‹ Recherches Sur Les Ossemens Fossiles (volume 2)Chapitre 38 sur 43 · DES OSSEMENS D*01SEAUX · texte numérisé non relu

DES OSSEMENS D*01SEAUX

Les naturalistes conviennent que de tons les animaux^ les oiseaux sont ceux dont les ossemens ou les autres débris se rencontrent le plus rarement dans Tétat fossile ; quelquesuns même nient absolument qu'on les y ait jamais trouvés : et en effet, par une de ces nombreuses singularités réservées aux couches de gypse de nos environs, il n'y a presque d'autres os fossiles d'oiseaux bien constatés que ceux qu'elles recèlent; encore n'est-ce que depuis bien peu de temps que la véritable nature de ces fossiles a été mise en évidence.

Pour nous convaincre de cette assertion , examinons rapidement les divers témoignages sur les ornitholithes' vrais ou prétendus tels.

55o FOSSILES DE PARIS.

Walch (0 en a déjà recueilli plusieurs; Hermann (2) y en a ajouté d'autres : leurs indications nous serviront de guides , sans nous dispenser néanmoins de remonter aux originaux ; car le premier s'est trompé lui-même plusieurs fois faute de cette précaution. D'ailleurs nous avons quelques passages à discuter qu'ils ont omis l'un et l'autre.

Déjà Conrad Gesner (5) déclare que les pierres nommées d'après des oiseaux , comme le hiéraciles et le perdicites , n'ont d'autres rapports avec eux que des ressemblances de couleur.

Des figures grossières d'oiseaux, tracées par le hasard sur des pierres colorées, n'appartiennent pas davantage aux ornitholithes ; et l'on ne doit pas y rapporter non plus les pierres ou cailloux figurés qui ont une ressemblance quelconque avec des parties d'oiseaux; le coq d'Agricola et la poule de Mjlius , empreinte

(1 ) Commentaire sur les monmnens de Rnorr , tome 11 , seconde partie, ëdit. ail. , p. 177 et suivantes.

(2) Lettre à Fortis , Journal de physique , floréal an Yiii , L y p. 340.

(3) De fig. lapid. c. XII, fol. 161.

os$EMENs d'oisea.ux. 55 r

sur un sckiste d'Hmenau , n'ont pas d'autre origine.

Les auteurs opt aus^i quielquefoi^ regardé fort gratuitement comme ornithqUthes des o$ fossiles, seuleipent parce qu'ils étaient légers et grêles; mais un examen un peu attentif les fait bientôt reconnaître pour des pai:tiçs de poissons, de petits quadrupèdes, ou quelquefoie mâme cle coquilles et de crustacés. Ainsi le sule/Jtida littoratis rosîrata de Luid (i) no me parait que Fextrémité de l'épine dentelée de ta nageoire de quelque poisson. Les becs des environs de Weimar et dléna, dont parlent Wallerius et Linnœus (2) n'ont, selon Walch (3), qui était de ce pays-là, qu'une ressemblance extérieure.

Rome Delille, dans le catalogue du cabinet de Davila, cite un bec des environs de Reullingen (4), quia été adopté parLinnaeus (5),

(1) Lithophyl. britan. page 79, n* 156î , ta!}. 17.

(2) System, nat. éd. Gmel., pi., 388.

(3) Gomm. sur Knorr, tome 11^ part. 11.

(4) jCatal. m , 225.

(5) Lin. ub. sup.

55a F066ILES DE PARIS.

et un os de Canstadt , qui lui a paru de poulet ; mais son bec ne parait qu'une coquille bivalve qui se montre obliquement à la surface de la pierre. Si c'était un vrai bec, il différerait prodigieusement de tout ce que nous connaissons dans les oiseaux d'aujourd'hui; quant à l'os , il n'y en a dans l'ouvrage ni description ni figure.

Scheuchzer parle d'une tête d'oiseau dans un schiste noir d'Eisleben; mais il ajoute de suite que l'on pourrait aussi la prendre pour une fleur d'œillet (i) : c'en est assez pour la j uger.

Plusieurs (a) citent la description des environs de Massel par Hermann, comme s'il y était parlé d'os d'oiseaux; mais l'auteur n'annonce réellement que de petits os, sans dire qu'ils soient d'oiseaux (3).

L'erreur des compilateurs, par rapport au

(1) Mus. diluv., p. 106.

(2) Lesser, Lithothéol. Wallerics.

(3) Maslographia , p. ^24, et Hermann., de Strasb., ap. FoRTis. Jourri, de phys., floréal an viii, tomei, page 340.

j(>s»uMËNS d'oiseaux. 563

coucou pétrifié de Zannichelli (i)^ est encore plus forte et vraiment plaisante. Il s'agissait du poisson coucou ^ qui est une espèce de trigla ( Trigla cucuhis, Linn. ^ en italien pesce^-ca^ p€>ne), et non pas de Toiseau.

D'autres témoignages ne donnent aucuns détails y ni descriptions, ni figures, propres à les justifier. Tel est celui de Wolkman, dans sa Silesia subterranea (2), et ceux qu'allèguent les minéralogistes systématiques; il est impossible de rien établir sur de pareilles indications.

U est bien clair que les incrustations n'ap^ partiennent point à notre sujet; il ne s'agit pas de savoir si des oiseaux exposés dans quelque endroit particulier à des eaux chargées de substances minérales peuvent être enveloppés de ces substances, mais bien s'il y a eu des oiseaux saisis et renfermés dans les grandes couches qui occupent la surface extérieure du globe.

Ainsi les exemples d'oiseaux , d'œufs et de nids , incrustés de gypse , de tuf , de

(1) Dargenyille, Or., p. 333, etWALCii., Coin, sur Knorr, II 9 page 11.

(2) Page 144.

554 FOSSILES DE PÀRM.

sel OU d'autres minéraux, eC rapportés pu Wolkman (i), Lesser (2) , Gesner (5), Jlruckmann (4)» Baccius (5), Bûtner (6), Dai^^»ville. Bock (7), etc., fussent-ils tous vrais, ne prouveraient rien pour l'existence des o^nitfa(^ lithes.

Après toutes ces exchtsîqns, il ne reste donc que des parties contenues dans quelques schistes, comme ceux d'Œningen, de Fappenheim et du mont Bolca , qui puissent pré* tendre à un examen sérieux, et qui aient ea effet été prises pour des oraithoUthes par dfi véritables naturalistes.

Or, presque tout ce qu'on en cite est encore plus ou moins équivoque, on du moins n'est pas appuyé de figures et de descriptions suffi-

(1) Siles. subterr., p. 144.

(2) Lithothéol. p. 601.

(3) De petrif. , p. 67.

(4) Epist. it. cent. II. , page 25 , tome v et viii et cent. II, ep. V.

(5) De Thermis. lib. v, c. 4, page 154.

(6) Ruder. dil. test, page 64.

(7) Hisl. nat, de Prusse, 11, 403.

0S8EMENS d'oISKAUX. 555

suites. Ces schistes fourmillent tous de poissons et d'au!res produits de la mer; les os y sont comprimés. Qui oserait se flatter de dis* tinguer toujours dans cet état un os de poisson d'on os d'oiseau ? Les plumes même sont-elies toujours aisées à distinguer des serlulaires? Gomment donc juger quand on n'a pas quelque partie un peu considérable , comme tout un membre ?

]La K^illeure autorité pour une recherche de cette nature^ serait sans contredit celle de M. Blumenbach; mais il se borne à cUre qji^ l'on trouve a Œningen des os d^oisepux 4fi rivage (i). Pour ceux de Fappenheim, il ren-r voie aux Mémoires de l'Académie de Manheim (a); mais il n'y est sûrement question^ à l'endroit qu'il cite, que d'un reptile fort singulier dont nous parlerons ailleurs ( notre Ptérodactyle ) y et non pas, comme le dit M. Blumenbach , d'un oiseau palmipède.

Zannichelli avait, à ce qu'il dit, un bec d'OEningen ; mais était-il plus vrai que celui de Davila ?

(1) Manuel d*hist, nat.y trad. fr., II, 408.

(2) Act. ac. Theod. pal. V, p. phys. 63.

Scheuchzer cite une plume du même eiH droit (i)^ mais il n'a pas persuadé Fortis^ qui croit que c'est une sertulaire(jx)^ ni Hermann, qui^ dit-il, s'est toujours moqué de cette prétendue plume (3). U faudrait l'avoir sous les yeux pour en juger.

Fortis n'avait pas même été convaincu par les échantillons de plumes du mont Bolca, qu'il avait vus à Vérone (4) > dont deux viennent d'être publiés par M. Faujas (5), J'avoue cependant que s'il est quelques pièces faites pour porter la conviction , ce sont celles-là , que j'ai examinées avec soin plusieurs fois^ et où je n'ai pu découvrir aucun caractère qui les distinguât des plumes.

Mais en supposant qu'elles en soient en effet, elles ne prouveraient rien contre ma pre-

(1) Mus. diluv.,p. 106; Fisc, querel., p. 14; Phys. sac, I, tab. lui, y! 22.

(2) Journal de physique , flor. an 8 , p. 334.

(3) Ibid. , p. 340.

(4) Ibid. , p. 334.

(5) Annales du Muséum d'hist nat» vi , page 21 et pi. 1.

08SBMENS D^OlSnJiliXi èSj

Èaière assertion, qu'il n'y a enccfe qiie dans nos gypses des os bien constatés (i)«

Us ne le sont pas depuis bien longtemps.

Lamanon avait, il est vrai, décrit dès 1782^ tine empreinte d'oiseau entier, trouvée à Montmartre par feu M. Darcet; et si l'on s'en était rapporté à sa figure, il ne serait pas resté de doute ^ car elle représente parfaitement un oiseau ; il y a même placé des plumes à Faile et à la queue : malheureusement son imagination l'avait un peu aidé, et il s'en fallait de beaucoup que l'image ressemblât à l'original.

(1) Depuis ma première ëdition, j'ai reçu d'Auyergne, par Fentremise de M. le comte de Chabrol de Yolyic, préfet de Paris, et de M. Coq, des os d'oiseaux bien caractérisés, enveloppés dans un terrain d'eau douce ancien; j'en parlerai dans la suite de cet ouvrage.

Il y a aussi , dans les schistes d'eau douce d'OEningen, des débris qui paraissent véritablement venir d'obeaux. Tel est celui que M. Karg , médecin et professeur à Constance, a fait connaître en 1805, dans les écrits des natwalistes de Souabe, tome i, pi. IT^ fi g. 1 , et qu'il juge venir d'une bécasse.

Fortis^ qui avait conçu de fortes pr^ven* lions contre l'existence des ornithoUthes ^ élimina de nouveau celui qu'avait décrit Lamanon ; il en donna une figure faite d'après ses idées ; et c'est un exemple notable du degré auquel un seul et même objet peut paraître différent selon les yeux qui le regardent. On ne distingue plus rien du tout dans cette figure donnée par Fortis : la tête y est en bas ; toutes les inégalités de la pierfe Sont renforcées , les empreintes osseuses affaiblies; en un mot^ l'auteur déclare qu'il ne voit dans ce morceau qu'une grenouille ou un crapaud.

Le fait est cependant que c'est un véritable ornitholilhej mais à peine aurait-on osé le soutenir, si l'on n'avait découvert depuis, dans nos plâtrières, des pièces plus caractérisées et propres à confirmer celle-là.

Pierre Camper en annonça une, mais sans la décrire, dans un article sur les os fossiles de Maéstricht , inséré dans les Transactions philosophiques de 1786. C'est un pied trouvé à Montmartre , dont M. Camper fils m'a envoyé un dessin que j'ai fait graver dans le Bulletin de la Société philomatiifue de fructidor an vin.

OSSEMKNS D^OISfiAUX. 559

J'en eus moi-même une seconde^ consistant également dans un pied. Elle était de Cligoancourt sous Montmartre. Je la décrivis ll^pifi une note lue à l'Institut le i*" thermidor an yiii^ et insérée dans le Journal de Physique du même mois^ p. 128 et suivantes ^ avec une gravure, pi. I, qui fut reproduite Sans le Bulletin de la Société philomatique de fructidor an viii , et ensuite dans divers joiîrj)aux étrangers.

A cette occasion, j'appris qu'il en existait âeiiiL autres dans les mains d'un particulier d'Abbeville , M. Elluin, graveur, qui les avait aussi reçues de Montmartre; et M. de Lamétherie fit représenter, dans le même numéro de son journal, pi. II, un dessin un peu gros-^ sier, qui lui en avait été envoyé par M. TrauUé. C'était le corps d'un oiseau et la jambe d'un autre. Il était aisé de voir que la jambe n'avait pas appartenu au même individu , et inéme que la pierre qui l'incrustait venait d'un antre banc.

C'est le jugement qu'en ont porté MM. Baillât et Traullé (i) : M. de Burtin le confirme

(1 ) Journal de physique , thermidor an vin , tome u, page 132.

56o rOSSILBS DB PAR18«

dans ane note jointe à une description de oe fossile , publiée par M. Goret d'Âbbeville (i). Ayant eu nous-mêmes le morceau quelque temps sous les yeux , nous nous sommes assuré de ce fait.

Il y avait donc , dès 1 800 , quatre morceaux différens bien déterminés; celui de M. Darcet faisait le cinquième.

Depuis lors j'ai continué mes recherches ; €t j'en ai recueilli un si grand nombre , qu'il ne peut rester aucun doute que nos plâtre^ ne contiennent beaucoup de débris d'oiseaux*

Je vais décrire successivement les morceaux que j'ai obtenus , en commençant par les pieds ^ qui sont la partie la plus frappante, même pour les yeux les moins habitués.

En effet, le pied d'un oiseau quelconque «est composé d'une manière absolument particulière, et ne ressemble à celui d'aucun autre animal.

(1) Notice sur un oiseau fossile incrusté dans du gypse , lue par M. Goret à la Société d'émulation , et imprimée à part, pages G et 7.

OSSEMENS d'uISKAUX. 56 1

C'est d'abord la seule classe où il n y ait qu'un os anique pour tenir lieu de tarse et de métatarse.

Dans les chevaux et les ruminans, le inétatarse ou canon est bien d'une seule pièce , mais le tarse en contient plusieurs^

Dans les gerboises proprement dites, /er^oa et alactaga , il y a bien aussi un os unique du métatarse^ qui porte les trois doigts principaux ; mais les os du tarse restent distincts.

Dans les tarsiers et les galagos , les os scaphoïde et calcaneiim sont prolongés de manière à donner à leur tarse autant de longueur qu'à celui de certains oiseaux; mais les autres os du tarse et du métatarse ne subsistent pas moins.

Les grenouilles, rainettes et crapauds ont aussi le tarse allongé, mais il est toujours formé de deux os longs et de plusieurs petits.

Secondement, on trouve dans le nombre des doigts et dans celui des articulations de chaque doigt , des caractères presque aussi marqués que ceux que fournit le tarse.

I^s oiseaux sont la seule classe où Ton V. 36

569 ICOftSlLES DE PARU.

observe dei doigts tous différens par le non)'* bre des arCîculatîons , et où ee nombre et l'ordre des doigts qu'ils ont soient cependant

fixes.

Le pouce en a deux ; le premief doigt An côté interne^ trois; le doigt du milieti, quatre ; et l'extérieur^ cinq.

Cette règle ne souffre au dedans de U classe qu^uné exception , celle des oiseaux qui n'ont pas de pouce , mais les autres doigts y conservent leurs nombres ordinaires (i).

Au dehors de la classe ^ cette règle ne se retrouve jamais complètement observée.

Les quadrupèdes ont deux articles ^M pouces et trois aux autres doigts , quel que soit leur nombre. Les paresseux tridactyles

(1) C'est pqor m'en être rapporté à des squelettes mA faits, que j'avais dans ma première édition, attribué troijs phalanges à chaque doigt aux autruches et casoars ; depuis que j'ai disséqué moi-même plusieurs autruches ^'Afrique et d'Amérique, et plusieurs caspars soit k casque, soit de la Nouvelle Hollande, je suif certaia que la règle subsiste; les casoars, l'autruche d'Amérique en ont trois, quatre et cinq, et l'autruche d'Afrique quatre et cinq.

OSSfiMENS D*0ISE4UX. 565

«çulegiefiit n'en ont que deux, parce que Ifiiju*^ pp^mières phalanges se soudent avec j/Mura^ os du métatarse.

Quelques doigts cachés sous la peau manquent seuls du nombre ordinaire.

Dans les reptiles, le nombre des articulations est moins égal ; cependant il ne se rencontre presque jamais exactement le même que dans les oiseaux.

Ainsi , en commençant par le pouce et finissant par le doigt extérieur, on trouve les nombres d'articulations exprimés dans la table Q-j ointe.

TortuQ de terre 2. 2. 2. 3.

Tortue marine 2. 3. 3. 3. 2.

Crocodile 2. 3. 4. 5.

Lëzards de toutes les espèces,

iguanes , axâmes , stellions ,

oordyles , geckos , anolis , scin-

qnes 2. 3. 4. 5. S.

Caméléons 1. 2. 3. 3. 2.

Sefis tétradactyle 2. 4. 5. 2.

Sept tridactyle 2. 3. 4.

Grenouilles , crapauds et rainettes. 2. 2. 3. 4. 3.

Salamandres. . .x 2. 3. 3. 2.

564 FOSSILBS DE PAI^Id.

On voit donc que les seul» crocodiles ont les mêmes nombres de phalanges que les oiseaux; mais comme chacun de leurs doigts est porté en outre sur un os du métatarse particulier, et ceux-ci sur plusieurs os de tarse , il ne peut y avoir d'équivoque.

Si nous cherchons maintenant ces caractères dans les différens pieds représentés dans notre première planche y nous verrons qu'ils s'y n^ncontrent tous.

Four épai^ner la place, je me suis borné ^ faire graver les os et leurs empreintes ^ et j'ai supprimé les contours des pierres qui le^ portent.

On trouve donc déjà très-clairement les caractères dont nous parlons, dans le pied que j'ai décrit en 1800, et dont je reproduis la figure, pi. i55, fig. 10. Le pouce y manque ; mais on y voit en a le petit osselet surnuméraire qui le porte dans beaucoup d'oiseaux.

Ces caractères sont encore plus complets dans le pied de la fig. 8. Le fémur y manque, mais le tibia y est plus entier^ et le pouce et les trois autres doigts y sont bien complets et munis de toutes les articulations qu'ils doivent avoir.

ossEMENs d'oiseaux. 565

Ce pied de la figure 8^ ayant le tibia et le tarse un peu plus longs que le précédent, pourrait bien être d'une autre espèce , qui est fort commune dans nos gypses, car il s'y est trouvé un assez grand nombre de pieds des mêmes dimensions.

Tel me paraît celui de la figure 2. Il manque de fémur et d'une partie de son tibia; mais les doigts y sont bien parfaits.

Tel est encore le pied de la figure i, plus complet que tous les autres, et qui manque seulement de l'articulation du genou, emportée par la manière dont la pierre s'est cassée.

La figure 5 représente un pied , du cabinet de M. Delamétherie : quoique à peu près de même grandeur que les précédons, les os me paraissent un peu plus épais, et son tarse un peu plus arqué dans sa longueur. Il a d'ailleurs tous les caractères d'un vrai pied d'oiseau; seulement le doigt extérieur n'ayant laissé qu'une empreinte de sa partie supérieure, on ne distingue pas très -bien les trois articulations dont il devait être composé. Il me parait former une troisième espèce.

La figure 6 a et b est une copie esade et faîte par moi-même du pied qui appartient à M. Eliuin, et qu'on avait gravé fort incomeotement dans le Journal de physique de thfrmidor an 8.

En comparant ce pied avec le corps , pi. 154» fig. 2 a et ^, auquel on l'avait joint , on verra aisément qu'il ne peut lui appartenir, puisque ce corps a déjà ses fémurs, et que néanmoins il se trouve un autre fémur avec ce pied, qui d'ailleurs est beaucoup trop grand à proportion.

Il est aussi trop grand et ses os trop épais, pour qu'on puisse le confondre avec les premiers que nous avons décrits; par conséquent , il indique l'existence d'une quatrième espèce dans l'état fossile. Du reste il a tous les caractères d'un pied d'oiseau. Le doigt externe est complet avec ses cinq articulations du coté aj Tinterne du coté b parait avoir perdu une partie de sa première phalange.

Ce qui i*este du pied de la figure 4 offre à peu près tes mêmes dimensions et pourrait bien venir de la même espèce; il n'y a que les premières phalanges du pouce, da doigt externe ei de eeliii du milieu : les antres manquent entièrement.

088EMEN8 d'oISÈAUX. 567

Lie pied de la figure 1 1 me parait im peu plus petit , et pourrait bien annonter une cin- -qoLème espèce. Son fémur, son tibia, son tarse, ou aii moins leurs empreintes, y sont bien complets; le doigt interne y est aussi en entier : mais les deux autres n'y sont qu'indiqués I et le pouce a perdu sa deuxième pfaalaiigè : j'y rapporte aussi le pied de la figure 9, et le tarse de la figure 7.

Une sixième espèce est annoncée par le ^éd dé là figure i^ pi. i56, dont lé tarse Sst {)resquë double de toiis léd pf*écêdén9.

]Les quatre doigts y sont avec toutes leurs parties , seulement le médius s'y trouve dis-* loque et en partie caché sous l'interne de devant; sa troisième phalange est en a^ sous 1 ODguéal de l'externe ; et son propre onguéal M ^ I au bout de celui de l'externe.

Longueur du tibia 0,1

du tarse 0,078

"* de Tosselet qui porté le pbucé. 0,006

'^ — ^ de la prëtniërë phaladgè dit

pouce 0,-042

"■* ■ ■•— — de l'oDguéal du pouce 0,007

de la première phalange du doigt

Interne 0,016

Lougueur de la deuxième 0,013

de l'onguéal 0,009

de la première phalange du médius 0>02

' de la deuxième phalange de l'externe 0,01

— de la troiçième 0,006

de la quatrième 0,008

■ ■ - ■— — de ToDguéa] 0^007

Je rapporte à la même espèce les os détachés , représentés pi. i55, fig. 7; le premier Uj est un tibia mutilé par le bas : les trois suivants, b, c, d, sont les' trois phalanges qui composent le doigt interne de devant; les trois autres, e, /*, g, les trois > dernières du médius, dont l'onguéal est incomplet dans le haut. Chacun de ces os correspond pour la grandeur à ceux du morceau précédent.

Quant aux quatre phalanges de la figure 2) même pi. , elles forment incontestablement un médius d'oiseau de proie , et ressemblent même beaucoup à leurs analogues dans le Buzard : c'est une septième espèce.

La phalange de la pi. i54, fig. 3, «, b, c, doit appartenir à une huitième espèce plus

OSSEMKNS d'oiseaux. 56()

grande encore que toutes les autres ; en re* vanche le pied de la pi. i56, fig, 2^ est beaucoup plus petit que tous les autres, et doit venir d'une neuvième espèce.

Ce ne sont pas là, à beaucoup près, les seuls pieds d'oiseaux de nos gypâes que j'aie recueillis. Depuis ma première édition , il m'en a encore été apporté plus de vingt, et divers autres naturalistes en ont aussi obtenu ; en sorte qu'il y en a maintenant dans beaucoup de cabinets de France et de l'étranger.

Mais tous ceux que j'ai vus peuvent se rappo|^r plus ou moins sensiblement à l'une des grandeurs et des formes que je viens de faire connaître, ainsi il m'a paru inutile d'en multiplier les figures.

Nous en avons représenté seulement un nouveau, fig. 9, pi. i/>6, à cause de sa belle conservation. Il parait être de la même espèce que celui de la figure 1 1, pi. i55.

On sent qu'après un si grand nombre de morceaux qui attestaient par leur ensemble l'existence des ornitholithes dans les couches pierreuses régulières, il n'était plus possible qu'il me restât de doute à cet égard , et que tous les argumens négatifs de Fortis et de

quelques autres naturalistes tombèrent d'euxinêmes devant les faits.

Je me mis alors à rechercher et à examinée* les petits os isolés , jugeant bien qu'il y en attrait aussi quelques-uns qui ne pourraient se rapporter qu'à des oiseaux.

Tel fut d'abord pour moi le fragmeiit clé la fig. 7, pi. i55, c'est uriè portion de tarse divisée par le bas en trois apophyses , terminées chacune par une demi-poulie pour l'articulation des premières phalanges des trbià doigts de devant.

Il n'y a parmi les quadrupèdes que le jerboa et l'alactaga ( miis sagitta et/aculus* JSLti. ) qui offrent quelque chose de semblable; mais comme il n'y a dans toutes nos plàtriéreô aucun autre indice d'animaux de cette famille^ nous ne pouvons leur Attribuer ce fragment.

Les fémurs des oiseaux ont aussi un caractère distinctif qui a sa source dans la nature particulière de leur genou.

M. Duméril a fait connaître (i) que cette

(1) Bulletin des sciences, par la Soc. ptiiloniat. , germinal aii vu.

OSSEMENS D*01SEA.UX. 5jl

articulation est munie chez les oiseaux d'une espèce de ressort analogue à celui de la charnière d'an couteau. On sait en effet que là lame d'un couteau n'a que deux points' o4 'elle puisse rester en repos ; celui d'ouverture et celui de fermeture complètes , parce qu'il n'y a que ces deux points où le ressort ne soit pas écarté de sa position naturelle.

Les oiseaux ne portant que sur deux pieds et ayant besoin d'y trouver une assiette solide, ont reçu une articulation de ce genre, qui à aussi deux points fixes, celui de la plus grande flexion et celui de l'extension la plus parfaite. Ce sont là les seuls où les ligamens ne soient pas tiraillés et où les os restent dans leur situation respective par Faction siniple de ces ligamens, à moins d'un effort de la part de l'oiseau pour les déplacer.

La tête du péroné produit cet effet par sa figure et sa manière de s'engrener dans une fosse particulière du fémur.

Cette tête s'élargit beaucoup d'avant eh arrière, et son bord supérieur est une ligne à peu près droite, qui monte obliquement en arriére , ce qui rend son extrémité postérieure plus élevée que l^autre.

Le fémur appuie sur cette lif^ne droite par une ligne saillante sculptée sur son condyle externe , dont le milieu fait une convexité presque demi-circulaire» et dont les deux bouts au contraire sont un peu concaves ; et les deux os sont attachés en cet endroit par un ligament élastique qui va de l'un à l'autre en croisant presque perpendiculairement la ligne par laquelle ils se touchent.

Il est donc sensible que ce ligament sera plus tiraillé tant que le fémur touchera le péroné par la convexité de la ligne saillante que nous venons de décrire^ c'est-à-dire tant que la jambe ne sera ni complètement étendue ni complètement fléchie; mais dans ces deux états extrêmes, le péroné rentrera dans l'une des concavités placées aux deux bouts ^ et il y sera retenu par la contraction élastique du ligament.

Le fémur des oiseaux se distingue donc de celui des quadrupèdes en ce que son condyle externe, au lieu d'offrir en arrière une convexité simple, pour la fossette externe de la tête du tibia, y présente deux lignes saillantes : Tune plus forte, qui est le vrai condyle et qui répond à la facette supérieure externe du tibia et à la facette interne du péroné;

OSdEMKISS D^ÔiSÉAUJC. 5ji

et Qne autre qui est plus extérieure , qui descend moins et qui repose sur le bord supérieur du péroné.

Le condyle externe des oiseaux est donc fourchu ou creusé d'un canal plus ou moins profond en arrière.

Les seuls quadrupèdes où Ton ait pu soupçonner quelque chose d'analogue étaient ceux qui y comme les oiseaux, se tiennent et sautent sur leurs pieds de derrière avec le corps oblique, je veux dire les kanguroos et les gerboises.

On trouve en effet dans les divers kanguroos un léger enfoncement en arrière du condyle, auquel répond le péroné, mais seulement par un tubercule.

Les gerboises n'ont pas cette conformation ; dans celle du Gap ( c'est-à-dire dans VHélamjs ) , il y a cependant un osselet particulier qui établit une liaison entre le péroné et le fémur, mais non pas de la même manière.

Il y a d'ailleurs beaucoup de traits qui empêcheraient de confondre un fémur d'oiseau avec celui d'un kanguroo, comme de tout autre quadrupède ; telle est surtout la lar*-

576 FOSSILES DB PXtitÉi

dans les muscles pectoraux ; mais il est inutile de s'arrêter à cette exception , le reste de l'humérus de la taupe ayant des formes si extraordinaires qu'il est impossible de le confondre , non -seulement avec celtii des oiseaux , mais même avec celui d'aucun animal connu.

Les caractères de la tête inférieure de l'humérus des oiseaux ne sont pas moins frappans que ceux de sa tête supérieure.

La poulie articulaire se divise en deux ji^arties : une interne ou inférieure^ presque ronde, pour le cubitus; et une externe ou supérieure, pour le radius, qui est oblongue, dans le sens de la longueur de l'os^ et remonte ainsi un peu obliquement sur sa tàce antérieure. De cette manière, le radius a un plus grand arc à parcourir que le cubitus^ et le mouvement de l'avant-bras ne se fait pas dans un plan perpendiculaire à la face antérieure de l'humérus.

La partie inférieure de cette facette radiale s'élargit en arrière, et repose encore sur une facette articulaire externe du cubitus.

Il n'y a rien de semblable dans les quadru-

08SEMENS d'oiseaux. Syy

pèdes. La poulie cubitale y est toujours conçut ve, et la radiale est aussi creusée d'un sillon dans ceux dont Tavant-bras n'a point de supination.

Tous ces caractères distinctifs de Thumérus des oiseaux se rencontrent dans les trois os représentés, par leurs deux faces , dans nos figures 9, lo et ii, pi. i54. Celui de lafig. ii est un peu plus mutilé dans le haut ; il paraît néanmoins de la même espèce que celui de la

fig. lO.

Mais celui de la fig. g, pi. 154; et celui de la fig. 7, pi. l'ÏG, viennent chacun, d'après leur grandeur, d'une espèce particulière.

Nous trouvons aussi les caractères du radius des oiseaux dans les deux os représentés pi. 154^ fig- 7 et 8, ainsi que dans celle de la fig. 8, pi. i56.

Tous ont la tête supérieure ronde, un peu concave; le plus petit, fig. 8, a son extrémité inférieure plus élargie, précisément comme dans les oiseaux.

Lafig. 5, pi. i56, représente le métacarpe d'un oiseau de forte taille et à longues ailes. Il est même à peu près semblable, pour la

578 FOSSILES DfJpaRIS.

forme et pour la grandeur de 0,086 , à celui du balbuzard. Il est probable qu'il vient de la même espèce que le fémur pi. i54> fig- i^i dont la longueur de o,o83 est également, ainsi que sa forme ^ à peu près pareille à celle âa balbuzard.

Un autre métacarpe, d'une espèce plus petite f et dont les ailes étaient plus couiiM, est représenté pi. 156, fig. 4^ long" de 0,043* Il n'est pas sans grands rapports de grandeur et de forme avec celui de la chouette.

Le morceau dessiné pi. i54, fig* 12, a et b, est la tête d'une omoplate d^oiseau très- bien caractérisée; elle ressemble même en petit à celle d'un cormoran , plus qu'à aucun autre genre.

Mais do tous les os des membres, ceux qui caractérisent le plus nettement les oiseaux sont l'os appelé fourchette par les anatomistes et celui qu'ils ont nommé clavicule ^ dont le premier, selon moi, résulte de la réunion des deux clavicules, et dont l'autre n'est que l'analogue de l'apophyse coracoïde de l'omoplate détachée et développée. La fourchette d'un oiseau ne peut surtout être confondue avec aucun autre os, et nous en

OSSEMENS d'oiseaux. 5^9

a^ons une bien i*econnaissabIe ^ pi. i55^ fig. 4.

J'ai eu deux os coracoïdiens séparés; pi. i55^ I fig. 5^ en est un large et court.

Celui de la fig. 6, même pi., est plus grêle àprbportion.

Après avoir reçu tant d'os séparée qui àp-* ipartenaient à l'aile , il était naturel que j'espérasse en obtenir quelques-uns de réunis.

Je vois en effet que les os représentés fig. 4 et 5, pi. 154^ sont des portions d'aile. Fig. 4 offre le bas d'un humérus (a)^ un cubitus (A), les deux osselets du carpe (c), ceux des deux branches de Tos du métacarpe , avec l'empreinte de son apophyse destinée à porter le pouce (e), et celle d'une partie de son autre branche {f). Ain^i il n'est pas possible de méconnaître cette aile pour ce qu'elle est.

L'autre y fig. 5, est un peu moins évidente^ parce que les os n'ont pas conservé leurs facettes articulaires , et que Tavant-bras est déplacé, de manière que le radius y est inférieur. Cependant le tissu des os et la forme générale de la coupe de Thumérus ne laissent

58o FOSSILES DE I^ARIS.

guère de doute. Ce morceau est du cabinet de M. Delamétherie. V

Il n'y a guère dans les oiseaux de partie osseuse mieux caractérisée que le bec. fai aussi eu le bonheur d'en recevoir trois pour compléter mes preuves. Je donne la figure de l'un, pi. i53, fîg. 5; et il est inutile que j'y ajoute aucun commentaire : tout le monde voit que c'est une mandibule inférieure, posée horizontalement , et dont le condyle gauche seul est un peu mutilé.

Il en est de même du second, pi. i55, fig. 5, qui est d'une espèce plus grande, mais qui n'est pas moins reconnaissable.

Le dernier, même pi., fig. 8, tout aussi caractérisé que les autres, est d'une troisième espèce par sa grandeur.

Nos carrières ayant fourni un si grand nombre d'os séparés appartenant évidemment à la classe des oiseaux, je n'eus plus aucun sujet de doute qu'il ne s'y trouvât des corps plus ou moins entiers de petites espèces de celte classe.

Celui de M. Elluin, dont je donne, pi. i54, fig. 2, Uf b, les deux côtés, exactement dessinés par moi-même, n'était déjà susceptible

OSSEMENS d'oiseaux. 58 (

d'aucune objection sérieuse, bien que l'un des plus mal conservés.

Quoique aucun os p'y soit tout entier et n'y ait gardé les formes de ses articulations, la position et les proportions de tous les os y sont encore assez visibles pour que l'on reconnaisse le becy la tête, le cou, le corps, les deux ailes, les deux cuisses, et une partie des deux jambes d^un oiseau.

Ce corps paraît avoir été écrasé par les couches supérieures, et entièrement aplati. Il n'a laissé qu'une lame brune, et dont l'épaisseur est à peine appréciable. On ne peut y distinguer ni les os de la tête, ni les vertèbres, ni les côtes, ni le sternum. On voit seulement d'un côté, vers x, quelques vestiges de bassin.

Pour des plumes, il n'y en a pas la plus légère apparence.

L'oiseau de M. Darcet est encore plus maltraité, et il n'est point étonnant que celuilà ait occasionné des discussions et des doutes. Cependant il a une aile presque entièrement caractérisée, et dont on voit fort distinctement l'avant - bras , le métacarpe et le commencement du grand doigt. L'autre aile et le bec peuvent , à la rigueur, aussi se reconnaître ; mais ce qui reste des pieds et des

OS du corps a perdu toute espèce de caractère. V

On peut en juger par la figure i de notre pt. 154» que nous avons faite sans aaeilA pté- Jugé et sans vouloir favoriser aucune opinion, puisque Texistence des ornitholithes dans Aô^ carrières est maintenant fort indëpendatltedë la vérité de celle-ci.

En effet, j'en ai obtenu moi-même trois qui surpassent de beaucoup ces deux-là par leur conservation.

Le premier, qui a déjà été décrit dans ma première édition, est représenté pi. i55, fig. i.

C'est le squelette presque entier d'un oiseau aplati comme tous ceux des petits animaux de nos carrières, et qui, lorsque l'on a fendu la pierre qui le contenait, s'est partagé en deux moitiés, dont chacune est restée adhérente au morceau de pierre de son côté.

L'oiseau était tombé sur le ventre, sur la couche de gypse qui était déjà formée, et avant qu'il se fût déposé assez de gypse pour l'envelopper tout-à-fait, il avait perdu, soit par le mouvement de l'eau, soit par l'action des animaux voraces, la plus grande partie de sa tête et toute sa jambe gauche, car on n'en trouve point de restes dans la pierre en y creusant.

OSSEMENS DOISEiLUX. 585

Une partie des-os est restée à sa place quandla pierre s'est fendue , une antre teSt totti^bée en éclats et n'y a laissé que son empreinte. Tai fait distinguer ces deux sortes de marques piar des hachures longues et plus fortes pour le!ist>s, et par des hachures plus faibles et obliques pour les empreintes.

Du reste, la planche représente le côté de la pierre où il était resté le plus d'os ou d'empreintes, et qui paraît être le côté du wntre. Je vais en expliquer successivement toutes lefe parties.

a est l'empreinte du bec inférieur; sabraa«che gauche b est presque restée entière.

En ^ et c sont des restes des deux cotés de la base du crâne, qui était cellulaire eoioiBe dans tous les oiseaux.

Les vertèbres du cou sont fort reconnaisse^ blés aux nombres 1,2, 3 , 4 > 5 , 6 , 7, 8 et 9.

Le ooracoïdien (i), d'un côté, est fort bien

(1) M. Cuvier n'avait pa« fak ia nouveUt défermin»tion dés os de IVpaule , quand cet oraitholitbe fut décrit pour la première fois; et les corrections que cellfi-ci nécessite dans le texte avaient été omises dans la dernière édition in<»4*. (Laur. ).

conservé en d ^ et Ton voit des restes de celui de l'autre en d : un petit reste de Tomoplate se voit en ej mais la plus grande partie de cet os a disparu. Cette forme de coracoidien est si particulière aux oiseaux, que cet os seul suffirait pour prouver que ce fossile est de cette classe.

Le sternum, fort écrasé et défiguré, occupe la plus grande partie de l'espace /y*, et l'on voit par-ci par-là des restes ou des empreintes de côtes, dont les unes sont en partie recouvertes ou plutôt interrompues par les débris du sternum , les autres par les coracoïdiens.

Le bassin a également laissé une empreinte assez embrouillée, parce qu'elle se mêle avec celle du croupion ; mais on reconnaît distinctement les empreintes des deux pointes formées par les ischions et par les pubis , en g et g.

Toutes les parties des deux ailes sont bien conservées dans cet ornitholithe, et y présentent les caractères ostéologiques éminemment distinctifs de la classe des oiseaux.

L'humérus d'un côté , hy est presque entier. Le cubitus i et le radius k ont aussi trèspeu souffert dans les deux ailes.

ossEMENS d'oiseaux. 585

Oa voit même un des petits osselets du carpe en /•

Le métacarpe ^ qui a dans les oiseaux une forme très-particulière, s'y composant de deux branches soudées ensemble à leurs deux extrémités, est très-reconnaissable en m et ni j on distingue également en n et n le petit osselet qui tient lieu de pouce.

L'os de la première phalange du grand doigt est aussi formé de deux branches dans cet ornitholithe , en o, o\ comme dans les oiseaux en général; à côté de lui s'est conservé d'un côté en p l'osselet qui représente le petit doigt , et à son extrémité celui de la dernière phalange q.

Les extrémités postérieures ne sont pas si bien conservées, à beaucoup près, que les antérieures; il ne reste même que des parties d'une seule , et cependant on ne peut y méconnaître des parties de la jambe d'un oiseau.

r est une moitié inférieure de fémur, et s un tibia presque entier, avec un petit i este, ^, de péroné enté sur sa partie supérieure , comme dans tous les oiseaux.

Table des dimensions de cet ornitholith.

Longueur d'une des branches du bec inférieur 0,033

— delà clavicule 0,026

de rhmmérus 0,OlO

■ d« cubitus et du fadiiis. .... 0,631

du métacarpe. O^OSi

de la première phalange du ^and

doigt .' 0,007

- de la dernière phalange du même

doigt 0,008

■■ w I du tibia. ê^Mf

Le deuxième de nos squelettes fossile»

d'oiseaux -est sur la pierre presque comme un nuage ^ et j'avoue que des yeux exercés pouvaient seuls le reconnaître; mais une fois l'idée conçue que c'est un squelette d'oiseaUj toutes les parties se montrent sensiblement.

On le voit pi. i56, fig. 5, tel qu'il est sur la pierre , couché sur le ventre , le sternum jeté de côté, et une aile étendue.

n, e , est cette aile, qui est la gauche.

ossEMBiNs d'oiseaux. 587

a, b, est Fhumérus; b, c, l'avant-bras, où

ifholiit' ^'^^ ^^ ^^^^ presque plus de traces du radius ; c, dp la main; d, e, la. dernière phalange ou le petit bout de l'aile.

En fl, yj il reste quelques vestiges de l'o-

^" moplate.

• o.o» * D y en a d'un peu plus marqués de l'o- ^\ mopli^te droite en e. A, et rhumërus de ce I cofie est presque entier en i, k.

^?*' Le triangle /, /w, n^ est le sternum écrasé.

^M n ne reste du cou que les trois dernières

•*^ vertèbres, o^p^ q.

Le corps n'a laissé qu'une empreinte nuageuse entre les deux omoplates, mais on distingue asMK bien les dernières côtes des deux côtés» ry s. Le bassin est également assez nuageux , ainsi que le coccyx , t.

Mais toute l'extrémité postérieure droite 66t parfaitement reconnaissable , ainsi que la partie inférieure de la gauche, i/, v^ est le fiimur; i^, tv , le tibia; tv, or, le tarse; âr, y^ %j le pied. Les mêmes parties de la jambe droite sont marquées w', x', y\ z\ ^

A en juger par la grandeur et les proportions, le pied de la fig. 2, pi. i56, doit être

précisément de l'espèce de cet ornitholithe.

Dimensions que Von a pu prendre exac^

tement.

LoDgueur de rhumérus 0,0S7

— — du fémur 0,02

du tibia 0,03

du tarse 0,015

Plus grande longueur du sternum. . . . 0,045

Le troisième de mes squelettes est probablement le plus complet et le mieux caractérisé de tous les ornitholithes qui aient jamais été découverts.

Je l'ai reçu depuis peu de Montmartre , et l'on en voit une représentation minutieusement exacte, pi. i56, fig. 6.

Il présente la tête, le cou, le tronc, le bassin, les deux extrémités du côté droit, et une partie de l'aile du côté gauche. La tête, â, bj montre sa forme et son bec, qui est assez long et assez fort. En c, est un reste de fourchette; d ^ est une partie de l'os coracoîde droit; e, une partie de l'omoplate du même côté; d' et e ^ sont le coracoïdien et l'omo-

ossEMENS d'oiseaux. SSg

plate gauche : cette dernière est presque complète ; f, g, h, l'humérus^ le cubitus et le radius droits ; f, g\ h\ les mêmes os du côté gauche; i^ est le pouce ou l'os de l'aile bâtarde ; ky l'os du métacarpe ; /, la première phalange du doigt ou du bout de l'aile. Les cotes qui se voient entre e et f sont si bien conservées , qu'on y distingue la partie vertébrale et la partie sternale de la côte^ ainsi que l'apophyse récurrente qui caractérise si bien les côtes des oiseaux y qu'à elle seule elle prouverait que c'est ici un ornithoiithe. Le bassin, m, Uy Oy n'est pas moins caractéristique par sa forme générale y par la direction du pubis y que par les trous et les échancrures qui s'y remarquent. Le fémur, t, le tibia, Uy le tarse, Vy trois doigts entiers, et deux phalanges d'un quatrième , forment un pied d'oiseau aussi nettement caractérisé qu'aucun de ceux de notre première planche. Le coccyx, /•, ainsi que le cou, ont laissé des empreintes plus confuses , à cause de la forme plus compliquée des os qui les composaient; mais le tout n'en est pas moins clairement reconnaissable pour quiconque a jamais jeté les yeux sur un squelette d'oiseau.

Sqo fossiles de ^aris.

Dimensions.

Longueur de la tête , depuis Tocclput jusqu'au bout du bec d,Ô4S

de rhamérus 6^088

de Tavaut-bras OfiM

■ du métacarpe Qfili.

de la première phalaxige. . . . Oy'007

— — du fémur 0,02

rdu til^ia 0,03

du tarse 0,015

i)'a4[)rès Tidentité absolue de grandeur des os des membres, je ne doute pas que cc!t ornithôlithe ne soit précisément de la même espèce que le précédent et que le pied de la fig. 2. Mais le premier de mes squelettes, celui de la pi. i55, était d'une espèce plus grande.

Il ne s'agirait plus désormais que de déterminer, jusqu'à un certain point, les genres auxquels appartiennent ces divers ornitkolithes ; mais j'avoue que c'est un problème très-difficile, pour ne pas dire impossible , à résoudre.

OSSEMENS d'oiseaux. SqI

Les oiseaux, se ressemblent entre eux beaucoup plus que les q^uadrupèdes; les limites extrêmes de la classe sont plus rapprochées, et le nombre des espèces renfermées entre ces limites^ beaucoup plus considérable; . les différences entre deux espèces seront donc qneliquefois entièrement inappréciables dans le sq.uelette. Les genres mêmes n'ont pas toujours des caractères ostéologiques suffisans; presque tous ont été distingués d'après la forme du bec, qui ne se conserve pas entier dans le squelette y encore moins dans les fossiliss comprimés et en partie fracturés, eomme ceux de nos carrières à plâtre.

Ce qui me reste à dire se réduit donc à bien peu de chose , et n'est guère au-dessus des simples conjectures.

Une chose néanmoins est certaine, c'est que les pieds entiers nous fournissent des preuves de l'existence d'au moins neuf espèces que l'on peut ranger comme il suit , d'après leur grandeur :

fl

i^ Celle indiquée par la phalange de la pi. i54,fig. 5;

!i L'oiseau de proie dont oh a le médius ^ pi. i55, fig. 2}

5ga Fo&siLfis de paris.

s"" L'oiseau auquel appartiennent l'extrémité^ pi. i56 y fig. I y et le tibia et les phalanges, pi. i54, fig. 7;

4"" Celui dont proviennent les pieds des fig. 4et6, pi. i53;

S" Celui des pieds des fig. 9 et 1 1 ^ mémefU

&" Celui du pied à tarse arqué ^ pL id.f fig. 3;

7** Celui des pieds des fig. i^ 2 et 8; pi. id.y qui est le plus abondant;

8"* Celui de la fig. 10, même pi., très-voisin du précédent, et paraissant appartenir comme lui à l'ordre des échàssiers;

Enfin , 9"* le petit pied de la fig. 2 , pi. i56, qui est là plus petite des espèces recueillies jusqu'à présent.

Nous sommes à peu près certains aussi que cette neuvième espèce de pied est précisément celle qui se rapporte aux deux beaux squelettes des fig. 5 et 6, pi. i56, et il ne s'agit que de déterminer ces squelettes dV près l'ensemble de leurs proportions; mais

il convient auparavant de rechercher parnu les os isolés ceux qui leur appartiennent par la grandeur, et qui montrent mieux. leurs formes.

OSSEMENS d'oiseaux. SqS

Tels sont les humérus isolés ^ pi. i54^ fig. 10 et II. Leur correspondance de grandeur avec ceux de nos deux squelettes , et celle de leurs formes avec tout ce que ces squelettes en conservent, sont telles que l'identité d'espèce est à peu près démontrée.

On peut y rapporter aussi sans difficulté la portion du tronc et des deux ailes avec un fémur y même pi., figf. i5; les longueurs des parties correspondantes sont encore ab-, solument les mêmes.

L'oiseau de M. Darcet, pi. i54, fig. i,* n'a pas ses pieds ni aucune de leurs parties ; mais comme ses ailes et son bec sont plus courts que dans nos deux^^ squelettes de la pi. i56, et que le pied de ces deux squelettes est le plus petit de tous ceux que nous possédons/ il est bien clair que cet oiseau était encore d'une espèce différente de toutes les autres , et qu'il forme la dixième ; c'est probablement à elle que se rapporte le radius de la fig. 8, même pi., qui est exactement de même longueur que celui de la fîg. i , et je crois que le petit humérus , pi. i55^ fig. II, lui appartient égalemeilt.

Quant au squelette de la pi. i55, fig. i^ d'après son tibia, seule partie de son extré* V. 38

$94 ï'OdâlLE»' DE PÀlild.

toîté poBtërîeure qu*il ait entière, il doit prendre le pied dé la cinquiètne sorte, celui de la fig. II, pi. i53, dont le tibia est exactement de même longueur.

C'est aussi à lui que je rapporte le bec isolé, pi. i55, fig. 8, qui est de même grandeur et fait le même angle que le sien.

Peut-être conviendra-t-il de lui rapporter encore les humérus des fig. g et lo, même pl.^ qui sont de même grandeur que les siens.

Nous voyons que c'était un oiseau à, ailes courtes, puisque son humérus ne fait pas la moitié de la longueur de son corps, et que son avant-bras est plus court que son humérus.

Cette dernière circonstance détermine sa classe d'une manière assez positive, car il n'y a que les oiseaux à vol pesant de la ' famille des gallinacés et de celle des palmipèdes où l'on observe cette proportion ; or le bec empêche que l'on ait à le cherch/Bt parmi les palmipèdes, et la caille est celui de nos gallinacés indigènes qui en approche le plus par la grandeur, encore est-elle un peu plus petite dans toutes ses dimensions.

Il reste maintenant divers pieds et divers

ossEMENs d'oiseaux. 5g5

os qtli ne se rapportent point aux squelettes.

n s'agit de voir si les os peuvent se rap-* porter chacun à l'un des pieds ^ ou s'ils indiqueront encore des espèces de plus.

J'ai déjà dit que l'omoplate de la fig. 12, pi. i54, ressemble à celle du genre pélécanus.

{ L'humérus de la fig. 9, pi. i54, long de 0^046, est un peu plus long que celui du squelette de la pi. i55; mais rien n'empêcherait qu'il n'eût appartenu aux pieds de la quatrième sorte » pi. i53^ fig» 4 ^^ 6.

D'après sa forme il est de l'ordre des oiseaux de rivage , et paraît tenir de très-prés à celui de la bécasse.

Il y en a un long de 0,074, pi. i56, fig. 7, mais dont les extrémités sont trop mutilées pour en fixer le genre. Il est extrêmement semblable à celui. d'une chouette.

Il y en a encore un intermédiaire entre les précédens.

Dès 1800, j'avais annoncé que le pied de la pi. i53, fig. 10, est très-voisin de celui de Faloueite de mer. Je trouve la même

?rsLIi DE PARIS.

!i.:r^ l'aile de cet oiseau et \^ \ :. pi. 154.

'^it le la (ig. 3, pi. i56, est

r..LtJ de proie de la grandeur

est bien plus fort que celui

-i.r:e à laquelle ressemble le

- .:e la fîg. 2, pi. i55 : par

•..'.que une autre espèce, qui

:i:arpe, pi. i56, %• 4^ ^st

^ ie proie, et à peu près de

•a chouette. Il n'v a rien

:: qu'il ait appartenu à la

:e grand humérus , même pi.,

\i fig. 1-2, pi. i54, m'ayant

j'ai trouvé que le fémur de

*v '.ble aussi à celui d'un /e-

: Je tout autre oiseau ; mais

.>:Hve bien plus grande que

;"»!us grande même que le

::n' Ciu'ôo ^ /. ) , mais inlo-

., .. proprement dit ( pelecu-

.. \ C'est surtout à la forme

nfôrieure que les rapports

'. ;i:\.iràlation , examinée dans le

OSSEMBNS d'oISKAUX. . 697

fêmur de la fig. 14^ me le fait rapporter à Tordre des échâssiers (grallce); il me parait même qu'il doit venir de quelque grand couràs, surtout de l'un de ceux à col nu, si mal à propos réunis par Gmelin au genre tantalus , et que j 'en ai détachés sous le nom i^ibis. On a vu dans notre premier volume que Y ibis des Égyptiens appartient à ce genre. Ce fémur a en effet beaucoup de rapport avec celui d'un squelette de momie d'/Jw , mais il ne vient pas de la même espèce.

Mais, je le répète, et les naturalistes le sentiront assez sans que je le dise, ce ne Sont là que des conjectures qui sont bien éloignées d'être aussi certaines que mes propositions relatives aux os de quadrupèdes.

C'est bien assez d'avoir montré l'existence ^e la classe des oiseaux parmi les fossiles, «t d'avoir prouvé par-là qu'à cette époque Teculée où les espèces étaient si différentes de celles que nous voyons maintenant, les lois générales de co-existence , de structure, enfin tout ce qui s'élève au-dessqs des simples rapports spécifiques, tout ce qui tient à la nature même des organes et à leurs fonctions essentielles, étaient les mêmes que de nos jours.

598 FOSSILES DE FARIS.

On voit en effet que dès-lors les proportions des parties y la longueur des ailes, celle des pieds , les articulations des doigts^ les formes et le nombre des vertèbres , dans les oiseaux comme dans les quadrupèdes, et chez ceux-ci le nombre, la forme , la position respective des dents, étaient soumis aux grandes règles tellement établies par la nature des choses, que nous les déduisons presque autant du raisonnement que de l'observation.

Que l'on ne vienne donc plus nous parler de ces variations produites par les habitudes.

Rien n'a été allongé, raccourci, modifié ^ ni par les causes extérieures ni par la volonté intérieure : ce qui a changé a changé subitement, et n'a laissé que ses débris pour traces de son ancien état.

N. B, Au moment où Ton achève l'ioipression de cette feuille , je reçois encore de Montmartre un Omi^ thoUthe j où la tête , le cou , l'aile , le croupion , la cuisse, et, ce qui est plus extraordinaire, la trachoo» artère , sont en place et bien conservés ; on y diràigua

ossEMENS d'oisbaux. 5gg

jusqu'aux osselets qui renforcent la sclérotique, et jusqu'à l'empreinte du cerveau. L'oiseau doit avoir eu près d'un pied de long depuis la pointe du bec jusqu'au bout du croupion ; son huuiérus est long de 0,07, son avàDt-bras de 0,08, etc.

6oo

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