Les caractères particuliers de cette branche montante sont : i" L'élévatiou du condyleA,
SQUELETTE DE SARieCrE. SsS
fort ttti-^eftsti9 de la ligne horizontale sur laquelle sont les dents ;
2* La hauteur et la largeur de l'apophyse ooronoîde aj
3^ L'apophyse aiguë de l'angle postérieur c.
Le premier de ces caractères exclut d'abord tous les vrais Carnassiers à dents tranchantes : diiens, chats^ blaireaux^ mangoustes, martes, etc., qui ont tous le condyle peu élevé, et à peu près à la hauteur de la ligne des dents. Notre animal est sur-le^hamp reporté aux pc^^ tits Plantigrades , Chéiroptères ou Pédimanesi^ en général aux insectivot es ; et nous allotiâ voir que ces dents confirment ce résultat. LeA hérissons, les musaraignes, les tatrpes , les sa-^ rigues, et une partie des (^ailvesHSouris, ont le dondyle ainsi placé.
Le second caractère, ïà largeur de ràf)ôphyse coronoide , appartient plus spécialement aux Didelphes. Les ta^upes l'ont plus large encore , mais elle y est aulresàient dirigée ^ et toute la branche montante y est beaucoup |4tié. basse. Le sarigue mamatQse a presque les mâ^ mea proportions que notre aéiiilal pour hrlav^ geur, mais la hauteur y est un peu moinére. A ce dernier égard , c'iest au hérisson qu'il résË^mble Te plus.
C'est aussi de lui qu'il me paraissait se rapprocher par le troisième caractère , celui de l'angle postérieur, tant que je n'avais pour en juger que l'empreinte représentée fig. i . Celui des sarigues a quelque chose de tout particulier : il se ploie en dedans avec tout le bord inférieur de cette partie de la mâchoire^ de manière qu'il faut regarder en dessous pour le bien voir. Ici, l'empreinte n'offrait aucune trace de ce repli, soit parce que cette partie de l'os avait été écrasée ou aplatie par la pierre qui s'était formée dessus , soit pour toute autre cause; mais lorsque j'eus creusé j usqu'au côté droit de la mâchoire qui était enfoncé dans le plâtre, et que je représente, fig. a, en c, j'y trouvai précisément ce pli qui caractérise la famille des Pédimanes, et je l'ai conservé avec soin , même en creusant pour chercher les molaires supérieures; je l'ai conservé, dis-je, tel que je l'ai dessiné, fig. 3,.^.
L'examen particulier des dents confirma ce que la forme des mâchoires m'apprenait : je leur trouvai , avec les caractères généraux de dents d'Insectivores, des caractères absolument propres aux Pédimanes et surtout aux sarigues.
Elles sont dents dlnsectivcH^s , parce qu'el-
SQUELETTE DE SARiaUE. 5â3
les sont hérissées de tubercules aigus, et non tranchantes , ni à couronne plate.
Mais voici leurs caractères propres : celles d'en haut que l'on voit en position , fig. S, et dont une est représentée grossie à la loupe, fig. 7 9 ont une couronne triangulaire : la base du triangle est le bord externe, la pointe est au bord interne. Il y a trois petites pointes en forme de crochets ou de pyramides triangulaires : l'une est à la pointe interne du triangle, les deux autres vers le milieu de la dent, l'une derrière l'autre ; en dehors de celle-ci est un bord lisse , un peu en forme de croissant , qui constitue le bord extérieur de la cou-ronne.
Si nous les comparons maintenant à celles des espèces voisines, nous trouvons que les molaires supérieures du hérisson sont carrées, et à quatre pointes placées aux quatre angles ; que celles du tanrec sont triangulaires et aigués, avec trois pointes dont deux au bord externe ; que celles de la taupe sont triangulai^ res , mais très-obliques , et ont sept pointes ; celles des chauves-souris se rapprochent un peu plus : elles sont triangulaires et peu obli-^ ques ; mais elles ont sept pointes comme celles de la taupe* C'est absolument à celles des sa-*
!)28 F'OSSILES DE PARIS.
La dernière molaire h , iig. 2, et représentée à part^ fig. 9, n'a que quatre pointes, dont la dernière est plus large et plus basse que les autres; et le sarigue lui ressemble par&itementen cela.
Mais 9 sous tous ces rapports, il y a si peu de différence entre les sarigues et les dasyiires, qu'un naturaliste réservé se voit hors d'état de prononcer entre ces deux genres.
J'ai un peu plus de renseignemens sur les molaires antérieures d'en bas que sur celles d'en haut. La première de toutes était restée du côté gauche, fig* 5, aj elle était tranchante, obliquement tricuspide. Sous ces deux rapports 9 elle ressemblait à l'analogue des sarigues en général ; mais elle était très-près de la canine dont la racine était restée dans ce fragment de mâchoire : et à cet égard il n'y avait que le sarigue-marmose à qui notre animal ressemblât. Dans les autres espèces , l'intervalle de ces dents est plus grand. Les dasyures les ont à peu près autant rapprochées à proportion que la marmose et que notre animal.
Ce fragment de canine inférieure i, fig. 5, avec l'empreinte de sa partie enlevée, et la canine supérieure entière /, fig. 2 et 3, nous
SQUELETTE DK S/kRIGUE. 5^9
ttppirennent en même temps une nouvelle analogie qui lui est commune avec la partie des animaux à bourse qui est absolument insectivore, les sarigues 9 dasyures et péramèles, et qui le sépare des genres de cette famille plus généralement herbivores , les phalangers, pétauristes, kanguroos et phascotomes.
Pour se décider entièrement entre les sarigues et les dasyures y d'après la seule considération des dents, il faudrait connaiti*e le nombre des incisives , seule partie des mâchoires par laquelle ces deux genres diffèrent, les premiers en ayant dix en haut et huit en bas, et les autres deux de moins à chaque mâchoire. Ce morceau fossile est incomplet à cet égard, et nous laisserait dans l'indécision, si quelque autre partie du corps ne venait suppléer aux dents. Quant à tous les autres genres, ils présentent déjà dans leurs dents des différences suffisantes pour ne point admettre notre animal.
J'avais terminé ce travail sur les dents de mon fossile, et reconnu leur parfaite analogie avec celles des sarigues et des dasyures , avant de m'être aucunement occupé du reste du squelette; mais j'aurais pu tout prévoir d'après ce seul indice. Nombre des parties, formes,
53o P08SILE8 DE PAAI8.
propoirtîoiiS'^ tout ce que la superficie de la pierre nou» offrait, se trouve en lierement repondre ^ au pi^emier aspect ,. à ce que l'on observe dans la plupart des pédiipaœs.
Ainsi il se trouva treize côtes de chaque côté, -et treize vertèbres dorsales ; six vertèbres lombaires fort longues et tenant plus de place à elles six que les treize dorsales ; les vertèbres sacrées et celles du commencement delà qctet^e montrèrent des apophyses trantverses trèslarges ; les coupes des os innominës se tron^ vèrent parallèles à l'épine; le radius et le cubitus furent bien distincts , et pouvant se mouvoir aisément l'un sur l'autre; le péroné parut écarté du tibia , ayant une tête minée et élargie ; le triangle de l'omoplate fut à peu près le même ; en un mot , rien de ce que nos deux pierres purent nous montrer de ce squelette n'offrit de différence importante avec celui d'un sarigue, et particulièrement avec celui de la marmose qui, étant à peu près de la grandeur du fossile, lui fut scrupuleusement comparé.
Les animaux à bourse se distinguent, comme on sait, de tous les autres quadrupèdes, par deux os longs et plats qui s'articulent au bord antérieur du pubis , et servent à soutenir le
fi))Xd de la bourse où ces animaux portent si ]oQÇ- temps leurs petits , et qui jremplit Vemploi si extraordinaire d'une seconde matrice.
II fallait trouver ces os dans ce squelette fossile y sous peine ,de laisser ma déiQonslration incomplète pour les personnes peu habituées aux lois et aux rapports zoologiques.
ie fFemarquai que , lors de la séparation de la pierre qn deux parties, portant chacune Fempreinte presque complète de Tanimal , Tépine du dos s'était fendue longitudinalement; gue sa face dorsale était restée sur la .pierre où Ton voyait la tête , et que la face antérieure ou ventrale était sur la pieçre opposée.
Je jugeai aussitôt que la partie antérieure du bassin devait être enfoncée dans la substance de cette seconde pierre , sous cette pellicule qui était restée à sa surface y et qui avait feit partie des vertèbres sacrées. Je sacrifiai donc ces restes de vertèbres, contenus entre a et by fig. 4? et entre les deux coupes d'os innominés, c dyC f. Je creusai avec précaution, au moyen d'une fine pointe d'acier, et j'eus la satisfaction de mettre à découvert toute cette portion antérieure du bassin, avec ces deux os surnuméraires ou marsupiaux que je cher-
5ia FOSSILES DE ^ARlS.
chais dans leur position naturelle, et tout semblables à leurs analogues dans les sarigues.
Cette opération se fit en présence de quelques personnes à qui j'en avais annoncé dV vance le résultat , dans l'intention de leur prouver par le fait la justesse de nos théories zoologiques, puisque le vrai cachet d'une théorie est sans contredit la faculté qu'elle donne de prévoir les phénomènes.
Je représente ce précieux morceau de grandeur naturelle 9 et avec la plus scrupuleuse exactitude, fig. lo. Les os marsupiaux sont en a, a.
Il ne resta donc dès lors rien à désirer pour la démonstration complète de cette proposition déjà bien singulière et bien importante, qu'/7^ a dans les carrières à plâtre qui envi" ronnent Paris , à une grande profondeur et soiis diverses couclies remplies de coquillages marins , des débris d'animaux qui ne peu^^ent être que d'un genre aujourd'hui entièrement particulier à r Amérique y ou d^un autre entièrement particulier à la Nouvelle^Hollande.
Le tapir est jusqu'ici le seul genre américain que nous ayons trouvé fossile en Eu-
rope (i) : le sarigue serait le second. Quant aux genres propres à TÂustralasie^ on n'en avaitjamais découvert parmi les fossiles d'Europe.
Il est bien entendu qu'en parlant d'un genre d^animaux à bourse américains^ je le restreins aux sarigues proprement dits ^ qui ont la queue écailleuse et prenante ; dix incisives en haut , huit en bas; de grandes canines; les pouces de derrière écartés et sans ongle.
C'est le seul genre d'animaux à bourse ou pédimanes que l'Amérique produise : tous les autres viennent de l'Australasie ; mais aussi l'Amérique seule produit ce genre ainsi réduit. BufFon a déjà annoncé ce fait depuis longtemps; et ceux qui l'ont contredit ne l'ont fait que parce qu'ils confondaient d'autres pédimanes, et particulièrement les phalangers^ avec les sarigues y ou bien parce qu'ils ajoutaient foi à l'autorité de Séba, qui donne un grand sarieue de sa collection comme venant d'Orient : mais cette erreur est bien réfutée aujourd'hui.
(1) Lorsque j'écrivais cette ligne, je ne connaissais ))as encore le tapir des Indes, découvert par MM. Diard et Duvaucel , et dont j'ai donné le squelette pi. 69, et la description , dans mon troisième volume , p. 297 et suiv.
chose que le crabier, animal purement américain. Paltas l'avait déjà (kit connaître. D'autres sarigues indiqués par ce dernier commti pouvant venir des Moiuques , ne sont que des variétés de couleur du sarigue le plus commun, du sarigue-qiiatre-œil, qui bien certainement est aussi fl' Amérique; et si Gmetiii a adopté ces erreurs touchant le climat de ces animaux, il faut les ranimer parmi des milliers d'autres fautes qu'il a accumulées dans le SjS' ieina nalurœ, en travaillant«ans critique à un sujet qui lui était étranger. |
Pour revenir à mon fossile, il n'était guère moins curieux ni moins embarrassant pour les géologistes qu'il fût du Nouveau-Monde ou db l'Australasie , cet autre monde plus nouveau encore pour les Européens > et surtout pour les naturalistes; mais l'objet de mes travaux est de procurer à la géologie des lumières et non des embarras ; je ne pus donc croire avoir rempli ma tâche qu'à demi, si je ne parvenais à détruite ce doute qui me restait encore, à me déterminer entre ces deux eontitieHsi à prononcer enfin entt-e le genre ; des sarigues et delui des dasyures.
A force de réfléchir sur ce problème , d'exa-
Miiier et de creuser ma pierre , j'euft k bon-^ heur de trouver un moyen de le réso%idre.
Les dasyures et les sarigues n'ont pa0 tôutà-fait le pied de derrière semblable ; dans les dasyures^ les quatre doigts sont à peu près égaux, et le pouce est si court que ia peau le cache presque entièrement, et ne le laisse paraître que comme un petit tubercule; dans les sarigues, le pouce est long et bien marqué; Iqs doigts sont inégaux; le petit doigt, et surtout son os du métatarse, est plus court que les autres.
La première de mes pierres ne m'offrait d'abord à sa surface qu'une empreinte d'os du inétatarse du pied droit; mais je pensai qu'il pourrait y avoir, dessous, d'autres de ces os entiers et enterrés dans le plâtre. En sacri*fiant cette première empreinte, je trouvai en effet dieux os qui étaient le quatrième métatarsien et le cinquième, ou celui du petit doigt. Ce dernier surtout était très-reconnaissable à l'apophyse de sa tête tarsienne. J'ai représenté, fig 1 1, ces deux os tels que la pierre les montre aujourd'hui.
Or ce métatarsien du petit doigt est d'un tiers plus court que celui du doigt précédent, précisément comme dans les sarigues; et si
536 fossii.es dr paris.
notre animal était un dasyure, les deux os seraient de même longueur.
Ainsi la question est décidée autant qu'elle peut rétre, et notre proposition précédente est plus rigoureusement déterminée, et se réduit à celle-ci :
Il y a dans nos carrières des ossemens d^wi animal dont le genre est aujourd'hui exclusive^ ment propre à l'Amérique.
Ce résultat est très- précis et très-démontré : il ne resterait , pour remplir tout ce qu'il est possible y même aux plus exigeans, de désirer, il ne resterait qu'à déterminer si c'est une des espèces de ce genre aujourd'hui vivantes , et laquelle : ou si , comme tant d'autres animaux de nos carrières, c'est une espèce détruite , ou du moins non encore retrouvée.
L'état actuel de la science ne nous permet pas de répondre à cette question avec une entière certitude. Quand même nous pourrions trouver des différences suffisantes entre ce squelette et ceux des espèces connues, nous ne serions pas fort avancés, parce qu'on est bien éloigné de connaître encore toutes lesesj>èces. L'histoire de ce genre est extrêmement embrouillée dans tous les auteurs. Mon savant
SQUBLETTE DE 8ABIGUE. 537
eoHègue Geoffroy , qui a commencé à y porter le flambeau de la critique , est parvenu à dé.-* terminer huit espèces ; savoir :
i^ Le crabier, qui paraît deux fois dan» Gmelin sous les noms de Marsupialis et de Cancrivoraj
a"* Le manicou, qui n'est point dans Gmelin, mais dont Buffon a parlé comme de deux animaux différens , sous les noms de sarigue des Illinois et de sarigue à longs poils : c'est le Virginian Opossum de Pennant j
5® Le quatre- œil ou sarigue proprement dit de Buffon ( Opossum et Molucca de Gmelin)î
4" Le cayopoUin {Did. Cayopollin); 5* la marmose(/7/V/. Murinuy Gmelin), qui portent tous deux leurs petits sur le dos, et qui ont servi en commun de base à une espèce imaginaire , celle du Dorsigeraj
& Le yapock ou didelphe cerclé de la Guyane . (Lutra Memina, Boddaert); 7® le touan ou petit didelphe tricolore de la Guyane : Buffon a décrit l'un et l'autre sous les noms absolument erronés de loutre et de belette; mais Gmelin n'en a point parlé ;
Enfin, 8° le didelphe à courte queue ( Did. £rachyura)y décrit par Pal las.
558 FOSSILES DK PARIS.
A ces huit espèces il fkudra ajouter le im*coure nain de don FéHx d'Azzara^ qm ne pa^* raît être aucun des sarigues que nous cou* baissons , et une ou deux espèces récemment envoyées du Brésil , mais peu différentes da quatre-œil.
Mais, outre que, sur ces dix ou dousse espèces , nous n'avons les squelettes que de quatre , qui pourrait répondre qu'il n'y en a pas encore plusieurs autres dans cet immense continent de l'Amérique, dans ces vastes fo« rets de la Guyane et de l'Amazone , où l'homme n'a jamais pénétré, et même dans les pays plus fréquentés?
Il n'en est pas de ces petites espèces comme des grandes : la plupart des voyageurs font peu de cas des premières; elles échappent long- temps par leur petitesse même aux recherches les plus attentives, et chaque jour peut nous en découvrir de nouvelles : ainsi nous nous garderons bien de soutenir, pour ce petit squelette fossile , comme nous l'avons avancé pour les grands , que l'espèce n'en existe plus dans les pays connus. Nous nous bornerons à dire que rien jusqu'à présent ne prouve qu'elle existe.
Cependant, parmi les espèces existantes, la
SQtELETTE DE SÀRrCUE. 5Sg
( Didelphfs Marina ) est la seule dont ce fossile se rapproche par la taille , aihèi qu*ori peut le juger par le tableau comparatif ci-dessous (i) des dimensions de leurs divers os.
(1) Tableau comparant des longueurs de quelques os du squelette fossile et de celui de la marmose.